RSS

Emmanuel Macron récidive contre les fonctionnaires

30 Mai

LOAN NGUYEN
JEUDI, 12 NOVEMBRE, 2015
L’HUMANITÉ

317442 Image 0

Été 2014, manifestation à Paris. Les fonctionnaires, dans le collimateur de Macron, sont les garants du service public.
Photo : Patrick Nussbaum

Le ministre de l’Économie s’est prononcé, mardi, pour une rémunération « au mérite » des agents de la fonction publique, soulevant un tollé chez les syndicats, sans être vraiment désavoué par le PS, ni, a fortiori, par la droite. Les communistes dénoncent le « mépris » à l’égard des fonctionnaires.

Il ne se passe désormais plus un jour sans que le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, ne se fende d’une nouvelle idée pour aller toujours plus loin dans la régression sociale. Après avoir déjà attaqué le statut des fonctionnaires mi-septembre, le locataire de Bercy a récidivé, mardi, sur les ondes d’Europe 1, se disant totalement favorable à « accroître la part de mérite, la part d’évaluation, dans la rémunération de la fonction publique ». Prié de donner son appréciation de l’introduction d’une prime variable dans la rémunération des agents de la ville de Suresnes (Hauts-de-Seine), le ministre a néanmoins pris la précaution d’ajouter que « la performance, quand on est fonctionnaire, ne se mesure pas forcément comme dans une entreprise ». Sans préciser quels pourraient être des critères objectifs et pertinents pour évaluer une telle performance…

La CGT dénonce une « offensive globale contre l’emploi statutaire »

Dans le même temps, il a aussi estimé qu’« il y a beaucoup de fonctions qu’on donne à des fonctionnaires et qui pourraient l’être par des gens qui ne le sont pas », ajoutant que l’« on garantit des emplois à vie, parfois de manière indue sans même passer par des concours ». Bien qu’Emmanuel Macron s’exprimait uniquement à titre personnel, sans que ses déclarations aient valeur d’une annonce quelconque, ses propos ont soulevé une vague d’indignation de la part des syndicats et de politiques de gauche, qui y voient une nouvelle menace de recul social. « Faut-il rémunérer les ministres en fonction de leur mérite ? » a ironisé le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, sur son compte Twitter, avant d’affirmer plus sérieusement sur Europe 1, qu’il est « dangereux » d’intégrer des critères de gestion privée dans la fonction publique. Même la CFDT et l’Unsa ont critiqué la sortie du ministre de l’Économie, le numéro un cédétiste Laurent Berger se disant opposé à « l’individualisation des traitements des fonctionnaires », quand l’Unsa a mis en garde contre la tentation de « renouer avec la politique du chiffre » et les risques d’une « individualisation irraisonnée ». Dénonçant une « offensive globale contre l’emploi statutaire », la CGT a rappelé de son côté qu’un tel mode d’indemnisation des fonctionnaires « soumet davantage l’agent aux pressions de son employeur puisque cette part de rémunération est par définition facultative (et) contrevient à l’un des fondements du service public : le traitement égalitaire de l’usager ».

Du côté des socialistes, il semblerait que ce soit le moment choisi par Emmanuel Macron pour faire ces déclarations, plus que le fond des propos, qui embarrasse. À moins d’un mois du premier tour des élections régionales, les représentants de la majorité au pouvoir, assez mal en point, auraient préféré que le ministre de l’Économie temporise ses ardeurs, mais ils ne renient pas fondamentalement le contenu de ses propositions. «  Il faut qu’(Emmanuel Macron) s’occupe de l’économie », l’a gentiment recadré Marylise Lebranchu sur BFMTV et RMC. La ministre de la Fonction publique a, 
en outre, rappelé que 
« le système du mérite existe pour avancer la carrière ». Des systèmes de bonification d’ancienneté et une indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise (IFSE) existent déjà. Pour autant, Marylise Lebranchu s’est également déclarée favorable à une plus grande part de rémunération au mérite, et même à une remise « à plat » du système d’indemnisation, à la condition « qu’il y ait une discussion avec les organisations syndicales ». Même la porte-parole des 
députés PS, Annick Lepetit, qui a en 
apparence violemment chargé le ministre de l’Économie, en déclarant « se ficher » de « l’opinion personnelle » d’Emmanuel Macron « sur un sujet qu’il ne connaît pas », a rejoint les conclusions de la ministre de la Fonction publique, invitant à un dialogue sur le sujet avec les syndicats. À droite, on ne peut que constater que l’idée est bien « de droite » et en outre « réchauffée », comme l’a qualifiée le président du groupe « Les Républicains » (LR) à l’Assemblée nationale, Christian Jacob. Seuls les communistes ont véritablement fustigé dans un communiqué le « mépris (du ministre) à l’encontre de ceux qui servent l’État au quotidien pour des rémunérations de plus en plus dérisoires », décelant chez Emmanuel Macron une « obsession » de la casse du droit du travail.

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le mai 30, 2016 dans politique, société

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :