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Pourquoi les pétroliers n’ont pas renoncé à l’Arctique

14 Déc

  • image: http://images.lesechos.sdv.fr/archives/2015/LesEchos/22040/ECH22040036_1.jpg

    L’année dernière, alors que les sanctions contre la Russie étaient à l’ordre du jour, le journal financier les Echos publiait cet article qui prend tout son relief avec la nomination du patron d’Exxon au secrétariat d’Etat. Certains verront dans cette nomination la confirmation de leur thèse complotiste sur le fait que Poutine aurait fait élire Trump. Et si c’était tout simplement les monopoles qui face à la crise et au désastre représenté par l’administration Obama avaient décidé d’intervenir direction pour gérer le partage du monde selon leurs intérêts? Après la nomination d’un des patrons de Goldman sachs aux finances c’est exxon à la diplomatie. C’est-à-dire  l’exploitation des pétroles de l’Arctique contre les « sanctions », contre la Chine? Pas si sur…Là encore la proposition est une négociation moins militaire que commerciale,  un partage de la zone est de l’Asie. La victoire à Alep sonnant la fin de toutes les errances politiques pour passer à la défense des intérêts capitalistes. Quelle va être la réponse de Poutine? Quelle stratégie va-t-il adopter dans cette nouvelle donne? (note de Danielle Bleitrach)

En annonçant l’arrêt de sa campagne d’exploration au nord de l’Alaska, le groupe Shell a réjoui les ONG environnementales. Mais en réalité les compagnies pétrolières sont loin d’avoir tiré un trait sur les prometteuses réserves de l’Arctique.

Les amoureux des ours blancs ont crié victoire. Le 28 septembre, Shell a annoncé qu’il stoppait sa campagne d’exploration pétrolière en mer des Tchouktches, au nord de l’Alaska, après un forage décevant. Beaucoup ont vu dans ce recul le signal qu’ils attendaient : les compagnies pétrolières ont enfin renoncé à l’or noir de l’Arctique. Les ONG environnementales, comme Greenpeace, ont triomphé sur les réseaux sociaux. Peut-être un peu vite ?

« Il y a encore de nombreuses activités pétrolières en Arctique, par exemple sur terre en Alaska et en Russie, ou en mer en Norvège « , souligne Mikå Mered, président du consultant spécialisé Polarisk. Exploitée par Gazprom, la plateforme de Prirazlomnoye, en mer de Pechora, produit même du pétrole depuis l’an dernier. ENI et Statoil s’apprêtent à démarrer leur projet Goliat, en mer de Barents norvégienne – qui deviendra alors le site de production de pétrole le plus au nord de la planète. Dans cette même mer de Barents, le gouvernement norvégien a lancé au début de l’été un processus d’enchères sur une toute nouvelle zone. « De nombreuses compagnies ont manifesté leur intérêt « , assure Jon Marsh Duesund, spécialiste de l’Arctique chez le consultant Rystad Energy, à Oslo.

En réalité, si l’échec de Shell a donné un coup d’arrêt à l’exploration en Arctique, c’est seulement dans des zones restreintes, les plus fragiles : les mers polaires gelées une grande partie de l’année (ce qui n’est pas le cas de la mer de Barents), comme les mers des Tchouktches et de Beaufort, au large de l’Alaska, du Canada, ou du Groenland. « De nombreuses compagnies, comme ConocoPhillips, Statoil, ExxonMobil ou Chevron, ont laissé Shell partir le premier en adoptant une attitude « wait and see » « , note Jon Marsh Duesund. « Je ne les vois pas y revenir avant au moins cinq ans. «  Chevron, ExxonMobil et BP avaient déjà annoncé cette année qu’ils suspendaient leurs opérations dans la région.

Réaliser des forages d’exploration dans cet environnement extrême, c’est accumuler les difficultés – et les coûts. La fenêtre pendant laquelle les eaux ne sont pas gelées est réduite aux trois ou quatre mois d’été. Les conditions climatiques (froid, tempêtes, icebergs) rendent les opérations techniquement complexes et risquées. Et les contraintes imposées pour limiter les conséquences d’une fuite éventuelle dans cet écosystème extrêmement fragile sont énormes.

Shell en sait quelque chose. Lors d’une tentative précédente, en 2012, il avait accumulé les revers. L’un de ses systèmes anti-marée noire avait échoué à un test, ce qui l’avait empêché de forer jusqu’aux couches pétrolières. Surtout l’une de ses plates-formes, Kulluk, s’était échouée sur le chemin du retour. Pour sa campagne de 2015 le groupe avait pris ses précautions : il a acheminé sur le site deux plates-formes de forage, une trentaine de navires, sept avions… En dix ans, le groupe a englouti la somme exorbitante de 7 milliards de dollars dans l’aventure de la mer des Tchouktches.

Shell a aussi dû affronter les campagnes virulentes des ONG environnementales : Greenpeace a organisé des manifestations très médiatisées, mobilisant par exemple des centaines de kayaks à plusieurs reprises cette année pour protester et sensibiliser les régulateurs américains.

Ni le coût de l’exploration ni le risque juridique ou politique n’ont toutefois réellement découragé les compagnies pétrolières. Car l’espoir, en Arctique, est à la mesure des difficultés. Les réserves estimées en pétrole et en gaz y sont colossales : 90 milliards de barils de pétrole (15 % des réserves mondiales) et 47 milliards de mètres cubes de gaz (30 % du total mondial), selon une évaluation de l’US Geological Survey de 2008. Alors que les compagnies ont un besoin vital de renouveler leurs réserves, l’Arctique est l’une des rares « nouvelles frontières » où elles espèrent effectuer des découvertes majeures.

Même la chute récente du baril, qui a perdu 50 % depuis juin 2014, les a à peine freinées. Dans un premier temps, seules les compagnies les plus fragiles ont levé le pied. Non parce que le coût estimé d’extraction d’un baril en Arctique (entre 70 et 80 dollars) est largement supérieur au cours actuel (autour de 50 dollars) : « Nous ne prenons pas nos décisions d’investissement sur la base du prix du pétrole à court terme « , expliquait en janvier Tim Domson, le patron de l’exploration de Statoil, dans un entretien aux « Echos ». « En Arctique, les délais entre les premiers forages et la production sont supérieurs à dix ans : le prix du brut aura remonté d’ici là.  »

Ce qui a freiné l’exploration en Arctique, c’est l’impact de la chute du brut sur les cash-flows des compagnies, qui les a conduites à tailler dans leurs investissements. Ou encore, en Russie, les sanctions imposées aux compagnies occidentales, qui visent directement les technologies nécessaires à l’exploration de l’arctique offshore. ExxonMobil et Rosneft ont annoncé en septembre 2014 une découverte potentiellement gigantesque en mer de Kara, mais ont dû refermer les puits et interrompre leur programme pour respecter les sanctions. Les compagnies russes, Rosneft et Gazprom, n’ont ni les moyens ni la technologie nécessaires pour mener leurs programmes seules. Elles les ont décalés de plusieurs années : l’exploration ne reprendra pas en mer de Kara avant 2020 ou 2021, a indiqué le ministre russe de l’Energie mi-septembre, selon l’agence Interfax. Autant de circonstances toutefois loin d’être définitives. « S hell continue de voir un potentiel important en mer des Tchouktches », a affirmé Marvin Odum, patron de l’exploration-production de la compagnie pour l’Amérique. Les compagnies ont gelé leurs projets, mais ne les ont pas définitivement enterrés.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/08/10/2015/LesEchos/22040-036-ECH_pourquoi-les-petroliers-n-ont-pas-renonce-a-l-arctique.htm#EzaCvlPikeykGqDc.99

 
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Publié par le décembre 14, 2016 dans Uncategorized

 

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