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National Interest: un plan d’action pour Donald Trump afin d’établir des relations avec la Russie

22 Déc

Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre de la Grèce Alexis Tsipras. Kremlin.ru
Vladimir Poutine lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre de la Grèce Alexis Tsipras. Kremlin.ru

Encore un effort d’autocritique et la recherche d’un mode d’emploi pour une nouvelle conception de la domination des Etats-Unis sur le monde. Etant donné que l’essentiel demeure cette domination dont personne ne parait remettre en cause la légitimité. La Russie mode d’emploi pour le nouveau président. Et au passage quelques critiques sur les autres présidents (note et traduction de Danielle Bleitrach pour Histoire et société)

Un plan d’action pour Donald Trump pour établir des relations avec la Russie
Une note de service de la politique pour le président élu. Priorité: élevée. par Graham Allison Dimitri K. Simes
18 décembre 2016

Deux caractères chinois qui composent le mot «crise» peuvent être interprétés comme signifiant à la fois «danger» et «opportunité». La Russie offre aujourd’hui à votre administration non seulement un défi sérieux, mais une occasion importante.

La Russie n’est plus l’Empire du Mal qu’elle a été face aux États-Unis au cours des décennies de guerre froide. Néanmoins, la Russie demeure un acteur dont les choix affectent profondément les intérêts vitaux américains dans l’ordre du jour des questions mondiales. Tout d’abord, la Russie reste la seule nation qui peut effacer les Etats-Unis de la carte en trente minutes. Deuxièmement, la Russie est essentielle pour prévenir le terrorisme nucléaire ainsi que la prolifération d’autres armes de destruction massive et des systèmes de livraison de missiles. Les décisions de la Russie sur l’opportunité d’échanger des renseignements, ou de les refuser à un tiers, affectent de manière significative les chances de prévenir les attaques par des terroristes contre des citoyens américains et leurs actifs de par le monde. Quatrièmement, la Russie est le plus grand pays du monde par sa superficie, en bordure de la Chine à l’Est, de la Pologne à l’Ouest, et des États-Unis dans l’Arctique (ainsi, affirmer qu’il s’agit seulement d’une puissance « régionale » ignore le fait qu’elle borde chaque région importante). Cinquièmement, les établissements scientifiques de l’ère soviétique et post-soviétique, les réalisations de la Russie en font un chef de file mondial de la science et de la technologie, en particulier en  matériel militaire high-tech. Ces talents lui permettent de monter des capacités de cyber redoutables, juste derrière les États-Unis, et de produire des armes impressionnantes. La seule façon pour les astronautes américains actuellement de voyager vers et depuis la Station spatiale internationale est de faire du stop sur les fusées russes. Le co-fondateur Sergey Brin de la société numérique la plus avancée dans le monde, Google, est d’origine russe. Sixièmement, la Russie est prête à se battre: elle a démontré à la fois la capacité et la volonté d’utiliser la force militaire pour atteindre ses objectifs, de l’annexion de la Crimée au renforcement de régime de Bachar al-Assad en Syrie. Septièmement, le potentiel de la Russie comme un spoiler ne peut-être sous-estimé – depuis la vente de systèmes avancés tels que la défense aérienne S-300 à l’Iran jusqu’à l’alignement sur le plan militaire avec la Chine.
Sur leur trajectoire actuelle, les Etats-Unis et la Russie sont confrontés à un risque sérieux d’achoppement dans une guerre dont aucune des deux parties ne veut et qui serait catastrophique pour les deux. Vous avez été élu pour changer la façon dont Washington fait des affaires, et nulle part ce changement n’est plus nécessaire que dans le traitement de Moscou. Alors que la presse grand public interroge votre promesse de campagne de mettre « America First », nous vous suggérons de rappeler à chacun le mantra en vertu de laquelle les présidents qu’ils soient démocrates ou républicains ont combattu durant la guerre froide. Il a été affirmé que le but premier des Américains dans le monde était de «préserver les Etats-Unis en tant que nation libre avec nos institutions et nos valeurs fondamentales intactes. » À cette fin, ils se sont attelés à la construction d’un nouvel ordre mondial visant à faire progresser la cause de la paix, la prospérité et la liberté pour tous: pour les Américains, leurs alliés et d’autres pays, dans cet ordre. Alors que certains considèrent maintenant cette hiérarchie comme à courte vue parce qu’égoïste ou indigne d’une grande puissance, le fait brut est que la survie et le succès des Etats-Unis est la condition sine qua non pour que la puissance américaine puisse atteindre tout autre objectif dans le monde. Dans le cadre de votre America First doctrine, nous vous demandons de donner la priorité aux intérêts les plus vitaux de l’Amérique et, à partir de cette base, de vous engager avec la Russie sur ce qui importe le plus à la survie et au bien-être des citoyens américains.

Afin de comprendre la voie à suivre, il peut être utile d’examiner brièvement comment l’Amérique en est arrivée à l’impasse actuelle. Ironiquement, alors que nous célébrons le vingt-cinquième anniversaire de la disparition de l’Union soviétique ce jour de Noël 1991, les relations des États-Unis avec la Russie sont dans leur pire état depuis la guerre froide . Toutes les trois administrations, qu’il s’agisse de Clinton, d’Obama Barack de George W. Bush ont décidé à leur prise de fonction de chercher à améliorer les relations avec Moscou. Chacune d’entre elles a quitté le pouvoir avec une relation dans un état pire que quand elle est arrivée. Le président Obama a commencé par l’annonce d’un « reset » dans les relations avec la Russie pour obtenir la coopération de Moscou sur un certain nombre de priorités, y compris sa vision d’un monde exempt d’armes nucléaires. Au terme de son mandat, des avions américains et russes opèrent à proximité, ils attaquer des cibles en Syrie avec un minimum de communication et une absence de coordination. Ce qui risque d’aboutir à une collision involontaire qui pourrait conduire à un conflit direct. Les Etats-Unis ont déployé une force « tripwire » de plus d’un millier de troupes de combat entre les trois Etats baltes et en première ligne, et la Russie a réagi en déployant des défenses aériennes avancées et des missiles à courte portée à capacité nucléaire dans son enclave de Kaliningrad. Pour la première fois depuis les années 1980, les planificateurs militaires des deux côtés ont réexaminé des options qui incluent l’utilisation réelle des armes nucléaires. Ce résultat constitue un rappel brutal au fait que les désirs, quelle que soit leur dignité, ne suffisent pas. Sans stratégie cohérente et faute d’une exécution opérationnelle soutenue, ces désirs seulement prévisibles ne débouchent pas, mais en finissent avec les espoirs et incitent aux soupçons.

L’Ukraine et la Syrie offrent des récits édifiants similaires. Ayant encouragé les Ukrainiens à se soulever contre leur président corrompu, bien que démocratiquement élu, l’administration Obama et ses alliés européens se sont avérés peu disposés à monter une réponse militaire à une intervention militaire de la Russie. Aujourd’hui, l’Ukraine est une faillite, presque un État défaillant sans la moindre lumière en vue. La Syrie fournit un nouveau rappel sanglant au fait que lorsque les parties ne sont pas prêtes à tuer et à mourir pour leurs objectifs, d’autres qui le sont prévaudront. Après avoir annoncé un grand objectif « Assad doit s’en aller » -Obama n’a pas voulu engager des forces militaires américaines pour atteindre cet objectif, laissant un vide que Vladimir Poutine a comblé par son intervention. Le point n’est pas que l’administration Obama aurait dû sacrifier des vies américaines pour défendre les Syriens. Nous partageons le jugement du président qui estime que les intérêts nationaux américains ne justifiaient pas un tel niveau des dépenses de sang et du trésor américain. Au contraire, le fait est que pour qu’une stratégie réussisse, il est nécessaire que les buts et les moyens soient alignés les uns sur les autres. Lorsque les moyens que l’on est disposé à disposé à engager sont insuffisants pour atteindre des objectifs grandioses, les objectifs doivent être ajustés en conséquence.

Pour compenser ses échecs politiques, la Maison Blanche d’Obama a conçu deux récits. D’une part, il affirme que la Russie est un perdant qui « n’a plus d’importance, » en substance. Ce ne serait plus un acteur mondial, c’est une puissance en fin de vie: l’effondrement de son économie, la baisse de sa population et de sa base industrielle par rapport au siècle dernier fait que le monde ne veut plus lui acheter quoi que ce soit. D’autre part, un membre de haut niveau de l’administration a confié avec un certain embarras que, durant ses dernières années, face à des problèmes internationaux insolubles, l’instinct d’Obama a été de « blâmer en premier la Russie » selon les propres mots du président , [Poutine] a à prendre une décision: Est-ce qu’il continue à détruire l’économie de son pays et poursuit l’isolement de la Russie dans la poursuite d’un désir malavisé de recréer les gloires de l’empire soviétique, ou doit-il reconnaître que la grandeur de la Russie ne passe pas par le fait de violer l’intégrité territoriale des autres pays?

Comme Henry Kissinger l’a expliqué plus clairement, ce que Obama espère vraiment est que la Russie de Poutine va se repentir, inverser le cours, et suivre les traces de l’Allemagne et du Japon, accepter sa place dans un ordre international mené par les Américains unipolaires. Selon les mots de Kissinger «Les États-Unis n’ont mis en avant aucune idée de leur propre chef sauf que la Russie devra un jour rejoindre la communauté mondiale par un acte automatique de conversion.» Mais comme il le souligne, c’est un fantasme: la Russie est trop grande, trop puissante et trop engagée à maintenir sa souveraineté comme une grande puissance pour devenir un vassal dans un ordre mondial dominé par les américains. En outre, alors que l’Union soviétique lui a fait perdre la guerre froide et que ses frontières ont été ramenées à celles du temps de la Grande Catherine, contrairement à l’Allemagne et au Japon, elle n’a pas été vaincu dans une guerre chaude, pas occupée et non avertie de ce fait par les États-Unis sur le façon dont les Etats et leurs constitutions devaient être écrites par le vainqueur .

L’alternative de Kissinger avec laquelle nous sommes d’accord-est de chercher à intégrer la Russie dans un ordre international qui prend en considération les intérêts essentiels minimum de Moscou. Cela commence par la reconnaissance du fait que la Russie demeure une grande puissance avec des intérêts souverains et à partir de là explorer « si leurs préoccupations peuvent être accordées avec nos besoins. » Critique, cela signifierait traiter Poutine personnellement comme leader fort d’une grande puissance, cela est clair, et il est reconnu par ses concitoyens. Cela signifierait également d’éviter un manque de respect gratuit.

L’objectif de la politique américaine n’est pas d’apaiser la Russie ou de plaire à Poutine. Au contraire, il est de faire progresser les intérêts nationaux vitaux des États-Unis. Comme on le voit pendant le second mandat d’Obama, lorsqu’elle est traitée principalement comme un «ennemi», la Russie peut compromettre les objectifs américains importants. Si elle peut être persuadée d’agir plus comme un partenaire, dans le cadre d’une relation de travail durable, même si c’est difficile, Moscou peut aider à faire avancer les objectifs américains de politique étrangère dans un certain nombre de cas.

Premièrement, des relations fructueuses entre la Russie et les États-Unis sont essentielles pour éviter la guerre, y compris la guerre nucléaire. Comme Washington l’a découvert dans la guerre froide, l’Union soviétique a acquis un arsenal nucléaire de superpuissance, la technologie a imposé aux deux pays un partenariat incontournable et l’exigence absolue d’une coopération suffisante pour éviter la guerre nucléaire dont ils seraient les premières victimes. La technologie a fait de l’Amérique et de la Russie, en effet, des jumeaux siamois. Cependant, même en colère ou dégoûté, aucun des deux ne peut étrangler l’autre sans commettre simultanément un suicide. Ce fait laid, mais incontournable sert de point de départ dans cette relation.

Bien que la possibilité d’une guerre nucléaire totale reste très éloignée, ce n’est plus aussi impensable que ce l’était avant que le président Obama soit entré en fonction. Bien qu’il soit difficile de l’imaginer pour Washington, l’établissement national de la sécurité de la Russie est devenue sérieusement alarmé par ce qu’il considère comme les développements américains et prévoit de porter atteinte à sa force de dissuasion nucléaire. Les planificateurs américains savent que l’Amérique a renoncé il y a longtemps à essayer de développer une capacité de première frappe contre la Russie-parce qu’il était inaccessible. Néanmoins, les Russes interprètent maintenant les progrès extraordinaires dans la guerre moderne que les États-Unis ont démontré depuis Desert Storm en tant que preuve d’un plan déterminé à obtenir des avantages dans l’équilibre stratégique qui fournira un effet de levier pour contraindre la Russie. En fait, les États-Unis ont redéfini la guerre moderne avec ISR (renseignement, surveillance et reconnaissance) qui lui permet de cibler précisément tout point fixe sur la terre et le détruire par des moyens non nucléaires multiples. Les forces d’opérations spéciales des États-Unis sont capables d’initiatives spectaculaires, comme dans le raid à l’improviste au Pakistan qui a tué Oussama ben Laden ou les attaques nocturnes et raids en Syrie, en Irak et ailleurs. Les progrès de la défense contre les missiles balistiques, l’utilisation des données importantes dans la guerre de antisubmarine, et ce que les Russes prétendent sont des implants cybernétiques dans leur système de commandement et de contrôle nucléaire ne peuvent que les inquiéter. Non plus est cette peur que discuté dans les milieux classés au Conseil de sécurité nationale russe. Le président Poutine a parlé directement à ce point dans son discours de fin d’année en Décembre à la nation: « Je tiens à souligner que les tentatives pour briser la parité stratégique sont extrêmement dangereuses et peuvent conduire à une catastrophe mondiale. Cela ne peut pas être oublié une seule seconde « .

La réponse de planificateurs russes à cette crainte a été d’abaisser le seuil pour leur propre usage des armes nucléaires, intégrant organiquement les attaques nucléaires plus tôt dans l’échelle de l’escalade dans ce qu’ils appellent la guerre hybride. De plus, ils ont développé une doctrine dangereuse de «désescalade désescalade»: si elles étaient en train de perdre un conflit conventionnel, par exemple, l’Ukraine ou les pays baltes, ils mèneraient une attaque nucléaire limitée visant à une «désescalade» de la guerre. Malheureusement, les États-Unis ont contribué à la suite de cette paranoïa, et les perceptions erronées et les malentendus qui pourraient conduire à un conflit non intentionnel essentiellement couperaient toutes les conversations officielles entre les deux homologues militaires et de défense.
Deuxièmement, la coopération américano-russe peut faire avancer les objectifs de lutte contre le terrorisme les deux nation, y compris les guerres contre ISIS et Al-Qaïda. Comme vous avez dit pendant la campagne, « Je pense que ce serait génial si nous nous entendions avec la Russie parce que nous pourrions battre ISIS ensemble. » La plupart des Américains sont d’accord. Selon un récent sondage de l’Université du Maryland, 67 % des républicains et 53 % des démocrates veulent voir les Etats-Unis coopérer avec la Russie pour combattre ISIS en Syrie. L’aide de la Russie dans la guerre contre le terrorisme islamiste radical pourrait aller bien au-delà des champs de bataille de la Syrie et de l’Irak. La différence entre une relation dans laquelle les Américains et les Russes partagent l’intelligence et celle où ils sont retient directement la capacité des impacts Washington pour prévenir les attaques terroristes contre la patrie. Cela a été illustré avec éclat par les bombardements de Boston Marathon, où l’examen après action a constaté que les services de sécurité russes avaient déjà averti leurs homologues américains sur les frères Tsarnaev, mais  l’information avait été écartée en raison de la méfiance entre les parties.

Troisièmement, la Russie est également adaptée de manière unique pour aider à prévenir les deux organisations terroristes comme ISIS et Al-Qaida et les acteurs étatiques d’acquérir des armes nucléaires. Comme l’Union soviétique venait en dehors d’un quart de siècle, alors secrétaire à la Défense Dick Cheney a offert une prédiction fataliste quant à l’arsenal nucléaire de ce pays. « Si les Soviétiques font un excellent travail à garder le contrôle de leurs stocks d’armes nucléaires », a déclaré Cheney, « et ils sont 99 % de succès, cela signifierait que vous pourriez encore avoir autant que 250 qu’ils ne sont pas en mesure de contrôler. » Et pourtant, depuis vingt-cinq ans, pas une seule arme nucléaire lâche n’a été découverte. La décision de Moscou sur l’opportunité de vendre ou de refuser des technologies sensibles peut être la différence entre l’échec et le succès dans la prévention de la prolifération des armes nucléaires, que vous avez à juste titre appelé « le plus gros problème [dans] le monde. »

Quatrièmement, les intérêts stratégiques américains exigent la prévention d’une alliance ou même alignement entre Moscou et Pékin. Court d’une alliance formelle, ce qui ne semble ni à chercher à ce point, le soutien de la Russie va enhardir la Chine à prendre des positions plus sévères pour faire face aux États-Unis. Tout comme l’ouverture de Richard Nixon en Chine pendant la guerre froide a élargi le levier de l’Amérique avec l’Union soviétique, des relations plus étroites avec la Russie peuvent contribuer à contrebalancer une Chine plus puissante et affirmée.

Une note de service de la politique pour le président élu. Priorité: élevée.
Graham Allison Dimitri K. Simes
18 décembre 2016
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Version imprimableJanvier-Février 2017
Tout le monde sait que la Russie est un état dangereux difficile, souvent décevante avec laquelle pour essayer de faire des affaires. Poutine est un homme du KGB. Sa vision du monde, et la place de la Russie en elle, a été façonnée par des expériences formatrices comme un agent de renseignement. Il transporte avec lui des cicatrices profondes de l’effondrement de l’Union soviétique qui il croit était la « plus grande catastrophe géopolitique » du XXe siècle. Un patriote farouche, il est déterminé à affirmer le rôle de la Russie comme une grande puissance dont ses concitoyens peuvent être fiers. Il est prêt à jouer rugueux et a construit des capacités militaires formidables lui sont pas réticents à utiliser. Et Poutine est particulièrement sensible à tout signe de manque de respect. Néanmoins, dans la poursuite de ses objectifs, il a lui-même révélé être un, stratégique, leader pragmatique fort qui a joué une main faible plus efficacement que beaucoup de ceux qui avaient plus d’avantages. Personne ne peut ignorer les infractions du gouvernement russe, y compris ses rodomontades nucléaires, l’intervention en Ukraine, les bombardements aveugles en Syrie et de nombreuses violations des droits de l’ homme à la maison. Mais la Russie est trop puissant pour être « souhaité » loin. Le défi est donc de faire avancer les intérêts américains dans les zones où ils convergent avec la Russie et de gérer les différences dans les zones où ils divergent.

Comme première étape dans l’élaboration d’une telle politique, nous recommandons que votre administration développe une hiérarchie claire des priorités américaines. Sauf si vous définissez la différence entre le vivant et le vital-distinction entre le nouvel objet brillant lumineux de la journée, d’une part, et ce qui est essentiel pour l’Amérique, de l’autre-votre administration se trouvera ci-après ses prédécesseurs en engageant dans activités facultatives au détriment de ce qui est absolument nécessaire. Nous vous recommandons de commencer avec le numéro un de la leçon du président John F. Kennedy de la crise des missiles de Cuba: «Avant tout, tout en défendant nos intérêts vitaux, les puissances nucléaires doivent éviter les confrontations qui amènent un adversaire à un choix entre une retraite humiliante ou une guerre nucléaire ».
Deuxièmement, dans cet esprit, vous devriez vous préparer soigneusement pour une réunion rapide en tête-à-tête avec Vladimir Poutine pour changer la dynamique dans la relation. Les relations entre les nations impliquent beaucoup plus que des relations personnelles de leurs dirigeants. Mais le manque de respect toxiques au sommet suinte à travers les couches d’interactions entre les gouvernements. En variante, lorsque les dirigeants signalent le respect mutuel, d’établir une relation de travail et de démontrer une volonté de faire des affaires où les intérêts communs de placement permettent, d’autres au niveau des couches successives de leurs gouvernements peuvent trouver des opportunités productives. Le rétablissement d’une relation de confiance minimale exige de la clarté sur les points de désaccord ainsi que l’accord et les lignes rouges qui ne peuvent pas être franchies.

Troisièmement, votre rencontre avec Poutine devrait être suivie par la renaissance d’un dialogue de gouvernement à gouvernement avec la Russie, à commencer par les moyens de prévenir une guerre accidentelle entre les Etats-Unis et la Russie, y compris la guerre nucléaire. Renverser l’interdiction du président Obama sur la communication à tous les niveaux du président à président aux secrétaires de la défense, les chefs militaires et les commandants régionaux; déconfliction plus rigoureuse en Syrie; revitalisation des accords américano-russes sur la prévention des incidents militaires et d’autres mesures de renforcement de la confiance dans le domaine militaire à militaire; et l’établissement de règles du jeu pour les cyber-opérations et de nombreuses initiatives similaires peuvent aider à réduire le risque d’une guerre involontaire avec la Russie. Cela doit aussi inclure le travail pour préserver les pierres angulaires de l’équilibre nucléaire stratégique bilatéral, y compris le nouveau traité START et le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire.

Quatrièmement, vous devez changer l’approche globale des États – Unis vers le conflit syrien. Business as usual ferait aux États-Unis rien de bon. Comme vous avez plaisanté à un moment de la campagne, « Si nos présidents avaient disparu et étaient allés à la plage, le Moyen-Orient serait un bien meilleur endroit qu’il ne l’est en ce moment. » En Syrie, l’approche actuelle risque non seulement d’un confrontation accidentelle avec la Russie; il détourne de la campagne américaine pour détruire les forces terroristes là et aliène les alliés régionaux. Les commandants militaires américains ont conclu que les États-Unis n’ont pas d’option militaire crédible à l’emporter. Les déploiements militaires de la Russie en Syrie et Méditerranée orientale ont fait zones d’exclusion aérienne réaliste, et d’armer davantage les rebelles est plus susceptible de conduire à l’escalade que de la retraite de Moscou. Sinon, pour changer de côté et d’agir de concert avec la Russie et Assad irait à un risque majeur de fâcher les alliés des États-Unis et en outre le renforcement de l’Iran. Comme l’un de vos premiers pas de politique étrangère, nous vous recommandons de commander un examen de la crise syrienne en vue d’élaborer une politique fondamentalement nouvelle. Cette politique serait plus ouverte à la coopération avec la Russie dans la défaite ISIS et Al-Qaïda, et moins axée sur la suppression des Assad, mais aussi de démontrer que l’Amérique ne permettra pas à Moscou et / ou Téhéran d’imposer une solution en Syrie.

Dans le même temps, nous vous invitons à suivre à travers sur votre promesse de campagne pour persuader l’Europe de contribuer davantage à l’alliance. Puisque les membres européens de l’OTAN sont les principaux bénéficiaires de la garantie de sécurité, et ils dépassent collectivement les États-Unis dans la population et rivalisent dans le produit intérieur brut, ils doivent payer une part nettement plus importante des coûts. Nous devons mettre un terme à l’illusion que, comme le Financial Times a dit, « l’engagement américain à défendre même les plus récents et les plus petits membres de l’ OTAN doit rester inconditionnel. » Comme toutes les alliances, l’OTAN est précieuse dans la mesure où elle avance et défend d’autres intérêts nationaux américains, il est un instrument, pas l’icône que certains en Europe (et en particulier en Europe centrale) serait naturellement comme qu’il soit.

En conséquence, les États-Unis devraient réitérer leur engagement à défendre les Etats baltes de l’agression nue, de concert avec d’autres alliés, mais insister pour que les gouvernements baltes eux-mêmes tentent de normaliser les relations avec Moscou et répondent aux normes internationales les plus élevées pour assurer les droits des Russes ethniques. L’objectif doit être de prévenir les incidents qui pourraient fournir une tentation ou une excuse pour une intervention russe. Il devrait n’y avoir aucune illusion sur le fait que l’Amérique accepte la protection des alliés qui provoquent les conflits et demandent une assistance et réconfort pour faire face aux conséquences.
Septièmement, les États-Unis ne devraient jamais présenter des excuses pour ses valeurs, pour sa conviction que les droits fondamentaux de l’homme sont la dotation de tous les êtres humains et de sa conviction que la démocratie est la meilleure forme de gouvernement. Voilà ce qu’est l’Amérique. Néanmoins, nous recommandons de faire savoir à Poutine que le changement de régime n’est pas l’objectif de l’Amérique. En tant que superpuissance récente encore nostalgique de sa gloire passée, la Russie est particulièrement sensible aux efforts visant à façonner ses processus internes. Nous suggérons de traiter la Russie comme les Etats-Unis traitent d’autres nations non démocratiques avec lesquels il est en sympathie, comme l’Arabie Saoudite.

Huitièmement, nous encourageons votre administration à mieux prendre en compte les réponses possibles et probables de la Russie dans la prise de décisions politiques. Aujourd’hui, la Russie est presque un obstacle dans la prise de décision des États-Unis de la sécurité nationale. Dans la sélection des personnes à des postes clés qui traitent avec la Russie, il sera important de nommer les personnes à la fois désireuses et capables de mettre en œuvre votre politique.

Neuvièmement, vous devez chercher des moyens d’élargir la base économique de la relation bilatérale. Bien que la Russie soit la sixième plus grande économie dans le monde (mesuré en termes de parité d’achat), elle se classe trente-septième parmi les acheteurs de produits américains. Avec plus de trente années d’expérience dans le traitement de la Russie comme un partenaire d’affaires, vous pouvez obtenir des informations sans précédent sur les moyens de résoudre ce problème.

Last but not least, vous devez reconnaître que toute tentative sérieuse de partir sur un nouveau départ avec Moscou fera face à l’opposition farouche de certains membres du Congrès, beaucoup dans les médias et plus encore dans la bureaucratie que vous imaginez. Avoir une équipe de sécurité nationale forte expliquant que, pour ouvrir le dialogue avec la Russie, vous n’abandonnerez pas d’importants intérêts américains-devrait être suffisant pour assurer ceux qui sont prêts à attendre et voir. Pourtant, il y aura une vive opposition à tout engagement réaliste avec la Russie. Certains sont irréductiblement hostiles à la Russie. Ainsi, pour réussir votre virage serré dans la politique, vous devrez exposer directement au peuple votre objectif, quelque chose que vous avez fait à plusieurs reprises au cours de la campagne. Si les Américains comprennent clairement que le chemin actuel conduit inexorablement à un carrefour où les États-Unis et les présidents russes devront choisir entre l’humiliation et la confrontation nucléaire, ils vont aller trop au-delà de la pensée magique qui a jusqu’ici empêché les États-Unis de poursuivre efficacement son véritable intérêt national.

Graham T. Allison est directeur du Centre Belfer de la Harvard Kennedy School pour la science et des affaires internationales et ancien secrétaire adjoint à la défense de la politique et des plans. Il est l’auteur du livre à paraître Destinées pour la guerre: l’Amérique, la Chine et le piège de Thucydide .

Dimitri K. Simes, éditeur et chef de la direction de l’intérêt national, est président du Centre pour l’intérêt national.

Photo : Vladimir Poutine lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre de la Grèce Alexis Tsipras. Kremlin.ru

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Publié par le décembre 22, 2016 dans Uncategorized

 

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