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Le Prince face à l’accumulation structurelle du capital

14 Oct

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AVERTISSEMENT: Ce texte a été écrit en réponse à la remarque de Jeanne sur ce blog concernant les communistes en Russie, leur affaiblissement. Mais aussi en relation avec la crise du pouvoir politique en occident telle que nous la constatons dans les diverses élections, Caractère caricatural des prétendants, rôle de propagande des médias et montée de l’extrême droite en sont les traits distinctifs. Quant aue prince, auquel il est fait référence  c’est celui de Machiavel, le condottiere italien, à la César Borgia, qui face à la décomposition féodale fonde un Etat. Mais c’est aussi  pour Gramsci le parti communiste appelé à fonder le socialisme dans la décomposition du capitalisme et face au fascisme qui menace . D’où l’illustration choisie, celle  des nuits blanches du facteur ci-dessus:, et là se pose la question du pouvoir et du peuple dans l’ex-Union soviétique.  Que reste-t-il de ce peuple soviétique à l’infini patience ?  Que reste-t-il de nous et de la révolution française?

L’étonnement devant l’éléction présidentielle aux etats-Unis, l’idée que celle-ci se joue désormais entre un fou et une va-t-en guerre comme le dit Olivier Stone, nous incite à une réflexion sur l’état de décomposition de l’empire américain et de l’occident.. Surtout si l’on contemple au même moment la situation des présidentielles française, Qu’est-ce que le pouvoir, la relation au peuple, la démocratie?

Partons de  l’évolution de  l’Etat aujourd’hui. Comment sont remises en cause ses fonctions de prevoyance, son service public, celui du bien être de tous et ce au profit des fonctions de répression et de guerre. est-ce que cela ne serait pas dans la décomposition de l’Etat tendant à redevenir  avant tout cette machine à faire la guerre que la crise du personnel étatique apparaîtrait dans toute sa crudité.?

Sous l’influence des luttes du mouvement ouvrier et de l’apparition de l’Union Soviétique et d’autres Etats socialistes, il y a eu une modification essentielle de la nature de l’Etat. Socialisme et sociel démocratie sont allées de pair. Les créations d’intérêt général de la seconde n’ont pas résisté à la fin de l’Union soviétique, le capital n’avait plus aucune raison de lâcher du lest. En outre il faut mesurer que la fin de l’union soviétique et avec elle la perte de conscience de l’existence d’une alternative est intervenue dans un moment spécifique de l’évolution du mode de production capitaliste, celui d’une crise structurelle de l’accumulation. Dans une crise d’accumulation, mais aussi une révolution scientifique et technique de grande ampleur. Fidel Castro dans un article récent parlait d’une médaille d’or pour les chercheurs et d’une médaille de boue pour les politiques, celle des « amitres du monde » symbolisé par l’affrontement Clinton- Trump.

Dans ce contexte qui est celui de la contradiction de plus en plus forte entre forces productives (sciences techniques, niveau de développement humain) et les rapports de productions, une tension marquée par l’accroissement de formidables inégalités et surtout la capacité humaine à l’auto-destruction totale , il n’y a rien d’étonnant à la confusion et au désarroi des classes exploitées comme  des peuples opprimés. Parce que le capital est encore en mesure d’orienter à son unique profit le formidable essor scientifique et technique et d’en faire le meilleur argument pour son exploitation. Il s’agit d’une contradiction structurelle mais qui s’exprime dans toutes les formes d’organisation de la division du travail et toutes les institutions et instances démocratiques existantes.

les faits sont là, le capital n’a plus à composer avec ceux qu’il opprime et la fiction politique du bon gouvernement démocratique s’effondre. Toute l’architecture traditionnelle de la production est bouleversée, une masse de travailleurs deviennent « les invalides du capital » et les autres sont voués à la logique de la surexploitation, fragmentés par une nouvelle organisation du travail autant que par les conditions défavorables de la vente et de l’achat de la force de travail. La lutte est rendue difficile parce qu’elle ne peut plus s’appuyer sur les poles de résistance habituels.

La dictature d’un capital se présente sous des formes de plus en plus grotesques, irresponsabilité, démagogie, et bellicisme, qui ne sont que l’expression des intérêts privés déchaînés à tous les niveaux.C’est le moment où dans nos démocraties qui font eau de toutes parts nous imposée une propagande de guerre qui peint l’adversaire désigné sous les traits d’un nouvel Hitler. Cette représentation dans le cas de Poutine ne correspond en rien à ce qui se joue en Russie et dans les pays opprimés, vaincus, pourtant elle permet de développer au plus haut niveau l’accumulation dans le domaine militaire et d’autres sources comme l’énergie, la drogue, la criminalité en général.

Nous ne pouvons plus avoir confiance en aucune information, à aucun désintéressement, ce qui favorise une paranoïa généralisée et contribue  à transformer la critique en panique impuissante. Paradoxalement nous sommes de plus en plus crédules pour toutes ce qui nous même à une hostilité généralisée et de moins en moins en capaicité  de construire une organisation, une stratégie collective. Crédules au point d’avaler toutes les propagandes sur l’étranger et notre premier travail devrait être de douter de tout ce qui est destiné à créer l’hostilité.

Nous sommes effectivement sur le plan politique aussi confrontés à ce qui a existé jadis dans une période historique comparable, celle de la renaissance à ce que peut être un bon ou un mauvais gouvernement. Une relecture de Machiavel peut être intéressante parce qu’elle pose des questions de fond sur la relation entre gouvernant et gouvernés, peuple, intérêt général, droit à l’insurrection, etc. Surtout cela nous permet de faire un bilan que je ne cesse d’appeler de mes voeux sur la nature de l’expérience socialiste par rapport à la crise actuelle. Bilan social, mais aussi politique parce que notre époque exige une transformation fondamentale et l’intervention populaire organisée..

De la démocratie à la cruauté du prince

De ce point de vue la référence des qualités (qui peuvent être des vices comme la cruauté d’un César Borgia ou d’un hannibal) reste Machiavel. Ce dernier ne se contente pas d’être machiavélique selon le sens commun mais c’est un républicain qui aspire à un peuple souverain capable de fonder la cité sur son droit à l’insurrection. Le prince, comme l’a très bien perçu Gramsci est l’émanation d’un collectif, il en est l’essence. Ainsi les Russes qui sont volontiers vécus sous nos climats comme des masochistes, aspirant au knout, en fait ne font que repecter un principe mis en avant par le florentin: le prince par sa cruauté les protège de l’avidité des nobles ou boyards qui font bien plus de dégâts qu’un seul dirigeant.

Cette tentation d’un pouvoir fort, voir de sa personnalisation est fondamentale dans la période de fragmentation, de déconstruction qui est celle que nous vivons. Répéter qu’il faut de la démocratie se heurte à la réalité des faits. Par exemple au niveau international, l’idéologie de la démocratie et des droits de l’homme, la dénonciation des tyrans a servi à une remise en cause du fondement même du droit international, la souveraineté des nations et a autorisé le pillage, une misère et un drame vécu par l’immense majorité des populations. Mais cet exemple de la mise à mal d’un ordre international correspond à ce qui s’est passé dans bien des pays où le désordre libéral a conduit à une dégradation des conditions de la majorité.le tout assorti d’un cirque électoral où le pouvoir de l’argent accompagne les pires excès.

L’idée de ce que à quoi on peut aboutir par élection est de plus en plus mise en cause .En particulier dans les ex- pays socialistes et en Russie où l’on n’est pas loin de penser ce qu’exprimait Machiavel à propos d’un pouvoir fondateur d’Etat.

« César Borgia fut estimé cruel: toutefois sa cruauté a réformé toute la Romagne, l’a unie et réduite à la paix et fidélité(…) le Prince , donc, ne se doit point soucier d’avoir le mauvais renom de cruauté pour tenir tous ses sujets en union et obéissance, car faisant bien peu d’exemples, il sera plus pitoyable que ceux qui, par être trop misérécordieux, laissent se poursuivre les désordres, desquels naissent meurtres et rapines; car ceci nuit ordinairement à la généralité, mais les exécutions qui viennent du Prince ne nuisent qu’à un particulier » ( Machiavel, le Prince. oeuvres complètes. La pléïade. p. 338)

machiavel insiste sur le fait que c’est « le Prince nouveau », celui qui fonde un Etat qui ne peut pas éviter le nom de cruel parce que dans les nouveaux Etats les périls sont nombreux.Cependant il souligne que cette cruauté fait des exemples, en général chez les puissants, doit correspondre aux yeux de tous à un intérêt général. L’affaire mérite d’être fouillée, mais il est possible à la lumière de cet éclairage de mieux comprendre la popularité dont jouit quelqu’un comme Staline en Russie et le désaveu majoritaire de la démocratie. Il ne s’agit pas d’un masochisme populaire lié à dieu seul quelque traits de l’âme russe qui serait plutôt caricaturalement éprise de liberté, mais bien de la manière dont ces peuples ont eu des expériences historiques de ce que peut être l’Etat. Il y a bien sûr le caractère despotique de la monarchie tsariste, mais il y a aussi et surtout l’expérience répétée des periodes de désordre et du déchaînement sur cet immense territoire des appétits privés de petits dictateurs sans foi ni loi, l’idée que seul un pouvoir fort centralisé peut mettre fin à cette « bête sauvage » des intérêts sans frein. La rapacité des oligarques, sous couvert de démocratie, a succédé partout à l’Union Soviétique et leur pillage a été orchestré par l’occident. Il s’agit d’un drame pour la Russie mais aussi pour d’autres peuples de l’aire des ex-pays socialistes.

Gorbatchev qui a ouvert la boite de pandore est universellement haÏ et ce dont souffre le parti communiste c’est non seulement de n’avoir pas d’hommes à la hauteur de la situation tout en étant soumis à une répression latente c’est d’avoir été ceux qui ont produit des Gorbatchev et des Eltsine. Ils entretiennent la flamme de ce qu’a été l’Union soviétique mais visiblement cela ne suffit plus.

Poutine lui a eu l’intelligence de se couler dans le moule, de reprendre l’hymne soviétique en changeant les paroles, comme il reprenait l’épopée de la deuxième guerre mondiale. Les libéraux, proches de l’occident, jouent une partition anticommuniste, ils ne cessent d’intervenir dans les médias pour dénoncer les crimes du communisme comme cela est fait en occident. Poutine lui se garde bien d’une telle attitude, il laisse à ces gens déjà très minoritaires le soin de diffuser le thème de la destruction de l’expérience soviétique par les communistes eux-mêmes, ce qui lui permet d’en recueillir l’héritage au profit de son pouvoir qui repose sur l’oligarchie, sur une économie de rente, mais tout en mettant « de l’ordre » dans les appétits.

Il faut mesurer que cette expérience de la démocratie imposée par l’empire y compris dans les modes de vie, la négation de civilisations entières et les formidables inégalités engendrées, les guerres, crée les conditions dans la p^ériode d’accumulation qui est la notre de la montée des fascismes. Quoiqu’on en dise ici, la Russie de Poutine n’est pas loin de là un régime fasciste. Mais incontestablement un système autoritaire devenu un moindre mal.

La crainte mais pas la haine, rapport avec l’intérêt général

Là il n’existe pas d’autre méthode que celle de la force étayée par la peur du chatiment. Il faut être craint dit Machiavel mais n’être point haÏ. Quand le profit devient le nerf unique d’une société en proie au pillage généralisé cela développe une personnalité de base qui ,ne supporte plus la moindre frustration : ils sont dit encore Machiavel qui y voit là un trait permanent: ingrats, changeants, dissimulés, ennemis du danger, avide de gagner » le prince ne doit pas se fonder sur leur parole.

Le piètre Hollande nous confie sa propension à aimer les gens (tout autant qu’ils ne sont pas « sans dents »=, à leur faire confiance, surtout sans doute s’ils le flattent et rient à ses plaisanteries- ce qui n’est que niaiserie. Parce qu’est en train de disparaître ce qui justement permet d’être craint sans n’être point haÏ; s’abstenir de paraître poursuivre son intérêt individuel dans l’exercice de la cruauté et respecter une matière d’intérêt général qui assure la sécurité de tous. Entre l’égotisme insignifiant de Hollande et l’avidité de Sarkozy, la caricature d’autorité de Valls il est clair que l’idée d’intérêt général qui justifierait l’arbitraire subi par le peuple dans sa vie quotidienne disparaît.

Par rapport à eux Poutine paraît un homme d’Etat qui de surcroit s’intéresse un minimum aux destinées de son pays. C’est une évidence difficilement niable et il n’a aucun mal à être ainsi.

Que dire du dernier avatar de Hollande,la publication d’un livre irresponsables de confidences à des journalistes à la veille d’une élection? ,Il est vrai que c’est de l’ordre du  suicide public, mais à l’inverse de ses thuriféraires des médias qui, comme Serge Raffy dans le Nouvel Observateur, s’ébaudissent sur »l’âme noire, l’acte manqué d’un président », bref tentent de défendre l’idée – déjà vendue tant de fois à propos du médiocre François Mitterrand- celle des génies maudits de la politique… A force de planer dans le séjour des brouillards, de voir les gens rire de ses plaisanteries stupides, il a perdu pied, c’est évident. Mais ceux qui ne cessent de confondre stratégie et tactique de congrès socialistes ne font que les entretenir dans leur vanité. C’est pour cela qu’il passait un tiers de son temps avec les journalistes ils s’entendaient les uns et les autres sur le sentiment de tout savoir, sur le cynisme de l’exercice de leur petit pouvoir. Il ne s’agit pas d’un lapsus, d’un acte manqué sur soixante heures d’ entretiens, mais bien d’une complicité entre bas esprits. Comme ils sont au niveau de ces gens-là et font partie du même sérail, ils s’exclament, tels Madame Verdurin mimant des vapeurs à l’écoute d’une sonate: « Tout cela est si puissant, si extraordinaire, si sublime que je défaille devant celui qui renonce ». Comme DSK au Sofitel ajoutent-ils… Ce qu’ils tentent de nous faire gober c’est l’infinie médiocrité de ces gens-là, le mépris du peuple qui leur tien lieu de légitimité, leur égotisme qui leur fait considérer que chacune de leur pensée minable peut être cosignée pour l’Histoire.Oui il y a du paul deschanel dans cet acte là… On retrouve hagard en pyjama le président dans une gare où s’est arrêté le train… Mais il n’est même pas fou, il est comme les autres, il a perdu pied au point de se raconter que la loi khomery est une loi sociale… le reste suit…

Alors oui face à cela Poutine parait d’une autre trempe, ce qui est également interprété comme le signe de son aspiration à la dictature. Toujours l’ambiguité du prince. parce que de tels propos évitent de poser ce qui le caractérise y compris chez Machiavel: son rapport à un peuple, la souveraineté d’une nation. .

En ce qui concerne Poutine, là encore il faudrait être en mesure de prendre plus de distance pour étudier ce que l’Union soviétique a laissé comme traces et aspirations chez les peuples. Nous avons l’expérience de la postérité de la Révolution française sur notre propre modèle républicain et ce qui est frappant chez les peuples qui ont vécu cette courte expérience socialiste c’est le sentiment non seulement d’avoir perdu des droits sociaux, mais aussi la conscience que le système socialiste a donné  naissance  à une nation, ce fut une épopée qui les a introduit dans la modernité.

Qu’adviendra-t-il de l’expérience socialiste ? , .

Marianne me disait en riant que dans la récente tension avec l’occident, les Etats-Unis et la france, les discours de Poutine tendent à calmer le jeu. Premièrement il se contente de profiter de la période troublée des présidentielles aux Etats-8Unis pour avancer ses pions alors même que tout est bloqué par les contraintes stupides apparemment de la désignation du futur dirigeant, il crée une situation dans laquelle le nouveau leader sera empêtré. Lui n’a pas à ternir compte de cela puisqu’il a un peuple qui le suit et des élections encore lointaine et la dernière à la Douma lui ayant offert une chambre « introuvable »Son rôle est alors plutôt de créer les conditions de l’unité et effectivement l’attitude des dirigeants occidentaux l’ont aidé. Pourtant s’il cherche à calmer le jeu c’est parce que le peuple russe poursuit Marianne est quasiment en crise mystique, une fois de plus pour des raisons incompréhensibles l’occident veut leur faire la guerre et ils se sentent prêts au martyre. Elle ajoute que quand les Russes sont dans cet état là, ils ne font plus rien et sont en proie à la fatalité apocalyptique. Sur ce point je vous renvoie à l’excellente démonstration du parti communiste de la fédération de Russie expliquant que pour conserver son indépendance nationale, il faut renforcer son économie, diversifier l’industrie et donc arrêter de se soumettre aux intérêts monopolistes d’une économie de rente.

On retrouve la manière dont Gramsci fait du parti communiste le Prince de notre temps, celui de l’impérialisme avec ses concurrences intermonopilistes dans le partage du monde. Parfois j’entends dire en France que la seule garantie de la dimension de classe de ce parti serait d’avoir des dirigeants issus de la classe ouvrière. Ce n’est pas négligeable, mais on vous rétorquera que ni Marx, Engels, Lénine, Fidel Castro et d’autres comme Staline lui-même ne sont des ouvriers mais bien des intellectuels. L’appartenance de classe de la direction se définit par rapport à un parti et ses objectifs collectifs, son organisation, sa formation, le seul capable de faire face à l’Etat des monopoles dans lequel a dégénéré l’Etat bourgeois à ce stade structurel de l’accumulation capitaliste. Il faudrait développer longuement toujours à partir de Machiavel, ce qui est une condition de l’exercice du pouvoir, le refus d’exhiber l’intimité, la familiarité et dans le même temps le lien avec la classe ouvrière, les exploités. Est-ce qu’il existe autre chose capable de donner cette force à un pouvoir révolutionnaire? Le dirigeant révolutionnaire serait donc pas celui dont les origines sont ouvrières mais celui qui a à coeur de favoriser le pouvoir, l’hégémonie de la classe ouvrière, essentiellement grâce à un parti qui selon l’expression consacrée fait que cette classe passe de « l’en-soi au pour soi ». L’intellectuel, toujours selon l’expression de Gramsci est alors « organique » et pour cela un parti est essentiel.Les dirigeants communistes qui, comme Gorbatchev, ont trahi cette mission peuvent être ouvriers, ils n’en sont pas moins indignes de la confiance des masses, d’où le traumatisme de la société ex_soviétique mais pas seulement… C’est très dur à surmonter…

Nous sommes en Russie, le pays d’où est partie la révolution socialiste du siècle dernier devant une situation trés complexe mais que l’on retrouve à des degrés divers dans tous les pays qui ont connu cette expérience. Simplement ce qui demeure de totalement original en Russie est la manière dont politique, voir matérialisme historique paraît toujours nimbé de métaphysique, comme dans le cinéma soviétique. je plaide, comme Poutine, pour une monde où l’on prendrait le temps de respecter les civilisations au lieu de leur imposer nos moeurs éternellement colonialistes.Après la horde sauvage capitaliste, dans le fond la principale base de l’adhésion à Poutine est la restauration de la dignité nationale bafouée après la fin de l’URSS. Ca et le bourrage des urnes, il ne faut pas rêver;..

Le recours à l’extrême droite dans les ex-pays socialistes européens est le produit de  la faillite de l’exportation d’une démocratie qui refuse d’intégrer ce qu’a été l’expérience socialiste et qui la diabolise pour mieux légitimer le pillage et le bellcisme actuel. Intégrer une révolution comme l’ont fait à leur manière les Etats-Unis et la France pour fonder leur république est difficile, c’est un processus qui est passé par de nombreux conflits internes. ce fascisme là est le résultat de l’imposition d’un modèle et de nsur qui le capitalisme et l’OTAN on pu imposer leur avancée.

Incontestablement la phase actuelle d’accumulation strcturelle du capital telle que nous l’avons définie au début de cet article constitue une matière de frein à toute tentative de mettre en cause la domination capitaliste et les solutions autoritaires paraissent les plus adaptées à la désorganisation généralisées autant qu’à la violence de ce que subissent les peuples. Leur faire oublier l’apport de l’expérience socialiste, la criminaliser au lieu d’intégrer ce moment historique dans leur propre devenir n’a qu’un objectif, ne pas remettre en cause le pouvoir des monopoles financiarisés et leur manière d’imposer une logique destructrice à l’humanité.

C’est ce difficile équilibre entre libéralisme, renforcement des inégalités, richesses insolentes et la naissance d’une nation sous les forceps socialistes que quelqu’un comme Poutine semble vouloir créer, mais c’est un homme seul qui à ce titre aura bien du mal à résister à toutes les tensions.

Nos élites « démocratiques » laissent se poursuivre les désordres, les amplifient même par leur incompétence, voir comme aux Etats Unis leur dangerosité manifeste. Et quand comme cela s’est passé en France avec la loi sur le code du travail, ils décident de violer l’opinion commune et donc de développer le sentiment de tyrannie au coeur même des procédures démocratique. Cela se combine avec une tolérance pour les nantis, les élites qui tel macron ne demandent qu’à trahir, donc la vision d’une faiblesse caractérisée, alors c’est effectivement toute la légitimité d’un pouvoir qui est en cause. la cruauté exercée à l’égard des Goodyear et d’autres syndicalistes défendant leur emploi tranche avec la faiblesse que l’on pratique à l’égard de petites féodalités, ministres indignes, journalistes bavards et irresponsables singes de la vassalité à l’égard des puissants et du mur d’argent.

Peut-être faut-il terminer par ce conte hassidique. un riche voit dans une synagogue un pauvre prier dans une grande exaltation. Impressionné il lui demande « Qui êtes-vous, le bedeau de cette synagogue? . Je suis infiniment plus que cela lui répond l’homme. Alors vous êtes le rabbin? je suis infiniment plus que ça… le riche multiplie les références et à la fin excédé lui dit: alors vous êtes Dieu ? et l’autre continue « je suis infiniment plus!  Mais il n’y a rien au-dessus de Dieu, il n’y a rien! C’est ça je ne suis rien!

Il fut un temps où la conscience existait que le rien organisé était le prince.

Danielle Bleitrach

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1 commentaire

Publié par le octobre 14, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Le Prince face à l’accumulation structurelle du capital

  1. Krystyna Hawrot

    octobre 16, 2016 at 12:52

    Moi j’ai adoré la réponse subtile et tout en ironie et sollicitude de Poutine (par la bouche Dimitri Peskov) qu’il retrouvera le président Français « quand celui ci sera à l’aise pour le recevoir ». Il y a tout dans cette phrase… surtout la reconnaissance que la France n’est pas indépendante, mais que quand le peuple française se sera repris en main, alors la Russie est prête à reprendre les relations… Les Européens ont une mémoire bien courte, qui voit dans dans cette expression une marque de « dureté ». Au contraire, elle permet à la France de sauver sa face humiliée! Il apparait que nous ne nous souvenons plus, dans notre déchéance, de ce que c’est que la véritable dureté: quand Chrouchtev ou Brejniev envoyaient paitre l’Occident, ils ne s’embarrassaient pas de formules onctueuses! Ils disaient « niet » tout court et allez vous faire f… C’est là que les Européens de l’Est, qui avons eu l’habitudes des Russes, nous mesurons que les Russes ont bien changé: leur diplomatie est surprenante de sagesse. Indiscutablement, la Russie a gagné une énorme maturité, dont nous ferions bien de nous inspirer pour changer ce pauvre monde et éviter la guerre de tous contre tous.

     

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