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« L’influence de la Chine en Amérique latine est là pour rester »

23 Déc

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Publié le 23 décembre 2016 03:13 GMT
 En 1994, j’écrivais un livre « Les Etats-Unis de mal empire, ces leçons de résistance qui nous viennent du sud », dans la partie de ce travail collectif (Viktor Dedaj écrivait sur les médias et Maxime Vivas sur Ménard et reporters sans frontière), je décrivais le rôle nouveau que jouait la Chine dans l’aide à cette montée des résistances face aux Etats-Unis, parce que c’était la première fois qu’un pays sous-développé, du tiers-monde pouvait créer un tel effet de masse sur les rapports sud-sud, et l’hypothèse d’une dé-dollarisation. Cette analyse est devenue réalité même si aujourd’hui les Etats-Unis tentent de reprendre la main en déstabilisant et organisant des coups d’Etat « légaux » comme au Brésil. Nous sommes au niveau mondial entrés dans une nouvelle période, celle d’un monde multipolaire dans lequel la Chine poursuit son rôle de transformation, même si la Russie avec la chute d’Alep paraît être au premier plan. La seule solution si l’on veut que ce passage à un monde multipolaire ne se passe pas dans des drames à répétition et une crise terrible pour le continent européen comme pour le Moyen-Orient, ce serait d’arrêter de voir le monde à reculons avec les lunettes de la guerre froide et de réfléchir aux conditions dans lesquelles les peuples, les exploités peuvent jouer leur partie et pour cela commencer à arrêter l’intoxication permanente que nous subissons d’un système de propagande à 90% soit contrôlés par le capital, soit soumis à leur influence et qu’il y ait des forces pour imposer la paix dans la justice d’un monde qui sans cela demeurera déchiré par des concurrences mortifères. J’ai toujours signalé que je devais la prescience de cette analyse à la lecture d’un rapport de Fidel Castro aux Alignés en 1983, dans lequel ce visionnaire voyait la possibilité de nouveaux rapports sud-sud et la Chine encore aujourd’hui agit dans ce sens (note et traduction de Danielle Bleitrach pour Histoire et société)

Un récent rapport de la CEPALC analyse les relations de la région avec le géant asiatique, qui jusqu’à présent accumule 14% du commerce total.

Damir Sagolj Reuters
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La Chine est devenue un élément clé de la politique étrangère de la plupart des pays de l’Amérique latine au cours de 2016, assure le dernier rapport publié par la Commission économique des Nations Unies pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC).

Le rapport, intitulé «Panorama de l’insertion internationale de l’Amérique latine et des Caraïbes», analyse comment les économies régionales « font face aux contraintes de la mondialisation» et note que globalement une « résistance croissante à l’hyper-mondialisation» est enregistrée.

Parmi les raisons de cette résistance, on note que, malgré « la réduction de la pauvreté dans le monde, la répartition des revenus s’est détériorée dans presque toutes les économies avancées au cours des dernières décennies ,  » et aussi « l’augmentation constante de l’immigration vers les États-Unis et l’Europe ».

La Chine a organisé

D’autre part, selon la recherche, « le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a chuté en dessous de 10% de la population mondiale», ce qui est un fait historique.

La baisse de l’indice est attribué directement à la croissance économique de la Chine, dont l’expansion a « favorisé la réduction de la pauvreté dans les pays qui exportent des ressources naturelles, comme l’Amérique du Sud. »

Cité par « le Quotidien »  le chercheur argentin Andres Lopez dit qu’ «il y a  une étroite corrélation entre les exportations de la région et la dynamique du produit intérieur brut en Chine.

Cette relation (Chine-Amérique latine), peut expliquer « la manne qui s’est déversée sur les nations de l’Amérique du Sud au cours de la flambée des prix des « marchandises » (…) ainsi que les problèmes macroéconomiques actuellement auxquels font face la plupart d’entre eux. »

Rappelons que la Chine est le deuxième plus grand partenaire commercial de la région, ce qui représente près de 14% du commerce total. C’est le  le cas du Brésil, du Chili et du Pérou, le premier partenaire commercial.

Le commerce

Lopez note que lorsqu’on analyse la relation commerciale avec la Chine il  est important de noter que les exportations latino-américaines vers le  géant asiatique reposent sur « quelques produits, et  essentiellement des  hydrocarbures ou l’exploitation minière et les ressources naturelles agricoles ».

Mais quelle que soit la composition du commerce, la CEPALC note qu’au cours de 2015, « le déficit commercial de l’Amérique latine avec la Chine a dépassé les 80.000 millions de dollars ,  » mais en retour, il est évident que dans la même période « entre 5% et 6 % du total des investissements étrangers directs en Amérique latine est venu de Chine « .

Dans son rôle de pionnier dans la région, Andrés López attire l’attention sur le fait que la Chine est également devenue « une source majeure de crédit pour les pays tels que l’Équateur, le Venezuela, l’Argentine et le Brésil, » suggérant une alternative aux États-Unis et à l’Europe, « les partenaires traditionnels de la région ».

Pour le chercheur Andres Lopez, « l’influence de la Chine dans la région est là pour rester et aura des conséquences à long terme. »

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Publié par le décembre 23, 2016 dans Uncategorized

 

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