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Varsovie: le sqatt et les affrontements urbains

30 Juil

le squatt, lieu de résistance et Jolanta Brzeska, la militante du droit au logement que l’on a retrouvé brulée dans une forêt proche..

Monica m’a trouvé un gite très underground dans la rue Wilcza. l’hôtesse est une militante féministe qui m’accueille avec joie en apprenant que je suis une communiste et que je viens d’e défier la falanga fasciste. Elle m’offre un merveilleux bol de soupe de légume parfumé d’herbes odorantes. Au v u de ma canne et quand je lui explique mon problème des lombaires, elle décide de me donner un lit spécial… Je dois grimper dans un quatrième sans ascenseur et loger dans une minuscule chambre avec un sommier qui est une planche de bois de 60 cm de large avec un matelas très fin, une couche pour japonaise.Heureusement la chambrette donne sur un magnifique jardin intérieur et est envahi par un lierre grimpant. Ces immeubles étaient ceux des riches bourgeois, la Pologne Populaire les a divisé pour les familles ouvrières et dans leur centre a installé de beaux jardins.

Je vais apprendre que je suis en fait dans un des hauts lieux des luttes urbaines et que ce n’est pas un hasard si Monika m’a installée là, même si c »est un peu spartiate pour une dame qui frôle les 80 ans et se meut parfois avec difficulté. Cela dit la planche étroite me fait le plus grand bien. J’ai un peu de mal à me résigner aux sanitaires collectifs et à devoir à l’aube me laver les dents entre un pakistanais au sourire de biche qui s’ébroue avec conviction et un allemand tatoué qui m’ignore. Mais c’est propre, chacun y met du sien. Je me demande jusqu’où me mènera  mon esprit aventureux ou plutôt celui de Marianne, désormais flanquée de la rebelle Monika. Marianne me téléphone de Bratislava, de son colloque d’esperanto. Elle a un nouveau projet, l’an prochain le Congrès a lieu à Séoul et il est question d’y aller par le Transibérien en passant par Oulan-Bator et de s’arrêter partout pour rencontrer les espérantistes. L’organisateur de Séoul a promis à Marianne que l’an prochain après les éléctions américaines, la situation serait enfin calme et nous pourrions sans problème nous rendre en Corée du Nord. J’ai des doutes vus les deux candidats à la présidentielle américaine, mais Marianne veut absolument que nous allions en Corée du Nord. Il est clair que malgré sa douceur naturelle et ma mauvaise réputation, c’est elle l’aventurière avec de funestes projets vers des lieux mal considérés.

En attendant, je suis à Varsovie en train de découvrir les conditions du passage au capitalisme dans ce pays…

Dans la même rue au 30 sur le trottoir d’en face, il y a un squatt qui constitue un lieu de résistance historique… Ce sont des anarchistes mais dont les membres manifestent une fraternité inattendue à l’égard des communistes. Il m’accueillent avec cordialité et une délicieuse petite fille veut absolument me conduire à la salle de cinéma. Une vingtaine de personnes regardent un film sur la souricière de Gênes, Il s’agit du e Forum social de Gênes (ou GSF, pour « Genoa Social Forum ») qui  s’est tenu à Gênes en juillet 2001 à l’occasion du sommet du G8. Qui se souvient de ces premières révoltes contre l’ordre néolibéral et des mouvements ouvriers contre Berlusconi et ses mesures antisociales. . Ce fut le un piège tendu à une nouvelle génération de militants et l’ouverture d’un débat sur la violence entre les black bloc qui allaient au devant de la répression policière et ceux qui ont subi de ce fait la charge. .Dans ce squatt, le débat se poursuit. et il ne s’agit pas d’une question purement théorique. Même si dans cette nuit de juillet tout a l’air délicieusement tranquille dans le jardin intérieur du squatt où l’on me sert de l’eau fraiche (mais pas glacée) parfumée au concombre et à l’aneth, c’est très désaltérant et on m’explique ce qui s’est passé ici.

Ceux qui habitaient ici ont été chassés comme des mllions d’autres à Varsovie et dans le pays.  Leur logement a été privatisé et achetés par Krzysztof et Joanna Podsiadło. Ces derniers n’ont pas payé après un achat formel de la maison, mais ils ont été des prêtes-nom pour que les locataires de longue date soient chassés, l’état de la maison s’est déterioré. Il s’agit là d’une histoire habituelle des privatisations- ce que les squatters appellent une reprivatisation, une procédure de transfert vers des « nettoyeurs » qui chassent et laissent se dégrader sans même verser un sou d’achat. C’est la base d’une spéculation où le bien vidé et laissé à l’abandon  est racheté après qu’un huissier l’ait mis aux enchères.

Ce n’est pas un cas unique, il y a presque 6.5 millions de mal logés et 50.000 logements vides à Varsovie.  Ceux qui ont été chassés dit le tract du lien sont les mmes qui ont reconstruit de leur main nues Varsovie détruit après la guerre… .

Durant cette période les actuels occupants ont décidé d’occuper l’immeuble le 10 mars 2011. Cela a été une réponse « violente » à l’assassinat d’une activiste pour le droit au logement Jolanta Brzeska. Cette militante a été retrouvée brulée dans la forêt où ses meurtriers l’avaient déposée.  Face à ce meurtre, ceux qui ont occupé ces lieux et continuent à le faire ont pensé que les manifestations, les tracts pour protester contre la reprivatisation et le droit au logement étaient insuffisante, il fallait choisir l’illégalité. 35 personnes et une dizaine d’enfants occupent à nouveau la maison. Il y a des vieux, des septuagénaires et des enfants à la maternelle. Ils ont résisté à toutes les mises en demeure. Le soir la maison est gardée, les grilles sont fermées. Il y a incontestablement n refus de l’ordre ou plutôt du désordre capitaliste. Ce n’est pas un cas isolé On peut même dire que Syrena, tel est le nom du squatt semble marquer de son empreinte toute la rue y compris l’hôtel coopérative dans lequel je suis installée.

Ce qui m’a marqué c’est l’accueil chaleureux réservée à une communiste française de la part de ces militants anarchistes qui défendaient ce que le socialisme avait réalisé y compris Varsovie que ses habitants avaient rebattis de leur main avec un minimum de moyens… Le droit au logement… J’ai rencontré beaucoup de femmes qui refusaient le nouvel ordre et cette Pologne là je vais aussi tenter de vous la faire connaître… Elle le mérite.

Voici donc quelques textes en français sur ces combats contre les privatisations

Information sur squat Syrena en Francais
L’histoire de Jolanta Brzeska, figure de la lutte contre la privatisation de Varsovie, assassinée en 2011
L’arrestation de 3 anarchistes accusés de terrorisme en mars 2016 (de la même facon que nous on nous accuse d’etre des espions russes pendant que l’extreme droite fasciste coule des jours heureux…)

 

 
1 commentaire

Publié par le juillet 30, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Varsovie: le sqatt et les affrontements urbains

  1. etoile rouge

    juillet 31, 2016 at 4:10

    merci et bravo danielle

     

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