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Les peuples révolutionnaires sont marqués à jamais par leur désir de justice et liberté

08 Oct

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Et ils ne doivent s’attendre à aucune pitié et aucun pardon… En hommage aujourd’hui au peuple haïtien…

 

Il y a trois ans jour pour jour j’écrivais:
« Au négatif, j’en ai assez de ce cocktail écoeurant de bons sentiments, d’impuissance manifeste, pour mieux cautionner toutes les manœuvres politiciennes qui s’exercent en dernier ressort au profit des puissants, de ceux qui tiennent le fric et le gourdin… une ambiance qui nourrit tous les fascismes parce que personne ne croit plus à rien, ni aux cœurs en écharpe sans action, ni à une issue… Un peu à la manière de ce ministre italien qui donne la nationalité aux morts… Un clou chasse l’autre et chacun prend la pose pour illustrer le music hall des âmes nobles…
Au positif, les deux premier jours de la semaine sont désormais consacrés au retour aux études… ca fait du bien… ce qui est étonnant est à quel point les projets séduisant se bousculent, conférence autour de la Chine, voyage en Asie centrale avec une amie polyglotte (Russe, chinois et quelques dialectes locaux)… sans parler du voyage en Algérie et de ces études retrouvées… plus des propositions autour de cinéma et judaïsme… Il me faudrait pas mal de vie… sans parler des petits enfants qui tous les jours sortent une nouvelle histoire… Bref je sors la tête de l’eau sans pouvoir oublier mais en étant plus consciente de l’importance de la vie... »

 

Ce que j’écrivais il y a trois ans reste d’actualité, des deuils à répétition et des déceptions politiques, des petites trahisons minables, de l’inhumanité et de la bêtise, et la grande consolation des études. Aussi loin que remonte ma mémoire il en a toujours été ainsi, j’ai été et suis restée cette enfant solitaire que la lecture consolait d’un monde incompréhensible, peut-être parce qu’il ne cessait de m’attribuer des désirs qui n’étaient pas les miens. La seule question est pourquoi je me suis cru obligée de m’intéresser à ces gens pour lesquels il m’arrivait si fréquemment de n’avoir aucune estime. Je me retrouve assez bien dans l’attitude de Brecht, une espèce d’indifférence doublée d’une attention passionnée et exclusive à l’humanité, son histoire, son devenir, la manière créative dont elle exprime des besoins primaires, les mêmes et toujours différents, ce qu’on appelle des civilisations. Le socle humain, celui de tous ces silencieux, obstinés dans leur survie, les observer, les comprendre dans leur ténacité, leurs résistances, leurs drames secrets et leur capacité à changer la donne de ce qu’on croit la fatalité.

 

Aujourd’hui, je me suis réveillée en pensant au peuple haïtien, découvert il y a plus de dix ans et qui symbolise à mes yeux la révolte, le refus d’accepter la damnation et l’esprit de lutte qui leur fit vaincre (avec l’aide de la dysenterie) les armées napoléoniennes. Ce peuple rebelle, artiste, qui avait choisi le nom de Haïti pour marquer la filiation des esclaves déportés d’Afrique avec les indiens massacrés par les conquistadors.

 

En ce moment où je suis littéralement obsédée par la mémoire, le témoigne, la fiction et l’Histoire, à propos de Haïti je me dis que les maîtres du monde, les impérialistes dont mon pays fait plus que jamais partie, se conduisent comme ces propriétaires de meute. Quand une chienne de race avait été couverte par un bâtard, elle était exécutée parce qu’ils estimaient que son sang était vicié à jamais. Une nation née d’une  révolution est pour eux de ceux qui ont accepté de faire l’amour avec le peuple, avec ce qu’ils estiment la populace et ils savent que dans sa chair s’est inscrit à jamais le désir de liberté, de justice, le mépris de la servitude. Haïti n’en finit pas de payer sa révolte contre les maîtres esclavagistes. Il en de même aujourd’hui de la Russie, quelles qu’aient été les cautions qu’à la chute de l’URSS elle ait donné, rien n’y a fait, elle a été une jour couverte, elle a joui d’une espérance révolutionnaire. Cela ne lui sera pas pardonné.

 

Et ils n’ont pas tort parce qu’un peuple révolutionnaire a acquis à jamais la conscience du pouvoir des masses et ça c’est très dangereux…Vous me direz quel est le rapport entre l’histoire révolutionnaire de Haïti et un ouragan, phénomène « naturel » qui une fois de plus a frappé l’île? A Haïti il y a eu plus de 300 morts, et déjà le choléra menace. A Cuba, le même cyclone n’a fait aucun mort et les Cubains ont appris à  affronter les phénomènes dits « naturels ». Ce sont les Cubains d’ailleurs qui m’ont enseigné le respect pour le peuple haïtien et qui m’ont appris à ne rien attendre des maîtres esclavagistes, j’espère qu’ils n’oublieront jamais cette leçon.

 

C’est ce genre de chose qui m’importe aujourd’hui et les projets entamés avec Marianne qu’à l’époque je désigne sous le terme d’amie polyglotte se poursuivent, le voyage est pour moi le simple prolongement de ces après-midis dans les bibliothèques, silencieusement passés à assouvir une curiosité toujours en éveil pour une humanité dont il m’arrive au quotidien de désespérer.

Danielle Bleitrach

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Publié par le octobre 8, 2016 dans Uncategorized

 

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