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Le dilemme Duterte (et pourquoi est-ce important): la Chine, l’Alliance avec les États-Unis

16 Sep

Il a beaucoup été fait état des imprécations de Rodrigo Duterte, le nouveau président des Philipines contre Obama. Et ce  alors même que se tenait la réunion des nations d’Asie du sud-est (ANASE) qui regroupe les dirigeants de la région Asie pacifique, y compris les États Unis, le Japon, la Chine, la Russie et l’Inde, ainsi que le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Non seulement le contexte est tendu en particulier dans la mer de Chine, mais le dit Dutertre devait officiellement assumer la présidence par les Philipines de l’ASEAN pour 2917, date symbolique à 50 ans de sa création. ce qui nous permet  de bien mesurer ce qui est en train d’évoluer entre les Etats-UNis et leurs alliés.

C’était là une occasion unique pour Rodrigo Duterte, le remuant  chef philippin, pour se mettre en valeuir en tant qu’homme d’Etat, pour se  construire son profil international, et chercher un soutien pour les Philippines au milieu des conflits intensifiés dans la mer de Chine du Sud. Duterte devait également accepter officiellement la présidence pour les Philippines de l’ ASEAN pour le 50e anniversaire, en 2017 de l’organisation.   Une réunion bi-latérale  était prévue avec le président Barack Obama qui effectuait son dernier voyage en Asie en tant que président des Etats-Unis. C’est alors que Dutertre n’a pu s’empêcher de le traiter, entre autres, de fils de pute, ce qui avait provoqué un tollé général dans les médias et l’annulation de la rencontre bilatérale avec Obama. .

Voilà l’histoire telle que nous la connaissons, mais il y a le contexte qui mérite plus ample information…

Malgré le scandale tout a été fait ultérieurement  de part et d’autres pour atténuer l’impact de la sortie du bouillant président philippin. Il a été soigneusement évité de manifester l’existence d’une crise diplomatique entre les Philippines et les Etats-Unis. L’administration Duterte ensuite publié une déclaration de «regret » et la Maison Blanche a déclaré que les relations américano-philippins restent « un roc solide» , conduisant les observateurs les plus optimistes à espérer que les deux alliés avaient rapidement réglé la question.

Mais pour d’autres un tel optimisme a paru prématuré, l’incident pourrait signaler le début d’une reconfiguration douloureuse dans les relations Philippines États-Unis à cause de Duterte. Les relations bilatérales sont trop institutionnalisées pour  être perturbé par un hoquet diplomatique à court terme, mais ils n’ont plus l’aspect spécial et sacro-sainte comme avant.

En ce qui nous concerne (Histoire et société)L’affaire est d’autant plus remarquable qu’elle correspond à d’autres formes d’émancipations des alliés les plus stratégiques des Etats-Unis comme par exemple Erdogan, à la fois pilier de l’OTAN et mettant en cause directement le rôle des Etats-Unis. Les médias alors découvrent le caractère dictatorial ou les excès d’un allié auquel jusqu’ici il n’était pas question de toucher. les rapports institutionnels demeurent mais une marge d’autonomie est en train de se développer et le cas des Philipines et de Dutertre en est un autre exemple, on pourrait même joindre Israël au lot, sans parler des trublions ingérables que sont les saoudiens et autres émirats. Cela fait donc  partie de la lente déchéance de l’empire américain sorti grand leader incontesté du capitalisme après la deuxième guerre mondiale, rempart contre le communisme, puis son vainqueur jusqu’à ce que la machine s’emballe devant une chute de l’URSS qu’elle n’a jamais su gérer.pas plus que la montée en puissance de la Chine. Après Bush, Obama ont témoigné à leur manière de cette manière de tourner à vide et ce que l’on sait des deux candidats en lice ne laisse augurer aucune capacité à construire une hégémonie mais à entretenir le chaos comme mode de gouvernance.

L’essentiel étant que l’on mesure bidn comment dans cette lente chute de l’empire américain, apparemment les relations établies perdurent alors même que chacun cherche d’autres solutions immédiates qui correspondent à ses intérêts propres, ceux de sa nation, ceux de ses visées impériales locales… On pourrait même pousser la démonstration jusqu’à admirer la retenue des puissances  concurrentes comme la Russie et surtout la Chine qui ne tiennent pas à un effondrement trop rapides qui leur laisserait le soin de régler la note catastrophique laissée par l’ex-maître du monde.

Duterte est une véritable nouveauté pour les Philippines.Les pHilippines sont en proie à des conflits, à des insurrections, les Etats-Unis fournissent une aide ancienne en matière de « contre-terrorisme » comme lors du massacre de 500.000 communistes et quelle que soit la corruption de leur poulain, ils le soutiennent tandis que la misère s’étend dans le pays et que les rues de Manille bouillonnent.Dutertre est le premier dirigeant philippin qui se décrit lui-même comme un «socialiste , » avec des liens profonds avec les groupes progressistes de gauche qui ont conquis un accès sans précédent aux échelons supérieurs du pouvoir au sein de l’administration Duterte. Et il est le premier président des Philippines avec un agenda politique porté presque exclusivement sur la loi et l’ ordre, en particulier la lutte contre les drogues illicites. On doit ajouter à ces caractéristiques déjà problématiques pour les Etats-Unis, sa propension aux déclarations tonitruantes dont celle proférée contre Obama et les discours fleuves qui gênent les individus bien élevés mais ont attiré vers lui les classes inférieures désillusionnées. Ce qui se traduit dans nos médias par le vocable d »e « populiste », assorti de la découverte de méthodes peu empreintes de légalité d’une police dont jusqu’ici l’occident tolérait les exactions quand il s’agissait de tuer, de torturer des communistes ou des syndicalistes. Enfin nous avons droit sur les réseaux sociaux aux descriptions des frasques du dirigeant philipin, opposé à la dignité gourmé d’un Obama dont on oublie de dire qu’en tant que président des Etats-Unis, il est le successeur d’une longue lignée qui a toujours pensé que les dirigeants des Philippines (comme ceux d’une certaine Amérique latine) étaient des « fils de pute, mais c’étaient « Leurs » fils de pute faisant naître sous leur pas crimes, tortures, corruption et misère.

Mais ce que les Etats-Unis ont a reprocher à Dutertre va bien au delà de ce folklore dont font état nos médias. Fondamentalement pour les États-Unis, Duterte est aussi le premier président philippin d’avoir explicitement appelé à une politique étrangère plus indépendante. Après son élection, Duterte a déclaré , «Je vais tracer une [nouvelle] route [pour les Philippines] qui lui soit propre et qui ne sera pas dépendande des États-Unis. » C’était une déclaration politique audacieuse, une défi aux élites philippines profondément pro-américaines , où une grande partie del’ intelligentsia et deqs forces de sécurité se sentent une affinité profonde avec les États-Unis.

de surcroît, il ne s’agit pas seulement de mots, Dutertre est Un iconoclast qui paraît faire ce qu’il dit. Duterte a constamment encouragé les contacts diplomatiques avec la Chine, qui jusqu’ici était profondément impopulaire dans les Philippines, en particulier à la lumière des différends de la mer de Chine méridionale. Pour Duterte, la confrontation avec la Chine est non seulement inutile , mais stupide. Il est intéressé par la relance des relations bilatérales jusqu’ici fortement tendues, avec un accent mis sur l’appel aux investissement chinois à grande échelle dans l’infrastructure du pays.

l est très probable que Duterte choisira Pékin pour sa première visite officielle d’ Etat, une manière remarquable de se démarquer de ses prédécesseurs, qui choisissaient habituellement Washington comme leur première destination diplomatique. Pendant ce temps, Duterte a adopté une position intransigeante contre toute critique de sa campagne anti-crime, «choc et effroi », qui lui a attiré des réactions négatives de l’Organisation des Nations Unies, les États-Unis, et les médias internationaux. On comprend , alors, que Duterte se soit senti provoqué lorsque le président Obama a clairement indiqué que qu’il soulèverait la question des droits humains dans leur réunion bilatérale qui était prévue.

dans la foulée,Duterte avait également menacé, en matière d’humour noir, de sortir son pays hors de l’Organisation des Nations Unies , si cette dernière s’obstinait dans les enquêtes relatives aux droits de l’ homme aux Philippines. Il a également évité toute réunion formelle avec le secrétaire général de l’ ONU Ban Ki – moon , en marge du Sommet de l’ ASEAN.

Mis à part le faux pas diplomatique de haut niveau avec Washington, des réunions bilatérales de DUTERTE avec les dirigeants asiatiques, en particulier avec le Premier ministre Shinzo Abe du Japon, se sont bien déroulées et ont été très cordiales. Sa décision de dé-multilatéraliser efficacement les différends mer de Chine du Sud, appelant à un dialogue pacifique et à minimiser le cas d’arbitrage des Philippines contre la Chine, il a touché une corde sensible pour de nombreux dirigeants de l’ ASEAN, qui sont désireux d’éviter toute qurelle diplomatique avec la Chine.
En fait, de nombreux dirigeants de l’ASEAN considèrent tranquillement le fait que le nouveau leader philippin adopte une approche plus pragmatique et conciliante envers la Chine, par opposition à la précédente administration Benigno Aquino qui fait pression sans cesse sur ses pairs régionaux pour monter des coalitions contre Pékin. En ce sens, Duterte est considéré comme une colombe diplomatique.

Pratiquement aucun chef de file en Asie a exprimé sa préoccupation avec la situation des droits de l’ homme aux Philippines. Certains peuvent profiter, ou même admirer, la critique vive de Duterte du dossier aux Etats-Unis droits de l’ homme et sa forte aura personnelle. Néanmoins, l’administration Duterte, qui est aux prises simultanément avec le terrorisme et les menaces maritimes de la Chine, ne peut pas s’aliéner totalement les États-Unis.

Duterte a clairement fait qu’il ne sabordera pas les accords de sécurité existants avec Washington, qui sont cruciaux pour les exigences minimales de la défense des Philippines. Les négociations avec Pékin pourraient se gâter, en particulier avec les craintes que la Chine pourrait bientôt aller de l’ avant avec la construction d’installations sur le Scarborough Shoal amèrement contestée. Si la Chine refuse de faire des concessions tangibles sur la mer de Chine du Sud, en particulier sur les ressources halieutiques à Scarborough, l’administration Duterte aura pas d’autre choix que de revenir à une approche plus conflictuelle de peur qu’elle provoque une crise politique intérieure.

Voilà précisément pourquoi les relations de sécurité avec les États-Unis resteront indispensables pour les Philippines. Néanmoins, il est clair que sous la présidence Duterte, les États-Unis ne peuvent plus attendre le même niveau de déférence stratégique et un soutien diplomatique. Ceci est la nouvelle normalité dans les relations Philippines États-Unis.

texte élaboré par Danielle Bleitrach à partir d’un article du National interest : http://nationalinterest.org/blog/the-buzz/the-duterte-dilemma-why-it-matters-china-the-us-alliance-17689
article de
Richard Javad Heydarian
13 septembre 2016 dont nous avons déjà noté la position iconocalaste par rapport au Caucase.

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Publié par le septembre 16, 2016 dans Uncategorized

 

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