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jacque françois Bonaldi : JE SUIS FIDEL

04 Déc

Les funérailles de Fidel Castro ont débuté dimanche matin à Santiago de Cuba, berceau de la révolution castriste dans l'est du pays.

Ce n’est pas le Fidel, l’orateur le plus brillant et le plus profond et le plus pédagogique de l’époque contemporaine ; ce n’est pas le tribun des rassemblements d’un million de personnes attentives – mieux : captivées – sur la place de la Révolution ou sur d’autres places d’autres villes de l’île ; ce n’est pas le dirigeant débordant d’initiatives et d’idées pour améliorer le sort de ses concitoyens et dont il serait interminable de dresser la liste, depuis le système de santé jusqu’au système énergétique ; ce n’est pas le chêne faisant face le premier à toutes les tempêtes, depuis l’invasion des mercenaires à Playa en avril 1961 ou la menace nucléaire en octobre 1962, jusqu’aux terribles cyclones qui frappent périodiquement l’île, de Flora en 1960 aux plus récents ; ce n’est pas le chef d’État visionnaire et précurseur alertant l’humanité, au nom de Cuba, du danger d’extinction qui la menace au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 ; ce n’est pas le président des pays non alignés qui prononce en leur nom et au nom du Tiers-monde, des pauvres de la Terre, donc, devant l’Assemblée générale des Nations Unies, en octobre 1979, sans doute une des allocutions les plus saisissantes et émouvantes et profondes jamais prononcées dans cette salle ; ce n’est pas le stratège militaire qui, depuis le ministère des Forces armées révolutionnaires, a fait mordre la poussière, à dix mille kilomètres de là, aux troupes du gouvernement raciste de l’Afrique du Sud et garanti la liberté de l’Angola, l’indépendance de la Namibie et le début de la fin de l’apartheid en Afrique australe ; ce n’est pas le révolutionnaire internationaliste qui a osé dépêcher des combattants cubains défendre la libération des peuples en Algérie, en Syrie, en Angola, en Afrique, dans les colonies portugaises, en Éthiopie et ailleurs ; ce n’est pas l’humaniste capable de transformer son pays en une immense pépinière de coopérants missionnaires qui partent soigner des gens et sauver des vies, ou enseigner et alphabétiser là où les personnels locaux refusent d’aller ; ce n’est pas le révolutionnaire internationaliste pour qui aucune cause humaine n’était étrangère ; ce n’est pas l’intellectuel soucieux d’étudier à fond les problèmes de notre époque pour tâcher de les comprendre et d’y apporter des solutions ; ce n’est pas le dirigeant capable de convertir La Havane en un haut lieu de rencontres de militants venus du monde entier, comme ce fut le cas de la dette extérieure en 1985 ; ce n’est pas l’auteur d’initiatives comme le Forum de Sao Paulo ou l’ALBA ou la Brigade Henry Reeve ; ce n’est pas le révolutionnaire fidèle à ses principes et sur lequel ceux du reste du monde pouvait compter sans faiblir ; ce n’est pas l’homme politique pour qui la morale devait être aux fondements même de la chose publique ; ce n’est pas le révolutionnaire tout d’une pièce qui rassemblait les foules à chacun de ses voyages à l’étranger, que ce soit devant des publics de langue espagnole ou, par exemple, à Harlem devant la communauté noire de New York, et qui possédait un tel don de communication et d’empathie que ses auditeurs étaient littéralement suspendus à ses lèvres, parce que, tout d’un coup, ils se sentaient mieux compris et plus intelligents ; ce n’est pas le politique qui, au moindre Sommet mondial, éclipsait les prétendus Grands de ce monde par son brillant et son entregent et surtout par les idées qu’il y exprimait ; ce n’est pas le causeur incorrigible qui abordait les sujets sous un tour différent et original ; ce n’est pas le Fidel à l’énergie physique et intellectuelle apparemment inépuisable ; ce n’est pas l’homme toujours sur la brèche et ne cessant de monter au créneau soixante-dix années durant ; ce n’est pas le Fidel à la personnalité envoûtante et aux multiples facettes capable de séduire jusqu’au pire ennemi ; bref, ce n’est pas le géant qui a d’ores et déjà laissé une trace indélébile dans l’histoire de l’humanité : non, c’est le Fidel devenu désormais invisible dans une urne d’acajou rouge que tout un peuple a tenu à accompagner à son ultime demeure, sur un millier de kilomètres, massé des deux côtés de la route, qu’il s’agisse de milliers de personnes dans les différentes localités ou d’un simple paysan en rase campagne, sans cacher ses larmes et son émotion ; non, c’est le Fidel ramené à quelques grammes de cendres auquel tout un peuple a tenu à rendre un dernier hommage et à exprimer sa reconnaissance d’avoir fait de la Révolution cubaine, depuis maintenant presque soixante ans, un lieu où il est encore possible, non seulement de rêver, mais surtout d’œuvrer pour la construction d’un monde meilleur ; non, c’est le Fidel désormais cendres et phénix qui a  réussi un nouveau miracle : faire sourdre et déborder et jaillir des cœurs et des esprits le meilleur du peuple cubain, le rassembler encore plus, le souder, et donc fortifier la Révolution, voire lui donner un nouvel élan. Et si ce miracle, qui n’en est pas un, mais la conséquence logique de l’amour qu’il a voué à Cuba, a pu avoir lieu, c’est que, à l’instar des jeunes – sur lesquels tant de doutes, désormais levés en grande partie, ont pesé jusque-là quant à leur attachement et à leur intégration à la Révolution – l’ont scandé spontanément, le 29 novembre sur la place de la Révolution de La Havane, en même temps qu’un million de Cubains, tous les habitants de l’Ile, hormis quelques dizaines d’irréductibles haineux, peuvent s’exclamer et sont en droit de le faire : JE SUIS FIDEL.

Car, si le peuple cubain peut crier : YO SOY FIDEL !, c’est aussi, et tout simplement, parce que même un Fidel n’aurait jamais pu accomplir cette œuvre immense qu’est la Révolution cubaine sans lui…

La Havane, 3 décembre 2016

 
4 Commentaires

Publié par le décembre 4, 2016 dans Uncategorized

 

4 réponses à “jacque françois Bonaldi : JE SUIS FIDEL

  1. Daniel BESSON

    décembre 4, 2016 at 6:29

    Cit : [ ce n’est pas le stratège militaire qui, depuis le ministère des Forces armées révolutionnaires, a fait mordre la poussière, à dix mille kilomètres de là, aux troupes du gouvernement raciste de l’Afrique du Sud et garanti la liberté de l’Angola, l’indépendance de la Namibie et le début de la fin de l’apartheid en Afrique australe ]

    Le  » stratège militaire  » est surtout responsable des désastres de la Moncada et de Alegria del Pio où 75% de son groupe de combat débarqué du Granma – sur une mauvaise plage – a été anéanti par ce que ce Clausewitz des tropiques a fait déplacer ses hommes en terrain découvert sans couverture forestière , au vu de l’aviation gouvernementale .
    Castro n’a RIEN commandé en Angola , sauf une badine qu’il promenait sur une carte devant les caméras . Il s’est par contre empressé de faire fusiller le général Arnaldo Ochoa Sanchez tout comme il s’est empressé d’envoyer en Bolivie huit des principaux officiers qui ont commandé au feu durant la révolution Cubaine ! Au delà d’ Ignace de Loyola le camarade Castro a du méditer sur l’œuvre de Bertrand Du Guesclin .
    Que vous le vouliez ou non camarade Bonaldi les deux seules combats où Castro a commandé au feu ont été des désastres militaires …
    http://zebrastationpolaire.over-blog.com/2016/12/cuba-pour-une-critique-militaire-et-geopolitique-de-fidel-castro-et-du-castrisme.html

     
  2. histoireetsociete

    décembre 4, 2016 at 7:06

    j’ai hésité à vous conserver tant vous me donniez la nausée, parce que votre discours est non seulement haineux mais totalement ignare. Et vous compensez avec une fausse familiarité, on croirait à vous lire que vous avez cotoyé Fidel, incapable avec une badine (comme un officier SS). Ce style est caractéristique de celui de notre presse qui raconte n’importe quoi dans un langage de pseudo initié.
    Il s’avère qu’à l’inverse de vous j’ai été mêlée à cette histoire là, j’ai vu vivre les protagonistes. l’ami cubain très cher mort récemment et dont je parle souvent est Jorge Risquet, celui qui a dirigé les combats d’abord au Congo Brazaville pour tenir les arrières du Che qui était au Congo Zaire .Puis il est devenu le dirigeant des troupes cubaines en Afrique, Il avait combattu dans la sierra maestra aux côtés de Raoul. Et il avait été gouverneur de l’Oriente, à Santiago durant l’épisode des fusées russes à Cuba. C’était un guerrier et un diplomate de haut niveau, je pourrais vous parler pendant des heures de la manière dont il y a quelques années les Russes, les Americains (dont salinger) ont rejoué à Cuba l’affaire des fusées, pas pour s’amuser mais pour que les américains mesurent à quel point les Cubains étaient prêts à aller jusqu’au bout. Voici briévement ui était Risquet. Il m’a aidé à tout connaitre de Cuba et de ses relations internationales.
    http://www.globalresearch.ca/jorge-risquet-cuban-revolutionary-leader-in-african-affairs-dies-40-years-after-angolan-campaign/5480086

    Jorge Risquet Valdes est aussi celui qui a négocié avec Kissinger… Et pendant les dix ans durant lesquels je l’ai écouté me parler de Cuba, des questions africaines j’ai un peu appris parce qu’il était épris d’histoire et refusait la moindre falsification.Il allait consulter les archives de Moscou et d’ailleurs tant il était précis. Il était l’assesseur de raoul Castro, son ami de toujours. il m’a raconté la manière dont Fidel était celui qui définissait la stratégie exemplaire et combien il était présent dans les luttes engagées. je vous conseille là-dessus de lire les travaux de Piero Gleijes, enseignant à l’université Hopkin qui a écrit avec Risquet toute l’histoire des Cubains en Afrique, j’avais traduit pour la Pensée quelques textes de lui.

    je vous conseille de lire ce texte écrit par un universitaire américain qui a consacré tous ses travaux à l’analyse du rôle des Cubains en Afrique et a écrit de nombreux livres qui font référence

    https://legrandsoir.info/angola-la-bataille-qui-mit-fin-a-l-apartheid.html

    Toute l’Afrique reconnait le rôle déterminant joué par les Cubains dans la fin de l’apartheid, rôle reconnu par Mandala lui-même : le premier pays qu’il a voulu visiter à sa libération a été Cuba. A la mort de Mandala, les sud africains ont honoré Cuba et raoul Castro a parlé avec les Etats-Unis et la Russie.
    Celui qui a dirigé les contingents cubains c’est Fidel m’expliquait Risquet et la bataille qui a consacré le triomphe contre l’apartheid a été mené de bout en bout par lui.

    Je ne vous citerai pas playa Giron, et comment en 72 heures ont été mises en déroute les troupes encadrées par l’aviation américaine, troupes d’anciens tortionnaires de Batista, mais la manière dont par son génie Fidel a réussi à empêcher les Américains d’envahir cette petite île à quelques km des etats-Unis prouve sa capacité de stratège et la manière dont il a réussi à la faire devenir la bataille de tout un peuple. parce que si les Etats unis n’ont pas envahi Cuba c’est qu’ils savait la résistance qu’il y rencontrerait. Parce que la force de Fidel était dans les combats certes dans sa manière de maîtriser un champ de bataille mais plus encore dans l’art d’imposer la paix à un adversaire, d’empêcher l’invasion, de créer un rapport de forces en la faveur de ses objectifs. Et pour cela il n’y a pas de mystère, tous les chefs de guerre sont ceux qui ont le respect de leur armée et le peuple cubain a été l’armée de Fidel. mais si vous lisez Marti vous saurez que pour lui, comme pour Fidel, les idées sont plus fortes que des murs de pierre.

    Monsieur Besson vous êtes un imbécile inculte et vous osez mettre en cause les capacité stratégiques et politiques de celui que même ses ennemis ont reconnu comme une des plus brillant penseur politique et stratège de son temps. Vous vous rendez méprisable en niant la réalité pour insulter un individu qui est sans commune mesure avec vous.

    les Cubains n’ont ramené d’Afrique que les os de leurs soldats morts, ils ont agi avec noblesse et désintéressement. Si Ocoa a été exécuté c’est qu’il avait rompu avec cette pratique et avait mis en place un trafic. Ce trafic n’était pas pour lui mais pour donner les moyens à Cuba de continuer à mener des guerillas. L’histoire se passait à la chute de l’URSS et aurait pu donner prétexte à une invasion et c’est à ce titre qu’Ocoa a été condamné.

     
  3. Pedrito

    décembre 5, 2016 at 12:42

    Ce type- Besson- mérite-t-il vraiment qu’on lui fasse l’honneur d’exposer un seul argument contre sa diatribe perfide?
    La bave d’un crapaud n’atteindra jamais le talon d’un géant: FIDEL, aimé, adulé, par des centaines de millions d’hommes en quête de libération et de dignité, ou le lider maximo, jalousé, haï, par des cloportes au service de la vérole impérialiste…..
    Hasta la victoria siempre, querido commandante!

     

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