RSS

Fidel et Cuba: le socialisme est la grande tâche historique d’une société

27 Nov

Afficher l'image d'origine

Voici un extrait du livre que Jacques François Bonaldi et moi (avec la collaboration précieuse de Nicole Amphoux) avons écrit, grâcece à la connaissance encyclopédique et de l’intérieur même de la Révolution cubaine de Bonaldi. Il faudrait citer bien des passages, en particulier celui qui montre comment Fidel choisit avec le peuple cubain de résister,alors que personne ne leur donne la moindre chance à la chute de l’URSS, mais voici aussi la réflexion de Fidel sur les difficultés de la construction du socialisme alors que le monde est soumis à l’impérialisme et que le sous développement réclame des solutions qui toutes peuvent entraîner des défauts mortifères pour la suite de la révolution. (note de danielle Bleitrach)

Nous ignorons dans quelle mesure le passé de la Russie a pu servir de référence à Lénine pour la mise au point de sa stratégie révolutionnaire puis dans le cours de la révolution, pas plus que nous ne savons ce qu’un Lénine ou un Fidel français pourrait trouver dans l’histoire de la France dans ce même objectif. Le cas cubain lui est clair: le passé y est présent, comme nous venons de le constater, au point que la révolution y parle , sans qu’on puisse le qualifier de vue délirante de l’esprit, d’un continuum de cent ans de lutte, à partir du 10 octobre 1968, déclenchement de la première guerre d’indépendance, jsuqu’à nos jours. En tous les cas, les historiens n’y trouvent rien à redire, sans doute parce qu’il s’agitr d’une part du même objectif: l’indépendance véritable dans tous les domaines, de l’autre d’un même adversaire, les Etats-Unis, ombre terrible parce que terriblement puissante depuis bientôt deux siècles (169).

Et c’est en fonction de cette histoire bien particulière que doit donc se faire la « rectification » sans emprunter à qui que ce soit. Fidel l’a affirmé durant toute l’année 1986, et il  commence 1987 sur les mêmes acvertissements et les mêmes mots d’ordre. Ainsi le 7 janvier, il s’adresse longuement aux secrétaires de comités et de cellules du parti dans les centres de travail de la Havane. la rectification est une  nécessité, assurément, mais il faut prendre garde à ce qu’elle n’engendre pas à son tour d’autres maux. Ainsi après la cr’ise du sectarisme début 1962, la révolution est tombée dans des travers inverses pour lutter contre lui, dans une sorte d’idéalisme. Puis, de nouveau, quand on décida de lutter contre cet idéalisme-là, « des tendances, se sont déclenchées, pires, bien pires que les erreurs de l’idéalisme. parce que les erreurs de l’idéalisme , on pôuvait les amender; les erreurs de l’idéalisme ne compromettaient pas la conscience des gens. Ca pouvait être de l’idéalisme de faire à partir de la conscience des gens. Ca pouvait être de l’idéalisme de tout vouloir faire à partir de la conscience; ça pouvait être de l’idéalisme de ne pas comprendre  que cet homme réel , communiste à conscience pleinement développé n’existait pas encore »

Mais , en tous les cas, ça ne corrompait personne de faire, durant ces années dures  des centaines et des milliers d’heures de travail volontaire pour la Révolution, en participant à des foules d’ouvrages  de développement agricole ou industriel, ou dans le bâtiment. Même s’il était incontestablement nécessaire d’utiliser aussi des leviers économiques, des stimulants matériels, surtout là où le travail est très dur et exige de l’homme un effort permanent durant de nombreuses heures, il ne fallait pas tomber pour autant  dans des tendances bien plus négatives: « on finit par cesser de s’adresser à la conscience de l’homme, à l’âme  de l’homme, au coeur de l’homme, à l’âme de l’homme, à l’honneur  de l’homme, au sens de la dignité  de l’homme, et on a commencé à s’adresser à lui ou à agir comme si l’homme n’avait en tout et pour tout qu’un estomac et pas de coeur, et pas d’ensemble de valeurs  et de principes moraux  justement à faire de grandes choses« . Et dans  cette lutte contre l’idéalisme, on a introduit le « copisme »  d’une manière colossale, une tendance à tout copier sans tenir compte des conditions concrètes du pays. « On a vu se développer des tendances  opportunistes , on a vu apparaître des gens à esprit de sauveur  de la révolution et de la patrie, des tendances qui allaient miraculeusement tous les problèmes et les besoins du sous-développement« .

Ceci explique bien des choses dont les cadres et les militants ne se rendaient même pas compte: »Allez savoir où nous allions aboutir sur cette voie-là! Une voie qui nous écartait complètement  des méthodes, du style révolutionnaire, de l’esprit révolutionnaire » Or, toutes les grandes choses que Cuba a faites, elle les a faites  par son esprit révolutionnaire, non pour de l’argent, telles les microbrigades de la construction qui édifièrent  Alamar en travaillant dix, douze ou quatorze heures par jour.

Une révolution dans un pays du Tiers monde ne peut se mettre à rivaliser sur le terrain des biens matériels avec les pays capitalistes et impérialistes les plus développés du monde. »Avec quoi donc, la révolution s’est-elle défendue? A coup d’idéologie, de principes, de valeurs nouvelles »

il est évident qu’on trouve là une allusion critique à la théorie de Khrouchtchev qui voulait dépasser les capacités de production des Etats-Unis en l »espace de quelques années, ses successeurs ayant suivi la même voie et la même conception. Fidel, pour sa part, ne cesse de rappeler  que le socialisme ne se fait pas dans l’abstrait, qu’il doit se faire en fonction des conditions concrètes  de chaque pays, que Cuba est un pays sous développé qui a encore bien des choses élémentaires à régler avant d’aspirer  éventuellement au « luxe » des pays du premier monde.

les avantages sociaux  que le socialisme offre à toute la population et qui coûtent toujours plus chers, dans les pays capitalistes, ne peuvent exister  que si cuba se développe. La première tâche  du socialisme, donc, est de réaliser le développement, tant économique  que social,(hopitaux, écoles, universits…). Et  la Révolution est d’autant plus obligée  à le faire qu’elle a un privilège: un camp socialiste avec lequel elle a pu nouer des relations économiques et commerciales »justes et honnêtes » qui n’auraient jamais pu exister  avec le monde capitaliste et disposer ainsi de nombreuses ressources. l’existence même et la solidarité de l’URSS ont permis au pays et à la population de n’avoir pas à faire des sacrifices massifs au cours de ce processus historique d’une Révolution déclenchée  dans un pays sous décvelopé, face à la haine féroce et à l’hostilité  de l’impérialisme. de grands sacrifices, le peuple soviétique en a connu lui au début de la Révolution d’Octobre ou npendant l’invasion impérialiste, ou pendant la seconde guerre monduiale. « Demandez donc aux premiers révolutionnaires soviétiques s’ils pouvaient garantir un litre de lait à chaque enfant jusqu’à l’âge de sept ans. Ca leur aurait paru un rêve irréalisable ». (P. 173 à 176)

fanielle Bleitrach et Jacques françois Bonaldi,(avec la collaboration de Nicole Amphoux) Cuba, Fidel et le che ou l’aventure du socialisme, le Temps des cerises, 2007

 

 

 

 

 
1 commentaire

Publié par le novembre 27, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Fidel et Cuba: le socialisme est la grande tâche historique d’une société

  1. josephhokayem

    novembre 27, 2016 at 6:21

    A reblogué ceci sur josephhokayem.

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :