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Sur fond de troubles sociaux intenses, les sénateurs brésiliens refusent d’obéir à l’ordre de suspendre le Président du Sénat brésilien

08 Déc

Les coups d’Etat « légaux » par lesquels, sous directive américaine, ont été mis en cause partout les gouvernements progressistes de l’Amérique latine se traduisent par des politiques insupportables néo-libérales et par des luttes internes à l’intérieur des institutions entre ceux qui ont mené le coup d’Etat et qui sont, comme le président du Sénat inculpés de corruption. La tentative d’Obama de reprendre en main l’Amérique latine débouche sur un drame social et l’incapacité de ceux qu’il a mis en place d’y faire face (note et traduction de Danielle Bleitrach pour Histoire et societe)

Renan Calheiros, président du Sénat brésilien. Photo: O Globo.

C’est une initiative sans précédent, dont les conséquences se mesureront dans les prochains jours ou peut-être aujourd’hui même, le conseil de direction du Sénat a refusé hier, à l’unanimité, de répondre à la détermination du ministre Marco Aurelio Mello, l’un des membres de la Cour suprême fédérale.

La veille au soir, Mello a expédié les préliminaires (décision provisoire qui sera soumise à la plénière de la Cour suprême) en exigeant la suspension immédiate de Renan Calheuiros de la présidence du Sénat. Le directoire a déclaré qu’il accepterait seulement d’agir devant une une décision complète de la Cour suprême..

Dans le premier tour de scrutin, six des 11 membres de la Cour suprême ont approuvé l’initiative, ce qui pourrait conduire à la destitution de Calheiros de la présidence du Sénat. Dias Toffoli, septième ministre, a demandé à voir, à savoir le meilleur moment pour examiner la mesure. Ça a été une manœuvre très claire pour gagner du temps, alors que  dans les dix jours commence la fin de la session du Congrès, et que Calheiros – la cible principale de l’interdiction – pourra terminer son mandat, qui court jusqu’au premier février de l’année prochaine.

Si la décision de Marco Aurelio Mello était controversée, beaucoup plus encore l’est la décision de la repousser. La première résistance vient de Calheiros lui-même, qui a refusé à deux reprises (la première fois lundi soir, la seconde hier matin), de recevoir l’officier en charge de la Justice qui remet la citation en question.

En conséquence des agissements de Calheiros il est devenu clair que la résistance serait non seulement individuelle, mais collective. Cela ouvre une crise institutionnelle entre le Congrès et la plus haute cour de justice dans le pays, en traumatisant davantage un environnement déjà surchargé.

Dès qu’a été connu l’acte de rébellion des sénateurs qui contrôlent le directoire, ont commencé à circuler des hypothèses qui envisageaient que Calheiros puisse être arrêté pour avoir désobéi à une décision d’un ministre de la Cour suprême fédérale. Mais les membres de la haute Cour de justice ont choisi de ne pas discuter de la question, préférant convoquer une session plénière aujourd’hui pour discuter et décider de la mesure provisoire de Marco Aurelio Mello. Mêmes les plus proches alliés de Calheiros disent que les chances d’échapper à la guillotine et de se maintenir à la tête du  Sénat sont presque en dessous de zéro, si cela était possible.

Ce qui est arrivé hier a coïncidé avec la présentation du projet du gouvernement Temer qui va introduire des changements drastiques dans le système des pensions de retraite du pays et affecter les travailleurs d’une manière dure.

Le projet a été la cible de salves de critiques sévères. Le député et figure de proue de Force  Sindicale, Paulo Pereira, un allié fidèle du coup d’Etat et interlocuteur privilégié de Michel Temer avec les membres de sa guilde, était ébranlé : comme il est, ce projet ne sera jamais approuvé à la Chambre des députés .

Hier également était présenté au Sénat l’amendement constitutionnel qui établit un plafond sur les dépenses publiques au cours des 20 prochaines années, ce qui se traduira par des réductions importantes dans les budgets des services publics, y compris l’éducation et la santé.

Objet de tous les voeux de dix sur dix des propriétaires du capital, exemple du retournement vers le néolibéralisme fondamentaliste, il court le risque sérieux de ne pas être voté cette année.

En face d’un gouvernement affaibli, inerte et combattu jusqu’à y compris ceux qui ont mené le coup d’Etat qui l’a porté à la présidence, Michel Temer, incapable de toute réaction ou d’une initiative, semble attendre ce que le destin lui réserve, à lui et au pays.

Le destin, cependant, ne semble pas très favorable, à lui et encore moins au pays. Hier, le gouverneur de la province de Minas Gerais province qui représente la troisième plus grande économie du Brésil, a déclaré à l’Assemblée législative provinciale l’état de catastrophe financière, comme l’ont déjà fait Rio de Janeiro et Rio Grande do Sul.

A Rio de Janeiro, le cadre est plus dramatique : le gouvernement local n’a pas encore payé les salaires de novembre, et encore moins les bonus de Décembre et Noël.

Hier même, il y a eu des combats de rue violents contre les fonctionnaires publics du gouvernement qui protestaient contre l’échec de la province et de la police. A Brasilia, il est à craindre que se nous soyons au bord de convulsions politiques se répercutant telle une épidémie sur d’autres provinces. Comme si cela ne suffisait pas, maintenant éclate un conflit ouvert entre le pouvoir judiciaire et le Congrès.

Jusqu’à quand, et jusqu’où pourra-t-on supporter les institutions d’un pays en pleine turbulence?

 

(Article de La Jornada)

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Publié par le décembre 8, 2016 dans Uncategorized

 

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