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Syrie : l’Union européenne ouvre la voie à des sanctions contre la Russie

22 Oct
 NATO exercise

VIDÉOS – Les Vingt-Huit pourraient imposer de nouvelles «mesures restrictives» à Moscou sur le dossier syrien. Ce durcissement prôné par Paris, Berlin et Londres, doit être validé par tous les autres membres de l’Union.

Correspondant à Bruxelles

Paris, Berlin et Londres ont, semble-t-il, réussi à faire pencher la balance européenne: de nouvelles sanctions européennes pourraient s’abattre sur la Russie si elle refuse d’étendre au-delà de quelques jours la trêve dans les bombardements d’Alep concédée par Vladimir Poutine.

Le tour de vis est une option, pas une décision ferme ou d’application immédiate. Il est sans calendrier. Mais il traduit un durcissement inattendu de l’UE face au Kremlin, sur le fond et dans la forme. Malgré le cessez-le-feu annoncé par Vladimir Poutine, l’entrevue de Berlin avec François Hollande et Angela Merkel s’est mal passée mercredi soir. La chancelière a même parlé d’un «moment très dur».

Aujourd’hui, «la priorité est de prolonger la trêve, a lancé François Hollande en prélude à un sommet décisif de l’UE. Toutes les options sont ouvertes dès lors qu’elle ne serait pas respectée et qu’il y aurait cette volonté (à Damas et à Moscou) serait d’écraser Alep, ville-martyre». Aux yeux d’Angela Merkel, le bombardement de la seconde cité de Syrie est «parfaitement inhumain». Elle veut obtenir un cessez-le-feu «permanent». La Britannique Theresa May, qui participe à son premier Conseil européen, entend elle aussi mettre la pression sur le Kremlin afin qu’il «stoppe ses épouvantables atrocités».

Dans les conclusions soumises jeudi soir à l’approbation des 28 chefs d’État de gouvernement, l’UE «envisage toutes les options, y compris des mesures restrictives supplémentaires contre les personnes et les entités qui soutiennent le régime» de Bachar al-Assad. En jargon diplomatique, c’est l’annonce de nouvelles sanctions. La Russie n’est pas nommée comme cible. Mais sa punition n’est plus exclue, une différence essentielle avec la décision prise trois jours plus tôt par les ministres des Affaires étrangères.

Le texte, produit d’ultimes tractations, restait à valider jeudi en début de soirée. Il traduit un nouveau changement de la dynamique, après que l’Europe a paru désarçonnée par l’offensive diplomatique du président Poutine à Lausanne ce week-end avec l’Américain John Kerry, puis à Berlin avec le tandem franco-allemand. «On imagine mal qu’une capitale de l’UE puisse encore se mettre en travers de cet élan» contre la Russie, assurait le représentant d’un pays classé parmi les durs.

Pour décider de nouvelles sanctions, l’unanimité est requise. Restait donc à convaincre définitivement les pays qui comme la Hongrie, la Slovaquie, Grèce, Chypre et dans une moindre mesure l’Italie, hésitent régulièrement à braver la colère du Kremlin. La Russie est dans le collimateur de l’UE depuis 2014, après l’annexion de la Crimée, le déclenchement des hostilités en Ukraine et la destruction du vol MH17 de Malaysian par un missile Buk de fabrication russe (298 morts, pour la plupart néerlandais). Les sanctions en vigueur frappent déjà près de 200 personnes ou entités russes (interdictions de séjour, gels d’avoirs financiers), sans parler des sanctions économiques. Le dispositif, lié au dossier ukrainien, vient à échéance en janvier et mars prochains et le sommet européen n’avait pas prévu de s’en saisir. Le martyre d’Alep, même suspendu, a changé la donne.

Ce jeudi, à Genève, Jan Egeland, conseiller aux affaires humanitaires de l’Onu pour la Syrie, a déclaré que les Russes avaient prévu une trêve d’«onze heures par jour, et quatre jours à compter de ce jour, jeudi». Il a ajouté que des discussions étaient en cours avec la Russie pour ajouter une journée supplémentaire. «La Russie, avait initialement proposé une pause quotidienne de huit heures», a-t-il poursuivi. Un délai trop court selon l’Onu pour pouvoir évacuer des blessés et acheminer de l’aide aux quartiers assiégés. Moscou n’a pas officialisé l’instauration de ces quatre jours de trêves temporaires. Mais le ministère russe de la Défense a indiqué que le président Vladimir Poutine avait ordonné que la trêve de onze heures décrétée jeudi, qui devait expirer dans l’après-midi, serait prolongée de 24 heures.

Le président russe a également accepté le principe de l’envoi de policiers armés de l’OSCE dans l’est de l’Ukraine, à la demande de Kiev. «Le déploiement d’une telle mission serait positif, mais il faut encore travailler sur ce projet dans le cadre de l’OSCE», a ajouté le porte-parole du Kremlin. Cette éventualité a aussitôt provoqué la colère d’un des dirigeants séparatistes prorusses de la République autoproclamée de Donetsk, Denis Pouchiline. «Notre opposition à l’idée d’une mission armée de l’OSCE n’est pas seulement le point de vue personnel des dirigeants de la DNR et de la «République populaire de Lougansk», mais aussi celui de plusieurs milliers de personnes qui ont manifesté ici» contre cette éventualité, a-t-il déclaré.

 
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Publié par le octobre 22, 2016 dans Uncategorized

 

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