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Aux amis lecteurs: travail sur la grande désillusion démocratique russe et le calendrier de fin d’année.

23 Oct

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Francophonia: Sokourov dans les couloirs du Louvre

à la demande d’un lecteur aussi insomniaque que moi, l’article écrit dans la nuit et supprimé comme toujours à l’aube parce que je finis toujours par me demander en quoi ce qui m’intéresse moi intéresse les autres… De la pudeur peut-être mais aussi quelque chose de très profond qui m’a toujours incité à cacher ce que l’on peut penser être de l’ordre du divertissement alors que tant de gens souffrent et que la guerre menace(1). Pourtant un jour excédé, j’ai dit à l’un de mes camarades: comment prétendez-vous faire le bonheur de l’humanité en ignorant ce qu’elle a retenu comme le meilleur d’elle même? Pourtant je suis d’accord avec Brecht, le jour où l’humanité disparaîtra, l’art sera inutile… Ces contradictions font partie de mon goût immodéré pour la solitude et donc de l’untilité d’aller chercher le lecteur.

Plus le film est important, plus il est sérieux, moins il a envie d’aller chercher le spectateur. le cinéma sérieux, le cinéma d’auteur se cache du spectateur. Le paradoxe principal de notre civilisation, c’est que les institutions démocratiques contemporaines ont libéré l’homme du besoin d’être responsable et de penser, elles lui ont dit qu’il a le droit de ne pas penser, de s’en remettre à ceux qui pensent pour lui, à sa place, et qui vont faire quelque chose à sa place, et elles ont transmis les fonctions importantes de la volonté quelque part en dehors de l’homme, loin de lui, ce qui crée des conséquenxces irréversibles. Cela rejoint cette idée que dans une société démocratique tout besoin de l’art peut disparaître, et même l’art ne pas naître.« (2)

Alexandre Sokourov

J’ai besoin de me lancer dans une nouvelle recherche, je voudrais prolonger la réflexion inaugurée autour d’un film de deux grands antinazis Brecht et Lang (3), mais cette fois me pencher sur la postérité de l’Union soviétique. Il y a eu plusieurs étapes dans le cinéma soviétique qui a été un des très grands de par le monde. La période révolutionnaire et stalinienne, puis celle qui a suivi les « révélations de Khroutchev avec la période dite de la perestroïka et aujourd’hui je voudrais saisir à travers un film, les traces post-soviétiques en partant de deux auteurs que j’aime particulièrement et j’hésite entre Sokourov, en particulier francophonia ou Andreï Kontchalovski avec les nuits blanches du facteur. Sur ces deux auteurs plane l’ombre portée de tartovski, mais sans ce que Sokourov appelle la mystification, le sacrilège d’une communication directe avec dieu dans l’étincelle du génie… Ce qui favorise chez eux une réflexion sur l’art et sur les apories de la démocratie telle que l’occident a prétendu l’infliger à la Russie.

Poursuite donc d’une réflexion entre Histoire et cinéma, fiction, témoignages…Voir un film comme un univers…un périple qui se joue des frontières entre les disciplines comme celles entre les époques, le cinéma étant lui-même refus de l’opposition entre culture d’élite et culture populaire, tout cela pour tenter de retrouver la parole des vaincus sous la propagande inquisitoriale d’une société qui se prétend démocratique au point de rendre l’art inutile…

Voilà tout cela pour vous dire que je vais prendre des semi-vacances avec ce blog, je pars en cure contre l’arthrose dans une minuscule station du haut Var du 4 novembre au 26 et j’en profiterai pour préparer ma partie de notre intervention à Marianne et moi sur ce que nous cherchons dans nos voyages dans l’univers post-soviétique au séminaire de Jean salem le 11 février à la Sorbonne.

danielle Bleitrach

(1) je pense à cette photo qui vient de traverser mon champ de vision, une femme sur un lit aux urgences dans un couloir, légende: elle a atrtendu 12 heures aux urgences… je viens de vivre en cascade des expériences semblables, la mort, la maladie, la prison et toutes les choses de la vie, l’héroïsme au quotidien, qu’importe le plaisir que j’éprouve devant un tableau? Et pourtant il est indissociable de ma capacité à me sentir aux côtés de cette femme…De cette source d’indignation jamais tarie et qui est le plus beau don que m’ait fait la vie…
(1) Bruno Dietch, Alexandre Sokourov, l’âge d’homme, 2005.
(2) Danielle Bleitrach, Richard Gerkhe, avec la collaboration de N. Amphoux, Bercht et lang, le nazisme n’a jamais eté éradiqué, Lettmotiv, 2015

 
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Publié par le octobre 23, 2016 dans Uncategorized

 

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