RSS

La Chine a déjà un plan B face à l’imprévisible Trump

11 Déc

Une vue d'ensemble montre l'horizon d'un quartier central des affaires à Pékin

La Chine a déjà un ‘plan B’ face à Trump ‘l’imprévisible’ © AFP 2016 / WANG ZHAO

Les Chinois sont de brillants stratèges et ils ont déjà élaboré un plan B sur la façon de faire face à la «imprévisibilité» du président américain élu Trump. Une autre interview de l’agence officielle russe en anglais (celle en français est inexploitable, elle est visiblement tenue par une bande de fachos proches de Marine Le Pen, mais celle en anglais et surtout en espagnol présentent des analyses intéressantes). Ici non seulement nous avons un aperçu sur les attentes un tantinet inquiètes des Russes sur « l’imprévisible Trump », mais aussi leur admiration sur la capacité des Chinois à faire face et si l’on sait lire choisir un développement en plusieurs étapes, de la manufacture à la Silicon valley et le marché intérieur. Admiration née pour beaucoup de la manière dont la Chine a réussi à préserver ses acquis et à l’inverse des Russes ne s’est pas autodétruite en sabordant l’URSS. Il est vrai que beaucoup de choses ont sans doute tenu à la différence entre le parti communiste chinois et le parti communiste russe (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Tom McGregor, commentateur et rédacteur en chef de China Television Network l’a déclaré à Radio Sputnik, en  ajoutant que la sélection du gouverneur de l’Iowa Branstad comme ambassadeur des États-Unis en Chine envoie un signal positif à Pékin.

La question de l’avenir des relations américano-chinoises sous Donald Trump a récemment attiré beaucoup d’attention. La critique de Trump concernant  « l’accumulation militaire » de la Chine dans la mer de Chine du Sud et la nomination du «vieil ami» de Xi Jinping Terry Branstad comme ambassadeur américain en Chine a forcé certains observateurs à s’interroger sur ce que l’ «imprévisible»  président élu allait faire.

Cependant, en brillants stratèges les Chinois ont toujours un plan B, Tom McGregor, commentateur et rédacteur en chef de China Television Network (CNTV) l’a fait remarquer dans sa récente interview à Radio Sputnik. McGregor a admis que la victoire de Trump a  pris beaucoup de gens en Chine par surprise. «Un an avant l’élection, j’avais déjà prédit sa victoire… Je l’ai  dis à mon patron, je le disais aux gens dans les médias chinois [que Trump allait gagner]… Les gens ont dit:« Vous êtes fou, qu’est-ce que vous dites! ‘,’ Non, il va gagner! [Répondais-je],  » a rappelé McGregor , en ajoutant que ses collègues étaient amusés quand sa prédiction s’est réalisée.

Dans son interview de septembre avec Sputnik McGregor a souligné que, s’il est élu, Trump serait « difficile, mais loyal » avec la Chine: « Si Trump est élu à la Maison Blanche, nous pouvons nous attendre à voir s’établir des relations pragmatiques et commerciales  plus équilibrées entre la Chine, la  Russie et les Etats-Unis.  »

En commentant la stratégie de la politique étrangère de Trump envers Pékin, le journaliste a noté que beaucoup dépend de la personnalité du président élu des États-Unis. «Je suis un fervent partisan de la psychologie étant donné que vous ne pouvez pas changer les gens … Si vous observez d’un regard attentif la personnalité et la psychologie de Trump il n’est  pas différent de celui qu’il a jamais été:  probablement désagréable, avec le fait qu’il ne craint  pas de dire quoi que ce soit … Mais bien sûr, maintenant il est un peu dangereux « , a souligné le journaliste.

Se référant à  la conversation téléphonique de Trump  avec le président de Taiwan Tsai Ing-wen, McGregor a noté que cet acte a beaucoup choqué en Chine. Aux yeux des Chinois la conversation du président élu des États-Unis avec le dirigeant de Taiwan représentait la violation de la politique « d’une seule Chine ». McGregor a noté que Trump a écrit sur Twitter que Tsai « l’avait  appelé. » « S’il s’était borné là ça aurait été merveilleux», a fait remarquer le journaliste en ajoutant que, en réponse à la critique Trump a décidé de riposter. « Alors que les États-Unis vendent des milliards de dollars à Taiwan de matériel militaire, moi je ne devrais pas accepter un appel de félicitations, »a  tweeté Trump. Et pour ajouter de  l’insulte à la blessure le président élu des États-Unis a alors fustigé la Chine pour ce qu’il a désigné comme la construction d’ « un complexe militaire massif dans le milieu de la mer de Chine du Sud. » Selon le journaliste, ce n’était  « pas une attitude intelligente. »

Ce qui est important, quelle que soit sa rhétorique dure c’est que Trump ne veut pas d’une guerre avec la Chine, a souligné McGregor. Apparemment donc, Trump a sauté sur l’occasion de nommer le gouverneur de l’Iowa Terry Branstad, qui a maintenu des liens étroits avec la Chine, au  poste d’ambassadeur américain en Chine.

Vice-président chinois Xi Jinping, à gauche, et gouverneur de l'Iowa Terry Branstad lèvent leur verre au début d'un dîner officiel dans la rotonde à l'Iowa Statehouse, le mercredi 15 février 2012, à Des Moines, Iowa.

Le président chinois Xi Jinping, à gauche, et le gouverneur de l’Iowa Terry Branstad lèvent leur verre au début d’un dîner officiel à l’Iowa Statehouse, le mercredi 15 février 2012, à Des Moines, Iowa.

« Je pense que Terry Brandstad sera le genre de gars qui peut être le grand tampon et saura dire à  Trump: « Avant de faire ces tweets sur la Chine vous pourriez au moins me prévenir  à l’avance », dit le journaliste.

Le facteur Branstad: le choix de Trump de l’ambassadeur en Chine envoie un signal important à Pékin. McGregor a souligné que la question de la mer de Chine du Sud reste l’un des plus sensibles pour Pékin. « Il est normal de parler des litiges sur les guerres commerciales, les guerres des monnaies, parce que les Chinois voient les négociations commerciales comme simples. Mais quand vous commencez à prendre sur des questions sensibles qui pourraient conduire à la guerre, vous [devez être] un peu plus prudent, « a-t-il ajouté.

Le commentateur de CNTV a noté que Pékin n’a pas été dérangé par l’élection de Trump qui promet de faire revenir des emplois aux États-Unis et d’imposer des droits de douane élevés sur les produits chinois. «La réalité est que les Chinois sont très intelligents… Une chose qui m’impressionne beaucoup de la part  des Chinois est qu’ils sont de brillants stratèges », a déclaré McGregor à Sputnik. Même si les Chinois croyaient que Trump n’allait pas gagner, ils ont bâti un plan B sur ce qu’il fallait faire si Trump gagnait, a souligné  le commentateur.

« Fondamentalement, ils ont compris que s’il y avait une guerre commerciale, la Chine se concentrerait davantage sur les dépenses des consommateurs chinois plutôt que les exportations. Et donc la question est que le coût du travail, le coût de production en Chine va devenir beaucoup plus cher. Donc, la plupart des usines se déplacent vers l’Asie du Sud-est, elles se déplacent vers l’Afrique. Pour eux [les Chinois], il n’y a pas de grandes conséquences s’il y a une guerre commerciale parce que maintenant ils vont se concentrer davantage sur les produits de meilleure qualité, même si vous imposez des taxes sur ces produits, cela vaut le coût pour les consommateurs partout dans le monde « , a-t-il expliqué.

Dans le même temps, les Chinois ont dû sauver la face, dit le journaliste : « [Sauver] la face est une très grosse affaire [en Chine]. Si tu me frappes, je dois te frapper en retour. Alors, évidemment, si Trump commence une guerre commerciale, ils doivent répondre … Mais ce n’est pas une chose terrible parce qu’ils ont déjà un plan B et même s’ils doivent réagir ils savent qu’il ne va pas leur faire du mal comme beaucoup de gens pensent « , a souligné McGregor. «Ils [les Chinois] ont une nouvelle économie. Ils ont une« Silicon Valley » de Pékin dans la région de Zhongguancun. Et c’est encore plus grand que la Silicon Valley», a-t-il ajouté.

Commentant les critiques de l’Occident contre la Russie et la Chine sur la Syrie à l’ONU et les menaces d’imposer des sanctions sur les pays soutenant Bachar al-Assad, McGregor a noté que cette question est plus pertinente, parce que l’administration de Trump doit prendre ses fonctions en janvier . « Quel impact cela va avoir? » a-t-il dit se référant à la question des sanctions, « Comment la Syrie va avoir un impact? » Selon McGregor, la politique étrangère de l’administration Trump est susceptible de différer de celle de Barack Obama et de ses partisans européens. … 13 5
Read more: https://sputniknews.com/politics/201612101048402212-china-trump-plan-b/

Advertisements
 
Poster un commentaire

Publié par le décembre 11, 2016 dans Uncategorized

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :