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Nous nous sommes tenu la main jusqu’à son dernier souffle

05 Sep

Ma mère Jeanne Biressi est morte à l’âge de 98 ans dans mes bras le 4 septembre, date de son mariage avec mon père, j’ai eu l’immense chance de tenir de cette manière ceux que j’aimais et d’en recueillir le dernier souffle…

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(je ne sais pas convertir un fichier pdf pour publier une photo (1), alors si vous voulez voir la mère et la fille du temps où elles étaient belles et si aisément rebelles,si vous voulez voir mon enfance entre un père et une mère à qui je disais « quand j’ vous vois, je pense que vous auriez pu faire un effort mais quand je vous entends je me dis « ils ont mis le paquet »…mon père m’appelait le geenie, avec un e muet… Ma mère prétendait que j’avais des « mains de beurre », j’ai tant baisé la sienne sur ce drap d’hôpital, cliquez et songez que j’ai d’abord passé la nuit de sa fin avec mon père et que je l’ai tant aimé, songez qu’elles se sont tenu la main jusqu’au bout, non sans disputes et rires… nous étions si vivantes… La vie est une belle chose jusqu’au bout d’elle-même..?

Ma mère a été d’une beauté incroyable et d’un grand courage. Sa vie fut belle, droite, honnête et généreuse. Sa mort a été paisible et digne, comme je l’ai dit dans l’annonce faite aux journaux locaux, que tous ceux qui ont oeuvré pour qu’il en soit ainsi soient remerciés.

Je sors épuisée mais sereine de ces longues journées où nous ne communiquions plus que par l’étreinte de nos mains… Epuisée mais convaincue du caractère naturel de cette fin, de cet adieu au corps dont je suis née… Il reste encore l’inhumation.

Tout cela aura lieu d’abord au centre funéraire de Saint Pierre, 429 avenue de Saint Pierre Marseille, jeudi 8 septembre à 9h, à 9h 35 nous irons vers le cimetière de Chateau Gombert dans la périphérie de Marseille, où nous avons notre caveau de famille et où repose déjà mon fils. Là il y aura une brève cérémonie où je réciterai le kaddish.

Voilà, une pensée pour elle et aussi pour moi.

Danielle Bleitrach

(1) un ami a aussitôt fait la conversion pour ma mère et moi, merci…

DANIELLE

 

 

 

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16 Commentaires

Publié par le septembre 5, 2016 dans Uncategorized

 

16 réponses à “Nous nous sommes tenu la main jusqu’à son dernier souffle

  1. Jeanne Labaigt

    septembre 5, 2016 at 6:37

    Une joie irradiante sur cette photo.
    C’est si bien que ce qui surnage soit la force et la sérénité.
    Courage pour jeudi, je suis avec toi.
    Cordialement et amicalement .

     
  2. jean

    septembre 5, 2016 at 8:18

    Ainsi va la vie,mais que cette photo est belle!
    Mon ami de 58 ans,Majid est mort quelques heures après m’avoir tenu la main,ce 26 avril et aussi celle de sa compagne..40 ans d’amitiés,ce n’est pas comme toi et ta mère ,mais nous savons que la fin est certaine,ce qui motive aussi notre combat.
    Nous avons connu une ère unique celle des luttes émancipatrices,autour de l’URSS,en France.Elles continueront sous d’autres formes.
    Comme ,en tenant ce lien sur ton blog,s’expriment aussi d’autres formes de solidarité,tandis que reviens chaque année,le temps des cerises…

     
  3. Philippe, le belge

    septembre 5, 2016 at 10:30

    Danielle,

    L’an prochain, ça fera dix ans que j’ai fait ta connaissance sur « Changement de société », dix ans que tu m’impressionnes un jour et m’attendri le suivant, m’interloque un peu, parfois.
    Dix ans surtout que tu me présentes ta famille.
    Sans jamais les avoir rencontré, j’ai l’impression de connaître ton mari, ton fils, tes parents,ta mère surtout, ta fille adoptive (l’adjectif doit il vraiment être mentionné!) et son mari, tes petits enfants…
    Ce qui leur arrive me touche aussi et je ne suis sans doute pas le seul de tes lecteurs à verser une larme ce soir.
    Sur ces dix ans on ne s’est rencontrés que deux fois, il y a trop longtemps déjà,, et je suis plutôt avare en commentaires sur ton blog (trop peur de me faire remonter les bretelles!) mais j’y passe tous les jours et ne suis spirituellement jamais très loin de toi.

    Sincères condoléances.

    Très amicalement,

    Philippe

     
  4. histoireetsociete

    septembre 6, 2016 at 3:34

    chers amis, jeanne, jean et Philippe et tous ceux qui m’ont envoyé des messages privés. Cette annonce est d’abord simplement destinée à prevenir ceux qui pourraient se joindre à l’hommage… Elle redouble dans ce blog, l’annonce faite dans la presse locale.

    Ensuite le ton plus personnel insiste sur quelque chose dont je finis pas avoir l’expérience et à laquelle je n’étais pas plus préparée que vous. La vie est ainsi faite que l’on nous prépare jamais à l’essentiel comme si l’obscurantisme qui entoure nos vies avait besoin de cette part d’inconnu. Il s’avère que j’ai été conduite à assister à ce qu’on appelle les derniers instants des êtres aimés. Et je crois que cette présence est une nécessité non seulement pour celui qui va mourir mais pour celui qui survit et qui sait désormais que ce qu’on appelle le dernier souffle est un effort semblable à un accouchement pour se libérer de la vie. Il n’y a aucune impudeur à penser cela au contraire, si l’on accepte cette nature qui nous est commune il y a là un apaisement, un besoin ultérieur de solitude qui après pourra durer plusieurs jours, voir des mois, une connaissance qui participe de l’univers comme le souvenir des rires communs.

    Il y a des sociétés dites primitives et de ce point de vue très évoluées qui organisent « les rites de passage », cela fait partie du savoir de chacun. Nous qui sommes des barbares face à nos peurs, nous ignorons le travail accompli par des équipes admirables, du médecin à l’aide soignante pour prendre en charge les corps, apaiser les souffrances et rendre votre propre travail face à vos proches plus spirituel et plus vivant jusqu’au bout. J’ai vécu dix jours au contact quotidien avec cette équipe celle du centre gériatrique de soins palliatifs de Montolivet, comme j’avais vécu des soins à domicile ou celle de la Timone, nous avons été ma mère et moi prises en charge, entourée de gestes efficaces et dignes, j’ai appris à guetter la ride du lion sur le visage, signe de l’apparition de la douleur quand les mots ont disparu et il suffisait d’un simpke appel pour être aussitôt entourées… Je les remerciais et un jour je leur ai dit: quand je pense à ces âneries politiques qui se déversent alors que vous qui êtes réellement utiles, humains vous n’avez droit qu’au silence… Les femmes à qui je parlais étaient en train de changer les couches et elles m’ont dit « Oui n’est-ce pas nous devrions avoir leur paye »… Elles étaient encore et toujours du côté de la vie, revendicatives et simples.

    Je suis triste à l’idée d’un monde sans les êtres que j’ai réellement aimés et qui m’ont aimée comme sans doute personne ne m’aimera plus jamais, mais l’expérience de leur mort qui ne m’a pas rendue plus croyante sur une quelconque survie des âmes m’a aussi apaisée comme la fin d’une saison qui s’est poursuivie, s’est étirée et nous a donné le temps à l’une et l’autre de repenser l’essentiel. Tout cela je le dois aux autres, équipe médiacale, proches, tous ceux qui sont restés là pour rendre ce temps possible. Le soir de sa mort, nous sommes allés avec un ami qui avait connu récemmment le même deuil manger sur une terrasse face à la mer en parlant de celles que nous avions aimées, une sorte de banquet funéraire de village… Si quelque chose pouvait me faire croire à la survie ce serait ce paysage de plage, cette nuit douce comme leur présence… Et pourtant dans toute cette douceur, « le plus jamais » vous déchire, revient en un sanglot… Et jamais il ne vous abandonne…

    Voilà, il n’y a aucune impudeur à partager avec tous cette connaissance… Après l’inhumation jeudi la vie reprendra ses droits… Ce blog rejouera peut-être son rôle, je ne sais pas, je suis en train de repenser ma vie, nous en discutons avec des amies… Peut-être une cure thermale… En tous les cas merci à tous.

    Danielle Bleitrach

     
  5. Marianne

    septembre 6, 2016 at 7:23

    Chère Danielle,

    Les deux photos sont belles. Sur la première, en noir et blanc, tu as déjà une sorte de regard que je te connais, dirigé vers l’immensité, où tu sembles distinguer quelque chose connu de toi seule, entre joie tranquille et curiosité.

     
  6. dematteis

    septembre 6, 2016 at 7:35

    Madame,
    Je ne vous connais pas, je suis un lecteur anonyme de votre blog, je vous ai découvert par hasard. Vos textes m’interpellent, me font questionner, d’accord ou pas, ils provoquent souvent une réaction en moi.
    Je vous présente mes condoléances, je salue votre courage et espère avoir le plaisir de vous lire encore longtemps

     
  7. histoireetsociete

    septembre 6, 2016 at 1:05

    ce matin j’ai choisi la musique de la première partie de son cérémonial funéraire. Chaque fois que nous nous disputions en signe de réconciliation je lui apportais un bouquet de roses blanches et je lui chantas mélodramatique cette chanson qui aujourd’hui me fait pleurer à chaude larmes:

     
    • Moret

      septembre 7, 2016 at 5:16

      Merci Danielle… Je continuerai à suivre tes révoltes et tes tendresses, même si une fois, tu m’as rayé de tes « liens » à cause d’une publication qui t’avait déplu… A tes côtés, toujours…

       
  8. histoireetsociete

    septembre 6, 2016 at 1:08

    et la cérémonie se cloturera par cet autre chant Ein Yddish mama: une mamn juive… ?

     
  9. LAURENT

    septembre 6, 2016 at 4:39

    Je ne sais pas faire de commentaires, mais je suis avec toi.
    Guy

     
  10. PAQUEREAU Alain

    septembre 6, 2016 at 7:05

    Je ne vous connais pas, cependant je vous lis. Vos textes souvent imprégnés de votre histoire réfléchissent mes propres histoires.La mort de ses parents c’est dur. C’est ainsi.
    Les miens étaient communistes…
    Républicains, laïques instituteurs,syndicalistes…et maman et papa.
    Cela fait une certaine proximité avec vous. Entre les lignes.
    Je ne crois pas.
    Mais je vous dis mon amitié, comme ça.

     
  11. Jeanne Labaigt

    septembre 8, 2016 at 9:01

    Bon courage Danielle en ce jour d’adieu.

     
  12. Dietzgen

    septembre 8, 2016 at 2:19

    Sincères condoléances de la part d’un inconnu que je suis mais qui admire ce que vous faîtes.

     
  13. Xuan

    septembre 9, 2016 at 1:20

    fraternelles condoléances, l’âge ne change rien à la peine. Tu l’honores en poursuivant son combat, c’est une forme de l’éternité.

     
  14. frank

    septembre 10, 2016 at 9:01

    Très chère Danielle que je lis depuis 36 ans (cf:Révolution),reçois toutes mes condoléances.
    Non,tu n »es pas seule.Dans cette période douloureuse que tu traverses,beaucoup de gens pensent à toi,avec sympathie.

    Si tu te sens intéressée par la petite narration à mon sujet,continues à me lire,sinon saches que je comprends qu’en cette période de deuil tu souhaites rester centrée sur toi.

    En cette période de deuil,je vais évoquer mon cas qui suis âgé de 57 ans.
    Chacun rencontre le drame ,dans la vie. Pour moi,c’est ma mère,âgée de 81ans elle est en HP .
    Elle est atteinte d’anorexie mentale,mélancolie et catatonie.
    Vraisemblablement suite à une dépression sévère,que des électrochocs pourraient peut être atténuer.Lors de visites,réunions avec les médecins,j’ai essayé de l’influencer pour qu »elle accepte ces soins.Hier en tête à tête,elle m’a incendié et renié.Même si elle est malade,c’est ça m’a fait très mal.Elle ne veut pas que l’on parle d’ellle ni qu’on essaye de comprendre pourquoi elle est si angoissée alors qu’à l’âge de 5 ans elle allait avec son père recevoir les parachutages anglais pour la résistance.Aprés tout au long de sa vie,elle a tenu le fusil pour monter la garde en 1956,puis contre l’OAS.Elle a lutté contre l’OTAN,contre le colonialisme,contre le racisme,contre le PS,contre l’affaiblissement du PCF,pour les droits des ouvriers…Tout ça dans un climat,très anxiogène. etc…Pour l’heure,hormis les substances chimiques de l’HP,Elle refuse les soins ,ce qui est son droit.
    Maladroitement,j’ai essayé de parler de tout ce qu’elle avait vécu.Elle ne l’a pas accepté,et avec le recul,je le comprends.
    Cependant,elle me culpabilise et me diabolise sous prétexte que j’ai essayé de la convaincre d’accepter les électros chocs qui pourrait lui faire du bien selon le corps médical de l’HP.
    Alors,elle m’a maudit,me qualifie de traître,et je morfle,avec mon lot de nuits blanches etc…
    J’accepte sa souveraineté,mais c’est douloureux,à l’instar d’ un deuil,un divorce ou d’ une injustice.
    En aucune façon,je ne forcerai sa décision,et je ne reparlerai plus de ces électrochocs dont elle ne veut pas.Mais de quoi l’avenir sera fait si elle reste dans cet éta.Ce n’est pas mon père de 86 ans qui pourra supporter tout ça..
    Mais c’est vrai,elle est encore vivante alors ça n’a rien à voir avec ce que tu vis.
    Cependant,un jour,je vivrai,ce que tu vis puisque la mort est au bout du chemin pour chacune et chacun..
    A propos du PCF ,il a aussi ,avec tous ses sympathisants, vécu une sorte de deuils de ses illusions sur l’attachement des peuples est-européens aux systèmes collectivisés,socialistes à 100%.
    Entre 1945 et 1990,quel parcours!
    Du sommet ,aux désillusions.
    Car tout s’est effondré si vite………depuis et même avant,bien sûr tu le sais,les communistes sont en introspections.
    Il ne s’agit pas de trahisons mais d’une remise à zéro des logiciels communistes.
    Ce qui s’est passé en 1990,est loin d’être anecdotique.Je sais que tu en mesures toi aussi l’ampleur.Ton engagement manifeste ton intérêt immense pour ces questions.

    Ces débats 26 ans après,peut être,te semblent dérisoires ;aujourd’hui,c’est compréhensible.
    C’est pareil pour ma mère,fille de résistants communiste qui avait fondé la section du PCF,de son village du centre en 1925.Aujourd’hui,le PCF n’intéresse plus ma mère.Plus, même elle ne veut pas que le mot ‘communiste’ soit prononcé,en sa présence.Ni les mots ‘politique’ ou ‘actualité’.
    Moi,je suis toujours au PCF .
    Grâce au PCF,en 2015,je t’avais écouté passionément l’an dernier quand tu avais fait ton compte rendu avec Marianne en présence de Hervé Poly,amical qui était intervenu, à la fête de l’Huma.
    A cette occasion,j’avais rencontré un camarade que je n’avais pas vu depuis 1977.
    Cette année je ne vais pas à cette fête de l’Huma,à cause de ma mère malade.
    Dommage que ceux qui peuvent y aller n’y aille pas car le PCF existe toujours,heureusement !
    Comme ça ,il est possible de le critiquer,c’est la propriété de ce qui est encore vivant.Précisément,les critiques ne manquent pas au sujet du PCF…
    Cet argument semble dérisoire,mais nous pauvres humains,n’avons entre autre que le collectif pour nous réchauffer.
    Au revoir,chère Danielle.
    Salut et Fraternité.

     
  15. Krystyna Hawrot

    septembre 13, 2016 at 11:33

    Chère Danielle, je te transmets mes sincères condoléances et je pense à ma grand mère, une femme de 1920 qui est partie l’année dernière… elle était de la même génération que ta maman, belle, forte, droite et très progressiste.Sans elle je en serais pas celle que je suis. Ma grand mère me manque beaucoup… je pense à Toi et je te soutiens dans ta peine. Je reprendrai contact téléphonique avec Toi bientôt. amitiés Monika

     

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