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L’humanité menacée par l’ombre d’une guerre générale !

20 Sep

N’oubliez pas samedi de rejoindre les manifestations pour la paix. (note de danielle Bleitrach)

Barack Obama, Vladimir Putin

Ce billet me permet d’introduire une note personnelle rédigée il y a quelques semaines sur le conflit syrien, replacée dans les logiques impérialistes particulièrement exacerbées ces derniers jours et même ces dernières heures. Entre les provocations honteuses de la diplomatie américaine envers l’ambassadeur russe à l’ONU, le non respect par les forces de la coalition du cessez-le-feu décrété il y a une semaine à peine entre les États-Unis et la Russie avec des bombardements qui visaient la position de l’armée syrienne près de l’aéroport de Deir ez-Zor, dans l’est du pays, tuant entre 60 et 80 soldats et surtout, en juillet dernier, la décision de l’OTAN de déployer quatre bataillons multinationaux en Pologne et dans les pays Baltes, il y a de quoi être extrêmement inquiet. Il n’est pas exagéré de penser que le risque d’une guerre générale devient de plus en plus réel.

Par ailleurs, la France est pleinement concernée par ces mesures car depuis que Sarkozy a fait réintégrer la France dans le commandement intégré de l’OTAN, nous sommes directement liés aux dispositions prises par ce bras-armé de l’impérialisme américain, notamment celles qui ont été prises lors du sommet de Varsovie cet été. D’ailleurs, le président Hollande l’a confirmé. Une compagnie française de 150 hommes sera déployée en 2017 en Estonie au côté de troupes britanniques, alors qu’une autre compagnie sera postée en 2018 en Lituanie avec des soldats allemands. Le président Hollande a tenté de relativiser la portée symbolique de cet engagement concret auprès de la presse. « L’Otan n’a pas du tout vocation à peser sur les relations que l’Europe doit avoir avec la Russie et pour la France, la Russie n’est pas un adversaire, n’est pas une menace« . Il s’agit là d’un mensonge grossier. Bien sur que l’OTAN a vocation à peser sur les relations de l’Europe avec la Russie et c’est une menace directe que nous faisons peser sur la Russie alors même qu’il est dans l’intérêt de la France de bâtir une alliance solide et durable avec les russes. Il y a donc urgence à exiger que la France sorte immédiatement de l’OTAN et qu’elle redevienne au plus vite une puissance dotée d’une diplomatie indépendante et efficace.

Dernier élément à avoir à l’esprit, le PCF a déclaré qu’il allait participer à la marche du 24 septembre pour la paix. Il faut s’y engager pleinement et en nombre et plus que jamais lancer une grande campagne populaire pour la paix. En parallèle, il est sans doute urgent de vite réunir l’ensemble des organisations communistes et progressistes européennes pour réfléchir à une série d’initiatives coordonnées. Le climat actuel est trop grave pour ne pas prendre les dispositions qui s’imposent. Nous sommes le parti de la paix, né par le refus de la guerre, pour la solidarité internationale comme nous avons pu le démonter à maintes reprises par le passé. Il est de notre responsabilité d’éclairer le monde sur les logiques qui poussent l’humanité au chaos et d’établir les contours d’une alternative diplomatique incluant les peuples.

Syrie : d’une guerre du gaz à la menace d’une guerre générale.

Le Moyen-Orient, de par son positionnement géographique et la richesse de ses sous-sols, est devenu depuis plusieurs décennies maintenant, sans doute depuis la première guerre du Golfe, une zone d’influence décisive dans l’établissement des rapports de force mondiaux.

Le capitalisme globalisé pousse les Nations, et à travers elles les intérêts de leurs firmes transnationales, à s’engager dans une lutte active de domination des échanges et de la production mondiale de sorte que l’on peut parler de véritable guerre de domination économique. Ainsi, il est impératif d’avoir une maîtrise la plus forte possible des flux pétroliers et gaziers car celle-ci est un impératif à la domination. L’histoire même du capitalisme est parsemée de phases d’instabilités géopolitiques pratiquement exclusivement liées à la maîtrise des matières premières. Hier le charbon et l’acier, aujourd’hui le pétrole et le gaz.

L’Europe, zone tampon entre les États-Unis et la Russie, est dépendante pour moitié d’importations de ressources naturelles pour contenter ses besoins. « La Commission européenne estime que, d’ici vingt ou trente ans, 70 % des besoins énergétiques de l’Union européenne devront être assurés par les importations, contre 50 % aujourd’hui« , comme le soulignait un rapport sénatorial datant de 2007. L’Europe, est actuellement majoritairement dépendante de la Russie énergétiquement, comme le souligne un récent rapport d’Eurostat. « L’origine des importations d’énergie de l’UE-28 a quelque peu changé ces dernières années: la Russie est demeurée le principal fournisseur de pétrole brut et de gaz naturel et s’est hissée au premier rang des fournisseurs de combustibles solides». On oscille pour la part russe dans les importations entre 33 et 45 %. La Russie qui notamment au travers de son géant gazier Gazprom, redevient une puissance économique mondiale disputant l’hégémonie économique nord-américaine. Poutine ayant remis l’oligarchie aux pas après la parenthèse Eltsine et discipliné l’économie, la Russie a vite rejoué dans la cour des grands, même si elle demeure un colosse aux pieds d’argile. C’est d’autant plus vrai que se dessine un axe Sino-russe perçu comme étant une menace pour les intérêts américains, d’où l’érection d’un double front, l’un aux portes de la Russie et l’autre en mer de Chine. Il n’est donc pas surprenant de découvrir l’existence d’une lutte acharnée entre la Russie et les États-Unis dans la maîtrise des projets d’oléoducs et de gazoducs au Moyen-Orient. En découle le devenir de la dépendance énergétique européenne. Par ailleurs, l’Europe caucasienne fut le témoin de la découverte d’importantes poches gazières. Les russes envisageaient un approvisionnement possible via l’Ukraine. Difficile maintenant avec les récents événements. On ne peut pas ne pas envisager une intervention directe de l’empire dans les dernières péripéties ukrainiennes. Ainsi cette hypothétique route du gaz est dans l’obligation de bifurquer vers le sud asiatique.

Comme nous l’avons souligné, la Syrie est une zone hautement stratégique pour l’acheminement d’hydrocarbures. On assiste donc à une collusion d’intérêts qui ne pouvait finalement se conclure que par l’explosion d’un conflit indirect entre les deux géants. C’est le projet Nabucco contre le projet Turkish Stream. Une sorte de réminiscence de la Guerre Froide …

Il est indéniable que la Syrie de ce début de nouveau siècle est, comme bien d’autres grandes puissances à confession musulmane majoritaire, frappées par un choc de modernité. Choc culturel, choc social et choc spirituel. De plus, la Syrie comme l’Irak sont traversés par des luttes d’influence entre Sunnites et Chiites. On peut y ajouter dans le cas de la Syrie la problématique Kurde et la revendication d’un état indépendant à cheval avec l’Irak et la Turquie. L’explosion d’une guerre civile et la remise en cause du pouvoir de Bachar El-Assad était de ce point de vue pratiquement inévitable. C’est ainsi qu’un groupe de rebelles, armé par l’occident, a vu le jour et que le pays est entré dès 2011 en guerre civile. S’ajoute un nouveau protagoniste dans ce chaos intérieur, l’État Islamique (E.I), né en partie du sinistre héritage des campagnes militaires perdues par les forces emmenées par l’OTAN en Irak et en Afghanistan et de la radicalisation de populations entières livrées à elles-mêmes. L’État Islamique qui deviendra la préoccupation de tous les grands sommets internationaux. Une organisation terroriste méthodiquement organisée.

C’est pour lutter contre l’E.I et soutenir l’action des troupes rebelles qu’une coalition emmenée par les États-Unis est officiellement entrée en conflit en Syrie. Un fiasco militaire ou presque au final puisque les russes, favorables d’abord à un règlement diplomatique avec l’ensemble des protagonistes du conflit mais contraints et forcés d’envoyer eux aussi des troupes sur place, auront des résultats bien plus probants et rapides que la coalition.

Finalement, les intérêts économiques et financiers ont rattrapé assez vite les prétextes de guerre pour reprendre la terminologie de certains géopoliticiens. Assistons-nous donc à une opération de maintien de la paix et de lutte contre le terrorisme ou à une démonstration violente et éclairante d’une guerre économique permanente qui laisse planer le risque d’une déstabilisation régionale aux conséquences pouvant vite devenir gravissime ? La réponse semble plus qu’évidente si l’on relie les faits ensemble pour ainsi produire une analyse politique qui nous rappelle étrangement ce que les marxistes, et plus encore Lénine dans son incontournable Impérialisme, stade suprême du capitalisme,  ont nommé l’impérialisme.

G.S

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Publié par le septembre 20, 2016 dans Uncategorized

 

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