RSS

Le programme du séminaire de Jean Salem à la Sorbonne et notre propre intervention le 11 février

17 Sep

Afficher l'image d'origine

croquis de voyage et retour de l’urkraine en guerre: le 11 février nous intervenons avec Marianne

Brève introduction à notre intervention: 

Ce que nous écrivons, ce blog,  notre programme de travail pour l’année à venir, tout est orienté par la volonté de recueillir des témoignages sur ce qui reste de l’expérience socialiste  dans la mémoire de ceux qui l’ont vécue. A ceux-ci, comme à la plupart des militants communistes, est imposée  la « culture » des vainqueurs, Il s’agit d’un fait que l’on pourrait rapprocher un peu  des procès en sorcellerie étudiés par Ginzburg. Ceux-ci  témoignent d’un choc de cultures et est alors recherchée une méthode  pour  reconstruire une culture des opprimés, des silencieux, malgré le filtre imposé par les inquisiteurs, la description d’une forme de la lutte des classes dans les mentalités;

Notre périple, entamé en Ukraine se poursuit,  nous envisageons un livre sur la Pologne avec Monika et surtout deux expéditions avec Marianne, l’une en Tartarie, à Kazan pour observer la jonction au sein de la Russie des slaves et du monde turco-mongole, une dimension structurante de la Russie de hier celle de l’empire et celle justement de l’Union Soviétique, mais aussi des problèmes d’aujourd’hui avec la rencontre d’un monde musulman en pleine crise, avec ses formes de fascisation spécifiques et une Russie clivée entre occident et Asie.  Mais il y aura surtout une expédition jusqu’à Séoul et la Corée du nord l’été prochain en prenant le transibérien.   Les références théoriques d’un tel  projet sont multiples, des traces d’Ernst Bloch à celles de Carlo Ginzburg, mais la référence  qui me paraît la plus immédiatement explicite est celle de Walter Benjamin « sur le concept d’Histoire ».  Bien que nous ne partagions pas le dramatique pessimisme de l’auteur en 1940, qui le conduira au suicide, nous partageons ses interrogations sur le progrès, après les drames du XXe siècle le « plus jamais » a remplacé la vision optimiste d’un progrés continu du capitalisme naissant et trouvant ses idéaux dans la révolution française. . La manière dont ce que Lénine définissait comme l’impérialisme stade suprême du capitaliste, la concurrence monopoliste dans le partage et le pillage du monde ne cesse d’entrer dans une sorte d’expansion de la barbarie sous couvert de la raison démocratique occidentale. Un capitalisme sénile qui engendre guerre et fascisme et dont la chute de l’Union soviétique a accéléré la puissance de nuisance. Avec l’imposition d’une idéologie qui veut qu’il n’y ait pas d’alternative à un tel système, la diabolisation de l’Histoire du socialisme faisant partie de cette incapacité à penser la catastrophe autrement que comme le nécessaire approfondissement  de ce qui l’engendre.

« Il existe un tableau de Klee qui s’intitule «Angelus Novus». Il représente un ange qui semble sur le point de s’éloigner de quelque chose qu’il fixe du regard. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte ses ailes déployées. C’est à cela que doit ressembler l’Ange de l’Histoire. Son visage est tourné vers le passé. Là où nous apparaît une chaîne d’événements, il ne voit, lui, qu’une seule et unique catastrophe, qui sans cesse amoncelle ruines sur ruines et les précipite à ses pieds. Il voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler ce qui a été démembré. Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si violemment que l’ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse irrésistiblement vers l’avenir auquel il tourne le dos, tandis que le monceau de ruines devant lui s’élève jusqu’au ciel. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès. »

Walter Benjamin. Sur le concept d’histoire, IX , 1940. Gallimard, Folio/Essais, 2000,  p. 434.

« Sur le concept d’Histoire » est écrit en 1940. Walter Benjamin, nourri de messianisme juif, de romantisme allemand et de marxisme, s’interroge sur la manière dont la philosophie des lumières a pu produire la barbarie. Thème que l’on retrouve dans la dialectique de la raison d’ Adorno et Horkheimer avec le refus de considérer que la boucherie de 14-18 et la barbarie nazie soient de simples accidents dans une situation de progrès. Ce qui est à la base du sujet occidental dans le mode de production capitaliste; la raison liée au développement technique, économique ainsi qu’à pensée progressiste issue de la révolution française. Ne pas trahir la mémoire des vaincus, des damnés, c’est penser autrement l’histoire et y voir l’état d’exception comme la règle pour les opprimés.D’autres auteurs comme Elias souligneront le caractère non aléatoire de l’antisémitisme meurtrier allemand mais y verront au contraire une idéologie criminelle qui ne peut pas être étudiée en soi, mais bien en référence à l’évolution des classes sociales en Allemagne. Il est temps là aussi de reprendre ces analyses de la crise concurrentielle de la classe dominante et de considérer que c’est elle qui nous vend sa récente victoire. .

Nos voyages et les croquis auxquels ils donnent lieu sont sans doute imprégnés de quelque chose d’assez proche de ce que décrit Walter Benjamin, ne pas trahir les vaincus, leur donner la parole pour empêcher la catastrophe, en particulier cette guerre qui peut détruire l’humanité, cette autodestruction d’un capitalisme sénile. Marianne avec sa connaissance du Russe mais aussi d’autres langues nous permet de franchir le mur qui nous sépare des cultures de ceux qui ont été les vaincus de cette histoire. Non seulement cela nous aide à ne pas nous limiter à l’anglais l’idiome des vainqueurs, mais en tant que traductrice, elle observe avec passion la manière dont nos interlocuteurs s’interrogent sur ce qu’ils ont réellement vécu, rassemblent des moments de leur propre histoire, de celle de leur pays pour donner sens à cette expérience. En leur donnant la parole, nous les aidons ou souhaitons les aider à reconstituer leur propre interprétation, une espèce de maïeutique.

Mais je crois que la lecture du programme du séminaire de Jean salem, montre à quel point notre projet s’intègre dans une estimation scientifique plus générale et venant de multiples horizons sur ce qu’a été et ce que demeure l’expérience socialiste. Le refus de nombreux intellectuels de se conformer à ce que les vainqueurs qui ne savent qu’accumuler les ruines exigent de nous, une pensée critique nourrie de Marx existe en France comme partout dans le monde.

Danielle Bleitrach

 

 

 

LE PROGRAMME DU SEMINAIRE DE JEAN SALEM

 

> Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
>
> LABORATOIRE ‘PHARE’ :PHILOSOPHIE, HISTOIRE ET ANALYSE DES REPRÉSENTATIONS ÉCONOMIQUES
>

>

>

>


>

Marx au XXIe siècle, l’esprit & la lettre

> Séminaire hebdomadaire

sous la responsabilité de Jean Salem,

co-organisé avec Anne Durand, Rémy Herrera et Aymeric Monville

http://jeansalem.fr/fr_FR/ – Rubrique : ‘Séminaires’ – Sous-rubrique : ‘Marx au XXIe siècle : l’esprit et la lettre’

 


>

avec le soutien

du CERPHI (École normale supérieure de Lyon)

et du Centre Universitaire d’Études marxistes (CUEM)


>
> ANNÉE 2016-2017
>
>

____________________________________

Les 175 membres
> du Comité de parrainage
> du séminaire ‘Marx au XXIe siècle’

>

http://jeansalem.fr/fr_FR/seminaires/marx-au-xxie-siecle/parrainages/
>

____________________________________


>

_______________

Si vous comptez assister aux séances du Séminaire pendant cette période…

veuillez renvoyer à l’adresse-@

secretariatjeansalem@gmail.com

un courriel, avec comme objet : ‘Liste séminaire’

et, dans le corps du message, votre NOM et votre PRÉNOM.

Comptant sur votre compréhension,

JS

_______________

 

_________________________________________
>
>

Marx au XXIe siècle : l’esprit et la lettre :

programme de l’année 2016-2017

________________

 1er semestre [séminaire de Master 1e année, ouvert à tous]
>

  1. — samedi 24 septembre 2016

        Jean SALEM

Professeur de philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

       Présentation de l’œuvre de Marx

 

  1. — samedi 1er octobre 2016

        Robert CHARVIN

Agrégé des facultés de droit, Professeur émérite à l’Université de Nice Sophia-Antipolis

      Comment peut-on être Coréen du Nord… ou Russe ?

        L’escamotage de la géopolitique

 

  1. — samedi 8 octobre 2016

        Yaï GONZALES-MURILLO

Doctorante en droit international public à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas

        La “guerre économique” est-elle un guerre ?

 

  1.       — samedi 15 octobre 2016

      Guillaume SUING

Professeur agrégé en Sciences de la Vie et de la Terre au Lycée Émile-Zola (Wattrelos, Nord)

Auteur de : Évolution : la preuve par Marx (Delga, 2016)

      Biologie et Marxisme : un conflit enfin résolu?

 

  1.       — samedi 22 octobre 2016

       Annie LACROIX-RIZ

Professeur émérite d’Histoire contemporaine, Université Paris 7

      Les « élites » françaises,

      de la Blitzkrieg à la pax americana (1940-1944)

 

  1.       — samedi 5 novembre 2016

      Aymeric MONVILLE

        Directeur des éditions Delga

      Sur l’œuvre et la pensée de Michel Clouscard

 

  1.       — samedi 12 novembre 2016

        Domenico MORO

        Chercheur en économie et sociologie, Italie

        L’ « élite » du pouvoir mondial : le groupe Bilderberg.

        Une analyse marxiste

 

  1.       — samedi 19 novembre 2016

        Georges GASTAUD

        Philosophe, professeur de philosophie en Classes prépa­ratoires, au Lycée Condorcet de Lens

        Lumières communes

        À l’occasion de la parution de son Cours de philosophie, à la lumière du matérialisme dialectique

 

       9. — samedi 26 novembre 2016

        Alain RUSCIO

        Historien

       Pour une histoire réelle du colonialisme

 

        10. — samedi 3 décembre 2016

        Domenico LOSURDO

        Philosophe, professeur émérite en philosophie à l’université d’Urbino (Italie)

        La Lutte des classes

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
>

 2e semestre [séminaire de Master 2e année, ouvert à tous]
>

        1. — samedi 28 janvier 2017

        Ivan LAVALÉE

CAP Fraiseur Outilleur ; Ingénieur IIE-CNAM ; Ingénieur-docteur (Paris 6)

et Docteur d’État ès Sciences (Université Paris-Sud, Orsay)

      « De l’intelligence artificielle des néolibéraux au transhumanisme,

      en passant par l’ubérisation de la société »

 

        2. — samedi 4 février 2017

       Jean-François-RIAUX

Professeur de philosophie en classes préparatoires aux Grandes Écoles,

chargé de cours à la Faculté de théologie Notre-Dame, Paris

      Marx et les socialistes utopiques : Fourier, Cabet…

 

        3. — samedi 11 février 2017

Danielle BLEITRACH

Sociologue, maître de conférence honoraire  à l’Université d’Aix-Marseille

et Marianne DUNLOP

Interprète et traductrice, agrégée de russe, enseignante en chinois à l’Université d’Arras

      URSS, vingt ans après. Retour de l’Ukraine en guerre

 

 

      4. — samedi 25 février 2017

Hadi RIZK

Docteur en philosophie, professeur de Chaire supérieure au Lycée Henri IV (Paris)

Le Flaubert de Sartre : la bourgeoisie du second Empire et la haine de l’homme.

L’Idiot de la famille, tome 3 : l’œuvre d’art comme expression de l’échec historique

 

        5. — samedi 4 mars 2017

        Bernard FRIOT

        Sociologue et économiste, professeur émérite, Université Paris Ouest Nanterre La Défense

        Sécurité sociale, valeur, révolution

        Les institutions de 1946 sont révolutionnaires parce qu’elles inaugurent à grande échelle un autre mode de production. Comment nous appuyer sur elles et retrouver la dynamique qui les a portées ?

 

        6. — samedi 11 mars 2017

Stephen CHO [et Saenal JEONG]

Consultants sur les questions relatives à la région Asie-Pacifique

Le Marxisme au XXIe siècle et la question du parti, en Asie et ailleurs

 

        7. — samedi 18 mars 2017

        Franck FISCHBACH

        Professeur à la Faculté de philosophie de l’Université de Strasbourg

        Comment parler encore de socialisme ?

 

  1.       — samedi 25 mars 2017

        Danièle JOLY

        Professeur émérite au Département de Sociologie de l’Université de Warwick (GB)

Dernier ouvrage paru :

Danièle Joly et Khursheed Wadia, Muslim Women and Power : Civic and Political Engagement in West European Societies, Basingstoke: Palgrave Macmillan.

        Femmes, religion, nation : Kurdistan, France, Grande-Bretagne

 

  1.       — samedi 1er avril 2017

        Catherine MILLS

        Maître de conférences honoraire en Sciences économiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

        Une histoire marxiste de la pensée économique sur les crises, la suraccumulation et la dévalorisation du capital .

Une présentation par Catherine Mills, d’après l’œuvre de Paul Boccara : Théories sur les crises, la suraccumulation et la dévalo­risation du capital, Delga, 1er vol. : 2013, 2e vol. : 2015.

 

  1.       — samedi 8 avril 2017

        Rémy HERRERA

Chercheur au CNRS (Centre d’économie de la Sorbonne)

Auteur de La Maladie dégénérative de l’économie : le néoclacissisme (Delga, 2015)

Économie chinoise : le socialisme ou… la crise ?
>
> [ logo_paris1_signature_mail_v3.png (4.1 Ko) ]
> [ facebook.png (2.4 Ko) ]
> [ linkedin.png (2.2 Ko) ]
> [ twitter.png (1.5 Ko) ]
> [ youtube.png (2.4 Ko) ]

Advertisements
 
Poster un commentaire

Publié par le septembre 17, 2016 dans Uncategorized

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :