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Kiev fait la leçon à Berlin: L’ambassadeur d’Ukraine réprimande l’Allemagne pour  » oubli des objectifs » par Svetlana Gomzikova

31 Mai

Nous discutons avec Marianne de ce qui se dit dans la presse russe. Elle me décrit une presse parfois moqueuse par rapport aux actuels dirigeants ukrainiens et me cite une idée lue récemment. Pour les Européens, les ukrainiens sont comme le « cochon » pour les évadés du bagne tsariste de Sibérie. Ils emportaient avec eux un détenu pour le manger quand ils traverseraient les forêts hostiles.Visiblement « le cochon » se  prend très au sérieux.mais c’est tout simplement parce qu’il se sait un protectorat américain dans une Europe vassalisée (note de Danielle Bleitrach)

Франк-Вальтер Штайнмайер,Зигмар Габриэль

Frank-Walter Steinmeier, Sigmar Gabriel (Photo: AP / TASS)

http://svpressa.ru/politic/article/149509/

 

Les autorités ukrainiennes ont exigé des explications du ministère allemand des Affaires étrangères au sujet des paroles du vice-chancelier Sigmar Gabriel, qui au cours d’un forum à Rostock a suggéré une levée progressive des sanctions économiques contre la Russie. A Kiev, cette déclaration d’un haut fonctionnaire allemand, comme l’a noté dans un entretien avec Tagesspiegel l’ambassadeur ukrainien en Allemagne Andrei Melnik, « a été reçue avec amertume et déception. »

Le diplomate ukrainien a demandé au ministère si l’avis du vice-chancelier reflétait la position du gouvernement fédéral. Il a également reproché à l’Allemagne de « dévier de l’objectif. » En effet, « dans le cas de la Russie, la communauté internationale a besoin de patience stratégique, d’unité et de fermeté. » Seulement alors « les sanctions seront efficaces. »

L’ambassadeur n’a pas aimé non plus que Gabriel qualifie le conflit au Donbass de « guerre civile » et non « d’intervention russe. » Selon le chef de la mission diplomatique, « cette expression a été perçue par de nombreux Ukrainiens comme insultante et injuste. »

En fait, ce fonctionnaire sous les ordres de Pavel Klimkin [Ministre des AE] a présenté un ultimatum à l’Allemagne: « Personne n’est intéressé par votre avis, alors gardez-le par devers vous à l’avenir! ».

Mais depuis quand Kiev a définit-il les objectifs pour le pays à la tête de l’UE? Et que peut répondre Frank-Walter Steinmeier [Ministre des AE allemand] ?

 

– Très probablement, il ne répondra pas, – a commenté Vadim Trukhachev, Maître de conférences au Département des études régionales étrangères et de politique étrangère à Moscou.

– Parce que les politiciens ukrainiens ont depuis longtemps habitué les Européens au fait qu’il est impossible de les prendre au sérieux. Juste il est parfois nécessaire de les recadrer, pour éviter des dégâts dont on paiera les conséquences pendant des décennies.

Donc, toutes ces attaques verbales et ces contorsions ne sont que du vent. M. Steinmeier ne répondra en aucune façon. D’autant plus que Gabriel est son camarade de parti et collègue membre du Parti social-démocrate (SPD). Et d’ailleurs il a lui-même souvent exprimé ces mêmes idées.

« SP »: – Alors dans quelle mesure ces remontrances de l’ambassadeur de l’Ukraine sont-elles tolérables?

– Je vous rappellerai simplement que la politique étrangère ukrainienne est devenue hystérique au cours des deux dernières années. Ceci n’est qu’un exemple de plus. Du genre, « si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous», «Si vous n’allez pas à la guerre contre les Moscals», c’est que «vous avez trahi la cause commune.» Cela signifie que « vous avez abandonné dans le malheur un pays, qui est le gardien de l’Europe, et la protégent contre les terribles hordes asiatiques sauvages et barbares qui viennent de l’Est. »

 

C’est dans cet esprit que doit être interprétée la déclaration de l’ambassadeur d’Ukraine.

 

En outre, si l’ambassadeur d’Ukraine n’avait pas dit ce qu’il a dit, il aurait cessé d’être ambassadeur. Parce qu’on lui aurait immédiatement tombé dessus à bras raccourcis, et aussi sur Klimkin, et, en fait, sur Porochenko – « qu’est-ce que c’est que cet ambassadeur qui ne défend pas nos intérêts? »

Ils sont tous à l’affut. Dans la politique ukrainienne on ne manque pas de « grandes personnalités » – Lyashko, par exemple, Yarosh, Parasyuk. Et maintenant Savtchenko [la pilote ukrainienne condamné en Russie pour la mort de 2 journalistes russes, puis échangée] par-dessus le marché.

 

« SP »: – Gabriel est un des poids lourds de la coalition au pouvoir en Allemagne. Et on peut dire qu’il s’est fait passer un savon. N’est-ce pas étrange?

 

– Ils peuvent passer un savon à qui ils veulent, personne n’y prêtera attention. Un roquet qui aboie … Peut-être pas sur un Eléphant, mais du moins sur un Boeuf.

Tel est le niveau de la diplomatie ukrainienne. Il s’est montré lui-même dans toute sa gloire.

Et avant cela, il y a eu plusieurs scandales, avec leur ambassadeur en Grande-Bretagne, puis aux Pays-Bas. On voit là le niveau des diplômés sortant de l’Institut des relations internationales de Kiev, Kyiv-Mohyla, et ainsi de suite.

Comment le pays peut-il  être pris au sérieux après ces paroles?

Naturellement, le pays reste une monnaie d’échange dans les relations entre l’Union européenne, les États-Unis et la Russie. Rien de plus.

Le Professeur Sergueï Tcherniakhovski, de la Faculté de science politique (Université Etat de Moscou) estime que la réaction à la réprimande de l’ambassadeur de l’Ukraine sera « diplomatique »:

– En ce qui concerne ce qui est permis ou non, voyez-vous … Comment considérons-nous le régime ukrainien actuel? Un gouvernement légitime agissant dans un cadre juridique civilisé? Ou une dictature criminelle, autrement dit la même chose que DAESH.

Vous comprenez, si DAESH lance un défi à quelqu’un, il est clair quelle sera la réaction. Mais dans la mesure où le régime de Kiev n’est pas assimilé à DAESH – même si, en fait, cela serait nécessaire – bien sûr, il peut exiger quelque chose, faire des critiques. Et sa situation dans une certaine mesure est plus solide que celle de la Russie. Parce que l’Ukraine est soutenue. Tandis que la Russie est soumise à des sanctions.

Pourquoi au fond? Parce que la position de l’Ukraine –même si, bien sûr, elle repose sur des mensonges, – est cohérente. Parce que l’ «Ukraine démocratique libre», qui a fait le choix européen, « se bat contre un agresseur totalitaire» … Cette position est parfaitement logique.

La Russie n’a pas une position parfaitement logique.

 

« SP »: – Expliquez-vous?

 

– Par exemple, si la Russie avait déclaré que le régime de l’Ukraine était un régime criminel, que nous ne le reconnaissons pas et défendrons le peuple ukrainien en libérant le territoire de l’Ukraine, ce serait une position cohérente et logique. Si la Russie avait déclaré: «En Ukraine, il y a une guerre civile entre ceux qui ont fait le coup d’Etat et ceux qui lui résistent. Et nous aiderons ceux qui représentent les restes d’un cadre constitutionnel démocratique de l’Ukraine pour vaincre les usurpateurs » . Ce serait une position cohérente.

Et quelle est maintenant la position de la Russie?

 

« SP »: – Selon toute vraisemblance, elle se fonde sur les points des accords de Minsk, que sabote si obstinément Kiev. Et dont la non observation nous est tout le temps reprochée par l’Occident …

 

– Les accords de Minsk ne constituent pas une position cohérente. Parce qu’ils contiennent toujours cette même contradiction. Du point de vue des accords de Minsk, il faut un dialogue inter-ukrainien entre le Donbass et le régime de Kiev. N’est-ce pas? Donc, nous mettons sur le même plan le Donbass et le régime de Kiev. Ce sont deux protagonistes, dont nous ne comprenons pas qui est bon et qui est mauvais. Mais il y a un conflit – nous allons les aider à faire la paix.

Autrement dit, si vous permettez cette comparaison, un voleur, quelque part dans un transport en commun tente d’enlever votre sac avec votre argent. Vous appelez la police, et la police déclare: «Les gars! Nous ne nous soucions pas de savoir qui a volé quoi. Ce qui est important c’est qu’il n’y ait pas de scandale. Alors partez chacun de votre côté. La moitié du contenu du porte-monnaie à l’un, et la moitié à l’autre ».

Que penseriez-vous de ce policier?

Eh bien les accords de Minsk sont écrits à partir de ce point de vue. Ils ont joué leur rôle pour arrêter l’effusion de sang …

 

« SP »: – C’était justement leur fonction principale …

 

– Vous voyez, il n’y a pas de plus grande folie, en principe, que d’essayer de résoudre un conflit en arrêtant l’effusion de sang. Parce que l’effusion de sang n’est pas la cause. C’est le résultat. Toutefois, lorsqu’ils ont été signés, il y avait une logique.

Seulement, cela n’a pas été bénéfique pour le Donbass et la Russie, et c’est le régime de Kiev qui en a tiré avantage. Parce que quand une paix est signée entre ceux qui perdent et ceux qui gagnent, c’est toujours celui qui est en train de perdre qui en bénéficie.

Une autre question est la logique diplomatique, en particulier pour montrer que le régime de Kiev sera incapable de mettre en pratique même ces accords.

Simplement le groupe politique qui est au pouvoir en Ukraine, jamais il n’a respecté aucun accord. Et chaque fois l’Occident a fermé les yeux.

 

« SP »: – D’ailleurs l’Occident avant garanti à Ianoukovitch une issue pacifique au Maidan, et puis il s’est tout simplement « lavé les mains » …

 

– Et avant cela, il y avait en fait encore plusieurs accords en cours. Ensuite, la réunion de Genève en avril …

L’Ukraine n’a honoré aucun accord. Et l’Occident s’est tu.

Ainsi, la position de l’Ukraine sur la scène internationale aujourd’hui est plus efficace que la position de la Russie. Et ce n’est pas absurde. Parce que la coalition occidentale et la civilisation occidentale, elle perçoit l’audace comme une chose avec laquelle il faut compter. Et les tentatives de faire des concessions, comme une base pour de nouvelles exigences.

Les dirigeants des 7 ont proclamé hier la nécessité de nouvelles sanctions contre la Russie, ainsi que l’extension des anciennes. Alors qu’il y avait des indécis – en particulier en Italie, et en France … Savez-vous pourquoi ils ont pris la position des autres?

 

« SP »: – Pourquoi?

 

– Parce qu’on a libéré Savtchenko. Ils en ont conclu que l’on peut « faire pression » sur la Russie. S’ils ne pensaient pas ainsi, ils n’auraient rien fait.

Le voleur, s’il a attrapé votre sac, ne partagera pas avec vous. Vous avez cédé? Donc, vous pouvez céder encore.

 

« SP »: – Il est clair que la reconnaissance du pouvoir post-maïdan en Ukraine a été une erreur. Mais maintenant on ne peut pas retourner en arrière …

 

– Il y a beaucoup de formules que nous aurions pu utiliser par rapport à cette question. Par exemple, il existe une formule qu’affectionnent nos adversaires – « ce dirigeant a perdu sa légitimité. »

Encore une fois, je ne suis pas en train de dire qu’il faudrait monter une opération contre Kiev. Mais honnêtement, si la Russie dès le début après le coup d’Etat, avait envoyé des troupes au moins sur le Dniepr, il n’y aurait pas eu davantage de sanctions. Peut-être moins. Et les parties au conflit seraient en train de négocier la façon de résoudre la situation en Ukraine.

Mais ces concessions constantes, ce pacifisme permanente de la Russie, ne fait qu’encourager l’agresseur.

 

« SP »: – Et comment pouvons-nous « couper ce nœud gordien»?

 

– Cela dépend de chaque situation concrète. Je n’exclue pas qu’il faille organiser des élections dans le Donbass et reconnaître les républiques de Donetsk et de Lougansk. Reconnaître leur indépendance.

Et il est temps de changer de rhétorique, au moins. Je pense qu’il faudrait affirmer que l’Ukraine a été victime d’une agression de la part de la coalition occidentale. Que le gouvernement ukrainien légitime et l’ordre constitutionnel est représenté par les DNR et LNR. Que le reste du territoire est occupé. Nous soutenons pleinement la lutte de libération du peuple ukrainien contre la dictature de marionnettes étrangères.

La question est la suivante : qui est prêt à résister au bras de fer. Ils ne déclencheront pas une guerre nucléaire contre nous. Je vous assure que nous allons gagner de plus en plus de partisans. Parce que les États-Unis oppriment de nombreux pays européens. Mais quand il s’agit de se tourner clairement vers la Russie, ils ne le font pas pour une raison simple: nos partisans potentiels ne savent pas si la Russie se battra jusqu’à la victoire finale. Ou si à chaque fois elle trouvera quelque chose à négocier et à concéder.

Trad. MD pour H & S

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