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Paris: un ouvrier meurt gare d’Austerlitz broyé par une foreuse

10 Déc

Je me souviens, il y a bien longtemps (en 1979 je crois) car je travaillais sur le monde ouvrier à Fos-sur-Mer (L’usine et la vie écrit avec Alain Chenu, édité chez Maspero), j’avais été confrontée à la mort d’un ouvrier tombé par erreur dans les brames en fusion, un ouvrier de l’écrickage, un intérimaire de ces multiples sociétés crées dans les endroits les plus dangereux. Alors même qu’il était prévue que ce laminoir s’arrête une heure après. C’était d’une totale absurdité, criminel, et ça illustrait de manière saisissante l’âpreté du capital dans l’extraction de la plus-value. C’était comme si le livre  I du capital s’incarnait avec sa livre de chair et de sang. Parfois il m’arrive de me demander pourquoi je ne consacre pas ce blog à cette exploitation comme je l’ai fait pendant tant d’années. La fin de l’URSS m’a obligée à opérer un tournant, je suis en effet convaincue que ce qui permet à l’exploitation capitaliste de se maintenir et de s’aggraver est la manière dont on a transformé cette chute de l’URSS en fin de l’histoire, en horizon politique indépassable et il me semble que je dois lutter à ce niveau-là pour affronter la misère du monde et celle qui règne dans mon pays. Mais quand un ami me transmet ce genre de nouvelles il me prend l’envie comme je le faisais du temps de Révolution ou dans mes recherches d’aller rendre compte des conditions toujours renouvelées de l’exploitation. Ce scandale que plus personne ne voit  (note de Danielle Bleitrach)

08/12/2016 à 08h17
Paris: un ouvrier meurt gare d'Austerlitz broyé par une foreuse

 
1 commentaire

Publié par le décembre 10, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Paris: un ouvrier meurt gare d’Austerlitz broyé par une foreuse

  1. Jeanne Labaigt

    décembre 10, 2016 at 9:28

     » L’entreprise qui a obtenu le marché », dans ce « qui a obtenu le MARCHE » tout est dit en un sens.
    Le travail humain est un fétiche marchandisé.
    Si on y réfléchit bien aussi, il y a ici tout le condensé de l’époque actuelle du capitalisme.

    Le lieu: la gare d’Austerlitz au bout de la ligne qui passe à Brétigny où le déraillement de 2013 a fait 7 morts et 70 blessés.
    Depuis des travaux sont enfin réalisés, mais à quel prix: plusieurs week-ends par an du vendredi au lundi plus aucun train ne circule entre Orléans et Paris, les trains sont constamment en retard.
    5000 personnes font le trajet pendulaire Orléans -Paris chaque jour, certains travaillent le samedi et le dimanche (merci Macron!)
    Et tout « s’arrange  » dans la courtoisie de sites internet « dédiés », où un monsieur fort courtois, s’adressant à vous personnellement par une application sur votre smartphone,explique les choses dans un langage technocratique choisi et justifie par une sorte de « tout est écrit dans le grand rouleau compatissant » n’importe quel dysfonctionnement.
    Cela cache en fait que la SNCF n’est plus une chose publique: partie intégrante de la nation où le capital et le travail sont « socialisés », c’est à dire qui appartiennent à tous et sont le soucis de tous, où nous veillons au commun, où nous sommes des usagers et où nous utilisons ce qui nous appartient.
    Nous sommes des clients; les employés, des « gilets rouges » compatissants en cas d’incidents et les ouvriers des intérimaires sans statut (contre balançant les obligations du « service ») et par là même sans protection.

    La gare elle-même: elle est en transformation esthétique depuis des années: de grands designers sont à l’oeuvre: Austerlitz est en transformation continuelle, c’est-à-dire en fin de compte en privatisation.
    Des panneaux, richement illustrés qui servent de palissades et de talanquères pour diriger le troupeau des voyageurs, nous expliquent ce que deviendra « notre » (sic) gare à l’horizon de la fin des travaux et du commerce radieux généralisé.
    La gare qui voit passer de moins en moins de trains (pratiquement plus de trains de nuit), le « cadencement » des trains justifiant la suppression de trains, devient un centre commercial, ouvert le dimanche où nous pouvons trouver de tout, même une pharmacie (c’est si pratique) et toute sortes de « services ».
    La partie de la gare du côté de la Seine où se trouvaient les « bureaux  » la SNCF est entièrement privatisée, il y a des bureaux d’entreprises tout à fait autres, je suppose que cela a du être une opération du même type que celles qu’on nous annonce dans les universités devenues très « autonomes » et qui doivent gérer leur « patrimoine immobilier » pour pallier au manque de subventions.

    L’UE dans tout cela n’est pas absente: cette formation , produit de » nos » gouvernements, j’emploie « nos » pour dire qu »‘ils sont l’émanation de la démocratie » et non pour dire qu’ils protègent « nos » intérêts » de prolétaires (qui ne possèdent que leur force de travail), l’UE donc, impose ses règles déréglées : il faut (impératif) privatiser, exploiter jusqu’à la mort en gardant la façade, l’air de la SNCF( cette entreprise qui a vu ses travailleurs mener la « bataille du rail »!) mais ni le statut des cheminots, ni le respect des usagers, ni le développements des territoires, ni la satisfaction des besoins du peuple, ni bien sûr les considérations « écologiques »; malgré le vert des panneaux explicatifs et illustrés.

    Oui, le capitalisme tue, cette phrase n’est pas reprise dans la défense des droits de l’homme qu’on nous sert à toute sauce et tout le temps.
    Une telle mort est « accidentelle », nul ne l’a « voulue », mais l’organisation non seulement de l’entreprise qui a obtenu le marché », mais de la SNCF, de notre société inféodée à l’UE de la concurrence libre et non faussée la produite.

     

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