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A propos du vote du Conseil de Sécurité à l’ONU sur le droit des Palestiniens

24 Déc

L’image contient peut-être : nuit et intérieur

Je vous avais dit que je n’interviendrai dans ces fêtes de Noël qu’en cas d’événement important: il y en a eu un c’est le vote du Conseil de sécurité contre le colonisation israélienne et pour qu’un tel vote ait lieu il a fallu l’abstention des Etats-Unis. J’éprouve à cette annonce des sentiments mêlés que je voudrais vous exposer en espérant que cela contribuera à faire avancer nos combats communs. Que s’est-il passé, l’administration Obama a décidé de replier  le parapluie qu’elle avait systématiquement déployé depuis huit ans au-dessus d’Isrél l, au Conseil de sécurité. Ce coup de semonce est une défaite politique sévère pour le premier ministre Benyamin Nétanyahou et une sanction contre la promotion décomplexée de la colonisation par la droite israélienne.Le texte de la résolution, contrairement aux affirmations des responsables israéliens, n’est pas fondamentalement hostile à l’Etat hébreu. Il s’inscrit dans la lignée de la résolution 465, adoptée en 1980, qui dénonçait déjà l’extension des colonies, jugées illégales.En outre, il se place à la suite du rapport du Quartet – Etats-Unis, Russie, UE Union européenne  (UE), ONU –, publié le 1er juillet, qui dressait un état deslieux alarmant de la réalité, sur le terrain. La résolution 2334 estime elle aussi que la construction et l’extension des colonies mettent « gravement en danger la viabilité de la solution à deux Etats ».Par ailleurs, dans un souci d’équilibre réclamé notamment par Paris et Washington, le texte « condamne tous les actes de violence contre les civils, dont les actes terroristes », une référence aux attaques palestiniennes. La résolution exige la « cessation immédiate » de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem-Est, et loue les efforts diplomatiques entrepris par la Francce  la Russie et l’Egypte au cours des derniers mois, pour relancer  un dialogue sur le conflit. Ce vote se situe donc dans un contexte politique qui est celui de la défaite des occidentaux à Alep, mais aussi l’ouverture d’un autre système de négociation.

Je voudrais comme j’en ai l’habitude dans ce blog, vous dire ce que m’inspire cet événement, je ne le fais pas pour étaler mes états d’âme mais bien parce que je crois qu’ici comme ailleurs il y a un combat à mener pour aller vers une solution et que jmon point de vue peut renseigner sur les obstacles autant que les perspectives.

Le premier sentiment est semblable au votre, à vous les lecteurs de ce blog, épris de justice et qui considérez comme moi que la politique de colonisation de l’Etat d’israêl que ce soit dans les territoires occupés ou dans Jérusalem est est non seulement inique mais suicidaire parce que la seule solution réside dans l’existence de deux Etats et la mise en oeuvre des aujourd’hui de collaborations pacifiques dans le domaine de l’eau, de la santé, de l’éducation, dans la construction d’une paix qui soit aussi un avenir commun. Parce que ces deux Etats ne sont viables que s’ils s’entendent. C’était déjà la vision utopiste d’un Einstein, faire de Jérusalem, une nouvelle Cordoue, que le monde arabe soit capable d’accueillir ce que les juifs peuvent apporter au monde dans un rayonnement universel.  Le gouvernement israélien a tout fait pour rendre cette solution impossible et donc pour barrer la voie à l’avenir. La résolution est pour le moins équilibrée puisqu’elle assortit cette exigence du respect d’un territoire palestinien à la dénonciation d’un terrorisme qui s’attaquerait à la population civile israélienne. J Donc il faut avancer vers cette voie.

Le second sentiment m’est certainement propre, quand j’entends l’ambassadeur d’Israêl protester y compris d’un espèce de droit mythique des juifs, j’ai honte. Cette honte est quelque chose que vous devez prendre en compte parce qu’elle est une indéfectible marque de solidarité et l’humiliation de voir les miens, parce que ce sont les miens, alors qu’ils ont subi depuis des millénaires l’horreur du racisme et de l’arbitraire des etats n’en tirer aucune leçon. Ce sentiment qui en même temps est fait de répulsion à l’égard d’une politique et de reconnaissance de mon appartenance à ce peuple a été construit. D’abord par mes origines, par le fait que ma propre histoire aussi loin que remonte ma mémoire est celle de la peur que chaque acte antisémite renouvelle. Et pour renforcer cet étrange adhésion, ceux qui ne cessent de prendre le prétexte de la politique d’Israël pour faire ressurgir le vieil antisémitisme jouent un grand rôle. Ceux qui récemment ont cherché à utiliser ma condamnation du CRIF pour me faire signer une pétition en soutien à pascal Boniface qui attribuait la torture et le meurtre du gang des barbares à ce même CRIF, justifiant de fait le meurtre antisémite, ne faisaient que redoubler tous ces textes immondes dans lesquels le terme sioniste ne devenait que la traduction du juif éternel. La haine du sioniste voyant en lui l’origine de tous les maux et qui faisait un parallèle par exemple entre l’extermination nazie que rien ne doit jamais justifier et la politique d’Israêl qui selon eux accomplit pire que les Allemands. cela devient comme dans la démonstration de pascal Bonifaace sur le CRIf et le gang des barbares, le fait qu’israêl aujourd’hui justifierait la Shoah.  La confusion qui se développe entre extrême-droite et communiste, la diffusion de sites négationnistes sous prétexte qu’ils ont nos opinions sur d’autres sujets simplement ce n’est plus le capital le coupable mais le sioniste. . Voilà peu à peu on a réussi l’exploit de m’écarter de ce combat là et alors que je méprise comme criminel et imbécile l’arrogance de cet ambassadeur à l’ONU, me le faire vivre comme ma honte à moi. Est-il possible de vous faire comprendre ce à quoi vous touchez et combien cette attitude est contreproductive alors qu’il faudrait rassembler tous les gens de bonne volonté autour d’un combat pour la justice et la paix pour deux peuples que tout devrait rapprocher. déjà aujourd’hui, regardez ceux qui historiquement mènent le combat pour le peuple palestinien ont des origines juives, mais de plus en plus il s’agit d’une génération qui disparait.

Enfin, le troisième point comme le premier nous concerne tous. Parce que face à ce vote du Conseil de sécurité je ne puis m’empêcher de voir qu’il s’agit de la part de l’administration Obama d’une sorte de baroud d’honneur qui s’adresse à son propre électorat américain et y compris la majorité des juifs américains qui craignent comme la peste la politique d’un Trump, raciste, suprématiste blanc qui comme une bonne partie de l’extrême-droite va soutenir l’extrême-droite israélienne, empêcher toute solution à deux états et qui nous menera à la guerre et au désastre. Combien de temps durera ce petit jeu américain? Il a déconsidéré les démocrates, comme il déconsidère les socialistes chez nous et résultat ils ouvrent la porte à l’extrême-droite faute d’avoir le courage de réellement s’inscrire dans une politique de paix. Ils ont témoigné de leur faiblesse sans pour autant apporter des garanties. Il faut rompre avec tout cela et considérer que nous occidentaux nous sommes dans ce domaine comme dans d’autres largement déconsidéré et n’avons fait que du gâchis.

C’est seulement en acceptant de s’intégrer pleinement dans une politique régionale que palestiniens et israéliens peuvent trouver le chemin de la paix et de la coexistence. Il faut que Palestiniens et israéliens profitent de la nouvelle donne et voient dans la négociations telle qu’elle est en train de se mettre en place une issue. Il faut prendre pleinement en compte la nouvelle donne multipolaire, le fait que la Russie comme la Chine souhaitent que l’intégrité des Etats existants soit préservé. C’est à ce titre d’ailleurs que les multiples reconnaissances de l’Etat palestinien et en dernier ce vote du Conseil de sécurité à la quasi unanimité est le plus intéressant pour l’avenir, parce que toutes ces reconnaissances créent un terrain de droit sur lequel nous devrons nous appuyer, en sachant que là encore un des dangers de Trump est qu’il refuse la base même de tout droit international à savoir la continuité dena les engagements.

je voudrais que mon triple constat nous aide tous à réfléchir ensemble à ce que nous devrons faire tous ensemble pour sur le cas des deux etats comme sur bien d’autres nous soyons en mesure de rassembler le plus largement possible face à ce qui nous menace et que les récentes déclarations sur le nécessaire renforcement des arsenaux nucléaires laisse subodorer.

Danielle Bleitrach

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4 Commentaires

Publié par le décembre 24, 2016 dans Uncategorized

 

4 réponses à “A propos du vote du Conseil de Sécurité à l’ONU sur le droit des Palestiniens

  1. Frank

    décembre 24, 2016 at 6:48

    Bonjour Danielle,
    Ce texte est très clair.Tu as raison d’exiger de la rigueur car tout et n’importe quoi se racontent au sujet des juifs,des communistes,des athées.Bien à toi

     
  2. ig

    décembre 24, 2016 at 8:20

    Bonjour Danielle, merci pour votre réflexion. Pour ma part, je pense que ce vote qui semble uni recèle des intérêts très différents de la part des différents protagonistes, dont nous ne tarderons pas à voir les effets sur le terrain. Des intérêts différents et antagonistes.
    D’autre part, avant cette résolution, j’ai lu plusieurs réflexions mettant en avant l’intérêt d’un état unique, obligeant Israël à concéder des droits égaux aux palestiniens, et menant donc à la fois à la fin du conflit, à la fois à la démocratie réelle au sein d’un seul état.
    Qu’en pensez vous?

     
  3. histoireetsociete

    décembre 24, 2016 at 8:32

    d’abord disons que ce que je souhaite n’a pas grand chose à voir avec la situation politique réelle. personnellement je n’ai jamais été sioniste et je souhaiterais un Etat laïque. Mais l’important n’est pas ce que je souhaite mais ce que souhaitent ceux qui sont sur le terrain, les Israélien et les palestiniens. Je crois que pour des raisons historiques assez proches, ni les uns, ni les autres ne veulent être sous le gouvernement d’un autre, la solution à deux Etats est donc actuellement la meilleure et d’ailleurs la seule qui en droit international est défendue par toutes les nations. Mais je crois qu’il faut penser ces deux Etats comme ayant des collaborations à mettre en place dès la reconnaissance mutuelle.
    Quand aux intérêts divergents certes, mais il y en certains qui doivent être pris en compte, d’autres comme ceux des puissances occidentales qui ici, comme ailleurs, doivent être écartés du réglement et celui-ci doit être pensé à un niveau régional. C’est que là je crois que la situation actuelle en Syrie paradoxalement peut fournir d’autres opportunités et Netanayoun qui est loin d’être un imbécile joue aussi cette carte là. je ne peux pas lui faire confiance, mais pas plus qu’aux turcs, aux iraniens à tous ceux qui aujourd’hui acceptent de négocier la paix en Syrie à partir d’intérêts et de pratiques contradictoires…

     
  4. Drylewicz

    décembre 26, 2016 at 7:42

    Le commentaire de Danielle est très équilibré et lucide . C’est un parcours de fond , de longue ou très longue durée pour faire émerger de façon majoritaire une opinion convaincue que la fraternité entre les peuples , sur une base d’égalité économique , sociale,culturelle est le vrai gage de la sécurité. Des aspects confédérales entre les deux états israéliens et palestiniens sont sûrement indispensables pour que les liens de confiance se renouent . S.d

     

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