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Counterpunch – La guerre froide, suite: Russophobie Post-Electorale, par Gary Leupp

17 Déc


Un excellent article à la mode ironique de Counterpunch examine l’espèce de folie paranoïaque qui semble s’être emparée du courant dominant de l’élite démocrate dans la presse et qui veut absolument faire revivre l’ennemi existentiel russe de la guerre froide, l’idéologie communiste en moins mais en se fabriquant un ennemi existentiel et en étant prêts à ouvrir une crise constitutionnelle et même une guerre mondiale. Au passage l’auteur remet les pendules à l’heure sur les « interférences » des Etats-Unis dans les élections mondiales. La période de déception post-electorale est une période folle dont nous avons en France les échos, vu que notre très paresseuse presse de Libération au Nouvel observateur en passant par BMTV qui ne saurait mettre en doute l’excellence démocratique des Etats-Unis est prête à dénoncer le « complot » et d’ailleurs se contente de recopier les articles venant des Etats-Unis, elle fait sa propre crise de russophobie. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour Histoire et societe)

 

Mainstream (l’idéologie dominante médiatique) et les nouvelles télévisées, y compris Chris Hayes de MSNBC signalent en fumant d’indignation que la Russie (et spécifiquement Vladimir Poutine) a non seulement cherché à influencer les élections américaines (et-Ghorreur! -Promouvoir le « Doute » sur l’ensemble de la légitimité du système électoral des États – Unis ), mais cela a été fait pour fortifier le vote pour Donald Trump.

L’accusation principale est que les e-mails DNC et Podesta divulgués par Wikileaks ont été fournis par des pirates russes liés à l’État russe (alors qu’ils n’ont pas diffusé le matériel qu’ils ont piraté des républicains). J’ai des doutes à ce sujet. L’ancien ambassadeur des États-Unis en Ouzbékistan Craig Murray, un ami de Julian Assange, a déclaré que les e-mails DNC ont été divulgués par un initié DNC dont il connait l’identité. La personne, soutient Murray, lui a remis personnellement le matériel, dans un parc DC. J’ai rencontré Murray, je l’admire et je suis enclin à le croire (Je viens d’entendre maintenant que John Bolton a également émis l’opinion que c’était un travail intérieur).

Contrairement aux informations, les 17 agences de renseignement américaines n’ont pas signé les conclusions qui ont fuité de la CIA (non annoncées officiellement) par le biais des responsables anonymes jusqu’au New York Times et au Washington Post. Le Bureau du directeur du renseignement national (ODNI), rapporte Reuters, « n’a pas approuvé leur évaluation en raison d’un manque de preuves concluantes sur le fait que Moscou visait à faire gagner Trump sur son adversaire démocrate Hillary Clinton. » Pendant ce temps, Andrew Cockburn de CounterPunch a énuméré une série de bonnes questions sur la plausibilité des présumés hacks russes eux-mêmes.

Comment la Russie pourrait-elle interférer, et pourquoi, ?

Ces gens qui soutiennent l’idée que Poutine a interféré dans les élections américaines le font en invoquant le seul motif de sa vengeance pour l’appel de Hillary Clinton en faveur des manifestations en Russie après sa victoire à l’élection de 2011, qu’elle a déclaré «injuste» et a exhorté les Russes à protester. Ils mentionnent très rarement l’ingérence américaine dans l’élection russe de 1996, dans laquelle le chouchou des États-Unis, l’ivrogne Boris Eltsine qui avait bombardé le bâtiment du parlement russe en 1993, a été porté par des milliards en provenance des fonds du FMI US nécessaires pour payer les salaires et les pensions (et donc acheter des votes), et par des consultants politiques US qui ont aidé à gérer sa campagne anti-communiste (le Candidat communiste Gennady Zhyuganov était en forte avance ;..? Eltsine était à un seul chiffre. Mais quelque chose d’étrange est arrivé et Eltsine a été réélu. Combien de politiciens américains ont protesté contre cette ingérence ? peut-être que si vous pensez que vous vivez dans la nation exceptionnelle vous croyez que les normes mondiales et les lois ne sont pas applicables à votre propre exception.)

Peu soulignent que, tout en exprimant l’indignation à l’idée qu’un étranger tenterait d’interférer dans une élection américaine, les États-Unis (la CIA en particulier) est intervenu dans les élections ailleurs, en effet comme une pratique de politique, puisque la doctrine Truman l’a proclamé en 1947. L’ interférence électorale fait partie de la trousse d’outils de toute puissance impérialiste cyniquement engagée dans la «démocratie» tout en rejetant toute élection qui ne sert pas leurs intérêts (Exemples: la Palestine en 2006, le Liban il y a deux mois). L’indignation de ces médias têtes parlantes mâchonnent la ligne du Département d’ Etat sur leurs prompteurs, gémissant sur les interférences de Russie, des relents d’hypocrisie (bien qu’il s’agisse plus, je crois, d’ignorance réelle et de paresse intellectuelle ).

Est-ce que ces gens ont quelque connaissance sur le fait que les États-Unis sont intervenus de manière décisive en Italie en 1948, pour empêcher la victoire d’une coalition communiste-socialiste, en utilisant tous les trucs sales? (Jack Devigne, chef de la CIA à Rome à l’époque, a déclaré fièrement « Sans la CIA, le Parti communiste [de l’Italie] aurait sûrement gagné les élections de 1948. ») Cette ingérence a continué pendant un quart de siècle. Sont-ils d’accord ? Combien mentionnent le fait que les États-Unis a dépensé 5 milliards $ afin d’effectuer un changement de régime en Ukraine en 2014? Ou même avoir la moindre idée, au-delà de la mémorisation du Département d’Etat des points de discussion, de ce qui est arrivé en Ukraine il y a deux ans?

Alep, Mossoul et l’hypocrisie russophobe

En général , la couverture, comme d’habitude, est dépourvue de toute perspective historique comparative. Ces démonstrations ne sont même pas en situation de comparer rationnellement les situations actuelles à Alep, en Syrie et à Mossoul, en Irak. Mais les situations sont en fait très comparables. Les deux sont des villes terroristes maintenues en état de siège par les forces de l’Etat soutenues par des puissances étrangères. Tous deux ont été brutalement bombardé, avec un nombre élevé des civils atteints. Les deux produisent des crises humanitaires massives. Mais la première est représentée par les médias américains uniformément (en fonction des points soulevés par le Département d’Etat ) comme une tragédie ; les progrès de l’armée arabe syrienne comme constituant un «génocide»; la reconquête de l’Est d’Alep par l’armée arabe syrienne comme un revers pour la politique américaine et le triomphe exaspérante du rusé, du mauvais Poutine!

En revanche, la reconquête de la deuxième ville (Mossoul) est dépeinte comme un tournant héroïque dans la lutte anti-ISIL, elle témoigne de la réussite de l’effort des Etats-Unis au renforcement de l’État dans le pays qu’il a envahi (comme vous vous en souvenez, pénalement et sur la base de mensonges, produisant une pure catastrophe continue) en 2003. Une crise des réfugiés accompagnant le flux des forces ISIL de Mossoul vers Palmyre en Syrie et la capitale ISIL de Raqqa Syrie; les conflits entre les Irakiens arabes chiites et sunnites, les Kurdes, les forces turques en Irak entrées illégalement, au cours de la bataille de Mossoul; sont tous largement ignorés. C’est simple et facile à retenir; l’une relève du mal, l’autre du bien. (Pendant ce temps, aux États-Unis les informations des médias de masse ne semblent pas intéressées à répercuter ce qui se passe sur le terrain et la présence des journalistes dans les zones dangereuses tel que les rapporte RT télévision tous les jours en direct à partir d’Alep. L’information des chaînes américaines en Turquie perpétue la tradition du reportage journalistique, et le classement traditionnel de la réalité empirique par le défi de montage de fausses nouvelles pour l’alimentation des plus naïfs, crédules et ignorants.)

C’est un retour à la pire sorte de mentalité de la guerre froide, sans la composante idéologique. La Russie n’est pas l’ennemi, car elle ne constitue plus un système rival, attrayant pour le monde des opprimés. Pourtant, elle est l’ennemi numéro un, l’ennemi existentiel, selon les dires du Secrétaire de l’Armée de l’Air ( ce terme, popularisé par Jean-Paul Sartre en plaidant pour la nécessité pour l’individu de se construire un sens à cette existence dans un monde dénué de sens, est devenu le plus utilisé dans le sens paranoïaque israélien. Tout comme l’existence même d’Israël est menacé prétendument par les masses arabes hostiles environnantes, ou les skuds mythiques de l’Iran, de sorte que l’existence même des Etats-Unis est censée être menacée par l’existence même de la Russie).

Comment donner un sens à cette proposition insensée (hormis en citant Goering sur la nécessité de déployer la peur massive pour justifier la guerre agressive)? Après tout, la Russie a un PIB inférieur à celui de l’État de New York et représente environ 14% de ce que les États-Unis dépensent pour leur armée. La Russie a la moitié de la population américaine, vivant dans un pays presque deux fois plus grand que les Etats-Unis. Elle a quelques ports navals, et un seul porte-avions. Elle a des bases dans six pays étrangers, par rapport aux 800 de l’US ou plus. Entre 1945 à 1991, l’Union soviétique a envahi la Hongrie, la Tchécoslovaquie et (fatalement) l’Afghanistan. Au cours de cette même période, les invasions US ont fait la guerre à la Corée du Nord, Vietnam, Guatemala, Haïti, Cuba, l’Irak, le Panama, la Grenade, la République dominicaine, et en Serbie au moins. Vous pouvez comparer. Comparez les chiffres des morts. Les guerres de Corée et du Vietnam ont tué au moins quatre millions de personnes. Les invasions soviétiques de la Hongrie et la Tchécoslovaquie en 1956 et 1968 ont coûté la vie à peut-être 2500 Hongrois et environ 100 Tchèques. Le bombardement US / OTAN sur la Serbie en 1999 est supposé avoir tué jusqu’à 5700 civils.

La guerre soviétique en Afghanistan a au maximum a tué deux millions et c’était une guerre à la frontière soviétique, motivée par les craintes russes de l’intégrisme islamique en Asie centrale soviétique. Le Conseiller en sécurité nationale de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski a voulu utiliser la situation afghane pour « saigner les Soviétiques, comme ils nous ont saignés au Vietnam. » Ce faisant, les US ont involontairement nourri ceux qui, plus tard ont formé les talibans, Al-Qaïda, et leurs nombreux spin- offs (Bon travail, Zbigniew!). L’objection des US à un Afghanistan soviétique aligné, comme une société laïque, comme le Turkménistan ou l’ Ouzbékistan, a promu activement un djihad religieux en Afghanistan qui a eu des conséquences terribles pour le monde depuis. Cette intervention produit les talibans ( à l’origine pas anti-américains , mais avides de liens jusqu’au 9/11), al-Qaïda, et le prédécesseur de ISIL maintenant appelé Fateh al-Sham.

La Russie comme la menace existentielle

Je suis né en 1960; les Etats-Unis ont été en guerre quelque part plus de la moitié de ma vie. Ceci n’est, heureusement, pas le cas pour mon homologue vivant en Russie (pour qui la guerre pour l’Afghanistan, de 1979 à 1989 est un souvenir douloureux, comme ma mémoire du Vietnam). Toute personne sensée étudier l’histoire réelle se rendra compte que les Etats-Unis ont été une nation beaucoup, beaucoup plus belliqueuse que la Russie depuis 1945. Cette reconnaissance ne doit rien à voir avec ses sentiments au sujet de l’état russe contemporain. La seule chose que le choix militaire peut pointer contre lui (en prenant la suite de Goering) est l’arsenal nucléaire de la Russie comme «menace existentielle».

Mais il faut se rappeler que les États-Unis ont introduit l’utilisation d’armes nucléaires dans le monde quand il ont envoyé deux bombes au Japon qui ont tué plus de 200.000 civils en 1945 (C’était quand il était encore cool de le faire, et de se vanter à ce sujet. Il ne s’agissait pas de parler alors de » bombes intelligentes « pour prévenir les décès civils. Le Général Cutis LeMay s’était en effet vanté de son désir de faire frire des hommes, des femmes et des enfants et de bombarder le Japon pour le faire remonter à l’âge de pierre). Les États-Unis restent le seul pays à avoir jamais utilisé de telles armes, bien que sept autres pays les aient maintenant aussi.

Le président Harry Truman a insisté sur le fait que l’utilisation des armes nucléaires était nécessaire pour mettre fin à la guerre et protéger des vies américaines beaucoup plus digne de continuation et de bonheur que celle de ces Japs qui avait eu l’audace de nous attaquer (Son successeur le général Eisenhower fortement en désaccord; plus tard , a estimé que « les Japonais étaient prêts à se rendre et qu’il n’était pas nécessaire de les frapper avec cette chose horrible ») Mais les nouvelles bombes ont été vraiment déployées pour avertir la Russie-émergente par son triomphe dans la lutte anti-nazie et en mesure de dominer dans l’après-guerre en Europe orientale (alors que les Etats-Unis dominaient le reste), un ennemi horrible pour les Etats-Unis. Alors que le mouvement communiste international s’est élargi après la guerre, Truman a créé l’alliance de l’OTAN anti-soviétique en 1949. Les Russes ont répondu avec leur premier essai nucléaire, choquant Washington qui avait sous-estimé la maturité du programme nucléaire soviétique.

Lorsque l’Allemagne de l’Ouest, occupée par les Etats-Unis après la guerre, a été créée comme un état séparé de la zone orientale occupée par les Soviétiques en mai 1949, et a rejoint l’OTAN en 1955, les Russes ont tardivement organisé leur propre bloc du Pacte de Varsovie (beaucoup plus faible) défensif (dissous en 1991). Pourtant, malgré la parité nucléaire, Moscou a proclamé en 1956 une «politique de coexistence pacifique» et la «transition pacifique au pouvoir» des partis communistes alignés avec Moscou dans le monde entier. Autrement dit, les actions soviétiques étaient réactives et défensives, alors que les Etats-Unis se sont engagés dans une orgie de conflits violents, des complots de coup d’Etat, des attaques secrètes sur les processus démocratiques de l’Italie à l’Iran en Indonésie, toujours en maintenant l’avantage géopolitique sur l’URSS jusqu’à ce qu’elle se soit finalement dissoute.

(La dissolution de l’URSS a produit un ensemble de «conflits gelés» dans les anciennes républiques socialistes soviétiques, produite en grande partie par les nationalismes concurrents, comme en Géorgie, en Azerbaïdjan, en Moldavie et dans le Caucase russe. Dans le conflit avec la Géorgie les États-Unis se sont placés avec l’Etat géorgien, les Russes avec les Abkhazes et la brève guerre de Ossètes. La Russie est entrée en lutte avec la Géorgie en 2008, suite à l’annonce de l’OTAN que la Géorgie finalement rejoindrait l’alliance, et la reconnaissance ultérieure de Moscou de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, était une réponse directe à la reconnaissance par Washington du Kosovo, province de la Serbie arrachée à la Serbie par l’OTAN en 1999 après que la Serbie ait refusé d’accepter l’occupation du pays par l’OTAN. Encore une fois, nous sommes devant une attitude réactive et défensive.)

Il est incroyable de voir comment cette mentalité de la guerre froide a survécu, l’évolution de l’anti-communisme (qui peut au moins être expliqué intellectuellement) à cette mentalité anti-Russie primitive (qui ne peut être expliquée que comme le résultat d’une essentialisation insensée d’un Autre, en tant que menace, pour une raison non précisée). Quelle est cette menace russe? Les élites de la parole (toujours en évitant toute discussion comparative des actions américaines) présentent toujours trois arguments principaux pour justifier leur paranoïa existentielle: la brève guerre en Géorgie en 2008; l’annexion de la Crimée en février 2014 suite à un coup d’Etat qui menaçait d’amener l’Ukraine dans l’OTAN et expulser les forces navales russes de la péninsule (en plus de la prétendue aide aux séparatistes dans le Donbass); et les menaces supposées que Moscou pose aux trois Etats baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie), où l’ expansion de l’OTAN a disposé des forces et a mené des exercices militaires massifs. Dans l’OTAN, la logique sous-jacente en est l’expansion provocante de l’alliance jusqu’aux frontières de la Russie en 1999, mais la Russie en réponse amasse des troupes au sein de la Russie sur ses frontières cela constitue une menace pour quelqu’un!

Ne vous attendez pas à de la logique de la part de ces russophobes, ces impénitents têtes en bois de la Guerre froide. Ce qu’ils veulent est, confrontation sanglante ou pas, au moins avoir la possibilité d’exploiter ce que la russophobie maintient d’enraciné culturellement pour beaucoup de gens de ma génération (les Jeunes gens instruits ont tendance à être beaucoup moins vulnérables à la propagande de guerre froide dactylographiée). Dans ce cas, que peuvent faire de mieux les élites médiatiques face aux démocrates libéraux consternés par l’inattendue, la victoire choquante de Trump, que d’en blâmer la Russie . un courriel de Podesta à la DNC ne recommande-t-il pas de pousser le lien putatif de Poutine pour discréditer Trump, en supposant qu’avoir des liens avec les russes serait le baiser de la mort? Combien de membres de la DNC ont dit: «Non, c’est sans principes»? Je doute qu’il ait eu une opposition, parce qu’il est traditionnellement bien dans la politique américaine de salir son adversaire avec des liens russes. On n’en a pas fini avec le maccarthysme des années 50, et alors que le niveau de la sophistication de cette pratique reste faible, il est parfois efficace.

« Toute démocratie » aurait de nouvelles élections?
Le correspondant de Time’intelligence Bob Baer a déclaré à CNN l’autre jour que, compte tenu de l’ingérence russe, il n’y a « pas d’autre choix que de tenir une nouvelle élection. » Wow! L’agent de la CIA de longue date aurait effectivement déclaré: « Mais je vais vous dire, après avoir travaillé dans la CIA, si nous avions été pris en interférant dans les élections européennes ou asiatiques ou partout dans le monde, ces pays appellent à de nouvelles élections. Il n’y aurait plus aucune démocratie. Et je crois, je n’imagine pas qu’il en soit autrement. « Comme si lorsque les États-Unis font les élections, les gens du pays victime jouissaient effectivement de la tolérance de l’agence qui leur permettrait d’appeler à de nouvelles élections au mépris de Washington? Combien de fois est-ce que cela s’est produit, disons, au Honduras? Quelle était la probabilité, en Italie, en 1948?

Des efforts sont en cours pour obtenir que les partisans de Trump dans le collège électoral changent leur vote (par crainte des Russkies). C’est à la fois fascinant et ridicule de voir le mainstream libéral traditionnel en train de se référer à une donnée brute de la pensée de la guerre froide qui n’a rien à voir avec le communisme mais une  hostilité à un grand, important pays slave, même pas un rival géopolitique sérieux pour les US, en effet ce pourrait être un ami potentiel des États-Unis, si seulement les Etats-Unis reculaient sur leur expansion de l’OTAN et les folles guerres de changement de régime au Moyen-Orient qui produisent des maux de tête pour la Russie et (le reste de) l’Europe sous la forme de plus de terrorisme et des flux de réfugiés qui accompagnent les meurtres.
En cette saison de folie, des événements inattendus, je m’attends à être surpris sur la durée, humilié quand mes attentes-mon « analyse concrète des conditions concrètes» (Lénine) -prouve la fin du droit dans cette nouvelle époque. C’est à peine possible, surtout si la CIA n’est pas pour Trump- que son investiture sera saboté par certaines personnes dans l’État profond. Ou que ce pays puisse connaître une crise constitutionnelle. Chris Hayes et Rachel Maddow seraient ravis. Moi aussi, quoique pour des raisons très différentes, tout en craignant les alternatives. Je préférerais de beaucoup un conflit paralysant au sein de la classe dirigeante à un régime nationaliste-petit blanc consolidé. Mais si les attaques sur plusieurs fronts sur Trump continuent, et il est refusé avec succès à la présidence, la probabilité de la troisième guerre mondiale pourrait croître.

Que toute cette farce puisse finalement améliorer la russophobie stupide qui fait partie de l’ADN politique de millions – et en arrive à engendrer une épreuve de force en Syrie et / ou en Ukraine – est aussi effrayant que la transition vers une présidence Exxon Russie-amicalement votre.

* * * * *

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Gary Leupp is Professor of History at Tufts University, and holds a secondary appointment in the Department of Religion. He is the author of Servants, Shophands and Laborers in in the Cities of Tokugawa Japan; Male Colors: The Construction of Homosexuality in Tokugawa Japan; and Interracial Intimacy in Japan: Western Men and Japanese Women, 1543-1900. He is a contributor to Hopeless: Barack Obama and the Politics of Illusion, (AK Press). He can be reached at: gleupp@tufts.edu

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Questions pour la discussion:

Si la Russie est intervenue pour influencer l’élection, quelle la révélation dans les e-mails fuités a le plus influencé les électeurs?

est-ce le fait que la direction démocrate voulait utiliser leurs taupes de la presse pour faciliter la candidature de Trump, en diffusant tous ses entretiens de campagne en direct?

Ou le fait que le DNC a travaillé des heures supplémentaires pour empêcher Sanders (beaucoup plus populaire que Clinton ou Trump) de devenir le candidat démocrate?

N’y a-t-il pas plus de bien que de mal que nous sachions ce que Wikileaks a révélé?

 

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1 commentaire

Publié par le décembre 17, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Counterpunch – La guerre froide, suite: Russophobie Post-Electorale, par Gary Leupp

  1. josephhokayem

    décembre 18, 2016 at 3:00

    A reblogué ceci sur Histoire militaire du Moyen-Orient.

     

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