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Syrie : la France devient l’intermédiaire entre Moscou et Washington

08 Oct

Ce site dont je vous ai souvent diffusé des textes en soulignant qu’il est pro-gouvernemental mais tendance libérale et pro-occidental  semble partager l’optimisme de Lavrov sur les buts communs entre les gouvernements français et russe, mais en attendant les armes s’accumulent et la situation est de plus en plus explosive. (note de Danielle Bleitrach)

« Nous avons, avec nos collègues français, bien plus en commun que ce qui nous divise »


Le 5 octobre, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, s’est entretenu à Moscou avec son homologue russe, Sergueï Lavrov. Après la rupture du dialogue entre la Russie et les États-Unis et l’interruption de leur coopération, c’est la France qui assume désormais le rôle d’intermédiaire entre Moscou et l’Occident sur la Syrie. Analyse de Kommersant.

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Jean-Marc Ayrault et Sergueï Lavrov le 5 octobre 2016. Crédits : mid.ru

« C’est parce que nous voulons mettre fin aux souffrances et aux tourments de la population d’Alep que nous avons proposé un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, a déclaré Jean-Marc Ayrault à l’issue des négociations avec Sergueï Lavrov. Une résolution qui devra garantir immédiatement deux choses : l’interruption des bombardements sur Alep et l’accès de la population civile à l’aide humanitaire. » Le chef de la diplomatie française a expliqué que, de Moscou, il partait pour Washington, où il allait « continuer à débattre de cette résolution avec les partenaires américains, en espérant un rapprochement de vues ». De son côté, M. Lavrov a expliqué que si la partie russe était prête « à travailler avec ce document », elle espérait toutefois que toute une série de corrections y soient apportées.

Le même jour, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a aussi suggéré une initiative visant à résoudre la crise humanitaire à Alep. Il a proposé aux combattants du Front al-Nosra se trouvant en ce moment dans la ville de les faire évacuer personnellement des quartiers orientaux. « Je pense que cette proposition mérite l’attention la plus particulière », a commenté Sergueï Lavrov.

« Nous avons, avec nos collègues français, bien plus en commun que ce qui nous divise », s’est efforcé de convaincre la presse le ministre russe, tandis que son homologue français expliquait aux journalistes qu’il n’était « pas venu à Moscou avec des menaces ». Mais malgré ces tentatives des deux ministres d’afficher une attitude pacifique, il n’est pas question, pour l’heure, de parler d’un quelconque adoucissement de la politique occidentale à l’égard de la Russie, estime Kommersant.

Sergueï Lavrov
Sergueï Lavrov le 5 octobre 2016. Crédits : mid.ru

Ainsi, le 7 octobre, le président du comité du Bundestag pour les affaires extérieures, Norbert Röttgen, a prévenu que l’Allemagne pourrait adopter des sanctions contre la Russie à cause de la situation en Syrie. « Ne pas agir en retour, ne pas adopter de sanctions en réponse à ces crimes de guerre d’une extrême gravité serait un scandale », a déclaré M. Röttgen. De l’avis de l’homme politique, si les sanctions économiques n’ont pas d’impact immédiat, elles auront une influence sur la politique de Moscou à long terme.

Un peu plus tôt, The Wall Street Journal a annoncé que le gouvernement d’Angela Merkel débattait actuellement de mesures qui pourraient contraindre la Russie à changer de cap en Syrie, notamment l’introduction de nouvelles sanctions économiques. Interrogé à propos de cette information, Sergueï Lavrov a déclaré : « Nous avions conclu des accords sur une trêve avec nos partenaires américains, qu’ils n’ont pas respecté. Et aujourd’hui, on se met à parler de sanctions contre la Russie à cause de la Syrie. »

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest, a également déclaré, le 6 octobre, qu’il n’excluait pas l’adoption de sanctions américaines unilatérales contre la Russie à cause de la situation en Syrie.

M. Earnest n’a pas non plus nié que Washington pourrait envisager la possibilité de frapper les troupes gouvernementales syriennes. Une déclaration qui a suscité de très vives réactions à Moscou.

Jean-Marc Ayrault
Jean-Marc Ayrault le 5 octobre 2016. Crédits : mid.ru

Le représentant du ministère russe de la défense, Igor Konachenkov, a conseillé à Washington « de calculer soigneusement les conséquences possibles de la réalisation de tels projets », soulignant que l’armée syrienne disposait de systèmes de missiles sol-air S-200 et « Buk », ainsi que d’autres systèmes de lutte aérienne. « La couverture aérienne des soldats russes stationnés sur les bases de Hmeimim et Tartous est assurée par des systèmes de missiles S-400 et S-300, dont le rayon d’action peut constituer une surprise pour tout objet volant non identifié, a poursuivi le général. Et il est peu probable que les systèmes de calculs de ces engins russes de défense aérienne aient le temps d’élucider, par le biais de la ligne directe(canal de communication entre la Russie et les États-Unis, ndlr), le programme précis des missiles et l’appartenance de leurs lanceurs. » Une source militaire haut placée de Kommersanta ajouté que si le contingent russe en Syrie était menacé, le commandement des Forces armées de la Fédération donnerait l’ordre de « tirer pour tuer ».

Selon Kommersant, les responsables du ministère russe de la défense envisagent actuellement la possibilité de renvoyer sur la base aérienne de Hmeimim des avions d’assaut Su-25M, rapatriés sur ordre de Vladimir Poutine le 14 mars dernier. Par ailleurs, les effectifs permanents de la flotte militaire russe en mer Méditerranée seront bientôt complétés par des corvettes lance-missiles Serpoukhov et Zeleny Dol, équipées de missiles de croisière de type Kalibr-NK. Enfin, entre le 15 et le 20 octobre, un groupe aéronaval d’attaque, dirigé par le croiseur porte-avions Amiral Kouznetsov, transportant à son bord 15 chasseurs Su-33 et MiG-29K/KUB, ainsi qu’environ dix hélicoptères Ka-52K, Ka-27 et Ka-31, prendra le large pour rejoindre les rives syriennes.

Syrie : la France devient l’intermédiaire entre Moscou et Washington

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Publié par le octobre 8, 2016 dans Uncategorized

 

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