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La Russie construit un «triangle» avec l’Iran et la Turquie

08 Août

За три года, прошедшие с избрания Хасана Роухани президентом Ирана, он встречался с Путиным уже восемь раз

8 août 2016

L’originalité de la position russe c’est qu’elle paraît recueillir les mécontents de l’alliance avec l’Occident et les Etats-Unis. Et pour cela il faut que l’alliance soit aussi une manière d’apaiser les tensins non seulement entre l’Iran et la Turquie, mais entre tous les autres acteurs de la région. A ce propos les amis qui m’interrogent sur la situation de l’Arménie devraient trouver dans ce texte traduit par Marianne du russe quelques renseignements intéressants. Il faut également mesurer l’importance pour détendre l’atmosphère du projet chinois de la route de la soie. (note de Danielle Bleitrach)

Photo: AlexeiNikolsky / RIA Novosti / Kremlin / Reuters

Texte: PiotrAkopov

http://www.vzglyad.ru//politics/2016/8/8/825375.html

Vladimir Poutine consacrera la semaine à des contacts avec nos voisins du sud. Lundi à Bakou se tiendra une rencontre avec le président Ilham Aliyev et Hassan Rowhani, le lendemain à Saint – Pétersbourg – des pourparlers avec RecepTayyipErdogan, et mercredi Serge Sarkissian arrive à Moscou. L’attention est concentrée sur la conversation avec le président turc, mais le sommet russo-iranien est également crucial.

Les pays du Sud sont actuellement extrêmement importants pour la Russie – il y a un énorme potentiel dans la relation avec les deux voisins historiques, la Turquie et l’Iran, et il est nécessaire d’apaiser les tensions entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie au Karabakh.

Et, bien sûr, notre opération militaire en Syrie grâce à laquelledepuis dix mois la Russie a connu une croissance significative de son influence dans le Grand Moyen-Orient. La perte principale a été la querelle avec la Turquie, mais la réconciliation en cours permet de commencer à construire un nouveau soutien, plus stable pour la Russie dans la région. Trois de ses bases doivent être les relations avec la Turquie, l’Iran et les pays arabes, et le travail sur la construction de relations dans ce triangle est en cours. Le président turc Erdogana dit immédiatement après la répression du coup d’Etat à son homologue iranien qu’il était plus que jamais prêt à coopérer avec la Russie et l’Iran:

«Nous sommes disposés en coopération avec l’Iran et la Russie à résoudre ensembleles problèmes régionaux et à renforcer considérablement nos actions pour le retour dans la région de la paix et la stabilité. »

L’Iran et la Turquie sont les deux principales puissances régionales, et en même temps rivaux historiques. Mais leur différend séculairesur le Caucase du Sud a été tranché par la Russie quand elle a annexé la région suite aux guerres avec les Turcs et les Perses aux 18-19 e siècles. Bien quela Transcaucasie soitformellement »libre », Moscou, Ankara et Téhéran n’ont pas vraiment de conflitsinsolubles dans la région, ni en général.

Les intérêts religieux et géopolitiques de la Turquie et de l’Iran entrent en contradiction dans les différents pays de la région. Mais un danger beaucoup plus grand aussi bien pour le projet d’Erdoganque pour la République islamique est la partie de l’élite mondiale anglo-saxonne qui mise sur le changement de pouvoir dans ces pays, et l’endiguement d’Ankara et Téhéran. L’Iran a résisté à 35 ans de confrontation avec les États-Unis, la Turquie est progressivement de plus en plus consciente que l’Occident la manipule à son avantage. Et les deux pays, malgré toutes leurs contradictions et ambitions existantes, peuvent accomplir beaucoup plus ensemble que dans une confrontation.

 

C’est ce que vise la Russie : pour nous le plus important ce sontles relations stratégiques à la fois avec la Turquie et avec l’Iran. C’est bénéfique pour nous à la fois économiquement et géopolitiquement: les couloirs de transport Nord-Sud, un énorme potentiel dans le commerce, la construction de centrales nucléaires russeset la fourniture d’armes, le tourisme et l’investissement, sans oublier des frontières sud apaisées et la lutte contre le terrorisme. De la manière dont seront établies les relations dans le triangle Moscou – Ankara – Téhéran dépend l’issue de la guerre en Syrie. Et c’est précisément la guerre en Syrie qui est maintenant le principal obstacle au rapprochement des trois pays.

La Russie et l’Iran soutiennent Assad, tandis que la Turquie souhaite son départ – mais après cinq ans de guerre civile en Syrieil est clair qu’il ne sera pas possible de renverser Assad. L’Iran toutes ces années a fourni un soutien militaire à Damas, et depuis qu’à l’automne dernier la Russieest venue aussiaider Assad, il ne fait aucun doute que le changement de régime en Syrie ne se fera pas.

La Turquie n’est pas tant inquiète du sort d’Assad que du renforcement et de l’autonomisation des Kurdes vivant dans le nord de la Syrie. Ankara craint que l’émergence d’une deuxième autonomie kurde près de ses frontières soit une source constante d’agitation, d’attaques terroristes, et même de guerre civile dans le Kurdistan turc (où depuis l’année dernière la situation est déjà très critique). Si Poutine et Erdogan peuvent se mettre d’accord sur le règlement syrien afin qu’il soit dans l’intérêt de la Russie et de la Turquie (et les deux pays ont besoin d’une Syrie unie), il sera plus facile de forcer les rebelles anti-Assad à la paix.

La Turquie, bien sûr, ne souhaite pas une trop grande implication de l’Iran en Syrie – mais, contrairement à l’Arabie Saoudite ne considère pas l’ «arc chiite» (du sud du Liban en passant par la Syrie et l’Irak du Sud) comme un défi existentiel pour sa sécurité. La lutte pour l’influence dans les pays voisins de la Turquie et de l’Iran existera toujours. Mais Ankara ne peut pas ne pas admettre l’évidence: grâce à son soutien constant, pendant de nombreuses décennies,  de ses alliés (« Hezbollah », Assad et chiitesirakiens) l’Iran s’est construit un appui très solide dans la région. Et personne, ni la Turquie,ni l’Arabie Saoudite, ni les États-Unis ne pourront le lui enlever. D’autant plus que c’est justement l’expansion américaine dans la région, en fait, qui a conduit au renforcement de la position de l’Iran –au prix, bien sûr, du sang de ses soldats défendantses intérêts.

Si le temps d’une réunion tripartite Poutine – Erdogan – Rouhanin’est pas encore venu, le sommet d’aujourd’hui à Bakou entre Poutine, Aliyev et Rouhaniest d’une certaine façon un pas dans cette direction. L’Azerbaïdjan est en fait un exemple unique d’intersection et de symbiose russo-turque-iranienne. Il s’agit d’un peuple turc, professant, comme les Iraniens, le Chiisme, qui durant des siècles faisait partie de la Perse, et qui a été conquis par l’Empire russe. Pendant deux siècles, les Azerbaïdjanais n’ont pas été russisés, mais la civilisation est en grande partie russifiée – et géopolitiquement Bakou peut agir actuellement comme un facteur important de rapprochement des trois pays voisins.

Le sommet tripartite se tient pour la première fois, et cela en soi est la preuve que l’on entre dans une nouvelle étape de la coopération entre la Russie et l’Iran. Après la levée des sanctions internationales contre l’Iran, ont disparu les derniers obstacles à la coopération stratégique entre les deux pays, dont lepotentiel ne saurait être négligé.

En ce moment sont à l’étude environ 70 projets communsà grande échelle. Et, comme a dit récemment le co-président de la commission intergouvernementale, le ministre de l’Énergie Novak, « le principal obstacle est la question des relations monétaires, la coopération inter-bancaire ».  Mais ce problème (lié notamment aux récentes sanctions contre l’Iran, et aux sanctions actuelles contre la Russie) est progressivement surmonté. Ainsi, dans une interview avec l’agence de nouvelles de l’Azerbaïdjan, M. Poutine a déclaré  que la Russie accorderait àl’Irandeux prêts d’une valeur de 2,2 milliards d’euros pour financer la construction de centrales électriques et l’électrification des chemins de fer.

Et ceci n’est qu’une petite partie des projets communs à l’étude – sorti du blocus l’Iran va maintenant se développer à un rythme rapide. Pour le marché iranien se déroule déjà un combat sérieux entre Européens, Japonais, Chinois. L’avantage de la Russie est non seulement dans la présence de technologies modernes nécessaires à l’Iran, moins chères que la concurrence (cela vaut aussi pour les armes et les centrales nucléaires), non seulement dans les relations de bon voisinage, mais aussi dans les points de vue proches sur les affaires du monde.

Cette compréhension géopolitique nous permet de planifier un corridor de transport Nord – Sud, le long et à travers la mer Caspienne jusqu’au golfe Persique, de se débarrasser du dollar dans le commerce mutuel, de préparer des exercices militaires conjoints et d’être alliés en Syrie. L’année prochaine, l’Iran sera admis à l’OCS, et la relation entre les deux pays deviendra encore plus étroite.

L’Iran a depuis longtemps choisi la voie de la souveraineté, la Russie l’a également retrouvée après la désorientation post-soviétique. Si la Turquie fait le même choix, cela signifie que les trois pays auront de nouvelles opportunités pour devenir plus forts ensemble.

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1 commentaire

Publié par le août 8, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “La Russie construit un «triangle» avec l’Iran et la Turquie

  1. Visiteur

    août 17, 2016 at 9:01

    Ces inventeurs d’Echec ( les Perses) sont en train de faire  » échec et mat  » à l’Occident.

     

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