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Législatives 2016 : électeur russe, qui es-tu ?

20 Sep

Portraits de quatorze électeurs russes par ordre électoral croissant

Portraits de quatorze électeurs russes par ordre électoral croissant

Dimanche 18 septembre, les Russes étaient appelés aux urnes pour renouveler les 450 députés de la Douma, la chambre basse de leur parlement. Sans surprise, le parti au pouvoir, Russie Unie, a raflé la majorité avec 343 sièges, suivi par le Parti communiste(42), le LDPR (39) et Russie Juste (23). Quatorze formations étaient en lice. Le Courrier de Russie a débusqué un électeur de chacune d’entre elles et l’a interrogé sur les raisons de son choix.

Note – taux de participation : 47,8 %

« Le parti Force citoyenne est composé majoritairement de jeunes »

Anastasia Kouznetsova, 19 ans, étudiante en psychologie

A voté pour le parti Force citoyenne

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Anastasia Kouznetsova. Crédits : LCDR

« J’ai décidé de voter pour Force citoyenne (Grajdanskaïa Sila en russe) parce que c’est un parti composé majoritairement de jeunes – la moyenne d’âge des candidats est de 27 ans. Les partis traditionnels sont tenus principalement par des gens plus âgés, et leur discours ne touche pas ceux qui sont nés après la chute de l’Union soviétique.

Les jeunes d’aujourd’hui sont mobiles, ils bougent en permanence, ils sont connectés – et leur perception du monde est totalement différente de celle des vieux. Les candidats de Force citoyenne abordent les problèmes de façon moderne, avec les outils et les technologies d’aujourd’hui. Ils sont également facilement accessibles et répondent systématiquement à nos questions.

J’ai découvert l’existence du parti via les réseaux sociaux, et aujourd’hui, certains de mes amis sont même candidats. J’apprécie particulièrement l’une des figures phares du parti, Sultan Hamzaev, qui dirige aussi l’association « Russie sobre » et promeut un mode de vie sain.

C’est la première fois que je votais. Je considère qu’il est très important de participer aux élections car chaque voix compte. Chacun peut faire la différence en faisant pencher la balance du côté d’un parti plutôt que d’un autre. »

Force citoyenne a recueilli 0, 14% des voix

« Le parti Plateforme citoyenne véhicule l’idée du renouvellement »

Vladislav Retchkine, 19 ans, étudiant en droit

A voté pour Plateforme citoyenne

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Vladislav Retchkine. Crédits : LCDR

« J’ai choisi de voter pour Plateforme citoyenne (Grajdanskaïa Platforma) parce que j’aime l’idée du renouvellement que ce parti véhicule.

J’ai suivi le développement de cette organisation depuis sa création, en 2012, et j’en ai apprécié l’évolution : à mon avis, aucune des personnes qui ont rejoint Plateforme citoyenne ne l’a fait par hasard.

Plateforme citoyenne a beaucoup d’idées en commun avec le parti au pouvoir. Tout commeRussie Unie, le parti soutient le rattachement de la Crimée à la Russie et l’embargo. Mais ils proposent un programme plus précis et plus concret sur le plan économique : ils disent clairement qu’il est grand temps, pour la Russie, de renoncer à une économie fondée uniquement sur le pétrole, que le pays doit développer son industrie et ses infrastructures nationales.

Plateforme citoyenne est un parti jeune, nouveau. Et si j’ai voté pour eux, c’est avant tout dans l’espoir qu’ils fassent appel aux jeunes.

Ce dimanche, j’ai voté pour la première fois de ma vie. C’est mon devoir de citoyen, et je suis satisfait de l’avoir accompli. »

Plateforme citoyenne a recueilli 0,22 % des votes.

« Les Patriotes de Russie, c’est un peu comme le Front national en France »

Gueorgui Rojko, 27 ans, journaliste automobile

A voté pour le parti Les Patriotes de Russie

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Gueorgui Rojko. Crédits : LCDR

« J’ai comparé les listes des différents partis et je suis arrivé à la conclusion que Les Patriotes de Russie étaient les candidats les plus compétents. Sur leur liste, on retrouve notamment des généraux qui ont combattu en Tchétchénie et lutté contre le terrorisme. Je pense que si ces personnalités à caractère fort s’étaient fait élire à la Douma, il aurait été impossible de les faire plier. Je préfère voter pour des hommes politiques expérimentés que pour des businessmen, des sportifs ou des vedettes, comme on en trouve chez Russie Unie ou Rodina.

Je me retrouve également dans le programme des Patriotes de Russie. Ils se positionnent comme « social-patriotes », un peu comme le Front national de Marine Le Pen, en France. Ils sont attachés aux valeurs traditionnelles, luttent contre l’immigration clandestine et soutiennent la nationalisation des ressources naturelles.

J’ai toujours participé aux élections, depuis que je suis en âge de voter. J’ai d’abord soutenu leLDPR, avant de choisir Russie Unie en 2011 puis, cette année, Les Patriotes de Russie. »

Les Patriotes de Russie ont recueilli 0,58 % des voix.

« Il faut bien que quelqu’un s’occupe des questions écologiques »

Oksana Kouznetsova, 42 ans, responsable logistique

A voté pour le Parti écologique des Verts 

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Oksana Kouznetsova. Crédits : LCDR

« J’ai toujours participé aux élections car j’estime qu’il s’agit de mon devoir de citoyenne. Et j’ai voté pour différents partis jusqu’à l’apparition des Verts, en 2003.

J’ai choisi ce parti car je me sens concernée par l’écologie en général, en Russie et surtout à Moscou. Je suis née dans la capitale russe, j’y ai grandi et j’y élève aujourd’hui mon fils. Je suis soucieuse non seulement de mon bien-être mais aussi de celui des générations futures.

En sortant de la ville, on peut voir plusieurs centres de recyclage totalement abandonnés. Il faudrait les remettre en fonctionnement et les moderniser. Nous en avons tous besoin – et c’est une des choses que propose le parti des Verts.

Bien sûr, l’écologie n’est probablement pas le premier objet de préoccupation de la majorité des Russes aujourd’hui, les gens ont des problèmes bien plus concrets et immédiats à gérer – mais justement, j’estime qu’il faut bien que quelqu’un s’occupe de ces questions au niveau fédéral. Certaines initiatives sont prises au niveau local, mais il faudrait que l’écologie ait aussi sa place à la Douma.

Je participe à des initiatives locales à mon petit niveau : je nettoie les environs, je trie mes déchets et je les apporte dans un point de collecte… Et j’aimerais pouvoir faire plus, mais notre pays manque d’infrastructures. »

Les Verts ont recueilli 0,74 % des votes.

« J’ai voté pour Parnas parce que j’aimais beaucoup Boris Nemtsov »

Ivan Bougakov, 20 ans, étudiant à l’Université d’État d’édition de Moscou

A voté pour le parti Parnas

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Ivan Bougakov. Crédits : LCDR

« J’ai voté pour Parnas parce que j’aimais beaucoup Boris Nemtsov. C’était un homme fort, qui pouvait faire face au régime existant. Il est mort, mais sa mémoire est toujours vivante, et ses partisans continueront à se battre pour ses idées. Les dirigeants actuels du parti, tels Mikhaïl Kassianov, Andreï Zoubov ou Viatcheslav Maltsev, sont aussi des hommes forts, et ils auraient été en mesure d’apporter un nouveau souffle à la Douma.

Pour moi, Parnas incarne une Russie européenne, qui n’a pas peur des réformes ni d’une concurrence réelle et honnête. C’est un parti démocratique, tourné vers l’Occident, vers le dialogue avec l’Europe.

La plupart des jeunes Russes, aujourd’hui, sont apolitiques. Mais dans le même temps, nous possédons un grand nombre d’esprits libres, de jeunes gens intelligents, au sens critique développé et qui, dans un avenir proche, pourront incarner le changement. Comme le dit Navalny : ici, le pouvoir, c’est nous. Je m’intéresse à la politique depuis que je suis adolescent et j’estime important de faire entendre mon point de vue, même s’il n’est pas pris en compte.

Il est difficile de changer les choses en Russie, mais j’ai envie d’essayer, de faire partie de ceux qui font avancer le pays dans le bon sens. »

Parnas a recueilli 0,71 % des votes.

« Le Parti de la croissance compte beaucoup de jeunes femmes »

Alena Eltsova, 49 ans, directrice d’un centre d’aide pour femmes en situation difficile

A voté pour le Parti de la croissance

Crédits : Le courrier de russie.
Alena Eltsova. Crédits : LCDR

« J’ai le sentiment que notre vie politique stagne. Et je voudrais, au contraire, qu’il y ait davantage de diversité dans notre paysage politique, qu’on n’ait plus tous ces personnages postiches, à l’image de Vladimir Jirinovski (LDPR) ou Guennadi Ziouganov (KPRF).

Je pense que nous avons besoin d’une alternative, et le Parti de la croissance (Partia Rosta) se présente comme tel. Il est nouveau et compte de nombreuses jeunes femmes dans sa direction.

Le programme se partage entre positions modérées et libérales. Je dirais que le Parti de la croissance est plutôt centriste. Par exemple, de nombreux partis libéraux [comme Yabloko ouParnas] ne reconnaissent pas le rattachement de la Crimée à la Russie. Or, le Parti de la croissance, tout en gardant une approche libérale en politique et économie, estime que la Crimée est russe. Et je pense justement que, sur la question de la Crimée, la radicalité n’est pas de mise.

Que le Parti de la croissance soit nouveau ne me fait absolument pas peur. Il faut bien commencer un jour ! S’ils essaient réellement, ils pourraient se développer et gagner plus de voix. Pour moi, ce parti représente précisément l’avenir, il parle au futur et non au passé, comme beaucoup de vieux partis. Notre génération, celle du post-socialisme, doit se débarrasser des préjugés soviétiques et construire l’avenir, un autre avenir. »

Le Parti de la croissance a recueilli 1,20 % des voix.

« J’ai voté Rodina parce que je lis la revue La Défense nationale »

Rodion Beskrovny, 19 ans, étudiant en finance

A voté pour le parti Rodina

Crédits : Le courrier de russie.
Rodion Beskrovny. Crédits : LCDR

« J’ai voté Rodina (Patrie en français) parce que j’éprouve une grande sympathie pour son candidat, Igor Korotchenko, rédacteur en chef de Natsionalnaïa Oborona (La Défense nationale). Je lis cette revue depuis quelques années et je me retrouve entièrement dans la ligne éditoriale : je pense qu’il est très important de défendre la souveraineté de la Russie et de tout faire pour assurer la sécurité du pays.

C’est la première fois que je vote à des élections législatives. Je pense que si on veut que les choses changent, il faut agir. Et pour faire évoluer la vie de son pays, il faut commencer par aller voter. Au moins, ma voix n’aura pas été perdue. Même si Rodina n’entre pas à la Douma, je suis content d’avoir fait mon choix. »

Rodina a recueilli 1,45 % des voix.

« Nous sommes tous des retraités »

Grigori Sarbaev, 41 ans, avocat

A voté pour le Parti des retraités pour la justice

Grigori Sarbaev. Crédits : Le courrier de russie.
Grigori Sarbaev. Crédits : LCDR

« J’ai voté pour le Parti des retraités car nous sommes tous des retraités. Certains le sont déjà, d’autres le seront demain. Pourtant, ma génération vit avec la certitude qu’elle ne touchera jamais de pensions de retraite, et elle s’est faite à cette idée. Le gouvernement gèle les retraites, les verse en retard, ne les indexe pas… et personne ne semble s’y intéresser, alors que tout le monde cotise et que nous méritons ces pensions.

Tous les partis politiques ne cessent de répéter qu’il faut protéger les retraités, qu’ils ont bâti le pays dans lequel nous vivons, mais aucun ne propose d’actions concrètes pour améliorer la vie de ces quelque 40 millions de personnes.

Le Parti des retraités, lui, demande que le Fonds général de retraite passe sous contrôle citoyen, notamment parlementaire. C’est-à-dire que le gouvernement ne sera plus le seul à le gérer, que les parlementaires auront leur mot à dire sur les dépenses et qu’ils pourront influer sur le fonctionnement.

Je ne pense pas que le Parti des retraités doive être majoritaire, mais s’ils étaient représentés à la Douma, ils pourraient, par exemple, avoir leur mot à dire sur la répartition des fonds du budget, ou même, simplement, demander au gouvernement pourquoi il gèle les retraites. Aujourd’hui, personne n’a ce pouvoir.

Je tiens donc à leur donner une voix, la mienne, afin de voir ce qu’ils pourront faire. Même si la plupart des retraités actuels pensent que c’est au parti au pouvoir de s’occuper d’eux. »

Le Parti des retraités pour la justice a recueilli 2,34 % des votes.

« Yabloko propose de réduire les dépenses militaires »

Boris Kondakov, 32 ans, architecte

A voté pour le parti démocratique Yabloko

Crédits : Le courrier de russie.
Boris Kondakov. Crédits : LCDR

« J’ai décidé de voter pour Yabloko car je ne suis pas satisfait de la situation actuelle en Russie, et surtout de l’image agressive qu’elle transmet à l’étranger. Si pour certains, la force d’un pays se juge à sa puissance militaire, j’estime, pour ma part, qu’un État fort, c’est avant tout un pays au développement solide sur le plan humain.

Yabloko propose justement de réduire drastiquement les dépenses militaires et de réorienter ce budget vers la sphère sociale, l’éducation et la santé. J’apprécie vraiment le fait que leur programme mette l’accent sur le respect de l’humain. Car à mon avis, c’est la base même d’une société stable.

Il faut créer un vrai patriotisme, pas celui que l’on nous vend aujourd’hui, fondé sur les succès d’antan, comme le 9 mai ou Gagarine. Il faut que les gens aiment le lieu où ils vivent, veuillent s’y investir et le développer. C’est la seule façon d’atteindre une stabilité réelle.

Quand j’entends des gens autour de moi, au travail par exemple, assurer ne pas s’intéresser à la politique, ne pas avoir besoin de voter, j’en déduis que la situation leur convient, qu’ils s’efforcent de voir la vie en rose. Moi, je n’ai pas cette vision conformiste. Je vote pour des idées. »

Yabloko a recueilli 1,89 % des voix.

« Les Communistes de Russie veulent reconstituer l’Union soviétique »

Anatoli Tikhonov, 28 ans, ingénieur

A voté pour le parti Les Communistes de Russie

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Anatoli Tikhonov. Crédits : LCDR

« J’ai décidé de voter pour Les Communistes de Russie parce que je soutiens leur programme des « Dix coups de Staline sur le capitalisme ». Ils proposent notamment de nationaliser les entreprises et que l’État en prenne le contrôle, afin que la richesse profite au peuple et non aux entreprises privées. Je pense que c’est une bonne chose.

J’approuve aussi leur approche de la politique internationale. Ils sont pour la Crimée russe, s’opposent aux sanctions de l’OTAN et veulent reconstituer l’Union soviétique.

Depuis l’âge de 18 ans, je n’ai pas manqué une élection. La plupart de mes proches ne vont pas voter, mais moi, je considère que les élections ont le pouvoir de changer les choses. Je suis convaincu que ma voix aux Communistes, c’est au moins une voix que Russie Unie n’aura pas.

Aux élections précédentes, en 2011, il y avait beaucoup moins de partis – 14 aujourd’hui contre sept en 2011 – et Les Communistes de Russie n’existaient pas encore. J’ai donc voté KPRF(Parti communiste de la Fédération de Russie), le seul parti de gauche sur la liste.

J’ai décidé de voter pour Les Communistes de Russie parce qu’il s’agit d’un nouveau parti, avec des leaders jeunes et charismatiques. À vrai dire, j’en ai un peu assez des figures historiques du KPRF, comme son président, Guennadi Ziouganov. J’espère que les nouveaux leaders desCommunistes de Russie seront plus audacieux et s’opposeront fermement au pouvoir. »

Les Communistes de Russie ont recueilli 2,34 % des voix.

« Les députés devraient toucher autant que les Russes lambda »

Roman Kourovtsev, 35 ans, musicien

A voté pour le parti Russie juste

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Roman Kourovtsev. Crédits : LCDR

« J’ai décidé de voter pour Russie juste (Spravedlivaïa Rossia) car j’apprécie beaucoup l’un des candidats : l’économiste Mikhaïl Deliaguine. Je le suis depuis longtemps sur les réseaux sociaux et je partage entièrement son idée selon laquelle les députés devraient toucher autant que les Russes lambda, un salaire moyen, disons environ 40 000 roubles – mais pas les 430 000 roubles qu’ils empochent actuellement ! Je soutiens également la proposition de Deliaguine de ne plus investir l’argent de l’État dans des fonds étrangers, et d’autant moins quand il s’agit de pays qui nous sont hostiles, comme les États-Unis. L’argent doit rester en Russie et travailler au développement de l’économie russe.

Comme beaucoup de Russes, j’ai participé aux manifestations sur la place Bolotnaïa après les élections de 2011 – et je pense qu’elles n’ont pas été vaines. Des tas de gens se sont alors mis à réfléchir aux moyens de changer les choses, ils se sont dit qu’ils comptaient et qu’ils pouvaient agir, même individuellement. Personnellement, j’ai étudié en profondeur la loi sur les élections, et je me suis impliqué : j’ai commencé par être observateur aux élections précédentes, et à celles de ce dimanche, j’ai même siégé à la commission électorale. Nous n’avons pas de culture politique, en Russie ; souvent, nous ne savons pas comment faire valoir nos droits, car à l’époque soviétique, le pouvoir maintenait les gens dans un état de passivité, il décidait tout à leur place. Mais dans le même temps, l’État assurait à la population un certain niveau de vie, la sécurité sociale. Aujourd’hui, on n’a plus de sécurité sociale, mais on nous incite toujours autant à la passivité… Et c’est à nous, à chacun, de cesser de l’être. »

Russie Juste a recueilli 6,19 % des voix.

« Jirinovski n’a pas peur d’être un vrai patriote »

Alexandre Tsyboulenko, 24 ans, chef de chantier

A voté pour le parti LDPR

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Alexandre Tsyboulenko. Crédits : LCDR

« Le parti LDPR et son chef, Vladimir Volfovitch [Jirinovski], appellent à développer la science et l’agriculture. Je me retrouve parfaitement dans ces idées. Je viens de la région d’Orenbourg, dans l’Oural, et j’y ai vu des champs abandonnés, où, jadis, poussait du blé. Je trouve que c’est anormal, que nous devons revenir à la terre et replanter. Je pense aussi qu’il est très important de soutenir les chercheurs, notamment dans le domaine civil, et pas seulement militaire. Nous devons développer l’industrie nationale et cesser d’acheter tout notre équipement à l’étranger. Et puis, il faut absolument verser des salaires plus élevés aux enseignants : ils touchent une misère, aujourd’hui.

Le parti Russie unie nous avait promis d’améliorer leurs conditions de vie, de se battre contre la corruption, mais rien de tout cela n’a été fait. La corruption fleurit dans tous les domaines, partout, on vous demande des pots-de-vin, et rien n’est mis en place pour combattre ce fléau. Je soutiens Vladimir Poutine mais je trouve que son parti n’est pas suffisamment compétent. Je déplore aussi l’omniprésence de Russie unie – ils sont dans toutes les régions, toutes les administrations. Le parti étouffe toute concurrence, toutes les voix dissonantes, alors que la concurrence me semble justement essentielle en politique. Je fais confiance au LDPR, et particulièrement à Vladimir Volfovitch. J’apprécie beaucoup sa franchise, sa capacité à dire que le blanc est blanc, et le noir est noir. Il n’a pas peur d’être un vrai patriote, de défendre la Russie – et aujourd’hui, elle en a réellement besoin. »

Le LDPR a recueilli 13,29 % des voix.

« Le KPRF est le seul parti à pouvoir s’opposer à Russie unie à la Douma »

Dmitri Ojigin, 25 ans, responsable marketing pour applications et jeux mobiles

A voté pour le Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF)

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Dmitri Ojigin. Crédits : LCDR

« J’ai choisi de voter pour le KPRF car son programme met l’accent sur l’éducation. Aujourd’hui, le niveau de l’enseignement en Russie est désastreux, car on a supprimé du programme des matières essentielles, comme l’astronomie, et aussi réduit les heures de géométrie et d’histoire.

Le KPRF veut remettre certaines matières au goût du jour et relever le niveau de l’examen d’État unifié [équivalent du baccalauréat français, ndlr]. Le parti Rodina propose également un programme intéressant sur le sujet, mais je crains qu’en tant que nouveaux venus sur la scène politique, ils ne récupèrent pas assez de voix et n’aient pas de sièges à la Douma.

Je soutiens Vladimir Poutine en tant que président, mais je ne soutiens pas son parti, Russie unie, majoritaire à la Douma. Et si j’ai décidé de voter pour le KPRF, c’est moins par idéologie, parce qu’en 2011, ils étaient arrivés en deuxième position, avec près de 12 % des votes. J’estime qu’il est important de concentrer les votes sur cette deuxième force car ils sont les seuls à pouvoir s’opposer réellement à Russie unie à la Douma.

Aller voter est mon droit de citoyen. Pourquoi ne pas en profiter ? Si je n’y vais pas, quelqu’un d’autre, que je n’ai pas choisi, bénéficiera de ma voix. »

Le KPRF a recueilli 13,51 % des voix.

« J’ai voté pour Russie unie parce que c’est le parti du président Poutine »

Gavkhar Djouraeva, 65 ans, défenseur des droits des ressortissants d’Asie centrale en Russie, directrice du centre d’intégration pour les migrants à Moscou 

A voté pour Russie Unie

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Gavkhar Djouraeva. Crédits : LCDR

« J’ai décidé de voter pour Russie unie, parce que c’est le parti du président Poutine. Je ne suis pas entièrement d’accord avec sa politique, non – mais je vote pour lui à toutes les élections parce que c’est le meilleur des chefs d’État que j’aie connus. Du haut de mes 65 ans, j’ai connu la fin de l’ère Khrouchtchev, la stagnation sous Brejnev, le chaos sous Andropov et Tchernenko, l’époque Eltsine… J’ai vécu la guerre civile au Tadjikistan, en 1992, et l’effondrement des illusions sur la démocratie. Je connais le prix de la stabilité et j’estime qu’il est de mon devoir de voter pour un président qui la garantit. Le passage de la société à la démocratie ne peut être qu’évolutif, il ne doit pas faire de victimes.

Je vois que Vladimir Poutine s’efforce de faire de son mieux pour la Russie. Bien sûr, il y a des problèmes, que nous devons combattre tous ensemble, comme la corruption. Nous vivons à une époque qui exige de réestimer les valeurs et de donner plus de prix à la vie humaine. Et c’est ce que fait Poutine : il entreprend des pas très prudents afin qu’un pays aussi grand que la Russie puisse vivre en paix avec l’Europe.

Je voyage beaucoup à l’étranger, pour des conférences sur les droits de l’Homme, et j’en ai assez d’entendre les gens dire : « J’ai honte pour la Russie. » Avec ces sanctions, la Russie passe pour un « mauvais élève », mais ce n’est pas le cas. Ce pays et les gens qui y vivent sont formidables. Des inconvénients et des dysfonctionnements, il y en a partout ! »

Russie Unie a recueilli 54,16 % des voix
 
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Publié par le septembre 20, 2016 dans Uncategorized

 

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