RSS

Cuba: « La Russie est essentielle à la sécurité et à un monde multipolaire »

31 Mai

 Une position très équilibrée qui me semblerait particulièrement appropriée pour un véritable gouvernement socialiste français et qui devrait participer d’un programme propre du parti communiste français sur les questions internationales de la paix et du développement (note de Danielle Bleitrach)

http://leyderodriguez.blogspot.fr/2016/05/rusia-es-esencial-para-la-seguridad-y.html?spref=fb

Pour clarifier les questions clés de la politique étrangère actuelle de la Russie, Sputnik a procédé à interview exclusive depuis la Havane de l’analyste Santiago Perez Benitez, du Centre de recherche pour la politique internationale à Cuba (ICIP), récemment revenu de  la  capitale russe, où il a participé à la V Conférence de sécurité internationale.

Diplômé de l’Institut des relations internationales de Moscou et ayant fait une brillante carrière diplomatique à Cuba, il est considéré comme l’un des experts les plus importants de la politique internationale sur l’île.

Quelles sont les causes et les raisons historiques qui ont conduit la Russie à agir sur la scène internationale comme elle le fait aujourd’hui? Comment décririez-vous la politique russe en ce moment?

Comme toute politique étrangère, la politique russe s’explique par des facteurs historiques, nationaux, par  les intérêts des secteurs dominants, par le contexte international dans lequel elle opère, les caractéristiques du leadership du pays, la psychologie, la perception du pouvoir et celle de tous les autres, etc.

Mais j’ose souligner que la projection actuelle de Moscou, en particulier depuis 2014 est expliquée principalement en réaction aux tentatives de l’Occident pour arrêter, et si possible inverser, le processus observé depuis le milieu des années 2000 de ré-émergence de la Russie en tant que puissance mondiale avec des intérêts et des projets spécifiques – pas nécessairement antagoniste au système mondial.

L’action offensive de l’Occident dans la crise ukrainienne en 2014 a déclenché toutes les alarmes à Moscou sur les véritables motivations et la portée possible, internes et externes, de la stratégie occidentale, en particulier celle des nord-américains. Dans le débat géopolitique russe il y a – au bout du compte – un consensus sur le fait que l’Occident n’a pas l’intention d’accepter la Russie comme un acteur important mondial à égalité, mais qu’il le veut un  État faible, soumis et dont le système interne doit également  être modifié.

La politique étrangère russe est active, pragmatique, elle défend les intérêts nationaux et ceux de ses secteurs dominants. Elle  bénéficie d’un soutien dans la société russe, qui voit la plupart du temps son pays menacé, et conserve une mentalité de grande  puissance.

Nous assistons à une campagne agressive de l’Occident, en particulier des États-Unis, qui vise à minimiser et à diaboliser la Russie. Pourquoi les États-Unis choisissent-ils un tel axe? 

Durant le premier mandat d’Obama, avec sa politique de ‘reset’ Les USA a cherché à modifier les méthodes de confrontation avec Moscou de l’époque de Bush, mais pas les objectifs d’affaiblissement et la volonté de provoquer une instabilité interne du pays. Depuis le second mandat, cependant, et la montée en force des républicains au Congrès, Washington a été engagé dans la récupération des positions mondiales perdues par les folies de l’administration Bush en 2000, la grande crise de 2008-2009 et ses effets sur les années suivantes. La stratégie a été la mise dans la mire de Moscou-  unique pays qui peut les détruire militairement et avec lesquels les USA a une grande interdépendance –  dont l’économie liée aux matières premières et ayant des vulnérabilités structurelles est perçue comme étant un facteur de faiblesse.

L’offensive contre la Russie fait partie d’une conception plus dure dans  la confrontation avec les acteurs qui défient le pouvoir US à l’échelle mondiale, y compris la Chine, mais aussi le Brésil et le Venezuela dans notre région. Les US estiment qu’il n’y a pas de limite  aux coûts importants dans la guerre froide déclenchée contre Moscou si cela détermine des profits importants.

Ils ont diabolisé la Russie et Poutine, à qui ils ont  donné l’image d’un «nouvel ennemi» pour justifier leurs dépenses militaires, la revitalisation de l’OTAN,  l’hystérie «sécuritaire» en Europe et la recherche de la «protection» par les États-Unis des pays d’Europe de l’Est. Ils ont également affaibli l’économie russe avec des sanctions et la baisse des prix du pétrole -l’économie russe a baissé de 3,5% en 2015, mais ils n’avaient pas tablé sur son émancipation politique intérieure, les énergiques et asymétriques réactions russes en Ukraine, en Syrie.

En parlant de l’économie, est-ce que les sanctions européennes ont eu le résultat escompté? Que pensez-vous qui va se passer à cet égard?

Ce qui a le plus influencé le déclin de l’économie a été la baisse des prix du pétrole et du gaz. Alors que de l’autre côté, cela a obligé  le pays à développer un processus de substitution de ses importations et exportations, à diversifier son commerce extérieur et à développer l’agriculture. Pour les Russes il y a eu une prise de conscience plus claire de la nécessité d’apporter des changements structurels dans leur économie et de la moderniser.

Les  États-Unis ne sont pas réellement affectés par les sanctions, mais les  Européens, en revanche sont atteint de plein fouet, en particulier dans l’interdépendance qu’ils ont avec  le marché russe tant pour les importations que pour les exportations, et l’activité de leurs entreprises. Les sanctions et contre-sanctions de Moscou interviennent à un moment de crise économique en Europe, ce qui aggrave la situation, surtout pour certains pays. Un affaiblissement supplémentaire de l’UE, entre autres conséquences, rend celle-ci plus vulnérable aux pressions des États-Unis en vue d’accepter le traité stratégique de commerce et d’investissement (TTIP) favorisant Washington. Je pense qu’à moyen terme, avec un remaniement possible dans le Donbass en conformité avec les accords de Minsk, une plus grande coopération éventuelle dans les questions de sécurité avec Moscou, et avec l’administration des US, les sanctions devraient être retirées progressivement. Il est probable que les Etats-Unis et l’UE, demanderont des nouvelles concessions à la Russie, qui a déjà dit qu’elle n’en ferait pas.

Le déclencheur ou la justification  des sanctions était la récupération de la Crimée par la Russie. Comment pensez-vous que va évoluer cette question?

L’adhésion de la Crimée à la Russie est là pour rester. La population de la péninsule est russe, et le gouvernement de Moscou a renforcé sa position militaire dans la région pour son importance géostratégique dans la mer Noire et face à l’OTAN. Et bien que la restitution  de la  Crimée restera une revendication politique, diplomatique et de la propagande du gouvernement ukrainien et l’Occident, je les imagine mal entrer en guerre pour changer la situation.

La Russie a été activement impliquée dans la lutte contre le terrorisme. Quels sont les principaux résultats de l’opération russe en Syrie?

Peu d’actions militaires directes étaient attendues de la part de la Russie dans la guerre en Syrie. C’est le premier acte de guerre mené par Moscou hors de l’espace de la CEI depuis l’invasion soviétique de l’ Afghanistan en 1979. Ces actions ont démontré une volonté d’exercer le pouvoir russe en termes de réalisation de leurs intérêts, dans ce cas, il s’agissait d’éviter l’effondrement du gouvernement syrien, de voir les terroristes prendre le pouvoir à Damas, et de perdre ses bases militaires dans le pays. De l’autre côté, cela  a été une démonstration de l’efficacité de sa machine militaire. En  quelques mois, ils ont réussi sur le terrain beaucoup plus que les Etats-Unis – en conduisant la coalition internationale pour faire face Daesh. Aujourd’hui la Russie a un rôle plus important en Syrie et au Moyen-Orient que dans les années précédentes. Quoi qu’on puisse en dire, et avec toutes les difficultés qui existent, la situation est plus proche que jamais de la possibilité de certains règlement politico-diplomatique en Syrie, le gouvernement Asad est mieux en mesure de faire face à cette négociation, bien que la Russie ait clairement indiqué qu’elle n’est pas en Syrie pour favoriser l’une ou l’autre force politique, mais pour défendre les principes et lutter contre le terrorisme.

Comment évaluez-vous la menace du terrorisme pour la Russie? Comment la Russie peut-elle  continuer à contribuer à son éradication?

Le terrorisme est une menace interne à la Russie. Déjà ils ont fait face à ce fléau dans les périodes précédentes, en particulier dans le Caucase. Chaque fois qu’il y a des actions terroristes contre certaines cibles au Daghestan, à  Volgograd, à Moscou et d’autres villes,  ils ont réussi à contrôler efficacement ces menaces. Il y a des milliers de combattants de l’Etat islamique dans les pays de la CEI, dont beaucoup parlent russe et peuvent infiltrer leur pays d’origine et y mener des actions armées.

Les frontières de la Russie avec les pays de l’ex-URSS sont poreuses, et il y a un trafic important des biens et des personnes. Il y a des préoccupations graves en Russie et dans les pays voisin concernant les liens et les ramifications qui peuvent augmenter à partir des terroristes qui luttent actuellement au Moyen-Orient et les talibans en Afghanistan. Malgré les conflits avec l’Occident et les Etats-Unis en particulier, il est possible d’accroître la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme pour y remédier. En septembre 2015 Poutine a appelé à une coalition internationale contre le terrorisme, à laquelle Washington et les autres Etats concernés n’ont  pas répondu de manière adéquate. Quoi qu’il en soit, les efforts bilatéraux et multilatéraux se poursuivent. Ils ont essentiels, cependant, tant en ce qui concerne le conflit armé que les actions des services de sécurité respectifs.

Maintenant que les relations entre Cuba et les États-Unis sont normalisées, quelles sont les perspectives de relations bilatérales entre  l’île et la Russie?

Certains médias ont inclus la variable normalisation avec US comme si elle était susceptible de faire varier l’avenir et l’engagement de Cuba envers Moscou. La Havane a toujours maintenu une politique cohérente avec ses principes et a été « l’amie de ses d’amis » dans des situations différentes. Ceci est une position intelligente, en plus éthique, sinon le pays perdrait de sa légitimité et de sa fiabilité par rapport à d’autres acteurs sur la scène internationale et dans l’avenir. Et un petit pays comme Cuba doit prendre soin de son capital de pouvoir doux qui est basé sur son autorité morale et la confiance qu’il inspire. Il serait également absurde que Cuba réduise l’intensité de ses liens avec les amis internationaux avérés comme la Russie quels que soient les aléas de la relation historiquement améliorée avec un acteur aussi instable et rapace que l’ US, qui de l’autre côté, cherche à modifier le système interne à Cuba, alors que que d’autres ne le font pas. Une relation n’est pas nouée contre une autre. Dans toutes leurs déclarations les Cubains depuis 2014 n’ont pas cessé de parler des États-Unis et de leurs stratégies de l’ OTAN en condamnant leurs actions d’approche des frontières de la Russie ou quand il s’agit de mettre en place  des sanctions contre Moscou.

Les relations russo-cubaines ont leur propre dynamique, elles se développent au plus haut niveau et ont des bases solides, mais elles peuvent être renforcées davantage.Outre le dialogue politique et la concertation internationale qui  sont très intéressants, par exemple, des projets de modernisation thermoélectriques à Santa Cruz et Mariel d’un montant de plus de 1.000 millions d’euros, et de l’acier Antillais pour environ 100 millions dollars. En plus d’autres collaborations dans plus de dix domaines et secteurs tels que les transports, la biotechnologie, la science, le tourisme et les opportunités d’investissement dans le domaine de Mariel. La collaboration avec la Russie a été orientée vers un renforcement et pour récupérer autant que possible une des clés de l’avenir de l’île, la base industrielle ce que les autres acteurs ne font pas avec Cuba.

Considérez-vous la Russie comme un facteur clé pour la sécurité et la multipolarité du monde?

Historiquement la Russie, sauf à certains moments de son histoire, a été un acteur essentiel à la sécurité mondiale. Et je pense qu’elle continuera à l’être, non seulement à cause de sa taille, de ses ressources, de sa puissance  militaire et son poids politique, mais parce que sa classe dirigeante a la volonté et la détermination de le faire, quelles que soient ses problèmes économiques actuels. La puissance de la Russie a beaucoup de réserves internes qui ne sont pas encore exploitées.

En ce qui concerne le système international, je pense qu’il n’y aura plus de monde unipolaire comme cela est arrivé après la chute du camp socialiste au début des années quatre-vingt-dix, en grande partie grâce à la performance de la Russie. Et les méthodes de multipolarité, le niveau de puissance des différents acteurs, leur dynamique, leurs hauts et leurs bas, des conflits, des alliances, des partenariats, etc., sont constamment en mouvement, des variables qui doivent continuer de prêter attention aux détails. Rien n’est écrit.
source: http://mundo.sputniknews.com/entrevistas/20160521/1059921484/rusia-claves-politica-exterior.html#ixzz49W0YqvX8

 

 

.

 

 

 

.
Fuente: http://mundo.sputniknews.com/entrevistas/20160521/1059921484/rusia-claves-politica-exterior.html#ixzz49W0YqvX8

Publicado por Leyde Ernesto Rodríguez Hernández en 18:07:00

 
1 commentaire

Publié par le mai 31, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Cuba: « La Russie est essentielle à la sécurité et à un monde multipolaire »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :