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CF : radiographie d’un vote militant

30 Nov

selon cet article de Regard, » les militants communistes ont voté. À une majorité modeste, ils ont choisi le soutien à Jean-Luc Mélenchon, mais le résultat global dissimule d’importantes inégalités. Comment comprendre les évolutions internes du monde militant ? Regard sur un vote éclaté« … Cette analyse est effectivement intéressante à la seule différence près qu’elle a tendance à sousestimer la conscience de l’enjeu (mis cependant en évidence) la disparition du Parti communiste Français. C’est cette conscience et non la passion des débats qui explique l’ampleur du vote. Comme c’est cette conscience qui selon moi est susceptible de fournir la base d’un rassemblement. Enfin, je crois qu’il faut noter l’influence à la marge de groupuscules qui se sont prononcés pour le vote Mélenchon d’une manière tout à fait inattendue pour mettre en cause la direction « opportuniste » du PCF et l’hypothètique volonté de rallier le PS. Qu’il s’agisse du PRCF, de la coordination communiste ou des Rouge-vifs de Charles Hoareau, ils ont fourni une aide appréciable à l’option Mélenchon. Nous sommes effectivement dans une galaxie aux choix parfois instables, mais je le répète pour moi l’essentiel est le rassemblement de ceux qui sur des bases diverses considèrent l’existence d’un parti communiste comme essentielle et si les rancoeurs peuvent s’effacer c’est autour de ce choix et surtout de son utilité pour la classe ouvrière, les exploités et notre pays face à la régression sociale annoncée..j’ajouterai et c’est bien sûr une opinion totalement individuelle le problème est ceux qui ont « les clés de la maison »non seulement pour continuer (de plus en plus difficilement à maîtriser les votes, mais à jouer la bascule entre les différentes options pour créer l’inertie comme au COngrès, donc il faut se donner une direction qui corresponde à l’enjeu: avoir un parti à la hauteur des exigences.  (Danielle Bleitrach)

Les analyses qui suivent s’appuient sur les chiffres officiels rendus publics par la direction du PCF. Les données détaillées par département peuvent être téléchargées (format .xls) en bas de cet article.

1. Entre 2011 et 2016, le corps électoral communiste s’est rétracté : il est passé de 69.300 à 56.600, soit un recul d’un peu moins de 20%. Désormais, plus de 40% des cotisants communistes se trouvent regroupés dans 13 départements qui comptent plus de 1.000 cotisants à jour. La passion du débat interne a provoqué une participation légèrement plus importante qu’en 2011 : 7 cotisants sur 10 se sont déplacés pour voter.

2. En 2011, Jean-Luc Mélenchon avait recueilli 59,1% des suffrages exprimés ; cette fois il n’en recueille que 53,5, soit un recul de 5,4%.

Il progresse dans 24 départements ; dans 10 d’entre eux, il progresse de plus de 10% et, parmi eux, dans des départements a priori inattendus comme le Puy-de-Dôme, le Nord et le Pas-de-Calais. En revanche, il recule de plus de 30% dans 7 départements, il est vrai d’implantation modeste, à l’exception de la Corrèze.

Une grande part de renversement de situation entre la Conférence nationale et le vote militant semble s’être joué dans cinq grosses fédérations, la Seine-Maritime (où le maire de Dieppe Sébastien Jumel s’était engagé en faveur de JLM), le Nord et le Pas-de-Calais (où les mauvais résultats communistes des européennes ont peut-être atténué les propensions à un solo communiste), le Gard et le Val-de-Marne (où le poids des élus a pesé en faveur de Mélenchon). Ces cinq fédérations regroupent de fait plus de 20% du nombre national de cotisants.

3. Un fait mérite de retenir l’attention. À trois reprises, en juin 2016 (vote des militants pour le 37e Congrès), le 4 novembre 2016 (Conférence nationale) et à la fin novembre les votes internes au Parti communiste se sont soldés par de courtes majorités, en faveur de la direction ou contre elle.

Mais les majorités n’ont jamais été les mêmes. Si l’on observe la ventilation des résultats entre les différentes options, on est tenté de suggérer qu’il y a désormais quatre sensibilités dans l’organisation, d’importance sensiblement égales. Un quart des suffrages se retrouvent dans les options les plus « ouvertes », qui ne font pas de la protection de l’organisation le critère premier des alliances politiques : ce groupe s’est retrouvé au Congrès autour de la motion « Ambition communiste » et a participé à l’initiative récente de « Front commun ».

Un second groupe, aux traits très marqués, est avant tout sensible à la nécessité d’affirmer une identité communiste en tant que telle, ce qui suppose de concourir sous l’étiquette communiste aux élections, surtout les plus structurantes. C’est cette sensibilité qui a porté avec le plus de cohérence l’option d’une candidature communiste.

Un troisième groupe conserve l’attachement à l’existence d’un parti communiste distinct, mais comme condition pour peser dans des alliances à gauche, et d’abord avec le parti socialiste. Héritière de l’esprit de « gauche plurielle », cette sensibilité a promu la candidature communiste en 2016, sans renoncer à la possibilité d’une alliance de la plus large gauche, si les conditions se modifient au début 2017.

Enfin, le quatrième groupe est structuré autour du groupe dirigeant actuel. Il considère que le communisme ne peut exister sans parti communiste déclaré pour le faire vivre. Attaché à l’existence d’une structure pérenne et dotée de moyens matériels, il considère que l’option tactique, notamment électorale, est seconde par rapport à cet objectif. Selon les moments, il privilégie le rapprochement avec tel ou tel des groupes précédents. C’est en cela qu’il se considère comme l’axe des rassemblements internes.

Un équilibre instable

Au Congrès du printemps 2016, la direction s’est appuyée plutôt sur le troisième groupe qu’il a intégré dans le dispositif en place. Dans la phase préparatoire à l’élection présidentielle, ce sont le second et le troisième groupes qui ont convergé pour porter l’option d’une candidature communiste. Dans l’ultime phase, à la veille de la Conférence nationale, c’est un rapprochement avec la première sensibilité qu’a fini par choisir le secrétaire général, inquiet des effets destructeurs possibles d’une candidature communiste. Sans l’engagement déterminé de cette sensibilité, le renversement de majorité n’eût pas été possible.

Le problème est que cet équilibre, où aucun groupe n’est un bloc sans nuances, est par essence instable et la fragilité des majorités en atteste. Jusqu’à ce jour, la culture de l’unité partisane l’a emporté mais, il est vrai, dans des contextes où les minorités étaient réduites et relativement isolables dans l’organisation. C’est ce trait qui a permis l’épuisement de toutes les « dissidences » antérieures, à plus ou moins longue échéance.

L’élection présidentielle et ses conséquences, ses effets sur la restructuration politique générale, et notamment à gauche, permettront-ils la reproduction de cette culture ? Il est bien sûr impossible de le dire. Dans l’immédiat, la majorité des militants qui se sont exprimés ont choisi de s’engager dans le soutien, étroit ou plus distancié, à celui qui fut le candidat du Front de gauche en 2012. Cet engagement sera-t-il profond ? Les rancœurs de la période récente s’effaceront-elles dans une dynamique commune ? Les semaines et les mois à venir le diront.

 
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Publié par le novembre 30, 2016 dans Uncategorized

 

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