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Les apories * des élections

26 Nov

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¨*Une aporie (en grec aporia, absence de passage, difficulté, embarras) est une difficulté à résoudre un problème. Pour Aristote, c’est une question qui plonge le lecteur ou l’auditeur dans le doute tout en le poussant à trancher entre deux affirmations : « απορία, διαπορια », c’est-à-dire « contradiction, embarras ».

Prenons le cas des primaires de la droite, voilà une élection marquée par la présence massive d’une catégorie de la population, l’homme âgé jouissant d’un patrimoine confortable, même pas le jeune ayant un emploi hautement qualifié, non celui qui a un patrimoine. Dans ma cure, j’ai fait la connaissance d’un délicieux vieux monsieur courtois, pharmacien alsacien de son état. Il piaffait d’impatience à l’idée d’aller voter Fillon dimanche, il l’estimait un patriote, un homme honnête, bien élevé et courageux. C’est beau l’idéologie parce que quand on est pharmacien voter  pour celui qui prétend réserver le remboursement des mille maux de la vieillesse aux seules mutuelles et limiter donc l’accès à tous ces médicaments qui font la richesse des officines. Ce qu’il n’a pas volé c’est le non remboursement l’an prochain de la cure. J’avais beaucoup de plaisir à discuter avec cet homme, nous avons la même culture classique et comme il était sûr d’être victorieux, il pouvait même apprécier ma passion pour Robespierre et ses discours. Oui mais voilà, il y a eu 4 millions de votants, mais il y a dix fois plus d’électeurs. Mon vieil aristocrate qui était un peu aventurier, m’avouait-il tandis que nous échangions nos impressions sur l’Asie centrale et Samarcande, ne se doutait en rien qu’il risquait une victoire à la Pyrrhus, non parce qu’il était homophobe, calotin, mais parce qu’il sapait doublement les bases sur lesquelles il était établi: l’accès à la sécurité sociale pour tous. Ce qu’un ouvrier, communiste, résistant du nom d’Ambroize Croizat avait apporté à tous y compris à lui.

Autre aporie le vote entre l’option 1 ou 2 mis en débat au sein du parti communiste. Saluons le fond d’un tel débat, il est le résultat d’une volonté des communistes de  conserver leur parti, ce lieu de résistance et d’invention de solutions aux problèmes du pays, de la classe ouvrière et des plus pauvres. Cette prise de conscience a elle-même mûri sur le terreau des luttes de l’hiver et du printemps contre le code travail. Pour la première fois des gens qui y compris au Congrès avaient manifesté leur légitimisme se sont opposés à l’invitation du secrétaire national à voter pour Mélenchon. Option 1. Oui, mais il y a eu aussi le réflexe de ceux qui craignaient plus que tout un piège de ladite direction et que le candidat communiste se transforme en adhésion aux primaires socialistes et suivent par exemple Montebourg. Ils ont donc voté Mélenchon tout en vouant au diable ce dernier. Il s’agit souvent de militants de la CGT qui détestent plus que tout le PS qui leur a infligé une loi scélérate. Comme le souligne l’ami Gilles : « Ça a l’air d’avoir bien marché le coup de l’intox Montebourg sur l’option 2 (alors qu’il est bien précisé que le retrait du candidat ne peut se faire sans un vote, c’est statutaire et en plus nous avons exigé au CN que cela soit écrit sur le bulletin). Tous ces cons vont tomber de haut quand le soutien à Mélenchon se transformera en soutien a Montebourg, Hamon ou Jadot sans même qu’on leur demande leur avis… Le risque existe pour les 2 options sauf qu’il est plus maitrisable sur la 2. »

De ces deux exemples, je tire une conclusion: les élections sont toujours un moment important que l’on ne doit pas négliger, mais dans la situation actuelle de confusion, on ne doit en aucun cas en tirer une conclusion définitive sur la manière dont elle oppose les gens. Le choix d’un parti communiste ne se limite pas à la réponse à une question mal posée, aux apories qu’elle engendre, un  processus est lancé, il y aura encore beaucoup d’occasions de mieux dégager la voie que nous aurons choisie. Certains partiront, d’autres nous rejoindront. Parce que le fond n’est pas ce vote pour telle ou telle option, mais bien, entre autres la défense du droit à la santé pour tous, ce qu’un ouvrier modeste et communiste, qui mériterait d’avoir sa place au panthéon, a apporté au pays et qui est menacé.

Danielle Bleitrach

 

 

 

 
2 Commentaires

Publié par le novembre 26, 2016 dans Uncategorized

 

2 réponses à “Les apories * des élections

  1. Thoraise

    novembre 26, 2016 at 6:06

    Il me semble (je peux me tromper) que les élus de base et les cadres intermédiaires (permanents ou pas) qui avaient l’habitude et/ou la réputation d’être socialo-dépendants -électoralement notamment-, se rendent compte tout à coup que le PS en mort clinique ne peut plus rien leur apporter et sortent raffermis dans leur « identité communiste » de ce constat d’être indépendants.
    Aussi ne vont-ils pas retomber dans une nouvelle tutelle d’un mouvement soi-disant « insoumis » qui excepté son idéologue-tribun-chef suprême, avec ses 8000 adhérents et ses militants creux et néanmoins prétentieux, ne peux leur apporter que des emmerdements.
    Gageons que le décillement de cette base fondamentale du PCF qui fait semble-t-il, gagner l’option candidature communiste ressoudera les militants au delà des « réseaux » autour du candidat communiste (toutes les composantes actuelles de la Direction [pro PS et pro-Mélenchon] se retrouvent décrédibilisées du coup🙂 )

     
  2. brise-menu

    novembre 26, 2016 at 7:53

    et bien non, beaucoup ont cru n’avoir le choix qu’entre melenchon et un soutien au PS .

     

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