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De l’actualité de la fin de l’URSS

18 Nov

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Pour prolonger la réflexion du texte passionnant traduit par Marianne (Les conséquences de la destruction de l’URSS par Juozas Ermalavichyus) je voudrais rappeler ce que j’écrivais ici même il y a un an à propos de la description des petites frappes qui ont accompli ou contribué au massacre du Bataclan :

« On n’a peut-être pas assez vu à quel point Daech inaugurait de nouveaux liens, négligeant les prétextes idéologiques y compris le conflit israélo-palestinien, tarte à la crème jusqu’ici de tous les attentats, ultime prétexte idéologique désormais dépassé par le nihilisme intégral du capital à son stade sénile. Le fascisme c’est la peur, peur de la guerre, peur de ce qu’on a fait de sa jeunesse…, désormais c’est directement sur les plaies béantes de cet occident, non pas ses valeurs démocratiques, mais le sort fait à la jeunesse, entre bobos individualistes et enfants perdus de l’aide sociale et du chômage, drogue et vide de l’âme… Il n’y a plus de « causes », simplement l’individualisme forcené de cette jeunesse à la dérive et avide de plaisirs éphémères… j’ai eu pas mal de conversations avec des jeunes, des étudiants à fort capital culturel, travaillant dans la « communication », « le graphisme » ou le socio-culturel, avec des contrats précaires même quand ils vivent bien, ils m’ont dit: « il n’y a rien d’autre à faire pour résister que de continuer le plaisir avec les copains, la musique, les sorties », un discours étrangement semblable à celui de ce jeune futur djihadiste beurré au cannabis, dormant ou écoutant de la musique. Il y a un déficit de perspectives et c’est dans ce vide désormais que prospèrent les monstres fascistes. »

Ce qu’il faut voir pour bien mesurer c’est qu’effectivement la destruction de l’URSS a été un grave échec pour l’humanité parce que cela a privé les forces progressistes d’une espérance et aussi d’un force de « dissuasion » face à la violence de la crise du capitalisme et laissé donc la place à tous les nihilismes et fascismes… On voit bien le caractère outrancier de certains aspects de ce capitalisme symbolisé au niveau des mœurs par des clowns à la Trump, mais on mesure mal à quel point ses principaux détracteurs, les bobos démocrates, ce que Michel Glouscard appelait le libéralisme libertaire (représenté chez nous par Macron et des gens comme Cohn-Bendit) reflètent à leur manière cette autodestruction d’un capitalisme sénile… Dissoudre la gauche, les partis ouvriers, se couper de fait du socle prolétarien, de son besoin d’organisation,  pour leur substituer des mouvements et ce jusqu’à provoquer un renforcement des partis autoritaires et libéraux-conservateurs, telle  semble être la mission de ces éternels échappés d’un quelconque maïdan ou de révolutions de couleur.

Donc je ne saurais trop vous recommander la lecture du texte traduit par Marianne sur la chute de l’URSS. Le 11 février, Marianne et moi présenteront notre démarche, celle qui nous a conduit à écrire URSS, vingt ans après, retour de l’Ukraine en guerre, et que nous poursuivons en particulier dans ce blog. Nous partons d’un constat assez proche de celle de cet universitaire communiste lituanien, mais nous tentons de voir quelles traces ont été laissées dans la mémoire historique des peuples et des individus par cet événement d’une portée immense qu’a été la création de l’URSS et aussi son effondrement. La création de l’URSS, c’est non seulement un bouleversement considérable d’un pays continent, son accès à la modernité, sous la dictature du prolétariat, comme la Révolution française a été celle de la bourgeoisie, mais c’est aussi sous cette impulsion les mouvements de libération nationales, les conquêtes ouvrières dans le monde entier. C’est la naissance de nations dans la foulée et la victoire sur le nazisme. Celui qui imagine pouvoir comprendre notre actualité, les problèmes que nous affrontons en ignorant ou en caricaturant ce moment fondamental ne peuvent que se tromper et nous entraîner dans une vision erronée. C’est un fait qui devrait échapper à toute caractérisation partisane. Pour les communistes, dans la mesure où ils conservent l’hypothèse de leur rôle révolutionnaire, et de leur perspective socialiste, l’urgence est encore plus grande. Il ne s’agit pas d’hagiographie, mais bien comme le dirait Walter Benjamin de retrouver la mémoire des vaincus pour mieux percevoir de quelles espérances se gonflent déjà les combats d’aujourd’hui. A ce titre, nous sommes très attentifs à ce qui surgit dans ce monde de l’effondrement socialiste et tentons d’établir des contacts permanents avec une réalité trop ignorée, méprisée qui est justement celle de ces ex-pays socialistes et de l’URSS elle-même.

Il s’agit à la fois d’un choix politique, celui de la transformation de la société, mais aussi d’un choix méthodologique dans la compréhension de phénomènes présents comme celui dont je suis partie, le nihilisme sous ses différentes formes.

Une des questions centrales qui se profile derrière la négation de cette histoire est celle du Que faire? Etat, mouvement, parti… Qui renvoie à d’autres comme la définition du socialisme par la collectivisation des moyens de production…

Nous ne sommes pas des « nostalgiques », attaché à une réalité dépassée, mais des gens conscients de ce qu’un moment historique de cette importance ne peut pas être traité avec légèreté en prétendant faire table rase de ses conséquences sur le présent. En particulier pour les forces de gauche, progressistes et les communistes, mais pas seulement.

Donc bonne lecture et rendez-vous le 11 février au séminaire de Jean Salem à la Sorbonne.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le novembre 18, 2016 dans Uncategorized

 

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