RSS

La tribune : Une crise décisive de la zone euro est inéluctable Par Olivier Passet, Xerfi

08 Juin

Afficher l'image d'origine

 |  07/06/2016, 12:00  |  669  mots
Olivier Passet, directeur des synthèses économiques de Xerfi. / DR

Il y a quelque chose de glaçant dans cette analyse de quelqu’un qui ne remet en rien une certaine conception de l’économie, celle où le profit et sa bonne santé est prioritaire. Il est d’autant plus fascinanr  de lire ce diagnostic sur la fin de l’euro ou du moins les secousses qui ne manqueront pas de secouer le carcan à travers le sort imposé aux pays du sud (la France étant elle-même liée économiquement à ces pays du sud et souffrant de fait des mêmes maux face à la même politique, en particulier au niveau de ses diplomés. (note de danielle Bleitrach)

La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd’hui, une crise décisive de la zone euro est inéluctable

Nous l’avons dit maintes fois, la zone Euro a opté pour le mode de résolution de ses problèmes le plus coûteux en termes de croissance et d’emploi. Il n’en reste pas moins qu’elle a procédé à des ajustements, dont on est en droit d’attendre les dividendes.

Les pays du Sud, dont la consommation et l’investissement résidentiel s’étaient emballés, au mépris des équilibres externes, ont payé au prix cher cette stratégie. C’était tout le but des dévaluations internes. Remettre la demande des ménages en ligne avec la capacité d’offre solvable des différentes économies. Et les résultats sont aujourd’hui bien tangibles.

La dynamique des coûts salariaux a été cassée dans le sud

La divergence des coûts unitaires a pris fin et une partie des écarts a été résorbée. Les parts de marché se sont peu ou prou stabilisées, etc.

Le sous-financement de la protection sociale a été corrigé, notamment en Espagne et en Italie concernant les retraites. Les croissances redémarrent aujourd’hui laissant augurer la possibilité d’une reprise du mouvement de rattrapage de la périphérie sur des bases plus saines et plus soutenable. On pourrait alors s’arrêter à ce simple bilan de la purge douloureuse, mais utile, qui n’aura été qu’une parenthèse dans la jeune histoire déjà houleuse de l’euro. Une sorte de coût d’apprentissage en quelque sorte qui nous permettrait de repartir sur une base assainie.

À cela près, que cette lecture focalisée sur la compétitivité coût fait totalement l’impasse sur les fondements réels de la croissance. Je voudrais mettre ici en avant trois indicateurs clés, pour montrer que l’Europe n’en a pas fini avec les forces de divergence qui menacent son intégrité, et qui tôt ou tard remettront l’euro sous pression.

Regardons d’abord l’effort d’investissement productif et collectif des différentes économies (hors investissement résidentiel donc), rapporté au PIB. Que voyons-nous, que le Sud a décroché et que le mouvement de restauration, encore incomplet, observé en Espagne constitue une exception.

Plus grave encore: le taux de chômage des plus qualifiés

Regardons ensuite les dépenses d’éducation par étudiant, exprimées en parité de pouvoir d’achat ou en proportion du PIB. Là encore le retard du Sud est chronique et entérine un écart permanent de productivité.

Le diplôme protège beaucoup moins du chômage dans les pays du sud. Cet écart est le reflet d’une structure productive à la traine en termes de qualification. Mais il entraîne de surcroît une déqualification des diplômés et un gaspillage considérable des ressources investies dans le capital humain extrêmement préoccupant.

Résultat, la productivité en porte la marque. Certes la productivité horaire semble avoir bondi en Espagne, et dans une moindre mesure au Portugal, sous l’effet des destructions massives d’emploi, notamment dans le secteur à faible productivité de la construction. Mais passé cet épisode d’ajustement brutal de l’emploi, il n’existe pas de vraie dynamique endogène de croissance dans les pays du sud. Si l’on veut s’en convaincre, on peut aussi se référer à la productivité globale, qui synthétise la productivité du capital et du travail. La périphérie n’a pas, répétons-le, de moteur de croissance endogène.

Bref, la machine à diverger est toujours là. Passé l’épisode positif pour tous de la décrue de l’euro et des prix des matières premières, et du rebond mécanique de la croissance après le sur ajustement de la crise, il est à craindre qu’elle réimprime sa marque sur la dynamique européenne. Et la seule chose que propose in fine l’Europe aux pays retardataires, c’est de maintenir leur rang et de rester des zones de faibles coûts qu’internalise le cœur industriel de l’Europe.

> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

à lire également : ue89.nouvelobs.com/2016/06/08/chut-cle-voute-leuro-sest-effondree-bye-les-3-264286?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#link_time=1465372829

 

 
Poster un commentaire

Publié par le juin 8, 2016 dans Economie, Europe

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :