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Le Kazakhstan bientôt au capital d’Areva ?

11 Oct
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http://www.novastan.org/fr/kazakhstan/le-kazakhstan-bientot-au-capital-dareva/

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0Alors que l’Etat français cherche des investisseurs pour recapitaliser le géant du nucléaire Areva, en grande difficulté depuis plusieurs années, le Kazakhstan semble intéressé. Le pays centre-asiatique, détenteur de 12% des ressources mondiales d’uranium, est depuis les années 1990 un partenaire stratégique naturel de la société française.

Les Kazakhs au secours d’Areva ?

L’Etat français, actionnaire à 87% d’Areva, a annoncé en janvier une opération de recapitalisation du spécialiste français du nucléaire, alors que celui-ci connait depuis plusieurs années de grandes difficultés financières et techniques. Alors que la dette d’Areva en 2015 s’élevait à 6 milliards d’euros, la recapitalisation a été fixée à une hauteur de 5 milliards d’euros, dont 3 consacrés au recentrage des activités du groupe. Effectivement, alors qu’EDF reprendra la partie construction et entretien des centrales nucléaires, Areva doit désormais se focaliser sur le cycle du combustible, de l’extraction à la conversion. L’Etat français contribuerait à hauteur de 2 milliards afin de rester actionnaire majoritaire, le reste sera apporté par d’autres investisseurs.

L’agence BFM Business a annoncé le vendredi 7 octobre que l’entreprise Kazatomprom, premier producteur mondial d’uranium et propriété à 100% de l’Etat kazakh, chercherait à rentrer au capital d’Areva, la société française spécialiste du nucléaire. Une délégation de Kazatomprom s’est en effet rendue à Paris pour rencontrer des représentants d’Areva et de l’Etat français. L’officialisation de la démarche pourrait avoir lieu le 22 octobre, jour d’ouverture de la sélection des investisseurs qui participeront à la recapitalisation du groupe français.

Areva n’a pas fait de commentaires pour le moment, mais une porte-parole du ministère de l’industrie, citée par l’agence Reuters, a souhaité calmer les esprits en déclarant que « Areva discute avec les Kazakhs, comme il discute avec tous les investisseurs qui lui font part de marques d’intérêt ». Il serait donc prématuré de tirer une conclusion trop hâtive. Des discussions sont ainsi également engagées avec les opérateurs CNNC et Mitsubishi Heavy Industry (MHI), respectivement chinois et japonais.

Areva et Kazatomprom, un partenariat qui dure

C’est Areva elle-même qui pousserait l’Etat français à considérer sérieusement l’offre kazakhe. En effet, les gisements du Kazakhstan sont parmi ses plus profitables, et la participation de Kazatomprom à l’opération de recapitalisation permettrait de sécuriser ces gisements. Les liens entre le Kazakhstan et Areva ne sont d’ailleurs pas un fait nouveau : l’entreprise française est associée depuis longtemps à Kazatomprom.

Dès 1996, les deux partenaires ont en effet tissé un partenariat fort via la création de la co-entrepriseKatco, qui exploite les gisements d’uranium des mines de Muyunkum et Tortkuduk au sud du Kazakhstan. Employant pas moins de 1200 salariés, Katco a produit 4109 tonnes d’uranium en 2015, en faisant le plus gros producteur mondial. Areva en est pour le moment l’actionnaire majoritaire avec 51% des parts mais, selon une source anonyme à Kazatomprom citée par le journal Capital, les discussions franco-kazakhes porteraient également sur le rachat de la part française.

Un partenariat renforcé signé en 2009 avait vu la création d’une seconde co-entreprise, IFASTAR. Celle-ci avait pour rôle de réaliser une étude de marché et une étude technique concernant la construction d’une nouvelle ligne de fabrication de combustible sur le site d’Ulba, exploité par Kazatomprom, puis la prise en charge de la commercialisation des produits une fois le projet achevé.

Les ambitions de Kazatomprom

Dès lors, la remise sur pied du groupe Areva est naturellement dans les intérêts stratégiques de Kazatomprom. Le Kazakhstan est le pays doté de la deuxième plus grande réserve d’uranium du monde derrière l’Australie, avec 12% des ressources mondiales. Depuis 2009, il s’agit du premier producteur mondial avec 29% de la production mondiale, une domination du marché qui n’a fait que s’accentuer puisque cette part est passée à 39% en 2015.

On comprend donc que l’uranium est un secteur hautement stratégique pour l’Etat kazakh, qui semble bien déterminé à poursuivre son expansion dans le domaine. Kazatomprom cherche ainsi à développer ses capacités d’exportation, principalement vers la Chine qui importe déjà 50% de la production du groupe. Pour ce faire, il lui faut encore améliorer ses compétences de conversion de l’uranium, domaine pour lequel l’expertise française est très précieuse.

L’Etat français se dit réticent à une participation de Kazatomprom à la recapitalisation d’Areva, comme le corrobore une source de BFM Business au ministère des Finances: « il est hors de question qu’ils participent aux instances de gouvernance et accèdent à de l’information trop sensible ». L’offre kazakhe ne manque néanmoins pas d’intérêt. En effet, un investissement à égalité avec celui  de CNNC et MHI permettrait de diluer la présence étrangère, selon les informations de BFM Business. Dans ce scénario, les trois actionnaires chinois, japonais et kazakhs ne seraient pas suffisamment en force pour siéger au conseil d’administration d’Areva. Cela laisserait une marge confortable à l’Etat français pour avoir, seul, un droit de regard sur les opérations stratégiques du groupe. Les actionnaires pourraient malgré tout toujours faire pression pour défendre leurs intérêts via le comité stratégique.

La décision de l’Etat français sera connue en janvier 2017.

 
1 commentaire

Publié par le octobre 11, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Le Kazakhstan bientôt au capital d’Areva ?

  1. Simine

    octobre 11, 2016 at 8:26

    Areva est une machine de spoliation des peuples, la participation à hauteur de 10% des gouvernements iraniens (shah et mollah) à l’Eurodif ne change rien dans ce fonctionnement. La preuve: Les gouvernements iraniens ont investi plusieurs centaines de milliards de dollars dans les installations nucléaires en passant par Areva tout en sachant pertinemment que la présence d’Israël dans la région rend impossible tout projet du développement nucléaire, la voie du Pakistan étant totalement impraticable également. En plus, on n’entend pas trop nos amis écolos sur ces sujets et sur les activités internationales d’Areva en général!!!

     

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