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Léonid Kalashnikov : les gens de gauche nous soutiennent, sans s’être concertés au préalable, à travers le monde entier

03 Nov

Discours prononcé lors de la session plénière de la Douma d’Etat du 19 octobre 2016

Service de presse du groupe parlementaire du Parti communiste à la Douma d’Etat

19/10/2016

Leonid Kalashnikov

https://kprf.ru/dep/gosduma/activities/159514.html

– Chers collègues! En préparant mon intervention, j’ai voulu regarder ce qui accompagnait notre plénière aujourd’hui. Je fus surpris de constater qu’il y avait le projet de loi sur l’élimination du plutonium militaire, que nous devons ratifier aujourd’hui. C’est peut-être la première action de la Russie en 25 ans, sur la voie d’un véritable réarmement de son bouclier nucléaire.

Mais en même temps, je voudrais rappeler un détail. C’est un 19 octobre il y a de nombreuses années, en 1812, que Napoléon a décidé de quitter Moscou. Il a emprunté la « vieille route de Kalouga ». Là, comme vous vous en souvenez, il a été emmené sur une autre route, où il y avait moins de pain et il était plus difficile de s’en sortir. On peut vraiment trouver des parallèles avec ce qui se passe aujourd’hui dans la politique internationale.

Ce qui est arrivé tout récemment lors des élections doit aussi contribuer à nous donner une leçon. L’intensité de l’antisoviétisme auquel nous avons assisté devrait, semble-t-il, d’une part, diminuer et de l’autre – nous apprendre un certain nombre de choses, car la russophobie et l’antisoviétisme ont conduit à l’effondrement de l’Union soviétique. Parce qu’alors a été provoqué le mécontentement des régions frontalières. D’abord les Etats baltes, puis l’incendie s’est propagé à l’Arménie, l’Azerbaïdjan et aux autres périphéries nationales. Et tous regardaient le Russe comme celui qui « se sert dans votre poche. » Puis vint la prise de conscience que ce n’était pas vrai, mais le pays était déjà détruit et perdu.

La russophobie et l’antisoviétisme d’aujourd’hui sont utilisés très activement par l’Ouest. Précisément la russophobie, et non pas tant contre la direction du pays, mais contre l’ « ours russe » qui est « méchant, inculte, et avec les restes d’armes nucléaires sur ses épaules empêche le développement de l’humanité progressiste. » Si nous n’y prêtons pas attention, cela pourrait, à Dieu ne plaise, conduire à l’effondrement de notre pays.

À cet égard, il y a un grand article du Président du Comité central du PCFR Ziouganov, qu’il a envoyé à tous les députés. Je ne vais pas raconter ce qu’il y a dedans, je pense que vous l’avez lu. Sinon, j’espère que vous le ferez bientôt, surtout ce qu’il dit sur l’idéologie de la trahison.

Mais encore une fois je me tourne vers les élections. Un des dirigeants de la région de Samara, dont je ne citerai pas le nom, est allé jusqu’à dire dans son livre, distribué un million d’exemplaires lors des élections, que la «cinquième colonne» c’étaient les communistes. Les communistes, parce que, voyez-vous, ils n’ont pas inclus qui il fallait sur leur liste.

À cet égard, je tiens à dire que l’idéologie des traîtres ne se limite pas à ces dirigeants. Parce qu’il a maudit dans ses discours ceux avec qui il avait déjà travaillé, Tchoubaïs et même Eltsine, et il a louangé Poutine. Mais demain peut venir le temps où il oubliera Poutine.

Pourquoi donc je cite cet exemple? Eh bien, parce que je veux attirer votre attention dans mon discours, qui est en fait celui de mon parti, sur qui nous soutient dans le monde d’aujourd’hui dans cette guerre non déclarée. Un soutien, paradoxalement, de la gauche dans le monde, sans s’être passé le mot. Bien que nous ayons une espèce d’embryon de Komintern, qui se compose de 90 partis communistes et ouvriers. Il y a aussi de très grandes organisations internationales, importantes. Ici Anatoly Karpov est assis, il est a l’Union internationale des fondations pour la paix, il y a la Fédération internationale de la jeunesse démocratique, les femmes, les syndicats… tous sont associés dans diverses organisations au sein des Nations Unies. Nous coopérons activement avec eux dans notre travail.

Et, à propos, notre ami, Sergei Pospelov, qui est ici à la Douma d’Etat, a utilisé ces contacts, afin de les consolider et continuer à en nouer d’autres.

L’année prochaine, nous aurons le Festival mondial de la jeunesse et des étudiants. La dernière fois que ce festival a eu lieu dans notre pays c’était encore à l’époque soviétique.

Alors, qui est avec qui, et pourquoi je me suis souvenu de cette idéologie des traîtres? Parce qu’en Ukraine, lorsque le gouvernement actuel est arrivé, ils ont commencé avec les communistes. Pas même avec le Parti des Régions. Ils sont représentés dans le parlement actuel, le Parti des régions, sous un nouveau nom, soi-disant bloc d’opposition. Mais les communistes, ils les ont immédiatement interdits.

Mais je dois dire que la pression est également présente à l’Est, où il y a le Parti communiste chinois et le Parti communiste vietnamien, et en Amérique latine, et en Amérique du Nord, où sont nos amis de Cuba et du Venezuela (aujourd’hui, nous examinerons un projet de déclaration). Ceci est également vrai à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, où nos collègues de la précédente Douma étaient amis avec les conservateurs. Ou, les sociaux-démocrates, qui gouvernent la moitié de l’Europe. Aujourd’hui, tous ces sociaux-démocrates ont trahi la Russie, aucun d’entre eux ne la soutient, sauf pour la gauche dans cette même Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, le groupe de gauche ou de la Gauche unie au Parlement européen.

Pourquoi? D’une part, il reste une espèce de code génétique, même si il y a déjà des jeunes qui ne se souviennent pas de l’Union soviétique, mais nous avons toujours été soutenus activement.

Je ne veux blâmer quiconque dans cette salle, mais juste vous rappeler que nous devons être dans le même bateau, en particulier devant la menace de la globalisation mondiale. Il faut garder cela présent à l’esprit quand on voit Simonenko [président du PC ukrainien], persécuté à Kiev, sa maison incendiée, les tentatives d’assassinat, mais il n’a pas quitté le pays, il essaie de garder le parti, il tente de se battre. Tandis que la Rublevka [le « Neuilly des oligarques russes »] est peuplée par la plupart de vos amis, à qui vous avez donné ici des milliards de la VEB [Banque de développement de la fédération de Russie] en prêts, moi aussi, je les connais par leurs noms.

Si dans cette situation il nous arrivait de les oublier, alors d’autres personnes nous rafraîchiraient la mémoire. De la même manière que l’Europe, par exemple, ne se souvient pas d’Alfred Rubiks, chef du Parti communiste de Lettonie. Ils l’ont une fois mis en prison pendant dix ans, mais il y a passé six ans, puis a été élu au Parlement européen, mais le Parti communiste est toujours interdit là-bas, le marteau et la faucille même leur fait peur, le marteau et la faucille sont déjà interdits.

Je voudrais vous rappeler Mannerheim*, et les débats qui font rage autour du mausolée, et aimerais que nous tous tirions des conclusions.

Les deux projets de loi… ces deux documents hautement significatifs que nous allons adopter aujourd’hui, l’un d’entre eux est lié à la suspension de l’accord sur l’élimination du plutonium de qualité militaire, l’autre – avec Cuba, nous concernent également de près.

Maintenant, je ne vais pas jouer les cassandre, mais je dois mentionner en particulier Cuba, qui a subi un blocus sans précédent (ils sont même interdits de médicaments, tandis que nous n’en sommes qu’au début du chemin des sanctions), nous devons prendre très au sérieux ces questions.

Une autre question que je voudrais mentionner dans mon discours est le rapport entre « soft power » et « hard power » [l’orateur emploie ces mots en russe, mais je n’ai pas trouvé de bonne traduction française]. Personne ne peut nous interdire l’usage de la force, ni en Syrie, ni ici. Nous continuerons à renforcer nos capacités militaires. Mais la puissance douce est considérée aujourd’hui dans cette salle et dans les comités, sous la forme d’un budget que nous devons approuver. Je me souviens encore de Kosachev. Il a dirigé la commission des affaires étrangères, puis est entré à Rossotrudnichestvo [agence chargée du rayonnement culturel et scientifique de la Russie à l’étranger], et maintenant dans sa nouvelle fonction une fois de plus il est confronté à la même chose.

A l’époque, nous avions voulu rassembler toute cette puissance douce, bien avant les événements d’Ukraine, en commençant par « RussiaToday », qui va maintenant être interdite au Royaume-Uni. Mais nous avons notre propre Angleterre, et nos ministres des Finances. Il fut un temps où nous avions un sous-programme de travail avec les compatriotes, nous l’avons fait ici, beaucoup dans cette salle s’en souviennent. Ensuite, le Conseil de sécurité l’a examiné, et il y a eu un décret du gouvernement. Ils ont donné 7,5 milliards de roubles pour trois ans.

Mais est arrivé un Silouanov (encore une fois, je le répète, ce fut avant l’Ukraine, personnellement, je lui ai posé des questions en tant que député) et a retiré ce programme entièrement, à zéro. Quand je lui ai demandé, il n’avait aucun souvenir de ce programme.

De quel genre de soft power peut-on parler, si nous ne savons pas comment rémunérer nos enseignants, si nous ne savons pas où et comment acheter des livres… On m’a dit qu’il n’y avait pas d’argent. Mais un an plus tard, 7 milliards ont été alloués à la construction du « centre Eltsine. » Et quand je me souviens il y a quelques années dans cette salle, avant  l’introduction de limitations de certaines ONG comme agents à participation étrangère, il y avait dans cette salle 10 personnes, diplômées de l’École d’études politiques de Moscou, dirigée alors par l’ancien chef du renseignement en Angleterre. Et il y avait aussi quelques personnes du même genre dans notre gouvernement. Je ne mentionnerai pas leurs noms, vous pouvez regarder sur Internet.

Nous devons comprendre qui dirige ce soft power aujourd’hui, qui le forme. Alors retournons dans les comités, reprenons ce programme. Bientôt, nous allons entendre le rapport du Rossotrudnichestvo. Et mes nouveaux collègues, qui sont venus au comité, sont également inquiets. Aidez-nous pour ce noble projet…

*http://russiepolitics.blogspot.fr/2016/09/mannerheim-et-les-75-ans-du-blocus-de.html

traduit du russe par Marianne Dunlop

 
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Publié par le novembre 3, 2016 dans Uncategorized

 

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