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Destruction du site de Talgar : l’UNESCO épingle le Kazakhstan

19 Oct

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La construction d’une voie rapide à travers Talgar, ancienne cité de la Route de la soie classée au patrimoine de l’UNESCO, inquiète l’organisation internationale. Le Kazakhstan, membre du Comité du patrimoine mondial pour la période 2013-2017, pourrait-il voir son statut au sein de cette instance remise en cause ?

L’ambassadeur du Kazakhstan en France, Nurlan Danenov, a reçu une lettre de l’UNESCO concernant le sort réservé au site de Talgar – également connu sous le nom Tilriz. Cette ville située à 25km d’Almaty, dont l’existence est attestée dès le 10ème siècle, a longtemps été l’une des grandes étapes de la Route de la soie. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité depuis 2014, au sein de l’ensemble des« Routes de la Soie : le réseau du corridor de Chang’an – Tian-Chan » qui inclut des sites chinois, kazakhs et kirghiz.

Lire aussi sur Novastan : Nouveaux voyages, routes anciennes : la Route de la Soie au Kazakhstan entre passé et future partie 1 et partie 2

L’UNESCO a exprimé sa surprise concernant la construction d’une route passant à travers le site, endommageant irrémédiablement l’endroit, alors qu’une note envoyée au mois de mai demandait expressément l’annulation du projet. L’UNESCO exige un compte rendu officiel des dommages infligés à Talhiz avant la fin du mois d’octobre, alors que la visite d’une équipe internationale d’experts prévue en novembre.

Une responsabilité diluée

Les autorités locales sont paralysées par l’absence d’une structure claire concernant la préservation du patrimoine : il est en effet difficile de savoir qui est véritablement en charge de ce sujet. Le ministre de la Culture et des Sports, Aristanbek Mukhamediuli, avait nié fin septembre les informations de certains médias concernant la reprise des travaux de construction en rappelant l’engagement du Kazakhstan à préserver son patrimoine historique.

La décision de poursuivre les travaux aurait été prise suite aux conclusions de l’organisation privée Kazakhkeologya, d’après le ministère de la Culture et des Sports interrogé par le journal Today.kz. La société, en charge de la gestion archéologique du site, aurait annoncé que l’absence de vestiges justifiait la construction de la route. Le principal argument en faveur du projet est l’impératif de relier Almaty et la station de ski d’Akbulak avant le début de l’Universiade d’hiver, compétition étudiante internationale qui sera hébergée par le Kazakhstan en janvier-février 2017. Cependant, le ministère a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’une raison valable pour l’endommagement du site de Talgar.

Le ministère de la Culture a bien envoyé plusieurs messages à l’akimat (gouvernement local) de la région d’Almaty pour tenter d’imposer un moratoire sur les travaux de construction, visiblement sans succès. Cependant, la reprise des travaux a forcément été agréée à un niveau officiel, et personne n’en assume la responsabilité.  Une certaine schizophrénie de l’administration kazakhe aurait donc conduit à cette situation où, faute d’une autorité compétente clairement identifiée, la situation aurait échappé au contrôle de l’état.

Vers une exclusion de l’UNESCO ?

Quoi qu’il en soit, le type de note diplomatique reçue par l’ambassadeur du Kazakhstan à Paris peut être l’annonce d’une exclusion des sites kazakhs de la liste du patrimoine mondial de l’Humanité. En effet, ce n’est pas la première fois que le Kazakhstan se fait reprendre par l’UNESCO. La construction d’un hôtel à côté du mausolée du soufi Khoja Ahmed Yasawi dans la ville de Turkestan avait déjà fait polémique, la réponse du ministère de la Culture et des Sports kazakh ayant été qu’il s’agissait d’une initiative privée et que l’akimat de Turkestan n’y était pour rien.

Mechtild Rosslare, qui dirige la section Europe et Amérique du nord du centre de l’UNESCO pour l’héritage mondial a par ailleurs rappelé que le Kazakhstan, en acceptant la Convention de l’organisation en 1994, s’était engagé à respecter un certain nombre de règles de préservation du patrimoine. De ce fait, le pays se devait d’arrêter la construction de la route. Le Kazakhstan est également membre duComité du patrimoine mondial pour la période 2013-2017. Le comité, constitué de 21 membres élus par l’Assemblée générale de l’UNESCO, est renouvelé à moitié tous les deux ans.

Ce n’est pas la première fois qu’un pays centre-asiatique est mis en cause pour mauvaise préservation de son patrimoine. L’Ouzbékistan est souvent cité, alors que le tourisme de masse conduit le gouvernement à des aménagements massifs dans les sites les plus visités, au prix de nombreuses défigurations. Dernier exemple en date, la ville de Shakhrizyabz, inscrite le 10 juillet sur la liste des sites en péril.

Lire aussi sur Novastan : Shakhrisyabz, patrimoine ouzbek en péril

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Publié par le octobre 19, 2016 dans Uncategorized

 

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