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Taha Hussein, le temps des rencontres et d’une autre méditerranée…

13 Juin

taha husseinTaha Hossein : Un intellectuel égyptien. Un vrai. Un intellectuel qui doute, qui s’interroge en permanence, qui réfléchit profondément, qui est à la quête perpétuelle des vérités cachées, rejetées, tues, qui n’hésite pas à remettre en cause les vérités établies, ressassées, à apporter des contradictions aux gardiens du temple, à livrer ses convictions profondes les plus gênantes, les plus dérangeantes, sans essayer d’en atténuer la teneur, sans se soucier des réactions des conformistes, à dire aux peuples les vérités blessantes mais salutaires qu’ils continuent de refuser de voir.

Taha Hossein. Ce grand intellectuel, reconnu comme étant « Âmid El Adab El ârabi », pilier de la littérature arabe, respecté et vénéré par tous les universitaires du monde, enseigné dans tous les établissements scolaires et universités durant les années 60 jusqu’aux années 80, est aujourd’hui méconnu, ignoré. Combien d’enseignants ont estimé nécessaire la présentation de cet immense écrivain à leurs élèves et étudiants? Combien sont -ils, nos étudiants actuels, qui ont lu un livre ou deux de Taha Hossein? Une question qui mérite d’être posée à nos étudiants sur Taha Hossein et d’autres écrivains algériens ou arabes du même genre.

C’est que les islamistes, contre lesquels Taha Hossein a livré plusieurs batailles, ont fini par vaincre et imposer leur vision étroite du savoir, de la science et du monde. La première bataille c’est à la suite de la publication en 1927 de son livre qui fait désormais date dans l’histoire : « La poésie préislamique qui a suscité la colère des chouyoukhs d’El Azhar qui ont exigé son retrait et la révision de plusieurs paragraphes.

Le deuxième conflit eut lieu lors de la publication de sa fameuse autobiographie Al-Ayam (le livre des jours) brossant une critique des programmes d’éducation à Al-Azhar et de ses cheikhs conservateurs. Il fut taxé d’occidentalisé.

Taha Hossein a été un visionnaire et un avant-gardiste Iorsqu’il a averti et mis en garde les autorités de son pays sur les dangers de « l’islamisation de la Constitution » , en insérant la religion officielle dans la première constitution égyptienne en 1923. Faisant la sourde oreille, les rédacteurs ont placé l’article nº149 concernant la « religion officielle » dans cette première constitution pour qu’ensuite le nouveau pouvoir considéré comme laïque, le propulse en seconde place pour devenir l’article nº2, (comme chez nous en Algérie) dans la Constitution de 1971.

Les Frères musulmans au pouvoir feront bien entendu mieux que le précèdent pouvoir laïque en procédant dans la Constitution de 2012, un rajout, précisant l’appartenance sunnite, à savoir « ahl al-sunna wal djamaa ».

Aujourd’hui, les défenseurs d’une Egypte nouvelle se retrouvent à lutter non pas pour la suppression pure et simple de ce fameux article 2 mais juste pour l’annulation de ce rajout.

On aurait eu en Algérie la même constitution que celle que les frères musulmans, sortis victorieux des élections, ont concoctée pour l’Egypte, on se serait retrouvés, nous les algérien laïques à revendiquer la même choses que nos amis égyptiens, c’est à dire à pas grand chose.

Abdelkrim Haouari

je vous recommande ces deux articles, le second en particulier qui montre les liens entre la France et ce grand intellectuel égyptien.

http://www.huffpostmaghreb.com/mondher-sfar/il-y-a-90-ans-taha-hussein-fit-scandale-aupres-del-azhar-_b_10162994.html

http://republique-des-lettres.fr/10822-taha-hussein.php

 

J’ajouterai que celui que l’on reconnaît comme un grand intellectuel et un grand écrivain, un ami de la France et de sa culture, a aussi une histoire, né dans un milieu modeste de fellahs jeune aveugle dès l’âge de trois ans suite à une conjonctivite mal soignée… La cécité isole l’enfant, mais approfondit sa sensibilité : désormais il connaîtra les êtres et les choses par l’ouïe et le toucher. Sa famille et la maison le protègent ; la petite ville et la campagne avoisinante forment son univers. Les pauvres, auxquels il consacrera son roman Les Damnés de la terre (Al-mu‘azzabūn fi-l ardh, 1949), le fellah qu’il décrira dans L’Appel du Karawan (Du‘ā’ al-Karawān, 1934), ces humbles qui voient croître dans leur champ l’« arbre de la misère », titre d’un autre de ses romans, éveillent en lui amour et pitié.
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Publié par le juin 13, 2016 dans Uncategorized

 

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