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La Chine, nouvelle arme de destruction massive du chômage en France ?

01 Juin

 un article intéressant qui dénonce bien des certitudes, en particulier celles qui aujourd’hui nous valent d’abord le blocage autour de la loi khomri, mais aussi une politique belliciste irresponsable derrière les Etats-Unis contre un continent euroasiatique en construction, avec une Chine dont le marché intérieur est en train d’évoluer. (Danielle Bleitrach)

Par Denis Jacquet, EduFactory  |  31/05/2016, 14:36  |  1405  mots
http://www.latribune.fr/opinions/la-chine-nouvelle-arme-de-destruction-massive-du-chomage-en-france-575413.html
Si l'on prend le cas de l'agriculture, 1 milliard d'euros à l'export en plus permettrait la création de 20.000 à 30.000 emplois supplémentaires, pour une productivité de 50.000 euros par travailleur agricole.
Si l’on prend le cas de l’agriculture, 1 milliard d’euros à l’export en plus permettrait la création de 20.000 à 30.000 emplois supplémentaires, pour une productivité de 50.000 euros par travailleur agricole. (Crédits : DR)
Loin des clichés, mérités, il existe des voies nouvelles qui permettraient une création massive d’emplois grâce, tout à la fois, au numérique, à la Chine et à l’export, guérissant ainsi la faiblesse chronique des PME françaises sur le sujet. Par Denis Jacquet, Pdg de EduFactory.com et président de « Parrainer la croissance ».

La Chine a longtemps été accusée de nous voler nos emplois. Même si l’analyse des chiffres des vingt dernières années accrédite largement cette thèse, il faut reconnaître que nous nous les sommes principalement volés à nous-mêmes !

La pression sur les prix des grands donneurs d’ordre, le sacrifice des institutionnels et des politiques au « Dieu pouvoir d’achat » pour des considérations électorales ont conduit la France et nombre de pays développés à mettre une telle pression sur les fournisseurs qu’ils n’ont eu d’autre choix que de délocaliser. Tout en étant assis de force sur le banc des accusés, alors qu’ils n’étaient que les lampistes. Les exemples ne manquent pas.

Les opérateurs téléphoniques exigeaient des coûts de service après-vente à des prix que seul un pays émergent pouvait offrir, afin de sacrifier à l’exigence du toujours moins cher du politique ? Pourtant, ce sont les opérateurs de centres d’appels qui étaient montrés du doigt en place publique.

Le miroir aux alouettes du « toujours moins cher »

De même, la grande distribution imposait des prix tellement bas pour le textile que même une production maghrébine ne pouvait plus y satisfaire, jetant ainsi nos derniers emplois entre les jeunes mains d’enfants asiatiques, cela afin de permettre à Leclerc de crier à tout vent qu’il offrait du pouvoir d’achat aux français. Les pubs sur le « moins cher » auraient dû être sous-titrées avec le nombre d’emplois perdus.

Nous nous sommes donc volés. Tout seuls. Nous avons accepté ces politiques productivistes, au mauvais sens du terme, confortées par l’attitude passive du consommateur qui a préféré le breuvage sucré du court terme et ignorer la potion salée qu’il boirait à long terme.

Or, il y avait dans le monde, nombre de candidats très heureux de récupérer ces emplois détruits. Ils en avaient besoin et devaient bien se demander au nom de quelle hérésie on pouvait cracher sur ces millions d’emplois si durs à créer.

Quand l’économie devient une arme de destruction d’avenir

Nous avons, en Occident, oublié que le but d’une économie est de l’enrichir et non de faire passer le profit à court terme et la productivité avant le bénéfice des générations futures. Parmi les candidats à la reprise de nos emplois, figurait la Chine. Elle a principalement bénéficié de notre bêtise, et la blâmer de nous avoir « piqué nos emplois » est un peu facile. Nous les jetions alors qu’elle avait plus de 1 milliard de bouches à nourrir qui découvraient que le Livre rouge ne nourrissait pas son homme. Ils se sont donc fait une spécialité que de fournir ce salarié à bas prix que l’Occident aveugle voulait s’offrir.

Désormais, la Chine est riche, de devises, de milliardaires ramassés à la faucille, qui investissent dans le monde entier, poursuivant des objectifs variés, mais centrés sur la préparation de leur avenir. Mais peut-être sommes nous arrivés à un possible point de bascule qui pourrait, en retour, nous profiter.

Que dirions-nous si la chine pouvait nous renvoyer l’ascenseur en dépensant sa fortune acquise en achetant des produits français ? Paradoxe, l’attrait de ses produits serait lié à l’origine française de leur production. N’est-ce pas délicieusement ironique ? L’export au service de l’emploi.

Le Commerce extérieur, enfant maudit de la politique française

Or, le Commerce extérieur est confié depuis trente ans à des secrétaires d’Etat souvent aussi novices que totalement inconnus. Leur discrétion est aussi forte que notre déficit est conséquent. Le Commerce extérieur est l’enfant maudit de la politique française.

Nous sommes des nains de l’international, dépendants de contrats géants – qui, parfois, nous font la gentillesse de tomber (les Rafale ou les sous-marins). Mais, pour le reste, c’est le néant, alors que les bras se tendent pour recueillir les produits français. Il nous revient de transformer cette envie en offre, et cette offre en emplois.

Au lieu de milliers d’aides inutilisées, aidons les Français à se vendre en Chine (notamment) et transformons chaque milliard de vente en 30.000 à 40.000 emplois directs et peut-être autant en indirect. Nul besoin de l’Etat pour cela, ou si peu, juste notre bon sens, notre volontarisme et une organisation tournée vers le numérique.

Le chômage, comme une avalanche au ralenti qui lamine le pays

L’export au service de l’emploi, voilà une idée qui mérite plus d’attention que les programmes des candidats à la présidentielle de 2017. C’est l’urgence. Chômage des jeunes en hausse, 70% d’augmentation du chômage des seniors… L’effet désastreux du chômage s’étend, de plus, à la totalité des foyers concernés: en effet, l’impact touche, en moyenne, trois fois plus d’individus que le nombre des chômeurs !

Ajoutez à cela les désillusions concernant le pouvoir, les élus, les mouvements politiques, les nouvelles lois « baguette magique », les « dispositifs »… Au contraire du virus Ebola, ou de la menace terroriste qui a justifié la bascule durable en « état d’urgence », ce fléau est devenu un état de fait qui ne mobilise plus : une sorte d’avalanche au ralenti qui lamine toute la France et pose de réelles questions sur notre viabilité à terme.

Il faut se focaliser non pas sur la croissance et la consommation…

Notre expérience d’entrepreneur, faite de pragmatisme et de décisions quotidiennes face à l’inefficacité bureaucratique, permet de pointer du doigt des solutions qui n’ont été que peu explorées.

Le raisonnement est pourtant simple – même si certains experts de l’économie y trouveront à redire, pour le plaisir de passer à la télé. Le nombre d’emplois dans un pays est le résultat de la quantité de travail fournie par les personnes en âge de travailler. Cette quantité de travail dépend de la consommation intérieure et des exportations, et donc, de la balance commerciale. Tout ce qui est importé est du travail procuré aux autres pays.

 … mais sur la balance extérieure

Notre attention est totalement focalisée sur la croissance de la consommation et du pouvoir d’achat. Mais rien pour renverser la tendance d’une balance commerciale en chute libre.

Pourtant, l’équation est simple. Si l’on prend le cas de l’agriculture, 1 milliard d’euros à l’export en plus permettrait la création de 20.000 à 30.000 emplois supplémentaires, pour une productivité de 50.000 euros par travailleur agricole. Tous métiers confondus, un excédent de cette balance de 70 milliards d’euros correspondrait à 2 millions d’emplois nouveaux. La démonstration en a été faite par l’Allemagne en 2015. Avec un excédent de 248 milliards d’euros (+ 30 milliards par rapport à 2014) et une création nette de 600.000 emplois nets, elle approche le plein emploi (5,1% de chômage).

Double-effet Kiss Cool, cet accroissement de l’export influe directement sur la consommation intérieure en augmentant le pouvoir d’achat des travailleurs sortis du chômage.

Et si la Chine renvoyait l’ascenseur

La Chine est, de manière assez inattendue, une des solutions possibles pour améliorer notre balance commerciale. Le e-commerce s’est développé de manière incroyablement forte et dépasse les Etats-Unis avec un volume de 500 milliards de dollars d’achats en ligne.

Or, ce succès fait apparaître une demande qui explose: les importations de produits étrangers. Pourtant, la France n’est pas dans le Top 10 des importations ! Nous avons donc de l’or à portée de main (comme le prouvent l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas…).

C’est le but d’initiatives comme « Fine Fleur de France » que d’exporter, par le biais de petits colis postaux directement envoyés aux internautes chinois, les meilleurs produits fabriqués en France. La rencontre avec l’association « Parrainer la croissance » est en train de permettre à ses 3.500 entreprises d’accéder directement à 10 géants du e-commerce chinois. Un appel élargi à toutes les entreprises du « Made in France » est en cours. L’objectif est simple. Parvenir, en 5 ans, à franchir la barrière des 10 milliards de ventes de produits français aux consommateurs chinois. Ceci afin de créer en final ces 300.000 emplois directs -et certainement le double avec les emplois indirects- dont la France a tant besoin.

Nous avons été aveugles trop longtemps, montrons tous notre vision et faisons du numérique et de l’export le moteur du retour de la France dans le peloton des gagnants qui enrichissent leurs concitoyens !

Par Denis Jacquet, Pdg de EduFactory.com et président de « Parrainer la croissance »

 

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Publié par le juin 1, 2016 dans Asie

 

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