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Les conséquences de la destruction de l’URSS par Juozas Jermalavičius

18 Nov

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UN texte fondamental, à déguster lentement parce qu’il offre une perspective inédite de recherche et d’appréciation sur la situation aujourd’hui, y compris sur les conditions de l’aggravation de la crise du capitalisme à la suite de la chute de l’URSS (note de Danielle Bleitrach)

A l’occasion du 25e anniversaire de cet événement historique

La création de l’Union des Républiques socialistes soviétiques, comme réunion de peuples et fédération d’états engagés dans la construction socialiste, a été un phénomène colossal, sans précédent dans la pratique historique mondiale. Avant la naissance de l’Union soviétique, l’histoire mondiale de l’humanité n’a jamais connu une telle association volontaire à grande échelle de nations et de nationalités en un seul Etat.

Juozas Jermalavičius, docteur es sciences historiques, professeur

15/11/2016

https://kprf.ru/party-live/opinion/160190.html

Cette expérience a été rendu possible par la victoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre, qui a libéré les peuples de l’Empire russe de l’oppression sociale et de l’exploitation, leur fournissant une perspective de libre développement. C’est pourquoi le socialisme soviétique a été le degré suprême du progrès historique de l’humanité au XXème siècle.

Ce n’est donc pas étonnant si la destruction de l’Union soviétique a entraîné des conséquences catastrophiques pour les peuples de notre pays multinational, et pour l’humanité dans son ensemble.

En se fixant pour tâche la destruction de l’Union soviétique, la contre-révolution impérialiste n’avait aucune idée réelle des conséquences possibles de cette agression brutale d’envergure mondiale. Elle n’avait pas une perception adéquate et encore moins une compréhension scientifique de la réalité historique des dernières décennies du XXe siècle, dans lesquelles se trouvait l’humanité moderne. Elle tournait le dos aux lois objectives du développement social de la communauté mondiale, ignorait l’impact transformateur sur le monde de la révolution technologique, déformait la nature globale de l’aggravation de la crise générale du capitalisme.

Elle ne pouvait imaginer que, en raison de la forte intégration et interdépendance de la communauté internationale, le démembrement de l’Union soviétique allait inévitablement conduire à la rupture de l’équilibre dans le développement social mondial, et en même temps provoquer une déstabilisation complète du processus historique planétaire. La contre-révolution était guidée par la stratégie fasciste de l’impérialisme américain, visant à établir sa domination mondiale et la restauration complète du capitalisme sur le globe, ce qui objectivement était impossible.

La destruction scélérate de l’Union soviétique signifiait une grave défaite du système socialiste mondial, un affaiblissement du processus révolutionnaire mondial, une dégradation de la démocratie politique et du progrès social dans le monde entier, et l’intensification extrême de la crise mondiale du capitalisme. Avec le démembrement de l’Union soviétique s’est déchaînée l’agression impérialiste mondiale contre l’humanité, dans la mesure où le monde avait perdu le principal facteur de sa dissuasion. C’est ainsi que l’impérialisme américain s’est employé à provoquer des guerres civiles, des conflits ethniques et religieux, on a vu prospérer des gangs armés dans différents « points chauds » : le Caucase, les Balkans, l’Asie centrale, le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Ukraine et d’autres endroits de la planète. Finalement, la «guerre des intérêts » s’est aggravée de manière significative dans le monde entier.

L’effondrement de l’Union soviétique a été un choc économique, social, politique et spirituel de portée mondiale, affectant le développement historique de toute l’humanité. À la suite de la désintégration de l’URSS, la contre-révolution impérialiste elle-même a été entraînée dans une configuration particulière du développement social mondial qu’elle ne pouvait maîtriser, se condamnant elle-même à une mort inévitable. Constituant une anomalie dans le processus historique naturel, le démembrement de l’Union soviétique a été marqué par des conséquences dévastatrices considérables pour tous les pays du monde. En conséquence, la crise mondiale a atteint son paroxysme. Au bout du compte, avec la destruction de l’Union soviétique a commencé la phase finale de l’effondrement du système capitaliste mondial et de l’ordre social fondé sur la propriété privée. L’effondrement de l’ancien ordre mondial a connu une accélération significative prenant l’allure d’une avalanche.

La destruction de l’Union soviétique a été immédiatement suivie par la mise en esclavage colonial du pays désintégré : anéantissement à grande échelle de ses forces productives et transformation de son territoire en un appendice de matières premières pour les monopoles transnationaux, génocide de son peuple. Le rôle destructeur principal a été joué par la privatisation des moyens de production, visant à la restauration du capitalisme dans le pays démantelé. Directement à l’opposé de la principale loi objective du développement de la production matérielle – sa socialisation, – la privatisation s’est soldée par un échec catastrophique dans l’économie nationale et un effondrement complet de la production sociale. Les conséquences sociales de la privatisation ont été l’appauvrissement massif de la population, la polarisation sociale de la société, l’extinction de la population du pays. Les peuples de l’Union soviétique se sont retrouvés sous la menace de la fin de leur existence en tant que communauté historique de personnes.

Pour les peuples de l’Union soviétique, la destruction de leur Etat fédéral a provoqué une catastrophe nationale dans la première moitié de 1990 en raison de l’effondrement de la base économique commune de la société soviétique, sapant les fondements de la vie matérielle et productive des populations. La chute de la production sociale a été encore plus importante que les dommages subis par l’économie nationale de l’URSS au cours de la Seconde Guerre mondiale. En conséquence, on a assisté à une forte baisse du niveau et de la qualité de vie, la grande majorité des masses s’est retrouvée sous le seuil de la pauvreté, une grande partie de la population du pays a été frappée par le chômage, la lumpénisation, la paupérisation. Dans certains endroits a éclaté une guerre civile sanglante, marquée par de nombreuses victimes humaines, et entraînant l’éclatement d’anciennes républiques soviétiques. La conséquence a été la dégradation sociale des peuples soviétiques, la diminution de la population totale du pays démembré, la destruction de l’État-Union soviétique ayant sapé les principales sources de leur viabilité.

La restauration du capitalisme dans l’Union soviétique désintégrée s’est caractérisée surtout par la destruction accélérée des forces productives de la société soviétique. Ce pays qui auparavant était autosuffisant, subvenant pleinement aux besoins de sa population, a perdu dans le désastre des industries entières comme la construction de machines-outils, l’équipement, le génie électrique, l’électronique et d’autres domaines permettant le progrès scientifique et technologique. La restauration capitaliste a transformé l’ex-Union soviétique en une région arriérée, désespérée, décolorée. Les peuples de l’URSS ont été détruits sous la domination du capital compradore, la privatisation de l’économie ayant fait passer leur richesse sociale sous le contrôle ou même la propriété directe des monopoles étrangers. C’est y compris la souveraineté des peuples ex-soviétiques qui est menacée.

La restauration du capitalisme en Union soviétique a affecté le système capitaliste mondial, car elle s’est trouvée être incompatible avec les lois objectives du développement social. Par conséquent, la restauration du capitalisme en Union soviétique a entraîné des tendances destructrices à l’échelle planétaire, comme la déstabilisation du développement social global, l’extrême intensification de la crise générale du système capitaliste mondial, la désintégration complète des systèmes économiques et politiques dans le monde, l’accélération de l’effondrement du système social fondé sur la propriété privée, etc. Il s’en est suivi un repartage territorial du monde, une importante aggravation des problèmes et des contradictions mondiales, une augmentation significative de la menace d’une catastrophe mondiale sur l’humanité. Toutes ces conditions ont eu pour effet un chaos mondial généralisé : l’effondrement de l’ancien ordre social, rejeté dans le monde entier qui refuse le pouvoir égoïste des forces politiques actuelles, s’est accéléré. Lorsque le chaos mondial commence à gérer le développement social global, l’existence même de l’humanité est mise en péril.

La désintégration de l’Union soviétique a contribué à la montée de l’agression impérialiste mondiale contre l’humanité allant jusqu’à la menace réelle d’une catastrophe nucléaire. Mais dans la réalité historique, il est apparu que les destructeurs impérialistes de l’URSS sont devenus les otages de leurs actes criminels. Ils sont incapables de maîtriser la situation critique dans le monde, car avec le démembrement de l’Etat soviétique ils ont franchi la limite de l’acceptable dans le processus historique mondial. Par conséquent, toutes leurs aspirations égoïstes se transforment en leur contraire, entraînant des conséquences désastreuses pour eux-mêmes. Il ne peut en être autrement quand les forces politiques au pouvoir dans la plupart des pays vont à l’encontre des lois objectives du développement social. C’est une chose qui est déterminée par la logique objective de l’histoire du monde. La dialectique de l’histoire oriente les nations du monde vers la formation d’une nouvelle union étatique, plus puissante que l’ancienne Union soviétique. L’exemple de l’Union soviétique – une fédération socialiste multinationale – servira de prototype pour une union mondiale des peuples de la planète, ce qui est vraiment réalisable sur une base socialiste. L’agression impérialiste mondiale ne fait que renforcer les spasmes de son agonie.

L’agonie universelle qui engloutit le système capitaliste mondial n’est pas due à l’effondrement de l’URSS. Les causes plus fondamentales et plus anciennes sont liées à la révolution scientifique et technique. Au cours de cette immense révolution dans le développement des forces productives de l’humanité, le capitalisme a épuisé toutes ses possibilités et est entré naturellement dans l’étape historique de la cessation irréversible de son existence. Ayant subi l’impact transformateur de la révolution technologique, l’économie mondiale ne peut plus spontanément se développer dans le cadre du système obsolète des rapports de production basés sur la propriété privée. Elle s’essouffle et s’effondre sous les coups de la crise mondiale. Le capital monopolistique financier qui domine  dans le camp capitaliste a rompu avec la production matérielle et plongé dans la spéculation sur le marché mondial. Ainsi, le capital financier s’est transformé en fiction, fonctionnant uniquement par inertie, et tendant à se tarir de manière inexorable et irréversible. Et la spéculation capitaliste dégénère en une agonie universelle du mode de production capitaliste, avec toutes les conséquences qu’elle comporte sur les plans économique, social, politique et spirituel, qui se combinent dans la destruction du système social capitaliste sur la planète. La désintégration de l’Union soviétique n’a fait qu’accélérer et approfondir le processus historique naturel.

Toutes ces manifestations de la crise globale prises comme un tout témoignent de la formation à la fin du XXème siècle d’une situation révolutionnaire mondiale. Elle est caractérisée par une déstabilisation complète des relations internationales, l’augmentation des tendances catastrophiques et chaotiques dans le développement social des peuples du monde entier. Elle est marquée par le déchaînement sur la scène mondiale des forces sociales et politiques de la réaction sociale et de l’agression militaire, l’agression mondiale de l’impérialisme contre l’humanité, la perte de contrôle des forces contre-révolutionnaires sur les processus dans le monde. Par sa nature même, elle reflète l’inéluctabilité  de la destruction de l’ordre social du monde fondé sur la propriété privée. Et donc, la situation de crise aiguë à l’échelle de la planète est liée au conditionnement objectif par la révolution scientifique et technique mondiale de la voie socialiste de développement de la communauté mondiale des nations. Cette situation révolutionnaire mondiale ouvre sur une vague prochaine de révolutions socialistes d’abord dans la majorité des pays, et plus tard sur le reste de la planète.

L’impérialisme agonisant est devenu extrêmement agressif et dangereux. L’agression mondiale de la réaction fascisante de l’impérialisme pousse la crise mondiale vers une escalade pouvant déboucher sur la catastrophe universelle et l’autodestruction de l’humanité. La seule alternative à l’autodestruction de l’humanité est la transformation révolutionnaire de la société selon des principes socialistes dans la plupart des pays. C’est une véritable alternative qui sortirait les peuples du monde de la crise mondiale, les engagerait vers la construction d’une société socialiste sans classes, la liberté sociale, la justice et l’égalité. Il n’est pas d’autre moyen de sortir de la crise mondiale. D’autant plus que la révolution scientifique et technique mondiale a ouvert des capacités productives suffisantes pour répondre aux besoins humains de toute la population de la planète. La mise en œuvre de cette possibilité stratégique pour l’humanité suppose le  triomphe mondial du socialisme.

L’impérialisme agonisant peut encore détruire des dizaines de nations et rejeter l’humanité loin en arrière sur la voie de son développement historique. Mais l’impérialisme ne peut plus sortir vivant de sa propre crise mondiale, qui clôt l’histoire séculaire de la civilisation fondée sur la propriété privée. Sa crise mondiale est la dernière crise dans l’histoire du monde. La transformation des caractéristiques fondamentales du capitalisme en leur contraire au cours du XXe siècle a entraîné la dégénérescence économique du capital. En raison de la spéculation, il est devenu virtuel, fictif, illusoire. Il s’est transformé en un pseudo capital. Parallèlement à cela s’en est suivi une dégénérescence sociale de la société bourgeoise et sa déshumanisation et désocialisation, la férocité et la barbarie. Ces tendances reflètent les dernières convulsions du système capitaliste mondial.

Suite à l’agonie de l’impérialisme dans le processus historique mondial advient naturellement le socialisme, dont la phase initiale a déjà été parcourue par les peuples soviétiques. Confrontés au problème de leur conservation et de leur survie, les peuples de l’URSS détruite étendent de plus en plus leurs mouvements de protestation contre la restauration du capitalisme dans notre pays divisé. Le salut et la survie des peuples soviétiques réside dans un socialisme rénové à un niveau supérieur de développement social que ce qui a été construit et mis en œuvre en URSS au XXème siècle. Cet objectif stratégique est suivi par les autres peuples du monde. Leur passage à un mode de la vie socialiste a été conditionné objectivement par la révolution scientifique et technologique mondiale. Il n’y a pas d’autre voie.

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et société

 
9 Commentaires

Publié par le novembre 18, 2016 dans Uncategorized

 

9 réponses à “Les conséquences de la destruction de l’URSS par Juozas Jermalavičius

  1. brise-menu

    novembre 19, 2016 at 4:29

    L’effondrement de l’URSS a été une catastrophe mais qu’elle en ont été les raisons , externes, internes, un peu des deux ? Le complotisme qui renvoie aux complots réels des dirigeants communistes de l’époque ne suffit pas à l’expliquer. Les analyses en langage marxistes des trotskystes sur la caste bureaucratique (depuis 1927) ou maoiste (depuis 1953) sur le social-fascisme ne sont pas convaincantes.
    Personnellement je n’ai compris et retenu d’Althusser que ces deux phrases:
    Ce sont les masses qui font l’Histoire
    La lutte de classe est le moteur de l’Histoire;
    Alors ? Comment appliquer cela à ce qui s’est passé en Union Soviétique (je ne parle pas des RDA, Pologne, Tchécoslovaquie où il n’y a pas eu une grêve même d ‘une heure pour défendre le socialisme)
    Il y a une histoire juive que j’aime bien. une famille nombreuse vit à l’étroit et il y a beaucoup de frictions. Ils vont voir le rabbin et lui expliquent le problème. le rabbin réfléchit et leur conseille d’acheter un bouc.la vie devient vite insupportable avec un bouc puant et remuant dans l’appartement. ils retournent voir le rabbin qui leur conseille de se débarrasser du bouc. ce qu’ils font en se sentant beaucoup mieux.
    le bouc capitaliste a été introduit dans la maison soviétique et beaucoup cherchent à s’en débarrasser avec la nostalgie des temps d’avant. Quand il n’était pas là.

     
    • Marianne

      novembre 19, 2016 at 8:38

      Merci pour l’histoire du bouc, il y a un peu de ça. Dans les années 70, quand je voyais des soviétiques rêver du paradis occidental, ça m’énervait tellement que je leur souhaitais in petto un prompt retour au capitalisme. J’étais jeune et cruelle. Injuste. Mais plus sérieusement, si Gorbatchev a avancé ses réformes sous couvert d’une amélioration du socialisme, ce n’était pas uniquement par ruse, ou par contrainte tactique. La majorité des soviétiques était pour le socialisme, et il devait en tenir compte. Une blague soviétique célèbre à l’époque montrait Lénine en train de sonder avec une gaule le fond de la Moskova pour préparer le retour du croiseur Aurore…

      La lutte des classes est le moteur de l’histoire, et aussi au plan international. Ce n’est pas faire du complotisme que de rappeler que les pays capitalistes ont toujours voulu détruire l’URSS, à commencer par l’intervention de 14 puissances étrangères pour tuer la révolution bolchévique dans l’oeuf, d’où 3 ans de « guerre civile », puis la seconde guerre mondiale (avec l’aide américaine à Hitler – voir : le mythe de la bonne guerre), l’instrumentalisation des dissidents (Soljenitsyne est détesté aujourd’hui en Russie), etc.

       
  2. Kirk

    novembre 19, 2016 at 6:25

    Si l’effondrement de l’URSS précipite l’effondrement du capitalisme, alors vive l’effondrement de l’URSS. Peut-on englober cette chute de l’URSS dans un mouvement historique inévitable et nécessaire voire calculée?

     
    • Marianne

      novembre 19, 2016 at 8:59

      Plutôt que de faire les ironiques, essayez de vous renseigner sur cette période de l’histoire, il y a des livres dessus, Alleg, Losurdo, et plein d’autres. Les communistes russes n’ont pas fini de déblayer les gravats laissés par cette démolition qu’ils appellent « criminelle ». Vous pourriez les aider en daignant vous intéresser à la Russie et aux pays de l’Est plutôt que de les traiter comme des demeurés.

      Lundi je traduirai un texte sur « Comment Gorbatchev a créé une pénurie alimentaire artificielle », où l’ont voit comment des cargaisons entières étaient bloquées volontairement sur des rails.

       
  3. pam

    novembre 19, 2016 at 7:13

    Ce texte est effectivement important en nous faisans prendre conscience de l’impact mondial de la destruction de l’URSS… mais il me laisse un peu dubitatif sur l’appréciation qu’il fait de la situation du capitalisme mondialisé.. Car il affirme beaucoup  » l’impérialisme ne peut plus sortir vivant de sa propre crise mondiale, qui clôt l’histoire séculaire de la civilisation fondée sur la propriété privée », mais il n’argumente pas beaucoup… et notamment sur la déconnexion du capital financier et matériel
    « Le capital monopolistique financier qui domine dans le camp capitaliste a rompu avec la production matérielle et plongé dans la spéculation sur le marché mondial. Ainsi, le capital financier s’est transformé en fiction, fonctionnant uniquement par inertie, et tendant à se tarir de manière inexorable et irréversible. « 
    Il me semble que le capital financier, que Lénine décrit déja, n’est jamais totalement déconnecté de l’extraction de la plus-value dans la production, il en conquiert son autonomie, devient un champ de concurrence autonome, mais à la fin, il faut toujours que de la valeur soit extraite des processus matériels pour alimenter le capital financier. Il renforce donc la guerre dans le capital, et la guerre contre le travail, sources des guerres tout court, mais il ne « rompt » pas…. au contraire, il cherche à controler toujours plus ! il n’est qu’à voir comment Unilever s’est battu pour ne pas laisser la production aux Fralib…
    Et donc, la prédiction d’un capitalisme en fin de vie me parait trop rapide, même si elle rejoint la formulation du « stade exterministe » de Georges Gastaud.

     
    • Marianne

      novembre 19, 2016 at 8:44

      Je me suis posé les mêmes questions. Le mouvement général du texte est bon, mais il pêche dans les détails, sur plusieurs points. Cela dit, pour une meilleure compréhension, il faut le mettre en relation avec le texte précédent, sur le Forum socialiste de Pékin. L’auteur y était et visiblement c’est ce forum qui l’a inspiré.

      Il faut lire aussi les textes de Zheng Ruolin, par exemple « ce que les Français ne savent pas ».

       
  4. DD

    novembre 19, 2016 at 12:02

    N’oublions pas que l’URSS, première expérience du socialisme réel a tout de même tenu 70 ans, dans le contexte ininterrompu d’agressions impérialistes que l’on sait. Tenons compte de la politique actuelle de la Russie qui prouve que l’ex URSS n’est pas vraiment morte et que quelque chose semble réellement ressurgir. L’armée russe a conservé les aigles soviétiques et ça n’est pas rien, avec cette alliance objective avec la chine communiste. Rien ne sera plus comme avant la grande révolution de 1917…

     
    • brise-menu

      novembre 20, 2016 at 3:30

      je crois que les aigles, en tout cas ceux à deux têtes, sont tsaristes mais je me trompe peut-être.DD ce serait bien que vous ayiez raison sur le fait que ‘ l’ex URSS n’est pas vraiment morte et que quelque chose semble réellement ressurgir. ‘.D’autres camarades pensent qu’il s’agit d’un bloc impérialiste surtout préoccupé de ses débouchés commerciaux et de contrer l’autre bloc impérialiste celui auquel nous appartenons. En ce sens l »alliance Russo-Chinoise ne serait pas plus progressiste que l’Entente ou la Triple alliance à la veille de 1914.
      sans sarcasme aucun, les alliances avec les islamistes de Teheran, du Hezbollah (il y a différents degrés dans l’islamisme) ou les fanatiques hindouistes du BPJ sans compter les risettes à Erdogan relativisent le soutien utile à Cuba ou à la Syrie assiegée. Oui l’union Russe-Chine est un contrepoids utile et le monde a besoin de contrepoids. mais est-elle plus que cela ?

       
      • histoireetsociete

        novembre 20, 2016 at 4:09

        je ne peux parler pour Marianne, mais il me semble qu’en grande partie grace à elle j’ai découvert des choses essentielles concernant la postérité de l’URSS et des révolutions du siècle dernier, en partie grâce à elle parce que l’essentiel de ma conviction a dépendu de mon expérience cubaine. Je crois d’abord comme vous le dites que l’alliance russo-chinoise joue un rôle important dans le monde multipolaire et la limitation des violences impérialistes. Mais il y a plus, la Chine présente une réalité contradictoire avec un parti communiste au pouvoir et le choix fait de tenir le capital dans une cage pour le laisser voler au lieu de l’étrangler. Cela mériterait un long développement et notre rôle dans ce blog est de nous faire percevoir la complexité du développement chinois. Mais il y a plus et c’est là qu’intervient Marianne, j’ai cru longtemps que l’URSS s’était autodissoute sans luttes et qu’il ne restait rien de cette expérience socialiste condamnée part ous. J’ai découvert la fausseté d’une telle représentation non seulement pour l’URSS mais pour les autres pays ex-socialistes. C’est compliqué parce que ce désaveu du capitalisme occidental se mêle désormais à des remugles d’extrême-droite, mais c’est vrai aussi chez nous, racisme, antisémitisme sont entretenus pour dévoyer cette mémoire du socialisme. C’est pareil chez nous où des gens comme le Comité Valmy, d’autres se font les chantres d’un pseudo anti-impérialisme pour mieux promouvoir de véritables ordures et alimenter la confusion. Donc ici grace à Marianne, à sa connaissance du Russe, du Chinois et je dirai son honneteté intellectuelle, nous tentons de faire le tri.Il y a ma conviction théorique et politique sur le fait qu’un peuple qui a fait une Révolution ne l’oublie jamais en totalité, la nation, la mémoire, les traces de ce qui a été sont des bases que l’on ne doit pas négliger.

         

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