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Y a-t-il politiquement une quelconque perspective ? Le que faire reste à l’ordre du jour…

16 Oct

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Un état des lieux s’impose et il témoigne d’une dégradation qui ne cesse de s’accélérer non seulement pour l’immense majorité de la population mondiale, mais y compris dans les pays considérés comme nantis, les menaces de guerre. Est-ce que les choix « démocratiques » apportent la moindre réponse? La surdité, le refus d’entendre les protestations et les repliements identitaires de la guerre de tous contre tous paraissent la toile de fond. il y a un côté caricatural dans le fascisme que nous craignons, les déguisements de hier, ce qui nous empêche peut-être de voir son actualité réelle. Le fascisme n’est pas un constat de force pour la classe dominante, c’est un recours nécessaire quand elle n’arrive plus à imposer ses intérêts sous des formes démocratiques, c’est l’acceptation d’une tyrannie pour défendre des intérêts de classe menacés.

La manière dont les élection, le procédé démocratique par excellence avec la séparation des pouvoirs, n’apparaissent plus s’une manière  de bafouer les exigences populaires, une manipulation qui ne représente plus qu’un déni de leur réalité pour un nombre croissant de gens.

les élections présidentielles américaines se déroulent entre un fou échappé du Klu klux Klan et une va-t-en guerre complètement corrompue et de la pire des corruptions, celle qui lie son sort aux « maîtres de la guerre », marchands d’armes, spéculateurs en tous genre alors que le masque de l’avidité tire les traits dans un sourire de surface,  les eaux glacées du calcul égoïste. Les deux appartenant au même milieu, défendant de fait les mêmes intérêts et grugeant leurs partisans qui ne tiennent plus que par la haine de l’autre.

Poutine qui est un homme d’Etat l’a parfaitement compris et tente de créer durant ce temps une situation irreversible pour endiguer Clinton, le vainqueur probable.Et ce avec l’accord plus ou moins manifeste d’un grand nombre de chefs d’Etat, à commencer par la Chine.Il le fait sans état d’âme, ce qui ne lui nuit pas au contraire. Parce que ceux qui voient dans la démocratie une quelconque issue perdent de plus en plus leur crédibilité, chacun sent bien que le besoin de sécurité, celui qui fonde la société a besoin d’être garanti. D’où avec le repli, le souhait d’un pouvoir fort auquel le capital offre le fascisme.

Les élections françaises, la perspective n’est guère plus favorable, entre marine Le pen et Juppé que l’on nous présente comme un moindre mal mais qui nous annonce la politique de droite la plus impitoyable qui se puisse imaginer, il n’y a rien si ce n’est la peur du pire. je ne parle même pas de sarkozy. Les candidats de gauche, la débâcle socialiste, les jeux de bac à sable des écologistes et autres groupuscules,l’absence volontaire du parti communiste, ne permettent pas d’imaginer qu’à la sortie nous soyons en situation d’endiguer ce qui nous attend. Certes si l’on en reste au seul niveau des hommes, Melenchon a des positions au plan intérieur et surtout international qui paraissent les plus intéressantes, mais le véritable problème est ce qui restera de sa campagne en matière de forces de résistance: un parti communiste détruit, un nombre d’élus encore réduits et des individus désorganisés autour du grand leader bien aimé. Dans une certaine mesure Melenchon poursuit la stratégie de Mitterrand: détruire le PCF. Mais à sa décharge, il est vrai que la direction de ce parti lui aura grandement facilité la tâche avec ce congrès inutile. Et encore aujourd’hui ils jouent la montre pour rendre toute candidature inutile. Tout cela est absurde parce qu’il aurait fallu consacrer ce temps à construire une force politique en état d’affronter celui ou celle qui sera élu et sa politique. Melenchon est un excellent tribun mais il ne sait pas ce qu’est un parti et ça ne l’intéresse pas.

Pourtant  la perspective de cette mondialisation  est encore plus sombre si l’on mesure que le principal danger vient de la fin de l’hégémonie des Etats-Unis et de ses alliés et de ce qu’ils sont prêts à faire pour la conserver. Le principal danger vient de la conjoncture qui fait du capital la force capable d’imposer ses intérêts à la planète, monstrueuses, inégalités,misère, destruction de l’environnement, bellicisme. Dans le même temps où le capital joue les cavalier de l’apocalypse son bras armé, son expression politique, les Etats-Unis n’ont jamais été aussi faibles et ne sont plus capables d’imposer l’idée d’un intérêt de la classe dominante au de la des concurrences déchaînées. Avoir au pouvoir un fou ou une va-t-en guerre en est la traduction,le signe de l’insigne faiblesse d’un tel pouvoir et donc de sa dangerosité.

D’où l’intérêt en ce qui me concerne pour la stratégie russo-chinoise qui se donne au moins pour objectif d’endiguer cette menace, de créer une situation qui en limite l’impact. Mais le fond demeure l’absence de frein aux appetits capitalistes, ce que nous voyons se profiler en france comme l’unique réponse à une situation explosive.

Dans un tel contexte, je ne crois pas que l’on puisse sortir de là avec une vision humaniste ou plutôt une vision qui se leurre sur les mesures nécessaires. Le véritable humanisme est celui qui limitera les dégêts pour la planète et pour l’immense majorité de la population.Il fut un temps où on a pu croire à une montée des peuples, amérique latine bolivarienne, printemps arabe, mais nous sommes dans une autre période dans laquelle le capital a choisi le fascisme sous de multiples formes, la destabilisation généralisée pour y faire face. Une fois de plus une stratégie proche de celle d’Allende a montré ses limites.

Ce qui est infligé aujourd’hui est d’une telle nature que cela produira à peu près sûrement de la violence pour y faire face. Construire la force capable d’affronter la barbarie nécessite une lucidité sur l’organisation nécessaire.

Il ne s’agit pas de mon point de vue personnel. Parfois j’ai été désignée comme stalinienne, à titre individuel c’est une erreur, ne serait-ce que parce que j’ai conscience d’être une victime désignée de ce qu’on appelle le stalinisme. Ma sympathie personnelle va vers les poètes, les anarchistes, ceux qui critiquent et entre Staline et moi, il y a mon cher Babel. Mais je suis un peu dans l’état d’esprit de mes amis des ex-pays socialistes qui ont découvert ce qu’était le capitalisme alors qu’ils avaient parfois cédé à ses sirènes. Ils dénoncent à la fois les absurdité bureaucratiques qui les ont conduit à s’engouffrer dans le Gorbatchévisme et dans le même temps, ils disent que le parti dont ils ont besoin pour affronter ce qu’est le capitalisme réel devra être encore beaucoup plus discipliné, beaucoup plus impitoyable que celui qu’ils connaissaient et qui s’est laissé détruire. La sympathie pour Poutine que l’on rencontre parfois, en particulier en ce qui concerne sa politique extérieure vient de là, alors même qu’ils haissent les oligarques qui l’entourent.

On ne peut pas répondre à la situation à partir de sympathies ou antipathies individuelles, quand il y a l’ouragan qui menace, la seule réponse demeure une organisation collective à la Cubaine et des gens capables de la base au sommet d’imposer une discipline. Ce qu’il va falloir construire mériterait toute notre attention, le diagnostic dans l’alerte, la prévention et la mise en oeuvre.Combien de temps faut-il au typhon d’un capitalisme sénile pour être affronté? . La question reste le « Que faire? Pour le moment tout ce que je vois va a contrario de cette exigence et je ne suis même plus assurée qu’il reste dans les structures héritée de la première expérience socialiste ce qui permettrait d’affronter la vieille alternative: socialisme ou barbarie et pourtant il n’y a rien d’autre. Le socialisme étant dans ce cas ce qui permet de substituer l’intérêt et la propriété collective à la « bête sauvage » des intérêts privés et individuels déchaînés, une nécessité pour la survie de l’espèce.

Danielle Bleitrach

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1 commentaire

Publié par le octobre 16, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Y a-t-il politiquement une quelconque perspective ? Le que faire reste à l’ordre du jour…

  1. Jeanne Labaigt

    octobre 16, 2016 at 6:58

    Formidable texte !

     

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