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Le Français interpellé en Ukraine : quatre questions autour de son arrestation

09 Juin

Grégoire Moutaux, jeune Français originaire dans la Meuse, a été arrêté en Ukraine avec des armes de guerre. Un homonyme, vivant dans le même département, a été confondu avec lui.

Par Eugénie Bastié Mis à jour le 08/06/2016 à 09:47 Publié le 07/06/2016 à 10:39

Terroriste ou trafiquant d’armes ? Deux jours après la révélation de l’arrestation d’un Français suspecté d’avoir voulu commettre des attentats en marge de l’Euro de football, de multiples interrogations demeurent quant aux mobiles et au contexte de son arrestation. Le Lorrain arrêté en Ukraine est proche d’une branche de l’extrême-droite qui a soutenu euromaidan: le « renouveau français » ( dont unT-shirt a été trouvé au domicile du suspect ). Sur le site lorrain de ce groupuscule on trouve de nombreuses photo de néonazis combattant la police ukrainienne place Maidan accompagnées d’un commentaire appelant à en faire de même en France. Le leader de ce mouvement était présent au côté du leader de Svoboda dans un colloque de nationalistes européens… Le Lorrain est impliqué dans un trafic d’armes avec les groupes paramilitaires combattant au côté des forces gouvernementales contre les « séparatistes pro russes »… On est bien loin du récit servi par les Ukrainiens dans les premières heures… L’affaire a sans doute été montée en épingle pour redorer le blason d’un pouvoir aux abois… Caramba encore raté ! (note de Gilles Garou)

Est-ce un terroriste ou un trafiquant d’armes? Une mise en scène des autorités ukrainiennes ou un coup de filet salvateur? Deux jours après la révélation de l’arrestation en Ukraine d’un Français suspecté d’avoir voulu planifier des attentats en France en marge de l’Euro de football qui commence vendredi, de multiples questions demeurent. Le Figaro fait le point.
• Une arrestation orchestrée après six mois d’enquête
L’arrestation du Français a eu lieu il y a plus de deux semaines, le 21 mai, à la frontière polonaise. Les images de sa capture, entièrement filmée sous trois angles et montée par les services de sécurité ukrainiens, et diffusées lundi, sont spectaculaires, pour ne pas dire surréalistes. On voit le suspect en train de charger des armes dans une camionnette, puis monter dans celle-ci avant de se faire interpeller par plusieurs agents des forces spéciales qui se jettent sur lui et le plaquent au sol. On aperçoit ensuite un plan sur l’arsenal impressionnant qu’il transportait. Repéré en décembre 2015 en Ukraine, il a été interpellé après six mois d’enquête, en possession de 125 kg de TNT, deux lance-roquettes antichar, cinq fusils d’assaut Kalachnikov et plus de 5000 munitions, selon les services ukrainiens. L’arsenal avait été fourni par les autorités ukrainiennes elles-mêmes afin de piéger le «terroriste». Ces dernières cherchent à déterminer l’orgine des fonds qui lui ont permis d’acheter les armes. «Nous avons été en mesure d’empêcher une série d’attaques terroristes», a affirmé Vasyl Hrytsak, chef du SBU (Service de sécurité d’Ukraine), qui a évoqué le projet d’une quinzaine d’attentats. En effet, selon le SBU, le jeune homme a fait part aux enquêteurs de son opposition à la politique migratoire de la France, à «la diffusion de l’islam» et à «la mondialisation» et aurait voulu viser une mosquée, une synagogue et des centres d’impôts en France.
L’arsenal découvert dans la camionette.
• Un Lorrain ordinaire
Quelques détails ont émergé sur le profil de ce jeune Lorrain de 25 ans. Grégoire M., fils et petit fils d’agriculteurs, est lui-même inséminateur de vaches. Il vivait depuis six ans à Nant-le-Petit, un village de la Meuse de 80 habitants. Le maire du village et ses voisins décrivent un garçon sans histoires, et son employeur un «salarié irréprochable».
On a retrouvé chez lui un t-shirt à l’effigie du Renouveau français, organisation d’extrême droite nationaliste et identitaire. De nombreux jeunes d’extrême-droite se rendent en Ukraine pour combattre dans des milices paramilitaires, aussi bien du côté ukrainien que du côté russe. Sur le site internet de la branche lorraine du Renouveau français, on trouve ainsi des images de la révolution ukrainienne avec ce commentaire: «Très belles images du soulèvement en Ukraine. En espérant que nous fassions la même chose en France prochainement.». Beaucoup de nationalistes d’extrême-droite ont suivi avec intérêt la frange ultra-nationaliste de la rébellion ukrainienne.
• Des doutes sur la piste terroriste
Si la piste terroriste est privilégiée par les services secrets ukrainiens, les services français n’ont eu pour l’heure aucune confirmation. «Nous ne disposons d’aucun élément judiciaire attestant de projets d’attentat en lien avec ce ressortissant français», affirme ainsi une source proche du ministère de l’Intérieur au Parisien. Le jeune homme est inconnu des services de sécurité français. Le parquet antiterroriste n’a pas encore été saisi. Pour le moment, les autorités françaises semblent privilégier la piste du trafic d’armes, et l’enquête a été confiée à l’Office central de lutte contre la criminalité organisée et au service régional de la police judiciaire de Nancy. «Une demande d’entraide judiciaire internationale a été envoyée mais aucune pièce de justice n’a été envoyée pour l’heure par les Ukrainiens», a indiqué une source policière à l’AFP.
• Un contexte géopolitique particulier
L’Ukraine est en guerre civile depuis plus de deux ans, entre l’Est soutenu par les Russes et le gouvernement, au pouvoir depuis le soulèvement de février 2014. La guerre fait toujours rage dans l’Est, où 35 soldats ukrainiens ont été tués dans le Donbass au cours du seul mois de mai. Ce contexte instable fait du pays, situé à proximité de la route des Balkans, un espace privilégié pour le trafic d’armes et la contrebande en tout genre.
Cette affaire éclate également dans le contexte d’une guerre d’information à laquelle se livrent depuis deux ans l’Ukraine et la Russie. D’ailleurs, Vasyl Hrytsak, le patron du SBU, s’est empressé d’évoquer une «trace russe» dans cette affaire, sans étayer ses propos d’une quelconque preuve. L’Ukraine est en tractation avec l’Union européenne avec pour objectif l’introduction de la libre-circulation des Ukrainiens en Europe. Ce coup de main dans la lutte antiterroriste pourrait être une façon de prouver leur bonne volonté. «Ils veulent qu’on les remercie, qu’on leur soit redevables», confie ainsi une source diplomatique au quotidien suisse Le Temps.

 
1 commentaire

Publié par le juin 9, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Le Français interpellé en Ukraine : quatre questions autour de son arrestation

  1. simione alain

    juin 10, 2016 at 1:48

    un FRANCAIS chargeant des centaines de kilos d’armes en Ukraine, d’extrême droite donc proche des courants dirigeant l’Ukraine, à PARIS un « manifestant »( il n’était pas encarté à la cgt mais alors?)AMERICAIN , jeune aussi participant à la mise à feu d’un véhicule de police dont nous n’avons plus d’écho!!Qu’est ce que cela dit?

     

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