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L’Occident exhorte l’Ukraine à appliquer les accords de paix

10 Oct

 

Kiev ne va pas exécuter les termes des accords, qui ont été mis en avant par les Européens. L’article traduit par Marianne témoigne de la manière dont le gouvernement de Porochenko dans les faits et en utilisant les violences de l’extrême-droite refuse d’appliquer les accords de Minsk.Tandis qu’ici aussi l’épouvantail russe est agité, les alliés de l’occident mettent tout en oeuvre pour créer les conditions d’une guerre dans laquelle ils trouvent leur intérêt.  (note et traduction d’Histoire et société)

Anna Sedova

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Les effets des tirs de roquettes sur le territoire de la mine « Butovskaya », région de Donetsk (Photo: Mikhail Sokolov / TASS)

Le député ukrainien du « Bloc Petro Porochenko, » Mustafa Nayem a évoqué les conditions posées par l’Occident à Kiev sur la mise en œuvre des accords de Minsk. Les médias ont précédemment rapporté que les partenaires occidentaux de l’Ukraine sont devenus plus insistants pour réclamer au moins quelques progrès de la part des autorités de Kiev. Mais, comme l’a écrit Nayem dans son «Facebook», ce que l’on propose à l’Ukraine maintenant est un véritable «viol».

«Aujourd’hui, j’ai appris quelques-unes des conditions présentées à l’Ukraine pour avancer dans le cadre des accords de Minsk. Et pour être honnête, je suis un peu surpris par leur cynisme. Je le répète, ceci est juste quelques-uns des détails, mais assez pour comprendre dans quel piège dangereux nous pouvons nous retrouver « , – écrit Nayem.

Selon le député, l’Occident propose à Kiev de commencer à examiner et à adopter une loi sur les élections dans les «territoires occupés», ainsi que des amendements à la Constitution immédiatement après le retrait des forces militaires sur deux kilomètres. Les forces de l’armée ukrainienne doivent « se retirer » dans les casernes et l’équipement militaire être stocké dans un site spécialement protégé. Cependant il n’existe aucune mention dans le scénario proposé du « matériel militaire russe ». Au lieu de cela, il est proposé de désarmer le contingent existant dans le Donbass.

On ne sait pas pourquoi cela surprend Nayem, qui ne peut guère ignorer que la Russie n’est pas partie prenante des accords de Minsk, où d’ailleurs il n’est jamais question de « troupes russes ». Probablement, il s’agit d’un discours obligé vis-à-vis du public, à qui on a parlé pendant deux ans de « troupes terroristes russes» dans le Donbass.

Plus que tout Mustafa Nayem est outré du fait que dans le plan d’action proposé rien n’est dit sur le transfert du contrôle des frontières, ni aux forces ukrainiennes, ni même à la mission de l’OSCE. « La pression incessante sur l’Ukraine dans la question de la mise en œuvre de l’accord de Minsk dans sa forme actuelle est lourde de déstabilisation de la situation dans le pays, dont ni les Européens, ni les Américains n’imaginent les conséquences. Franchement, je suis surpris: nos partenaires ne voient pas, n’anticipent pas, ne comprennent pas le sentiment général, et il nous semble même parfois qu’ils prennent nos avertissements comme une exagération ou une métaphore « – écrit Nayem.

Selon toutes les apparences, les politiciens ukrainiens n’ont pas l’intention de remplir les exigences des partenaires occidentaux. Nayem dans son message a averti que toute tentative de voter pour la mise en œuvre de la partie politique des accords de Minsk au Parlement peut entraîner des « protestations, provocations, confrontations publiques » qui « délégitimeront le Parlement de l’Ukraine et le Président Petro Porochenko. »

« Il est temps soit de reconnaître l’échec des accords de Minsk par la faute de la Russie; soit de chercher une alternative. Dans le cas contraire, c’est un véritable viol, que nous ne sommes pas prêts à pardonner. Ni aujourd’hui, ni de toute l’histoire, « – conclut-il.

Rappelons que la secrétaire d’Etat adjointe Victoria Nuland a visité cette semaine Moscou, où elle a rencontré l’assistant du président russe Vladislav Sourkov et accepté d’ « intensifier la pression sur Kiev. » Il semble qu’un travail dans ce sens est vraiment en cours, mais les dirigeants ukrainiens continuent à faire tout leur possible pour saboter les instructions de leurs partenaires occidentaux. Le message de Nayem donne une idée de la tactique choisie par Kiev – retarder le processus à l’extrême, et ensuite blâmer les Russes pour l’échec des accords de Minsk.

Reste à savoir si de telles tactiques conviennent à leurs mentors occidentaux ou s’il s’agit d’une initiative de Kiev, qui ne serait pas à leur goût? Et si la deuxième option est vraie, l’UE et les États-Unis disposent-ils de leviers pour forcer Kiev à accepter le «viol par Minsk»?

– Tout d’ abord, il convient de noter que Mustafa Nayem dans son appel est franchement malhonnête, – dit Andrei Manoilo, membre du Conseil scientifique du Conseil de sécurité russe, docteur en sciences politiques.

– L’accord de Minsk a clairement indiqué une succession précise des actions à effectuer. Toutes les étapes à franchir – les amendements à la Constitution, l’adoption de la loi sur les élections et le vote lui-même – ne sont pas prévues en même temps, mais doivent êtrea ppliquées par la partie ukrainienne l’une après l’autre. Seulement après que Kiev aura rempli toutes les conditions, y compris l’échange de tous contre tous [les prisonniers], il prendra le contrôle de la frontière. Les autorités ukrainiennes croient qu’il faut d’abord leur donner toutes sortes d’avances, y compris le contrôle de la frontière, puis ils vont décider de procéder à leur part des accords, ou non. Par conséquent l’indignation de Nayem est de la pure démagogie, que nous entendons constamment de la bouche des politiciens et des journalistes ukrainiens.

La même chose peut être dite à propos de ses accusations contre la Russie, qui ne remplirait pas les accords de Minsk. Je vous rappelle que la Russie dans ce document apparaît seulement comme un garant de sa mise en œuvre, au même titre que la France et l’Allemagne, et non pas comme un sujet. Les exigences s’appliquent aux parties directes du conflit l’Ukraine d’une part et la RPD et la RPL de l’autre.

« SP »: – Et donc à quel point la pression de l’Occident sur Kiev est-elle réelle? Ou estce une comédie en direction du public?

– La situation est très compliquée. Tout récemment, l’Occident a réellement entrepris une tentative de pression sur la partie ukrainienne, pour faire progresser la mise en œuvre des accords de Minsk. Cela a été fait parce que l’Occident est tout simplement fatigué de l’Ukraine, ils sont fatigués de leurs protégés à Kiev.

Mais le problème est que, lors des dernières négociations du groupe de contact à Minsk, la situation a considérablement changé. Le dialogue s’est déroulé de façon très étrange. La délégation ukrainienne a ouvertement saboté les négociations et s’est présentée en gros avec l’idée de « juste boire du thé et repartir. » Ils n’ont pas spécialement caché leurs sentiments. Naturellement, une telle position aurait été impossible sans l’approbation de Washington, sans laquelle ils ne peuvent pas lever le petit doigt. Donc, on leur a permis une telle ligne de conduite.

« SP »: – Mais pourquoi?

– Parce que, dans les dernières semaines la situation en Syrie s’est considérablement aggravée, et j’ai l’impression que les Américains ont décidé de rejouer la carte ukrainienne que l’on avait presque oubliée pour faire pression sur la Russie. Par conséquent, je doute sérieusement que les USA et l’UE continuent à faire pression sur Kiev.

« SP »: – Alors le processus de Minsk est en danger?

– Le processus de Minsk a encore un avenir. Mais il est important de comprendre que la question ukrainienne ne se résout pas dans le vide, mais en liaison étroite avec le reste des problèmes de la politique mondiale, y compris la Syrie. Les Américains vont torpiller les accords de Minsk chaque fois que quelque chose ira mal pour eux en Syrie ou dans d’autres lieux. Ils utilisent l’Ukraine comme levier de pression sur la Russie. Ce sont des processus très étroitement liés.

Sergueï Markov, Directeur de l’Institut d’études politiques, estime que ce sont les Européens qui sont intéressés en premier lieu à la mise en œuvre des accords de Minsk, mais ils ne parviennent pas à faire pression sur les Etats-Unis.

– Le sens des accords de Minsk était que le Donbass arrête son offensive militaire, qui, après Debaltsevo pouvait libérer les agglomérations de Kramatorsk et Slaviansk, puis ouvrir la voie à la libération de Kharkov, Mariupol, Zaporozhye et Mykolayiv. Après les victoires des républiques populaires, c’était une véritable perspective. Par conséquent, l’Occident s’est précipité pour sauver l’armée ukrainienne de la défaite totale et la perte de ces territoires.

Le Donbass de son côté a pleinement respecté les accords. Après quoi Kiev devait remplir sa part, tracée de manière très diligente par la diplomatie russe. L’essence de la partie politique de l’accord était une confédération temporaire de l’Ukraine. Donbass aurait été dans une situation semblable à celle de l’Ossétie du Sud jusqu’en 2008. A l’époque, les chances de réintégration de l’Ossétie du Sud à la Géorgie étaient perçues unanimement comme très élevées.

Cette option prévoyait la mise en place au Donbass de structures d’Etat autonomes, d’une armée, le déploiement de conseillers militaires d’un l’État amical, autrement dit, la Russie, et ainsi de suite. Dans le même temps la frontière avec l’Ukraine restait ouverte et Kiev pouvait commencer la réintégration du territoire. En outre, était garantie la reconnaissance formelle de la Constitution ukrainienne, la monnaie, la télévision ukrainienne et les médias seraient autorisés à diffuser. Tout cela devait être inscrit dans la Constitution. Ainsi, l’essence des accords de Minsk était de reporter le problème de la réintégration du Donbass dans l’avenir. Avec une forte probabilité qu’elle aurait lieu.

Mais le régime actuel à Kiev ne peut pas faire cela. Tout d’abord, parce que son objectif, ou plutôt la tâche qu’on lui a imposée, est d’infliger un maximum de dégâts à la Russie. Ils feront tout ce que leur prescriront leurs mentors de la CIA. Les Américains n’étaient pas d’accord avec la mise en œuvre des accords de Minsk, parce qu’ils ont besoin d’une dé-russification maximale de l’Ukraine. Le Donbass a été utilisé par eux comme un levier pour faire de l’Ukraine « l’Antirussie » et tôt ou tard la jeter dans une guerre contre la Russie.

A Kiev, en plus de l’ordre des États-Unis, il y a des raisons internes pour le sabotage de Minsk. Si le Donbass commence sa réintégration pacifique, on va nécessairement poser la question, qui a tiré sur la «Centurie céleste» sur la Place de «l’Indépendance», qui a abattu le « Boeing », qui a organisé l’assassinat en masse à Odessa le 2 mai, et ainsi de suite. Pour ceux qui ont donné les ordres d’utiliser des missiles « Tochka U » dans les zones résidentielles de Donbass, capturé et torturé les gens, il n’y aura pas d’amnistie. Par conséquent, le régime de Kiev ne souhaite pas la réintégration du Donbass.

« SP »: – Ainsi, la pression sur Kiev, dont  font état les médias, est une fiction?

– Pas vraiment. Si les Américains voulaient que les accords de Minsk soient appliqués, ils en donneraient tout simplement l’ordre, et ne feraient pas de pression. Il n’y aurait aucune protestation, parce que la majorité de la population est en faveur de la réintégration du Donbass. Bien sûr, les néo-nazis organiseraient des manifestations. Mais ce problème peut être résolu très facilement. La plupart des agents d’application de la loi détestent toujours les radicaux, et il suffit de leur donner le « feu vert ». Mais on ne leur donnera pas, étant donné que ces bandes néo-nazies sont indispensables pour mener à bien la de-russification violente. Mais bien que les Américains ne fassent pression sur personne, les Allemands et les Français sont alarmés.

« SP »: – Pourquoi?

– Parce que dans le quartier général de campagne d’Hillary Clinton a mûri l’idée que, pour assurer sa victoire sur Trump, il fallait concocter une petite guerre en Ukraine. Mais nous avons fait comprendre clairement que nous réagirions de manière très ferme. Les Français et les Allemands ont eu peur d’une guerre majeure en Europe. Toute l’opération était prévue pour août-septembre, au milieu de la campagne électorale. Le matériel militaire était mis en place, la guerre dans l’intérêt de Clinton était préparée tambour battant.

Voilà pourquoi les ministres des Affaires étrangères français et allemand se sont jetés sur l’Ukraine et ont exigé le retrait des troupes. Et ils ont supplié Washington de ne rien faire en Ukraine, car de leur point de vue, la situation aurait été catastrophique. Les Américains se sont laissé convaincre, et ont décidé de reporter la guerre de l’information contre la Russie sur la Syrie et non l’Ukraine. Par conséquent, la pression continue de la part des Européens. En dépit de leur démagogie, ils comprennent que la responsabilité pour l’échec de l’accord de Minsk se trouve du côté ukrainien. En outre, ils ont demandé aux Américains d’essayer de faire quelque chose dans la direction ukrainienne, tant qu’ils sont encore au pouvoir, parce qu’il existe un vrai risque que Trump accède à la Maison Blanche. Mais ceux-ci n’ont pas été en mesure de formuler un plan d’action raisonnable, et sans leur ordre Kiev ne fera rien.

 

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Publié par le octobre 10, 2016 dans Uncategorized

 

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