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OTAN: la Pologne montre l’exemple en matière de dépenses militaires

05 Déc

Polish tank during joint NATO exercise Noble Jump 2015. Flickr/Public domain/SHAPE NATO

Ce n’est pas un hasard si comme nous l’avons constaté lors de notre voyage en Pologne cet été, on assiste à des protestations contre le rôle que prétend jouer la Pologne de tête de pointe contre la Russie. Ce qui est sûr c’est que beaucoup de Polonais s’inquiètent de ce bellicisme qui les place en tête de l’affrontement avec la Russie. La nouvelle stratégie de Trump ne fait que poursuivre dans la voie déjà tracée par son prédécesseur, exiger de l’Europe qu’elle dépense plus dans le cadre de l’OTAN, on avait même parlé d’exiger un effort de guerre supérieur aux 2,2% du PIB de la Pologne pour atteindre les 3%. En effet déjà sous Clinton et Obama le pivot était du côté du Pacifique contre la Chine (note de Danielle Bleitrach ; traduction pour histoire et societe de Beatrice Cournaud)

http://nationalinterest.org/feature/poland-takes-its-military-might-seriously-18580

Un appel cette semaine entre le Président élu Donald Trump et le premier Ministre britannique Theresa May a défini une ligne selon laquelle davantage de membres de l’OTAN (North Atlantic Treaty Organization – Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) devraient engager deux pour cent de leur PIB dans les dépenses de défense, ce qui place le problème de la sécurité européenne sous le feu des projecteurs.

Bien que Trump ait acquis une notoriété en Europe en raison de son scepticisme quant aux alliances américaines, il y a eu une levée de politiciens de haut rang et de personnalités gouvernementales des deux côtés de l’Atlantique pour dire que l’Europe n’en fait pas assez pour sa défense. Plus tôt, Boris Johnson, secrétaire des Affaires étrangères, avait déclaré que l’Europe devrait prendre le relai, et le dirigeant de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a émis la remarque que davantage de dépenses pour la défense en Europe serait vital pour maintenir le lien transatlantique. La résurgence de la Russie, un esprit de plus en plus replié sur lui-même en Amérique ont conduit à une accélération de cette réévaluation.

Une bonne nouvelle : les nouveaux maîtres du jeu tel la Pologne sont en train de prendre l’ascendant au sein de l’architecture sécuritaire européenne.

Contrairement à la plupart de ses pairs européens, la Pologne n’a jamais cessé, depuis les deux dernières décennies, de considérer la défense comme une priorité, et a fini lentement et sûrement par former le socle de la sécurité européenne. Proche de l’enclave russe ultra militarisée de Kaliningrad, la Pologne a raison d’être inquiète et s’oppose à la notion selon laquelle tous les européens seraient en train de faire « cavaliers seuls » face au contribuable américain.

La Pologne est l’un des rares pays sur le vieux continent à n’avoir jamais coupé dans les dépenses de défense après la chute de l’Union Soviétique, gardant une moyenne de 1,9 pour cent de son PIB au cours des deux dernières décennies. Durant la crise financière de 2008 les dépenses militaires ont plongé à 1,7 pour cent du PIB, mais en raison de l’incursion de la Russie en Ukraine elles sont rapidement remontées à un respectable 2,2 pour cent du PIB en 2015.

Cette forme de dépense diffère largement de celle des petits et grands états membres de l’OTAN comme l’Allemagne et la République Tchèque. Au cours des vingt dernières années l’Allemagne – la plus grande puissance économique européenne – a dépensé environ 1,3 pour cent de son PIB dans le domaine de la défense alors que la République Tchèque en a dépensé 1,4 pour cent.

Pour preuve, à part la Pologne, seuls l’Estonie, la Grèce, Le Royaume Uni et les Etats-Unis ont répondu aux critères de Nato d’atteindre les 2 pour cent. Ces pays seront bientôt rejoints par la Lettonie et la Lituanie qui se sont engagées à dépenser au moins 2 pour cent du PIB pour la défense en 2018.

Cependant, les chiffres seuls ne disent pas toute l’histoire de cet engagement dans la défense. Le gouvernement polonais a poursuivi des politiques précises dans le but d’accroître ses prouesses militaires et dissuader des ennemis potentiels. La Pologne a dévoilé en 2012 un large programme de modernisation militaire. Près de 62 milliards de dollars environ seront versés pour l’équipement militaire de pointe d’ici 2022. Ces fonds seront utilisés pour l’achat de matériel militaire de pointe, tanks, avions, missiles, forces navales, et aussi pour reclasser le vieux matériel militaire que Varsovie a gardé depuis la fin de la Guerre Froide.

Varsovie a annoncé début 2016 sa décision de pratiquement doubler la taille de son armée pour renforcer les frontières de la nation. Cette décision va regonfler l’armée professionnelle qui passera de 80 000 à 150 000 forces dans les années à venir.
Le ministre polonais de la Défense, Antoni Macierewicz, a ajouté qu’une telle force militaire « est le minimum nécessaire pour répondre aux menaces militaires. » Une fois cette réforme accomplie la Pologne se rapprochera de plus grandes armées comme celle de la France, l’Allemagne et le Royaume Uni où les forces militaires sont respectivement au nombre de 200 000, 180 000 et 162 000.
En plus de l’armée professionnelle, la Pologne a annoncé en novembre son intention de créer d’ici 2019 une nouvelle force de 53 000 volontaires. Selon le ministre de la Défense, une force de 3000 à 5000 volontaires sera présente dans les seize provinces pour suivre un entraînement avec une priorité de déploiement dans les provinces de l’est, jugées les plus menacées par la Russie.
A travers sa participation dans les conflits internationaux la Pologne a montré qu’elle ne faisait pas « cavalier seul » mais qu’elle était un partenaire digne de confiance pour ses alliés. Elle a fait la preuve d’un soutien loyal aux Etats-Unis lors de la guerre en Afghanistan et en Irak, lors des combats contre les Talibans et a aidé au renversement de Sadam Hussein. Plus récemment, en 2016, la Pologne a conduit à la formation de la brigade trilatérale lituanienne-polonaise-ukrainienne, qui renforcera la frontière de l’est.

La Pologne est une exception au sein d’une Europe dont la défense est faible. Varsovie prouve, dans ses engagements pour la défense, que tous les pays européens ne font pas « cavaliers seuls », sous la protection du parapluie sécuritaire américain et sous le couvert de l’OTAN.

Lorsque Washington mesure sa politique en regard de celle de ses alliés en Europe et de l’OTAN, il se doit d’observer les efforts colossaux entrepris par la Pologne et encourager d’autres nations européennes à poursuivre dans ce sens plutôt que d’affaiblir l’alliance de l’OTAN. Dans un environnement international complexe et volatile les Etats-Unis auront besoin de ses alliés et de fortes alliances.

Agnia Grigas is a nonresident senior fellow at the Atlantic Council. She is the author of The New Geopolitics of Natural Gas and Beyond Crimea: The New Russian Empire. You can follow her on Twitter @AgniaGrigas.
Image: Polish tank during joint NATO exercise Noble Jump 2015. Flickr/Public

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1 commentaire

Publié par le décembre 5, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “OTAN: la Pologne montre l’exemple en matière de dépenses militaires

  1. josephhokayem

    décembre 9, 2016 at 7:09

    A reblogué ceci sur josephhokayem.

     

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