Les 28 pays de l’Alliance sont réunis en Pologne depuis vendredi. L’Otan va envoyer 4000 militaires dans les pays voisins de la Russie, mais reste ouverte au dialogue avec Moscou.

Un exercice militaire de l'Otan en Pologne, en juin 2016
Un exercice militaire de l’Otan en Pologne, en juin 2016 © Reuters / Kacper Pempel

Les 28 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance, dont le président américain Barack Obama, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande, sont réunis depuis vendredi à Varsovie, en Pologne, pour le sommet annuel de l’Otan. Ils ont décidé de déployer quatre bataillons dans les Etats baltes et en Pologne, un défi sans précédent envers Moscou depuis la Guerre froide.

4000 soldats déployés en permanence

Quatre mille soldats américains, canadiens, allemands britanniques vont être déployés en permanence en Pologne et dans les Pays Baltes. Ces bataillons comprendront également 150 français, qui seront déployés l’an prochain en Estonie avec les Britanniques. De quoi rassurer les anciens pays satellites de l’URSS, aujourd’hui membres de l’Otan, qui ont rappelé leurs inquiétudes face aux agissements de Moscou en Ukraine.

Ce renforcement est le plus grand depuis la fin de la Guerre Froide. « C’est une décision historique. L’Otan a montré très clairement que nous sommes unis et fermes », s’est félicité samedi le Premier ministre estonien Taavi Roivas.

La Russie, ni une « menace », ni un « partenaire stratégique »

Mais les Etats-Unis et l’Europe ont aussi besoin de discuter avec la Russie, en dépit des sanctions imposées à Moscou, accusé de soutenir les sépararistes dans l’est de l’Ukraine. « On doit garder un dialogue ouvert avec la Russie parce qu’on doit débattre de la Syrie, de l’Irak, de pas mal de dossiers à travers le monde », a relevé le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders.

Devant la presse, le président français François Hollande a ajouté : « Nous devons, avec la Russie, faire preuve de fermeté quand c’est nécessaire, et ça a été nécessaire, et en même temps de dialogue ». « La posture de l’Alliance est strictement défensive. L’Otan ne se cherche pas d’ennemis. Elle n’est pas dans une position agressive. (…) Elle ne menace aucun pays », a déclaré le chef de l’Etat. Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, se veut lui aussi apaisant : « Nous ne voyons aucune menace immédiate vis-à-vis d’un allié de l’Otan. La Russie n’est pas non plus un partenaire stratégique ».

L’Otan, vecteur d’influence pour les Britanniques en Europe

Selon Pierre Lellouche, député de Paris chargé de la politique étrangère au parti Les Républicains, l’envoi de bataillons au plus près de la frontière russe est un signal inquiétant. Interrogé par France Inter, il estime que l’Europe « va vers une spirale de réarmement ».

Écouter l’extrait« Dans une Europe percutée par le Brexit, cette situation ne peut qu’ajouter à la confusion », ajoute le député Les Républicains. Selon lui, le Royaume-Uni va tenter d’accroître son influence sur les pays européens de l’Alliance atlantique. « Ils vont essayer de compenser leur perte d’influence au sein de l’Europe par un surcroît d’activisme au sein de l’Otan, afin d’attirer les européens de l’Est ».

Les Anglais vont jouer à fond la carte de l’Otan pour maintenir leur influence sur les européens de l’Est (Pierre Lellouche, député Les Républicains de Paris sur France Inter)

L’Union européenne et l’Otan ont par ailleurs annoncé un renforcement de leur coopération sur leur flanc sud, face aux jihadistes et aux passeurs de migrants. Les membres de l’Alliance ont aussi rassemblé 900 millions d’euros pour aider les Etats-Unis à conseiller et former l’armée afghane.