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Lettre ouverte d’Occupy Wall Street à Nuit Debout : Nuit Debout, méfiez-vous !

12 Juin

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Publié le 10 juin 2016 | Maj le 8 juin

<span[ class= »tags »> Occupy | Etats-Unis | réseaux sociaux | nuit debout

Les réseaux sociaux sont un moyen de représentation très puissant. Ceux qui les manient façonnent l’avenir du mouvement… Sachant qu’il avait été explicitement question d’Occupy Wall Street à Nuit Debout, j’ai éprouvé le besoin de venir voir par moi-même ce qui se passait à Paris. Chaque mouvement se produit dans un contexte qui lui est propre. Toutefois, j’ai remarqué des similitudes, surtout en ce qui concerne la propriété et la gestion des réseaux sociaux… Battez-vous pour garder un canal d’expression qui vous représente vraiment.

Lettre ouverte d’Occupy Wall Street à Nuit Debout
Nuit Debout, méfiez-vous !

Les réseaux sociaux sont un moyen de représentation très puissant. Ceux qui les manient façonnent l’avenir du mouvement.

Sachant qu’il avait été explicitement question d’Occupy Wall Street à Nuit Debout, j’ai éprouvé le besoin de venir voir par moi-même ce qui se passait à Paris. Chaque mouvement se produit dans un contexte qui lui est propre. Toutefois, j’ai remarqué des similitudes, surtout en ce qui concerne la propriété et la gestion des réseaux sociaux. Vous trouverez ci-dessous mon compte rendu de ce qui s’est passé au sein d’OWS par rapport aux réseaux sociaux. J’espère qu’il vous sera utile.

Une brève histoire des réseaux sociaux au sein d’OWS

En juillet 2011, Adbusters, un magazine canadien spécialisé dans le détournement de grandes marques commerciales, lance l’appel #OccupyWallStreet. Le rédacteur en chef, Micah White, contribue à lancer le concept en ligne : occuper Wall Street le 17 septembre suivant.
Peu après, Justine Tunney enregistre le nom de domaine occupywallst.org et un collectif se forme autour de la création et de la gestion du site ; l’une de ses membres est Priscilla Grim.
Ni Adbusters ni le collectif occupywallst.org ne tiennent alors de réunions publiques ; ils n’incitent personne à occuper Wall Street. Le seul groupe qui mobilise des gens sur le terrain pour organiser l’occupation est l’Assemblée Générale de New York (AG).

Celle-ci se réunit toutes les semaines de début août jusqu’au 17 septembre 2011 ; elle prend des décisions concernant le cadre général de l’action et crée des commissions, dont une Commission Réseaux sociaux (« Media Working Group »). J’ai intégré cette dernière, aux côtés notamment de Vlad Teichberg et Nikky Schiller. Cette commission coordonne la production et la diffusion du contenu numérique en vue de l’organisation d’Occupy Wall Street par l’AG.

Le magazine Adbusters, créateur des comptes Twitter d’Occupy Wall Street, ouvre le compte @OccupyWallSt au collectif occupywallst.org qui gère le site internet, et ouvre le compte @OccupyWallStreetNYC à la commission Réseaux sociaux de l’AG. Dès le départ, il y a donc deux canaux numériques d’OWS : @OccupyWallStreetNYC qui doit rendre des comptes à l’Assemblée, et @OccupyWallSt, qui agit en dehors de l’Assemblée.

Le 17 septembre commence l’occupation de Zuccotti Park. Le magazine Adbusters, le collectif occupywallst.org et la Commission Réseaux sociaux relaient tous les trois du contenu autour de l’événement. Toutefois, c’est le site occupywallst.org qui attire le plus de visiteurs et qui, pour le grand public, est associé à OWS. Pourtant, c’est la Commission Réseaux sociaux de l’AG qui relate, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, l’occupation effective.
Des conflits surgissent au sein de la Commission Réseaux sociaux à propos du compte @OccupyWallStreetNYC. La Commission regroupe de plus en plus de collaborateurs, qui souhaitent se répartir en plus petits groupes et se spécialiser dans différents sujets et sur différentes plateformes. Justin Wedes, membre de la commission Réseaux sociaux, souhaite créer sa propre équipe, le Tweetboat. Mais à ce stade (nous sommes en octobre 2011), beaucoup s’oppose à toute mainmise sur le contrôle de ce compte. Un accord est alors trouvé avec le reste de la Commission : le Tweetboat peut utiliser le compte tant qu’il ne porte pas atteinte aux autres membres de l’équipe. Un équilibre des pouvoirs qui a toujours été difficile à trouver…

Occupy Wall Street devient un phénomène mondial, avec plus d’un millier d’occupations à son actif. Chaque « Occupy » dispose de ses propres réseaux sociaux, et cette décentralisation est encouragée par la Commission Réseaux sociaux. Celle-ci fait parvenir du matériel et des outils de formation aux autres occupations afin qu’elles puissent raconter leur propre histoire, renvoyer leur propre image. Mais, malgré cette tentative de décentralisation, c’est toujours le site occupywallst.org qui attire le plus de visiteurs.
Après l’évacuation de Zuccotti Park, l’incertitude règne. Que va faire OWS, et que vont devenir ses réseaux sociaux ?

C’est pendant cette phase de désorientation et de fragmentation que voit le jour, en décembre 2011, Occupy Solidarity Network, une association à but non-lucratif au nom trompeur, montée pour assurer la gestion des réseaux sociaux et des projets d’OWS. Elle est pilotée par Micah White (Adbusters), Justine Tunney et Priscilla Grim (occupywallst.org), et Justin Wedes (Tweetboat), qui s’imposent au conseil d’administration.
Deux ans plus tard, fin 2013, ces personnes s’autoproclament fondateurs d’OWS, tentent de déposer la marque et vendent des affiches dans les hypermarchés Walmart.
Mais cette alliance ne pouvait pas durer. Les capitalistes avides de pouvoir finissent toujours par se retourner les uns contre les autres…
Premier coup de théâtre (très médiatisé) : Justine Tunney tente de récupérer le compte Twitter @OccupyWallSt et cherche à se faire unanimement reconnaître comme leader. Par la suite, elle ira travailler chez Google.

Deuxième coup de théâtre : Micah White claque la porte d’Adbusters, en détourne le compte Twitter officiel, parcourt le monde en vantant les mérites du mouvement italien Cinq Étoiles de Beppe Grillo, au nom d’OWS, et ouvre une petite agence de conseil pour les activités militantes. Après quoi Justine Tunney et Micah White s’allient pour gérer le compte Twitter @OccupyWallSt et le site occupywallst.org.
À la suite d’une brouille, Priscilla Grim est exclue de la gestion du site, mais reste alliée à Justin Wedes, qui a toujours un accès administrateur au compte Twitter @OccupyWallStNYC.
Pendant l’été 2014, Justin Wedes décide ensuite d’exclure toutes les autres personnes qui publiaient sur le compte @OccupyWallStNYC, y compris les membres originels de la Commission Réseaux. Après avoir rédigé un billet de blog pour justifier cette action, il continue à utiliser le compte pour promouvoir ses projets personnels et leur trouver des financements.

L’ancienne Commission Réseaux sociaux d’OWS décide de se constituer en société et poursuit Justin Wedes en justice pour la propriété du compte.
Préférant éviter un procès et pour garder la face, Justin Wedes déclare qu’il remet le compte à Priscilla Grim ; curieusement, il s’avère que ce compte est partagé avec deux conseillers en stratégie numérique travaillant pour le parti Démocrate, Winnie Wong et Charles Lenchner. Ceux-ci vont alors fonder un mouvement prétendument « venu de la base », The People for Bernie, qui établit ouvertement un pont entre OWS et la campagne de Bernie Sanders.
Depuis un an, les choses marchent très bien pour eux. Les contenus publiés par @OccupyWallStNYC sont très nettement en faveur de Bernie Sanders. Lors d’interviews accordées aux grands médias, Winnie Wong et Charles Lenchner se présentent comme animateurs de la première heure du mouvement OWS et sympathisants de Bernie Sanders. La confusion, l’amalgame sont désormais courants au point que des personnes très impliquées dans OWS, et qui se disaient alors anarchistes, soutiennent à présent le parti Démocrate.
Ce récapitulatif ne relate qu’une partie d’une histoire bien plus complexe. Je tenais pourtant à vous en faire part afin que vous compreniez bien à quel point les réseaux sociaux sont un enjeu clé dans la construction de l’identité des mouvements. Nous avons toujours tenu à nous exprimer par nous-mêmes, toujours affirmé notre foi en la démocratie directe. Mais ce n’est pas ce que reflètent aujourd’hui les réseaux sociaux qui parlent de nous. Nos voix ne sont pas entendues.

Tirez-en les leçons qui s’imposent. Battez-vous pour garder un canal d’expression qui vous représente vraiment.

Solidarité,
Marisa Holmes
Occupy Wall Street

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Publié par le juin 12, 2016 dans Uncategorized

 

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