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Le Parlement kirghiz interdit le mariage islamique avec des mineurs

15 Oct

Prenons le large, la situation devient ici trop délétère, j’ai besoin d’aller ailleurs, en biblioth<que ou en voyage c’est pareil…

0Le mariage islamique remis en cause L’article ci-dessous qui présente les affrontements non seulement au sein du parlement mais au sein de la société montre sans doute en quoi les traces de l’Union Soviétique mais aussi celle profondément inégalitaire qui a surgi s’est appuyée sur des « traditions » et aussi une marchandisation des être humains. En lisant cet article  je ne peux m’empêcher de penser au magnifique film « le premier maître » qui raconte l’apparition sous la figure d’un maître d’école blochevique dans la société Kirghize de l’époque avec le poids des traditions entretenues par les Koulaks (propriétaires terriens). Pour ce que je sais de l’actuel Kirghistan, c’est une société dans laquelle les exigences démocratiques sont fortes et où des actuivistes refusent que soient bradés les acquis du socialisme (note de Danielle Bleitrach)

Le 5 octobre 2016, le Parlement du Kirghizstan était appelé à voter sur un projet de loi rendant pénalement responsable les personnes participant à la conclusion d’un Nikah (mariage selon la tradition juridique islamique) avec un mineur. Le sujet reste sensible au sein de la société kirghize comme l’on montré les vigoureux échanges entre les députés au moment du vote du texte.La rédaction de Novastan, sur la base d’une traduction d’un article paru sur Kloop.kg, relate les débats mouvementés autour de ce texte de loi controversé.

Le Parlement kirghiz interdit le mariage islamique avec des mineurs

Un projet de loi portant sur le mariage islamique avec des mineurs a été voté en troisième et dernière lecture le 5 octobre 2016. 60 parlementaires ont voté en faveur du texte et 48 se sont prononcés contre. Suite au vote, le texte a été transmis au Président en vue d’être promulgué. Au final, c’est bien le Président de la République kirghize qui prendra la décision quant à l’adoption définitive du projet.

Le texte adopté prévoit que la responsabilité pénale des parents et des imams qui participeraient à l’organisation d’un mariage impliquant des mineurs soit engagée. Ainsi, un homme se mariant avec une fille âgée de moins de 18 ans, ses parents, la fille en question, les parents de cette dernière et l’imam ayant célébré le mariage risquent chacun une peine allant de 3 à 5 ans de prison.

Le projet de loi précise également que les jeunes mariés doivent d’abord enregistrer leur mariage auprès du ZAGS (bureau d’enregistrement, équivalent du service d’état civil dans l’ex-URSS). Ce n’est qu’après avoir effectué cette démarche que la possibilité est donnée de procéder au mariage religieux selon la tradition islamique.

L’adoption du projet s’est accompagnée d’importants débats au Parlement. Les débats ont notamment porté sur l’utilité d’une telle loi. Certains députés ont tout simplement rejeté la proposition de loi en affirmant qu’elle serait inutile.

Ce fut notamment le cas du député du parti Bir-Bol, Akylbek Japarov, qui a fait remarquer que le projet de loi viserait la liquidation des valeurs familiales et nationales du peuple kirghize.  « Si nous interdisons nos mariages religieux, alors quelles valeurs nous reste-t-il ? Déménageons tous en Russie, tant qu’à faire », a-t-il notamment lancé au cours du débat.

Le député du parti nationaliste conservateur Respublika – Ata-Jourt, Nourgazy Nichanov, a affirmé qu’il ne faudrait pas seulement rendre pénalement responsables les imams, mais aussi les représentants d’autres religions.

Selon les mots de Dastan Bekechev, député du SDPK (Parti social-démocrate du Kirghizistan), un flou demeure sur les moyens d’établir l’illégalité d’un Nikah. Il a donc proposé que l’imam délivre une attestation après la célébration d’un mariage. « Sinon, comment prouver juridiquement qu’un mariage a bien eu lieu ? », s’est-il interrogé.

En réponse à cette interrogation, l’initiatrice de la proposition de loi, la députée du parti Ata-Meken(parti membre de la coalition gouvernementale avec le SDPK), Aïda Salianova a fait remarquer que les mariages se feraient en présence de témoins qui pourraient être interrogés.

Rappelant qu’il n’est en rien opposé à l’initiative, le député Bekechev a répondu que les témoins et suspects ne feraient sans doute pas de dépositions contre eux-mêmes. Salianova a alors expliqué que l’Autorité suprême des Musulmans du Kirghizistan (ou Muftiate) a activement participé à l’élaboration du projet et qu’ils se sont engagés à émettre une fatwa sur l’organisation du Nikah. « De plus, ils auront un registre spécifique pour enregistrer tous les mariages conclus. », a précisé Salianova.

Enfin, certains députés ont affirmé que les religieux ainsi que les parents ne devraient pas être pénalement responsables en cas de conclusion d’un mariage avec des mineurs.

C’est alors qu’une députée du parti Ata-Meken, Nataliya Nikitenko, a témoigné du fait que les centres d’assistance et de réhabilitation pour les jeunes filles ayant subi un mariage forcé sont actuellement débordés. « Appelons les choses par leur nom et ne nous cachons pas derrière de jolis mots sur les traditions et les coutumes ! Notre législation dit que, en dessous de 18 ans, on est encore un enfant et que le mariage à cet âge-là ainsi que d’autres actes comparables relèvent de la pédophilie. Je demande aux hommes de cette assemblée de penser à leurs filles au moment du vote. Si vous êtes, vous, capables de les protéger contre un mariage forcé, d’autres familles pauvres dans notre pays ne le peuvent pas ! », a-t-elle clamé.

Avant le vote final du 5 octobre, le Parlement avait rejeté ce projet de loi en deuxième lecture. Ce vote avait alors suscité l’indignation de certains activistes. À titre d’exemple, le blogueur kirghiz Danyar Aïtman avait traité ouvertement les députés kirghiz de pédophiles. Et, le 30 mai 2016, les personnels des centres de réhabilitation s’étaient rassemblés pour un meeting devant le Parlement kirghiz.

Pour certains représentants de la société civile, le projet n’est toutefois pas encore assez abouti. De leur point de vue, le code pénal du Kirghizstan inclut déjà des dispositions condamnant les relations avec des mineurs. Et beaucoup doutent de l’efficacité d’une telle loi qui a dévoilé au grand jour les divisions au sein du Parlement kirghiz, reflétant ainsi les fractures au sein de la société kirghize elle-même.

Article d’Anna Kapouchenko traduit du russe par Dimitri Rechov pour Novastan

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Publié par le octobre 15, 2016 dans Uncategorized

 

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