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L’électeur ne fait plus confiance à la presse, la radio, la télévision et ceux qui y interviennent. Est-ce un bien ?

22 Déc

manifestation des démocrates destinées à empêcher les grands électeurs de voter pour Trump. 
Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps (Lincoln)

Une campagne de la « gauche » qui a recyclé tous les poncifs de la guerre froide

La campagne qui s’est déchaînée aux Etats-Unis pour faire croire que Trump était une créature de Poutine a été menée par une certaine gauche, comme en France, celle qui est la plus anticommuniste et qui a ressorti à cette occasion tous les poncifs de la guerre froide. Elle a culminé dans l’absurde jusqu’à l’endroit où les grands électeurs étaient en train de voter. En Floride, les manifestants ont envahi la rotonde du Capitole, en hissant des pancarte sur lesquelles il était écrit « Trump est trop Rusky » avec le marteau et la faucille comme signature, un recyclage évident des fantasmes de la guerre froide. Dans le statehouse au Wisconsin, un homme pris d’une crise de panique a crié durant le vote du collège électoral: « Nous allons tous aller à la guerre et mourir grâce à vous, » au cours de la réunion formelle du collège électoral.
«Nous avons eu les Russes et le FBI, et elle (sa femme) ne pouvait pas lutter contre cela, mais elle s’est battue contre tous et encore gagné de 2,8 millions de voix», a déclaré M. Clinton, avec un sourire crispé qui disait sa fureur. Il y a eu bien sûr les interventions d’Obama dont on sait qu’il est totalement obsédé par Poutine tout en ayant des propos incroyablement méprisants pour la Russie lors de sa dernière conférence de presse.

Mais tout cela n’est rien si on le compare au déchaînement de la presse, des radios et des télévisions, de l’élite en général contre Trump mais en centrant tout sur le piratage et sur le fait qu’il était une marionnette des Russes, rejoint dans cette campagne par des Républicains comme Mac Cain… Le tout tentant de prendre l’opinion et les grands électeurs sur la base de l’anticommunisme primaire recyclé en anti-poutinisme primaire. Mais ai-je besoin de vous décrire ces folies, puisque nous en avons eu les échos dans des hebdomadaires comme le Nouvel Observateur, des journaux comme Libération, des émissions de télé. Notons que la mort de Fidel Castro a permis de renforcer les thèmes anti-communistes en contribuant au délire et à ce titre il faut faire une mention spéciale à Match, à BMTV, comme par hasard tous ceux qui portent la candidature de Macron. Une gauche « libérale », libertaire totalement inféodée au capital, les démocrates.

Les Américains ne croient pas que les Russes aient fait perdre Hillary Clinton

En dépit de l’énorme campagne menée au plus haut niveau de l’Etat et de l’ensemble de la presse aux Etats-Unis, visant à blâmer la Russie pour l’échec d’Hillary Clinton, 71 % des Américains ne croient pas que ce soit le cas. C’est donc le rejet d’un récit qui leur a pourtant été répété sans relâche à chaque moment de la journée. On retrouve ici les conclusions des premières enquêtes concernant l’influence des médias sur l’opinion publique. Dans ces enquêtes déjà anciennes, en général liées au rôle qu’avait joué la radio dans l’élection de Roosvelt, on aboutissait à l’idée que les médias avaient moins d’influence que leur relais par des personnes proches ou des notables locaux.

Un sondage Politico / Matin Consult publié mardi a révélé que seulement 29 % des Américains « affirment avec une quasi-certitude que la Russie est responsable» du piratage de DNC et des emails de Podesta. Sur les 2.000 personnes interrogées, 44 % ont répondu qu’elles ne croient pas que la Russie ait influencé l’élection, tandis que 25 % n’en sont pas sûrs.

La préférence politique joue néanmoins un rôle important : ainsi seulement 14 % des républicains croient que la Russie a influencé l’élection, contre 50 % des démocrates. Beaucoup de gens qui ont exprimé de la méfiance devant les accusations qui disent que Clinton a perdu en raison de l’intervention russe ont cité le fait que la théorie est propagée par des fuites qui émanent des mêmes – qu’il s’agisse de la communauté du renseignement et des médias – qui à partir de 2001, avaient inventé qu’il y avait des armes de destruction massive en Irak, en incitant l’administration de George W. Bush à envoyer des troupes en 2003 pour lutter contre une guerre fondée sur un mensonge.
Le manque de confiance dans cette moderne campagne de désinformation de la part du grand public des médias américains montre le peu d’influence que ceux-ci semblent maintenant avoir dans le public, cette confiance a atteint un creux historique, juste avant l’élection.

Dans un sondage réalisé par Gallup huit semaines avant que les électeurs américains se rendent aux urnes pour choisir leur prochain président, la confiance dans les médias a atteint le point le plus bas depuis que la société a commencé à mener cette enquête il y a 44 ans.

Seulement 32 % des Américains ont déclaré avoir «beaucoup» ou «assez» de confiance dans les médias occidentaux. Seulement 14 % des républicains ont exprimé de la confiance dans les médias, en baisse de 32 % par rapport à l’an dernier. En ce qui concerne la confiance dans les sources d’information, le sondage de Politico a montré que les « démocrates au Congrès » sont le groupe qui bénéficie du moins de confiance, suivis par leurs homologues républicains.

La démocratie est la grande perdante

Ce qui se passe aux Etats-Unis devrait inciter nos propres médias, qui dans cette affaire et la russophobie ont fait comme d’habitude du copié-collé avec la presse étatsunienne, à prendre un peu moins « l’opinion publique » (leur créature) pour des imbéciles à qui l’on peut raconter n’importe quoi.

Cela dit, malheureusement le refus de ce qu’on doit bien appeler les thèses complotistes de la grande presse, radio, télévision, voire des élites politiques et du spectacle elles-mêmes, ne sont pas nécessairement un gain pour la démocratie. En particulier, ce scepticisme peut s’accompagner d’une vulnérabilité aggravée à d’autres thèses complotistes qui donnent aliment au « tous pourri ». Ce qui indéniablement peut favoriser non pas une vision critique mais une adhésion aux pires rumeurs, les moins fondées et les plus sensationnelles.

Il est évident que les partis, comme le montrent les enquêtes aux Etats-Unis jouent encore un rôle, mais dans la mesure où ceux-ci ne sont plus que des machines électorales assurant à n’importe quel prix la promotion d’un candidat, ils ne jouent plus leur rôle démocratique qui permettait de construire des consensus programmatiques et des analyses. Les sources officielles étant déconsidérées, celles d’une véritable opposition politique n’ayant pas droit de cité, on assiste à la diffusion de rumeurs sans vérification.

Danielle Bleitrach

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Publié par le décembre 22, 2016 dans Uncategorized

 

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