RSS

Comme je pars en cure aujourd’hui et je ne sais si je pourrai alimenter ce blog… les réflexions d’une aïeule éclairée…

04 Nov

 

« A Pâques dites NON à l’agneau mangez les petits enfants comme autrefois. » dit l’affiche…

Considérez également ce clin d’œil de mauvais goût à la diabolisation communiste – qui n’est le plus souvent que du négationnisme historique – peut aussi être une matière d’hommage au nouveau prix Goncourt, Leïla Slimani, une femme née au Maroc de parents marocains mais banquiers…. et avec elle, peut-être le retour d’une écriture qui s’intéresse à la triviale actualité…

Qu’est-ce que cela signifie ? Un hommage au nouveau prix Goncourt qui raconte l’infanticide d’une nourrice et débute par « le bébé est mort »… Un monde qui tue les enfants en nous inventant des ogres imaginaires… Que les voies de l’émancipation humaine sont bien complexes même si parfois elles paraissent tout droit nous mener à la fin de l’espèce. Que l’histoire de l’humanité qui devrait avoir son noyau de vérité est interprété, ré-interprété pour mieux nous rendre confus… Que l’actualité est ainsi faite qu’une jeune femme issue de la haute bourgeoisie marocaine soit « reconnue » au moment même où un pauvre hère est nié dans son droit à la vie dans ce même Maroc. Mouhcine Fikri, un marchand de poisson d’une trentaine d’années, est décédé vendredi soir à Al-Hoceima, dans le Rif, happé par une benne à ordures alors qu’il tentait apparemment de s’opposer à la saisie et à la destruction de sa marchandise par des agents de la ville. Et pourtant il serait dangereux d’opérer ce lien entre Leïla Slimani et Mouhcine Fikin, sinon pour dire que dans le roman primé, la prolétaire tue les bébés alors que dans la réalité c’est le prolétaire qui est écrasé par une benne à ordure… …

Oui, Leïla Slimani n’est pas plus représentative des prolétaires du Tiers monde qu’Obama ne l’est des ghettos noirs qui sous son règne n’ont rien obtenu sinon une police tirant à vue, en état de pseudo légitime défense, il faut que je réfléchisse au fond et aux raisons et conséquences réelles de cette duperie y compris en littérature. Considérer qu’Obama étant au pouvoir, en revanche se sont multipliées les interventions armées dans les pays toujours plus ou moins colonisés. Je dois juger des limites de l’élection de son successeur et voir que le choix est désormais entre une femme vénale, belliciste, menteuse et un fou raciste comme futurs maîtres du monde… Et ce n’est pas mieux chez les vassaux français… pas un pour sauver l’autre… Mais malgré l’échec de l’espérance Obama, je continue à me réjouir que l’image du pouvoir et des élites évolue. Femme, noir, basané, tant mieux, on passera plus vite à l’essentiel puisque leur présence ne change rien… …  Oui le changement ne vient pas d’une tête d’affiche que l’on vend à l’électeur, il vient de ce que le collectif est capable de créer face à l’exploitation, clé de toutes les dominations. Les obstacles réels qu’il faut affronter pour que l’étau se desserre sur les noirs, les femmes et tous les stigmatisés…  et ce qui en naîtra en matière d’imaginaire dans ce renversement, ce soulèvement… L’art comme toute chose naît de la rue… même s’il exige du travail, beaucoup de travail.

Donc réjouissons-nous de ce prix sans doute plus mérité que ne le fut un certain Nobel, réjouissons-nous de l’intérêt de cette jeune femme pour le faits divers, moment paranoïaque d’une société en crise comme l’imaginaient Lacan et les surréalistes à propos des « bonnes », les sœurs Papin, image criminelle de la lutte des classes… Face au roman désavoué, à la fureur iconoclaste, il y eut la courage d’un Aragon pour dire la nécessité des héritages… et l’exiger pour les prolétaires, ne pas se tromper d’ennemi, ouvrir toujours plus le banquet à tous.

Pourtant il faudra bien qu’un jour nous mesurions que tout ce malheur du monde ne pourra se résoudre dans l’édifiant de parcours individuels, parce que justement sur ce qui est édifiant on ne peut rien construire, édifier…

Il faudra bien un jour en finir avec ce réveil des peurs enfantines qui nous interdit un véritable bilan de ce qu’a été la première révolution communiste, la manière dont elle a produit en masse des élites et des dirigeants issues d’un peuple qui n’avait pas jusqu’ici le droit à la parole, loin de manger les petits enfants, la Révolution leur a partout offert un autre destin en URSS mais sur toute la planète, elle ne s’est pas contentée de recruter dans le filet épuisé des enfants de la bourgeoisie, elle a produit des masses de compétences, elle était tout sauf paranoïaque, elle était confiance. Dans le bref temps qui m’est imparti, il ne me reste plus qu’à dire cela et ne pas perdre mon temps avec des gens qui ne le méritent pas…

A bientôt

Danielle Bleitrach

 
3 Commentaires

Publié par le novembre 4, 2016 dans Uncategorized

 

3 réponses à “Comme je pars en cure aujourd’hui et je ne sais si je pourrai alimenter ce blog… les réflexions d’une aïeule éclairée…

  1. frank

    novembre 5, 2016 at 9:01

    Quel mauvais Goncourt,en effet!
    Ma préférence va au livre de Majid Cherfi ,sur son enfance et le rôle extraordinaire de sa mère!
    Que la bourgeoisie est étroite d’attribuer le Goncourt à Slimani plutot qu’à Cherfi.
    Bien à toi,chère Danielle et bonne cure!

     
  2. brise-menu

    novembre 6, 2016 at 4:02

    Bonne cure et puis si tu le peux lis les textes de nos camarades grecs. Vu à travers mes lorgnons ils semblent avoir une analyses assez ferme et sans illusion sur la situation actuelle. http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/2016/10/l-equation-militaire-politique-en-syrie-paru-dans-kommounistiki-epitheorisi-organe-politique-du-cc-du-kke.html?utm_source=flux&utm_medium=flux-rss&utm_campaign=politics

    En voici un extrait: LE « MONDE MULTIPOLAIRE », EN OPPOSITION AVEC « L’EMPIRE DES ETATS-UNIS »

    Certaines forces, qui ne voient l’impérialisme que dans l’“empire” étasunien, saluent l’apparition de nouvelles puissances capitalistes émergentes dans les affaires mondiales et de nouvelles unions inter-étatiques (BRICS, Organisation de Coopération de Shanghai, Organisation du traité de sécurité collective, ALBA etc.) formées par des états capitalistes sur des bases économique-politique et militaire. Ces développements sont salués comme le début de l’émergence d’un monde “multipolaire”, qui “reformera” et qui donnera une “nouvelle souffle” à l’ONU et aux autres organismes internationaux, qui s’échapperont de l’“hégémonie” américaine. On va jusqu’à dire que la paix pourrait être garantie de cette manière. À travers ce “prisme”, on salue l’implication militaire russe en Syrie comme un “pas” vers cette direction.

    On affirme que les nouvelles contradictions intra-impérialistes et le reclassement se profilant au sein du système mondial peuvent conduire à la “démocratisation” des relations internationales, puisqu’on voit émerger un monde à plusieurs “pôles” avec le renforcement de l’Allemagne, de la Russie, de la Chine, du Brésil et d’autres états, et le recul respectif des États-Unis.

    On entend aussi des propositions dans ce sens comme celle de l’élargissement du Conseil de Sécurité de l’ONU avec d’autres pays.

    Alors, la question qui se pose est la suivante: un rôle mondial plus important de l’UE ou encore le rôle élargi de la Russie et de la Chine, peuvent-ils mettre les développements internationaux sur d’autres rails, des rails “pro-paix”, comme SYRIZA ou le soi-disant “Parti de Gauche Européenne” affirment?

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :