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Au cours de sa conférence de presse vendredi, Barack Obama a longuement parlé de la Russie, faisant plusieurs déclarations qui peuvent difficilement supporter la plus minime vérification des faits.

17 Déc

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La réponse cinglante des Russes au discours d’Obama qui mauvais joueur a tenté d’humilier la Russie parce qu’il était lui-même humilié. Il y a effectivement quelque chose de puéril dans cet essai comparatif au moment où Barack Obama connait une terrible défaite dans sa stratégie au Moyen Orient, de l’intervention en Irak à celle en Syrie et où cerise sur le gâteau, il est contraint d’attribuer la défaite du camp démocrate à des manœuvres de Poutine plutôt que de se livrer à une autocritique. Mais il faut toujours écouter ses ennemis et les Russes auraient intérêt à entendre ce que leur disent également les communistes de la Fédération de Russie. Il faut surmonter l’économie de rente mise en place par les oligarques et retourner sur les chemins de l’industrialisation diversifiée qui était celle de l’Union soviétique et que le capitalisme déchaîné à détruite en Russie (note et traduction pour Histoire et societé par Danielle Bleitrach)

« Les Russes ne peuvent pas nous changer ou nous affaiblir de manière significative. Ils sont un petit pays, ils sont un pays plus faible, leur économie ne produit rien que quiconque veut acheter à l’exception du pétrole et du gaz et des armes, » Obama a assuré le public, tout en essayant de convaincre le public que la seule menace que représente  la Russie pour les  États-Unis était idéologique.

« Plus petit » est une classification très large, et on ne sait pas ce que le président Obama a choisi de désigner par ce label métrique. En termes de masse terrestre, la Russie n’est évidemment pas la plus petite. Avec une masse de plus de 17 millions de kilomètres carrés, la Russie est presque deux fois plus grande que les Etats-Unis, environ de 10 millions de kilomètres carrés. En termes de population, les États-Unis peuvent battre la Russie : de 325 millions à 146 millions de personnes. Cependant, la Russie est toujours dans le top-dix dans le monde entier pour la population et il est difficile d’imaginer le président Obama appelant un pays comme le Japon (127 millions) ou le Mexique (122 millions) « plus petit. »

« L’affaiblissement » est probablement une référence à la force militaire russe. L’index de la force militaire, créé par la firme multinationale suisse Credit Suisse, a classé les États-Unis en tant que plus grande puissance militaire du monde, avec un classement de 94. La Russie est en deuxième avec 87. Cependant, ce classement a peu de sens pratique, puisque les deux pays ont les plus grands arsenaux nucléaires dans le monde, assurant l’annihilation mutuelle dans le cas d’un conflit nucléaire militaire ainsi qu’une fin probablement pour l’ensemble de la planète.

La troisième partie de la déclaration d’Obama est que les exportations russes ne sont composées que par des hydrocarbures et des armes. La Russie est en effet le plus grand exportateur mondial de gaz naturel, et l’un des principaux producteurs de pétrole du monde. Il est également le deuxième plus grand exportateur d’armes, après les États-Unis. La production de pétrole en Russie peut atteindre  11.37Mln de barils par jour en 2017. Cependant, le mythe de la Russie ne produisant que l’énergie ou de matières premières est loin de la réalité. Et le président américain devrait le savoir, puisque Washington compte sur la Russie dans quelques domaines. Par exemple, après avoir abandonné son programme de navette spatiale, la NASA est devenue dépendante de Roscosmos, l’agence spatiale russe, pour l’envoi des astronautes et des fournitures à la Station spatiale internationale (exploitée conjointement par les États-Unis et la Russie.) Le Pentagone dépend aussi de la  russe pour les moteurs spatiaux RD-180 des fusées électriques transportant des satellites militaires américains en orbite. Les États-Unis ne peuvent pas encore produire des moteurs orbitaux de lancement de fusée de transport lourd, en dépit de multiples tentatives pour remplacer les russes fiables et robustes avec des analogues fabriqués en Amérique.

La Russie est également l’un des pays leaders dans la construction de centrales nucléaires dans le monde, l’un des rares pays avec une industrie aéronautique civile massive, et l’un des leaders mondiaux en matière d’éducation, qui attire chaque année des milliers d’étudiants en Russie.

La liste peut s’étendre mais voyons cet autre point du discours:   « Plus d’un tiers des électeurs républicains approuvent Vladimir Poutine, l’ex-chef du KGB. Ronald Reagan se retournerait dans sa tombe, »

Obama a dit cela lors de la conférence, en référence à un sondage dans The Economist qui a porté l’approbation républicaine de Poutine à 37 pour cent.

Le président russe Vladimir Poutine n’a jamais été le chef du KGB. Poutine a été un membre de l’agence de renseignement soviétique en 1975-1991, il a démissionné lorsque le chef du-KGB Vladimir Krioutchkov a été l’un des principaux collaborateurs du coup d’état d’Août pour prendre le pouvoir du premier président de la Russie, Mikhaïl Gorbatchev.

Le président Obama a probablement pensé au FSB, une organisation qui était le successeur du KGB, mais qui en réalité a été créée en 1995, plusieurs années après l’effondrement de l’Union soviétique. L’ancien président de la Russie Boris Eltsine a nommé Poutine à la tête du FSB en 1998, une position que Poutine a occupée un peu plus d’un an avant d’être  promu Premier ministre.

Si on le compare aux  agences américaines le FSB correspond plus précisément au FBI. Vladimir Poutine sous quel angle qu’on l’examine n’a jamais été le chef du KGB.

Le plus haut fonctionnaire aux États-Unis aurait dû savoir tout cela. Après tout, Obama affirme qu’il subit de nombreuses  séances d’information sur la sécurité. Mais, d’une certaine manière, ce n’est pas la première fois que le président Obama a ignoré les faits pour faire un grand discours. En mai 2014, il a appelé la Russie « une puissance régionale » qui ne joue pas un rôle majeur sur la scène internationale. « La Russie est une puissance régionale qui menace certains de ses voisins immédiats, non en raison de sa force, mais de sa faiblesse », a déclaré le président.

L’année suivante, la force aérienne russe a commencé ses opérations en Syrie. Dans la semaine du 12 décembre 2016, la plus grande ville syrienne d’Alep a été entièrement reprise par les forces russes et syriennes

Pendant ce temps, dans une séance infâme du Congrès en septembre 2015, on sait qu’un programme de 250 millions $ a été consacré à la création d’une «opposition modérée» au sein de la Syrie, le général Lloyd Austin, commandant du Commandement central américain, a admis que « quatre ou cinq » de ceux qui avaient été formés sur le programme US étaient encore dans la lutte contre Daesh. Le président de la commission des forces armées du Sénat, le sénateur John McCain, a déclaré qu’il était clair que les Etats-Unis avaient  « perdu » contre Daesh.

Mais c’est la Russie qui est faible, n’est-ce pas, Monsieur le Président? …

Read more: https://sputniknews.com/politics/201612171048678443-obama-press-conference-russia-factchecking/

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2 Commentaires

Publié par le décembre 17, 2016 dans Uncategorized

 

2 réponses à “Au cours de sa conférence de presse vendredi, Barack Obama a longuement parlé de la Russie, faisant plusieurs déclarations qui peuvent difficilement supporter la plus minime vérification des faits.

  1. josephhokayem

    décembre 17, 2016 at 5:06

    A reblogué ceci sur josephhokayem.

     
  2. etoilerouge

    décembre 17, 2016 at 5:25

    Quel minable! ça un président?
    J’ai perdu c’est la faute de la Russie! quelle lâcheté!

     

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