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Un constat : je n’ai rien à voir avec ces gens-là.

28 Sep

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La Pologne est sans doute pour moi le lieu où toutes les contradictions de la période prennent l’aspect le plus caricatural, mêlant hier et aujourd’hui, mon histoire et celle du socialisme dans une sarabande...

Hier j’ai tenté d’expliquer à Marianne à quel point la situation tendait à devenir inconfortable pour moi. Je ne supporte pas les groupuscules et encore moins quand ils font profession d’antisémitisme (ou de toute autre forme de racisme, en fait d’illusion sur la nature de l’adversaire réel). J’ai adhéré à un parti de masse qui n’avait rien à voir avec cette logique groupusculaire. Ce matin je me réveille et je suis frappée par une idée : je n’ai rien à voir avec Clémentine Autain et me retrouver dans le camp d’individus de ce type est une profonde erreur de casting. Qu’il s’agisse de ce cri chanté il y a peu: « Il a la classe notre Tsipras » ou de l’excuse des viols à Cologne au nom de ceux perpétrés jadis par l’armée rouge. Je me sens aux antipodes et ça n’arrête pas. Elle n’est pas la seule et ce qui était un simple malaise devient totalement rédhibitoire. C’est un gauchisme terriblement conformiste et qui pourtant viole le bon sens le plus élémentaire et devient un repoussoir. Le contraire de ce à quoi j’ai cru adhérer.

Bien sûr le fond de ce qui nous sépare n’est pas que positionnement de surface, mais bien  l’estimation de ce que fut réellement le 20ème siècle, l’expérience de l’Union Soviétique et je crois que la prolifération des groupuscules sans véritable audience et pourtant très bruyants, tient au refus d’aborder cette question de front, ce qui nous laisse sidérés. Pire encore, il arrive que ceux qui croient tenir bon perdent pied et défendent l’indéfendable. La littérature qu’ils diffusent, les sources auxquelles ils s’alimentent montrent à quel point la confusion gagne les esprits. Je n’ai rien à voir avec ceux qui ne font plus la différence entre les sympathisants d’extrême-droite, les thuriféraires du nazisme et le communisme.

En fait tout cet émiettement, ces régressions sont aussi le produit du contexte. Il s’agit aujourd’hui du déclin de l’empire américain et de l’occident, et du surgissement d’un autre monde. Si certains finissent par appuyer de fait les convulsions de l’empire, d’autres voient dans le changement une fin en soi. Pourtant,  le monde en train de naître reste encore à dessiner et il pose encore et toujours la question de socialisme ou barbarie. La chute et l’apparition d’une alternative sont encore et toujours des enjeux nécessitant l’intervention populaire, enjeu où s’imposeraient des mouvements et des prises de position des communistes, en faveur de la paix, de la justice. On  cherche en vain cette capacité à entraîner les masses, à les organiser. Il reste des espérances, voire des organisations de l’expérience antérieure enfouies sous les tonnes de gravats de la propagande des vainqueurs? .

Donc la malheureuse Clémentine Autain, qui en tant que personne ne mérite ni cet excès d’honneur, ni cette indignité et qui surtout  n’est pas la vraie responsable, n’est que le produit de nos propres incapacités, et de surcroît ce n’est pas la seule et il y a sans doute des gens qui me sont encore plus étrangers, encore plus insupportables, mais ceux-là ne présentent pas la moindre équivoque. Ces présidentielles, cette absence de perspectives alors que les périls s’accumulent sont en train de m’empêcher d’alimenter ce blog. J’ai besoin de réfléchir, de prendre de la distance et de n’inscrire ici que les rares choses qui aujourd’hui ne me posent pas problème et ne me donnent pas le sentiment de trahir l’engagement d’une vie en croyant le poursuivre.

Bonne journée…

Danielle Bleitrach

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2 Commentaires

Publié par le septembre 28, 2016 dans Uncategorized

 

2 réponses à “Un constat : je n’ai rien à voir avec ces gens-là.

  1. Thoraise

    septembre 28, 2016 at 7:02

    Ah! Clémentine, la FASE, « Ensemble », l’auto-proclamé historien Martelli, et tous autres liquidateurs du PCF, renégats des vagues successives de départs (par la droite… alors qu’Hue dirigeait le parti ils n’étaient pas satisfaits: il faut oser!)
    Pour ceux qui n’auraient pas encore été démarchés voici un de leurs derniers avatars: « front commun ».
    http://www.frontcommun.fr/category/eclairages/

     
  2. REINKINGEN Christian

    septembre 28, 2016 at 12:47

    Le ciel est encombré de nuages noirs, très très noirs. La mondialisation capitaliste est une fuite avant qui ne permettra pas à ce celui-ci de se régénérer comme il pouvait encore le faire avant cette phase…finale. Si les peuples s’en mêlent, en premier lieu, prioritairement, dans leur pays. Construire des nations fortes de la conscience de classe de leurs travailleurs, salarié en premier lieu, pour développer un inter-nationalisme de portée révolutionnaire, aux antipodes du peudo porté à gauche, même quand elle ose se dire radicale, par refus d’une la lutte de classes conséquentes, est possible. Des communistes, parfois « ex », et bien d’autres s’y emploient.
    «la préparation idéologique des masses est une nécessité pour la lutte révolutionnaire, et l’une des conditions indispensables pour la victoire» écrivait A. Gramsci. L’époque impose la construction d’un – nouveau- bloc historique.
    Nous nous y employons:
    http://www.pardem.org/http://www.nikonoff2017.fr/

    C’est plus que d’un programme, c’est d’avenir dont il est question.

     

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