RSS

Du ventre fécond du Mitterrandisme

14 Nov

Afficher l'image d'origine

Dans le fond celui auquel ressemble le plus Trump est Tapie… Qui a vu Montand célébrer le « Vive la crise », déjà du Macron pur jus,  et quelques intellectuels de gauche ex proches ou membres du PCF célébrer la démocratie de Juan Carlos, l’héritier du franquisme et le recycleur de ses capitalistes, mesure à quel point la situation actuelle a été le produit des années Mitterrand. Elles ont correspondu à une nouvelle génération de milliardaires, la gauche de la classe ouvrière (le PCF mais aussi la vieille SFIO) devenue la gauche caviar, les enfants de l’ENA et de la « nouvelle philosophie « (sic). Tapie faisait partie du lot avec son exaltation de l’entrepreneur, son « enrichissez-vous », son pseudo combat contre Le Pen destiné à gonfler ce dernier, le pillage des biens publics, des entreprises nationalisées…

Il faut bien voir que ces années là ont produit un monde intellectuel courtisan, tellement occupé à s’emparer de l’idéologie des défenseurs des boat people qu’ils ont pendant pas mal de temps adoubé le sieur Ménard comme défenseur des droits de l’homme et de la liberté de la presse… Tapie on le voit n’était pas seul de son espèce, il fleurissait sur un terrain où la crise était pour certins celle des opportunités et pour d’autres le début d’un drame, un temps où la gauche accompagnait de ses exigences « moralisatrices » les pillages néolibéraux. C’est étrange le temps que j’ai passé à tenter en vain de convaincre certains que Ménard était apointé par la CIA, d’extrême-droite, je ne récoltais qu’insultes. Je constate que certains d’entre eux aujourd’hui me font la leçon et me gourmandent pour ne pas voter Mélenchon. Il en est d’autres qui rallient ce dernier qui vallent mieux que ça parce que le PS les a écoeurés.

Nous faire prendre cet avide personnage qu’est Tapie pour le héros de la gauche parce qu’il combattrait le Front National, tout était déjà dans ce tour de passe-passe et il s’est poursuivi avec l’alternance sarkoziste, la très laxiste madame Lagarde pour le milliardaire alors même que montait le discours sécuritaire contre les petits délinquants. Et que BHL, encore un héritier, nous envoyait avec Sarkozy maquiller quelques comptes de campagne en Libye pour les bonnes œuvres des Etats-Unis et du Qatar.

Et le petit jeu continue… Les socialistes au pouvoir ou même ceux qui prétendent le contester sont tous plus ou moins les héritiers de ce système qui n’a aucun mal à passer dans les rangs de la droite comme Kouchner et d’autres…
La grande confusion débute à ce moment-là, celui où le capital va utiliser sa propre crise, le chômage, les restructurations pour imposer son modèle d’enfant gâté, narcissique, néo-libéral…

Au titre des Mémoires que je n’écrirai jamais, je me souviens de la manière dont le vieil Aragon refusait de se réjouir de l’élection de Mitterrand, mais de cela j’ai déjà parlé. Dans une certaine mesure, il ne faisait que constater ce que j’ai dit à propos de Trump, de la manière dont les marchés avaient accueilli ce pseudo agitateur des masses et représentant du mécontentement populaire: cela ne changera rien… Il n’avait pas tout à fait raison, ça a changé bien des choses…

Je me souviens encore de la manière dont Tapie fit le siège de la fédération du PCF pour se faire adouber quand il sollicitait un siège de député dans les Bouches du Rhône… Il nous a même envoyé une syndicaliste CGT de l’entreprise Haribo pour dire du bien de son patron… Elle fut éconduite, en ce temps-là nous nous méfiions des aventuriers… de ceux qui prétendent à un destin politique au-dessus des partis… Pas suffisemment d’ailleurs parce que quand il s’est agi de choisir un candidat unique de la gauche et que nous étions proches d’un accord avec les vieux de la SFIO, ceux-ci ont été débordés par une opération Mitterrand lancée par l’extrême-gauche du CERES, les frondeurs de l’époque. Et que nous communistes nous l’avons accepté plutôt que René Mayer parce que nous estimions ledit Mitterrand  trop déconsidéré politiquement pour nous imposer ses vues (du rôle sous Vichy aux jardins de l’Observatoire, en passant par le rôle durant la colonisation et la guerre d’Algérie)… C’était plutôt mal vu et il a su se faire accepter de nos alliés de l’OTAN en affirmant hautement qu’il en finirait avec le PCF… La classe ouvrière n’irait plus au paradis… celui-ci était réservé aux « élites », avant on disait les capitalistes et leurs valets, mais on était excessif n’est-ce pas?

Danielle Bleitrach

 
8 Commentaires

Publié par le novembre 14, 2016 dans Uncategorized

 

8 réponses à “Du ventre fécond du Mitterrandisme

  1. lemoine001

    novembre 14, 2016 at 6:54

    Il me semble qu’il y a tout de même, une différence entre Tapie et Trump : le premier n’était rien qu’un « homme d’affaires » dans tous les sens du mot « affaires », le second est le représentant d’une classe sociale (c’est du moins une idée que je voudrais tester auprès de vous et que je vous soumets).

    Alors qu’H Clinton représente les intérêts du capital globalisé (en gros celui de Californie) Trump représente le capital national essentiellement industriel. Le premier (le globalisé) s’appuie sur les couches sociales liées à la globalisation, population urbanisée et d’un niveau d’éducation élevé. Le second (le national) s’appuie sur les couches sociales liées à l’industrie (celles en pertes de vitesse, les plus frappées par le chômage, les moins éduquées). La partie de la population d’origine étrangère est globalisée sans l’avoir voulu du fait de son déracinement et s’est jointe en partie à la couche bénéficiaire de la globalisation.
    En France la situation est très différente. Il n’y pas de capital globalisé (celui-ci est représenté au niveau européen). Le capital français est un capital subalterne. C’est pourquoi il y a de moins en moins de différence entre PS et droite classique. Les deux servent le même capital et sont l’une comme l’autre européenne et atlantiste. Le FN ne représente rien, il divise les couches populaires par la démagogie et assure leur impuissance. Il sert de repoussoir final sur l’un ou l’autre parti. Il est exclu qu’il l’emporte sur les deux. La lutte des classes est donc en France plus claire. Elle est à deux camps et non quatre. Elle est seulement brouillée par le rôle de l’Europe et l’impuissance des couches populaires tant que le pays sera pris dans le carcan européen.

     
  2. pedrito

    novembre 14, 2016 at 8:32

    Encore un billet de Danielle qui fait du bien au candide électeur de la Mitte que j’ai été! J’y ai mis le temps, mais j’ai coupé le cordon, et les mises en garde des politiciens pseudo communistes n’y changeront rien: plus jamais ma voix pour le p »s » et ses sbires, nos fossoyeurs

     
  3. histoireetsociete

    novembre 14, 2016 at 8:43

    je pense que comme toute analogie, la mienne est contestable si on la pousse trop loin. Mais je ne partage pas votre analyse du capital ni pour les USA, ni pour la France.En ce qui concerne la France, les années Mitterrand qui coïncident avec la vague néolibérale d’une Tatcher ou d »un Reagan se caractérisent par le passage d’un capitalisme industriel à un capitalisme financier, bancaire essentiellement. Ce n’est pas un hasard si la crise des subprimes commence par des banques française (Paris et pays bas, puis société générale). Le mitterrandisme en achetant au capital les secteurs industriels qu’il nationalise à grand frais, transforme le capital industriel français en capital financier parasitaire qui prète de l’argent un peu partout (le club de Paris) et qui donc va non seulement être très vulnérable à la crise des subprimes mais également à la crise grecque, celle d’Espagne… Mais dans le même temps Mitterrand va restructurer les entreprises qu’il nationalise, il les transforme en monopoles qui partent à l’assaut des pays à conquérir (voir par exemple le rôle de Suez mais aussi EDF en Amérique latine). Et quand il les a littéralement transformé pour que ces entreprises expatrient leur production et s’installent en priorité vers l’extérieur, il les revend au privé pour des sommes dérisoires. On peut dire qu’il y a restructuration, abandon de branches entières de l’industrie et assaut vers de nouvelles terres dans la bonne logique néolibérale. Ce qui explique l’apparition sous Mitterrand d’une nouvelle forme du capital financiarisé et participant à la concurrence inter-monopoliste mondialisée qui s’exerce par la pression sur les salaires et les emplois. Dans cette vague, les fortunes se créent, s’allient avec d’autres et il est vrai que Tapie est une petite pointure mais il entre dans un processus et il devient courtisan, homme de main (assassinat politique du premier ministre détesté Michel Rocard en lui suscitant une liste alternative et pseudo lutte contre Le pen que l’on veut valoriser).
    Je ne vois pas Trump comme le représentant en lui-même du capital national industriel, il s’empare de cette « cause » mais il est totalement lié aux mêmes couches que Clinton, l’immobilier, les casinos, ce que sakia Sassen définit comme la ville globale… Quant à Clinton c’est la femme de Wall street et du trust industrialo-militaire. Mais il saura très vite où est son devoir en tant que président.

     
  4. Jeanne Labaigt

    novembre 14, 2016 at 10:03

    Autres résultats d’élections en Europe et même en UE :
    Moldavie: Dodon parti des Socialistes Moldaves.
    Bulgarie: Roumen Radev, général soutenu par les communistes, le premier ministre pro-UE démissionne.
    Les journaux français disent que ce sont des présidents « pro-russes » qui ont été élus.

     
  5. etoile rouge

    novembre 14, 2016 at 3:55

    Il y a un lien entre trump et tapie. Un patron pro capitaliste est élu comme tapie se présentant comme le meilleur candidat politique puisque il a fait preuve disent ses partisans , de capacités de gestion en étant devenus millionnaires et élu par ses pairs meilleur gestionnaire de France. Il représente la classe capitaliste antirépublicaine et mondialisée puisqu’il n’a pu mener ses affaires d’alors qu’avec le soutien permanent du Crédit Lyonnais dés avant sa nationalisation et encore après par la volonté du PS de se servir des nationalisations pour détruire une part de l’analyse et des solutions de la vraie gauche et d’autre part valoriser le patron, le patronat, le chef, valeurs proches du fascisme.
    Par ailleurs après sa chute ( personnage condamné par des tribunaux) c’est le parti capitaliste de droite qui l’utilise car il est utilisable n’étant en rien un défenseur des travailleurs bien qu’à l’aide de traitres et des médias bien intentionnés il ait profité de ce dont parle Danielle jusqu’à la CGT et l’utilisation de la culture ouvrière qu’est le football. Puis le cadeau de Mme LAGARDE pion des USA et du capital permettant l’achat et la défense des valeurs de la Droite anti Républicaine. L’opportunisme que cela implique est à l’œuvre dans nos rangs et hors de nos rangs est promu par le système des valeurs du capitalisme mondialisé et sans frontières. On peut dire cynisme par analogie mais politiquement en s’appuyant sur LENINE c’est politiquement un et des opportunismes. Notre PCF depuis l’abandon des éléments marxistes et léninistes ( dictature du prolétariat une hégémonie en fait , en refusant l’évidence maintes fois constatée que pendant la construction tant d’un passage éventuel au socialisme que dans son développement même la lutte de classe premièrement continue, deuxièmement peux s’exacerber) cet opportunisme a vaincu le communisme existant et surtout défait et perdu idéologiquement les militants révolutionnaires.
    Par contre la crise 2008, 2009, 2010 dite improprement subprime ne peut être caractéristique de la bataille des années 1980et début 1990 , grandes années tapie, social démocrates et pro capitaliste. Dans ces années là l’objectif de tous les éléments du capitalisme est de mettre en œuvre la remise en cause des nationalisations économiques et dans le même temps d’imposer une dictature idéologique amenant à ringardiser nationalisations et donc nation, culture ouvrière, prétendre à la disparition de cette classe et non à son évolution, noyer tout travailleur dans la médaille en chocolat rance des classes moyennes- qui soi-dit en passant ont été à l’œuvre dans les années 30 dans la montée des fascismes- bien oublié d’un PCF qui aujourd’hui prétend à être le parti des classes moyennes. Qu’est ce économiquement une classe moyenne : c’est la fraction des salariés qui en plus de leurs salaires ( participation à la production) ont un quelconque patrimoine dont ils tirent des revenus. Certes certains sont faibles d’autres sont forts proportionnellement aux revenus du travail salarié. Classe moyenne faible ou forte à laquelle s’agrège les artisans , commerçants etc vivant notamment de plus en plus de la spéculation sur leur seul titre la valeur de l’entreprise.
    Bref des discussions , une reprise de l’a pensée marxiste en tous domaines est nécessaire pour comprendre et se faire respecter autrement qu’avec les rodomontades Mélenchonnienne.

     
  6. etoile rouge

    novembre 14, 2016 at 4:03

    Merci et bravo Danielle pour ton site, sa tenue et tes interventions qui ne laisse pas indifférent

     
  7. etoile rouge

    novembre 14, 2016 at 4:09

    J’ajoute que ej suis favorable à un candidat communiste se plaçant sur l’intersection de la lutte des classes, amenant le parti à se ressaisir de cette activité de base et ce jusqu’à reprendre pieddans sa théorie marxiste efficace et nécessaire et dans la classe ouvrière d’abord.. Pas de parti révolutionnaire sans théorie révolutionnaire.

     
  8. Xuan

    novembre 22, 2016 at 10:52

    D’accord sur bien des sujets, je ne vais pas détailler.
    Il faut remonter en 58 pour trouver un soutien illégitime au cagoulard Mitterrand, simplement parce qu’il s’était opposé au « pouvoir personnel  » de De Gaulle, tandis que les socialos boudaient toute alliance électorale. Mais le général était simplement le meilleur représentant du grand capital. Erreur de jugement sur ce point.
    Erreur également en soutenant cet aventurier en 1965 sans même présenter un candidat communiste.
    Mélenchon continue la tradition de la deuxième gauche, anti-communiste et dite « gauche radicale » mais étrangère aux intérêts ouvriers. La différence avec Mitterrand est qu’il n’a pas pas pu mettre la main sur le PS et qu’il n’a pas d’armée.
    Donc il compte recruter dans le pcf, s’il le peut mettre la main sur toute l’armée. C’est son seul enjeu car il sait très bien qu’il ne sera pas élu. Quel rôle a joué P. Laurent là dedans ?
    Mais bon, le vent d’est revient.
    Amitiés.

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :