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Crise économique et extrémisme : la jeunesse kirghize en recherche d’un avenir

30 Sep

il y a bien sûr le radicalisme de ceux qui partent combattre en Syrie, mais en lisant l’article jusqu’au bout on s’aperçoit qu’il y a aussi et surtout la critique du capitalisme et la « nostalgie de l’URSS » (note de danielle Bleitrach)

Le 27 septembre s’est tenue à Bichkek une table ronde rassemblant politiciens et membres de la société civile pour parler de la jeunesse kirghize et des risques de radicalisation. À cette occasion, les membres d’organisations représentant la jeunesse du pays ont pointé le désespoir de la jeunesse face au manque de travail et de perspectives. Novastan y était et vous résume la discussion qui brosse un portrait des difficultés et des questionnements de la jeunesse au Kirghizstan.

« Comment créer une idéologie nationale intéressant les jeunes ? » était le sujet de cette rencontre co-organisée par le Fonds Eurasiatique Nouvelle Vague, une organisation russe-kirghize visant à renforcer les liens entre les deux pays et lePalais de la Jeunesse Manas, une organisation du Ministère de la jeunesse kirghiz. Malgré le caractère officiel des organisateurs, les discussions se sont orientées vers les problèmes économiques et sociaux que rencontre une jeunesse surdiplômée.

La jeunesse première touchée par la crise économique

Les jeunes présents ont pointé l’absence de perspectives au Kirghizstan, notamment sur le terrain de l’emploi. Ainsi, parmi les témoignages, certains décrivent la situation d’un jeune ayant trois diplômes et forcé de travailler comme chauffeur de taxi à Bichkek. Il ressort des différents témoignages que les jeunes Kirghiz recherchent le droit à l’indépendance économique, à la sécurité et à la santé, autant de droits qu’ils ont du mal à faire respecter au Kirghizstan du fait de la situation économique.

Table ronde jeunesse

La situation économique, selon Erlan Bakiev, un représentant du ministère de l’intérieur, impacte fortement la société car « des dizaines de milliers d’enfants au Kirghizstan, ne vivent pas avec leur parents (…). Les parents sont au travail parfois loin et ne se sentent pas responsable de l’éducation de leurs enfants. » Le problème des migrations du travail vers la Russie, non évoqué directement, explique beaucoup cet abandon de la jeunesse au pays et l’absence d’éducation familiale, beaucoup de jeunes étant entièrement livré à eux-mêmes.

Selon le vice-directeur du Fond Eurasiatique Nouvelle Vague, Denis Berdakov, « La corruption, le manque de valeurs saines, le dysfonctionnement des ascenseurs sociaux « propres », poussent les jeunes à chercher des réponses sur les sites web d’extrémistes, sur des vidéos de Youtube, ou d’autres réseaux où ils trouvent rapidement les voix de la vérité de quelques recruteurs mal intentionnés ».

L’extrémisme de la jeunesse et l’absence de valeurs commune à la société

Les discussions se sont également focalisées sur la lutte contre la radicalisation des jeunes alors que le retour à la religion musulmane depuis l’indépendance de l’URSS touche principalement les jeunes. Alors qu’il y aurait près de 600 citoyens kirghiz combattants pour des organisations extrémistes en Syrie selon les services de sécurité kirghiz cité par Radio Free Europe en août dernier.

Les deux organisateurs de la table ronde, ainsi que la majorité des participants ont évoqué la nécessité de former des valeurs citoyennes permettant de rassembler et en mesure de mobiliser et d’instruire les jeunes générations face à la montée des extrémismes. Un représentant du ministère de la jeunesse du Kirghizstan, Sanjar Toïbolotov, a proposé de faire des valeurs du peuple kirghiz, « l’assistance mutuelle, le respect de la famille et des anciens, les bases de l’idéologie de l’État ». Cela fait écho aux propositions inclues dans le changement de la constitution kirghize proposée par le président Atambaïev, qui donnerait à des « valeurs kirghizes » le même statut que les Droits de l’Homme dans la loi fondamentale de l’État kirghiz.

Crise économique et nostalgie de l’URSS : une jeunesse en quête d’avenir

Au-delà des éléments économiques et matériels, les intervenants ont convenu que la radicalisation des jeunes Kirghiz est une conséquence d’une société perdue entre individualisme et volonté de construire ensemble. L’un des intervenants a même suggéré de rétablir une idéologie socialiste sur le modèle du système soviétique au Kirghizstan car, selon lui, c’est le système capitaliste qui a engendré l’extrémisme religieux.

Le sujet même de cette table ronde, visant à réfléchir définir et mettre en œuvre une idéologie pour la jeunesse, montre clairement la nostalgie du système soviétique qui persiste sous des formes diverses et avec les habits du nationalisme au Kirghizstan comme dans le reste de l’Asie Centrale, avec pour cause lesproblèmes économiques qui n’en finissent pas de s’aggraver et qui touchent en premier lieu la jeunesse et donc l’avenir.

La Rédaction

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2 Commentaires

Publié par le septembre 30, 2016 dans Uncategorized

 

2 réponses à “Crise économique et extrémisme : la jeunesse kirghize en recherche d’un avenir

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