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La force de l’héritage de Fidel, par Pavel Shcherbakov du parti communiste de la fédération de Russie

14 Déc

46 heures. 24 en vol. 22 sur le sol cubain, et tout le temps « sur nos pieds. » Dans l’après-midi du 29 novembre, la délégation de la Douma d’Etat, dirigée par son président Vyacheslav Volodine a visité La Havane pour dire adieu au leader historique de la Révolution cubaine, le dirigeant durant de nombreuses années de la République de Cuba, un des plus grands hommes du XX siècle, Fidel Castro… Marianne me signale que l’expression « Ile de la Liberté » pour désigner Cuba est tout ce qu’il y a de plus banal en Russie, y compris à la télé.

Pavel Shcherbakov, service de presse du Comité central du Parti communiste, La Havane-Moscou
13/12/2016

https://kprf.ru/party-live/cknews/160814.html

A la demande du président du Comité central du Parti communiste Guennadi Ziouganov, le Parti communiste était représenté par une délégation au plus haut niveau. Sont venus sur l’Ile de la Liberté dire adieu à Fidel au nom des communistes russes, de tous ceux qui se disent encore  soviétiques, le Premier viceprésident du Comité central du Parti communiste Ivan Melnikov et le viceprésident du Comité central du Parti communiste Dmitri Novikov.

«J’ai visité Cuba tant de fois. À l’époque soviétique, j’ai participé à des échanges organisés par l’Université de Moscou, puis avec les délégations officielles du PCUS, et dans les années 90 c’était déjà le Parti communiste de la fédération de Russie, et plus tard à la tête ou comme membre de délégations de la Douma d’Etat, – dit Ivan Melnikov – mais cette visite ne peut être comparée à aucune autre. Pour la première fois notre avion a fait son atterrissage sur un sol qui n’hébergeait plus Fidel vivant. Pour la première fois j’ai rencontré mes amis et connaissances cubains sans les sourires habituels. Au lieu de l’ambiance festive, l’air était empli de chagrin. Sans lamentations ni mots inutiles, courageux et recueilli, le peuple cubain a fait face à ce coup de tonnerre au milieu du ciel cubain éternellement clair. Tous ensemble et chacun en lui-même a ressenti cela dans son cœur.

En même temps, au cours de tous les entretiens –  nous avons rencontré le Président de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire de Cuba, le camarade Lazo Hernandez, les cinq héros cubains, nous avons croisé de nombreux hommes politiques lors des cérémonies de deuil – nous n’avons remarqué aucun désarroi, aucune confusion, ou incertitude quant au futur de l’Île. Partout nous avons senti la force de l’héritage de Fidel, qui d’ores et déjà est « sorti » de l’histoire révolutionnaire cubaine, a trouvé des millions de partisans combatifs à travers le monde, qui attire à lui chaque nouvelle génération de jeunes. Ce n’est pas une histoire appartenant au passé, mais une énergie vivante qui continuera à nous aidera à vaincre à l’avenir.

Qui sait, peut-être, pour cette raison, comme s’il ne voulait pas mettre un point à un moment donné, ni même une virgule, le Comandante lui-même a ordonné de ne pas perpétuer son souvenir sous une forme personnalisée. Comme s’il considérait que la force de sa personnalité ne devait pas concentrer en elle l’énergie de la lutte, qu’elle ne devait pas s’enfermer dans des limites de pierre: mais se concentrer et se poursuivre dans les esprits, les cœurs et les aspirations des peuples.

Debout à la tribune avec nos homologues russes, nous avons perçu ces notes dans les discours sages et inspirés, dignes du grand talent oratoire de Fidel, des chefs d’Etats soutenant une orientation socialiste. Les camarades chinois et vietnamiens, le président bolivien Evo Morales, le président du Venezuela Nicolas Maduro, le président du Nicaragua, Daniel Ortega, et bien sûr, le leader actuel de Cuba Raul Castro et d’autres. Des centaines de milliers d’yeux sur la place Jose Marti participaient à chaque parole prononcée ici par les intervenants. Si quelque part dans le monde il existe une définition de la solidarité, elle était, elle est – ici.

Cette atmosphère émotionnelle me fit faire un retour sur moi-même : je me suis souvenu d’une rencontre avec Fidel, de nombreuses heures à parler avec lui en tête-à-tête, une chose que je n’oublierai jamais. Sont revenues à ma mémoire des images de l’enfance, de l’école, quand le professeur de géographie avait consacré à Cuba toute une fête scolaire. Je me suis souvenu des années 60, quand nous allions nous coucher et nous réveillions avec les paroles de la chanson très populaire « Cuba – mon amour, île aux aubes pourpres.* » En grandissant et en apprenant de plus en plus à connaître l’histoire et les principales étapes de la révolution cubaine, ses dirigeants et ses héros, nous avons admiré Fidel et ses compagnons héroïques, qui ont pris d’assaut la caserne Moncada, débarqué du yacht « Granma »,  combattu dans la Sierra Maestra, vaincu les bandes de contre-révolutionnaires dans la baie des Cochons. Pour les jeunes citoyens soviétiques ce furent les premières leçons d’internationalisme, le sentiment d’appartenir à tous les combats des peuples pour leur liberté.

Et je me souviens du sentiment de malaise et d’amertume dans les années 90 quand nous avions honte devant Fidel pour la politique étrangère de la Russie d’Eltsine. Se retrouvant après l’effondrement de l’Union soviétique dans une situation difficile, il ne proféra pas à l’encontre de notre pays un seul reproche, s’élevant fièrement au-dessus des nains opportunistes qui avaient trahi leurs alliés. Mais j’ai aussi des souvenirs plus réjouissants, la phase de reconstruction indispensable, la reprise des liens dans ces quinze dernières années. Toute cette joie au cours des visites fréquentes à Cuba pour reconstruire brique par brique bien des choses qui ont été perdues.

Je pense à tout cela dans l’espoir que les jeunes communistes, les jeunes politiciens, aussi, vont continuer à travailler dur pour faire que nos deux pays géographiquement éloignés – Cuba et la Russie – soient comme une même famille les uns pour les autres. Et nous en avons l’espoir, c’est un espoir raisonnable et légitime. Tant à La Havane, qu’à Moscou, il y a des gens, il y a beaucoup de gens qui le veulent et s’engagent dans le renforcement de notre amitié. Parce qu’il est encourageant qu’à ce rassemblement commémoratif, épaule contre épaule près de moi se tienne Dmitri Novikov, qui représente une nouvelle génération de communistes, et qui représente ici le groupe parlementaire d’amitié avec Cuba, grâce aux liens étroits qui se sont développées entre le Parti communiste russe et le Parti communiste cubain  » – a livré ses impressions Ivan Melnikov.

« Cuba a réalisé le rêve de millions de personnes sur notre planète – a déclaré Dmitri Novikov, – le droit à un développement autonome et indépendant,et aux garanties sociales de base. Et tout cela existe à Cuba, faisant la fierté de ses habitants. Ici la médecine, gratuite, est d’excellente qualité, et le système d’éducation, bien sûr également gratuit. Oui, tout cela est venu à Cuba, car nous l’avions déjà dans notre pays – l’Union soviétique. Mais de ces réalisations nous parlons, hélas, au passé. Tandis que Cuba a survécu. Et Fidel Castro a joué ici un rôle particulier. C’est de cela qu’ont parlé dans leurs discours d’adieu au Comandante les représentants des dizaines de pays qui sont venus à La Havane avant que l’urne avec les cendres ne commence son voyage funéraire vers le lieu d’ensevelissement à Santiago de Cuba « .

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

*la chanson : «Куба – любовь моя, остров зари багровой»

https://www.youtube.com/watch?v=xKBNnHwg55I

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Publié par le décembre 14, 2016 dans Uncategorized

 

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