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Des photos : l’histoire d’un défi tranquille… un soviétique, des nazis…

09 Mai

 Rossiïskaïa Gazeta  voir la série de photos de cet extraordinaire défi et de la quête des restes d’une épopée dans le cœur des peuples, l’archéologie des révolutions… 

« Une photo du passé qui nous frappe comme un coup de marteau sur la tête ». Une histoire d’hommes courageux qui se dressa et conserva une attitude de défi devant le groin de la machine nazie. Cette photo me fait souvenir de ce que me racontait mon mari sur le camp de Dachau, les soldats soviétiques condamnés à la pendaison pour rébellion qui passaient eux-mêmes le cou dans le licol en criant « Vive, l’Union soviétique, Vive Staline ! »Quand nous sommes arrivés la première fois en Union soviétique, mon mari et moi, en descendant de l’avion, il m’a dit « je voudrais embrasser le sol de la patrie de Lénine », puis il a ajouté à mi-voix : « Et celle de Staline! » Et dans le car qui nous conduisait de l’aéroport au centre de Moscou, il m’a raconté cette histoire. Aujourd’hui où l’on tente de monstrueux équivalents entre stalinisme et hitlérisme, il reste à jamais une histoire qui s’inscrit en faux. Nul plus que moi ne déteste certains aspects du stalinisme, la brutalité,
 le dogmatisme qui transforma la parole du chef en texte sacré, le légitimisme qui produit toutes les dégénérescences y compris celles aujourd’hui du PCF, cette révérence devant la parole du chef, l’ouvrièrisme, la haine des intellectuels quand on n’a plus la force de combattre le capital, la vulgarité qui prétend faire peuple et qui signifie simplement la soumission de l’esclave. Tout ce dont le communisme nous avait émancipé, du moins on le croyait jusqu’à ce que tout ça revienne sous des chefs qui se vendaient au capital et exigeaient de nous encore et toujours la soumission jusque dans leurs ultimes trahisons… si quelqu’un hait tout cela c’est bien moi…  Au moment même où l’on efface Marx, Lénine, Staline pour leur substituer les héros de la bourgeoisie, on continue à faire appel à ces vieux ressorts de la soumission et de l’aliénation… 

 Le stalinisme de ce type survit à l’héroïsme soviétique confondu avec Staline, sa résistance inhumaine à l’inhumanité… Ce peuple chevaleresque identifié au communisme qui fit des communistes les chevaliers sans peur et sans reproche du XXe siècle a été vendu, trahi par l’obéissance à des chefs indignes… Malgré les trahisons il reste  cet extraordinaire défi et ce qu’il engendrera dans le futur pour l’émancipation de l’humanité parce qu’il ne fit pas seulement la guerre, il créa les conditions de l’industrialisation, du développement, de la culture et de l’amitié entre les peuples, il favorisa la décolonisation et des peuples opprimés partout réclamèrent l’égalité. Cette extraordinaire histoire d’hommes et de femmes cherchant les traces d’une simple photo témoigne de ce qui reste d’une épopée dans le cœur de ceux qui l’ont vécue et comment le monde repart sur les traces de sa propre histoire inlassablement…

Simplement parce que des gens tranquilles avaient défié la monstruosité de notre temps. Ils sont morts mais un jour l’humanité sera à nouveau debout (note de Danielle Bleitrach).

Lors d’une  recherche effectuée dans la ville de Mourmansk, au nord-ouest de la Russie, les restes de soldats de l’Armée rouge  tués par des tirs allemands lors de l’invasion par l’Allemagne nazie contre l’URSS ont été découverts. Les images filmés datant de juillet 1941 « ont frappé comme un coup de marteau sur la tête  » ,  » dit Rossiïskaïa Gazeta .

Une image parle d’elle-même: dans le désert rocheux du nord de la région russe, on voit deux prisonniers de guerre non armés, ce sont des Russes, ils sont encerclés par une douzaine de soldats allemands armés de mitrailleuses juste avant leur mort.

Les victimes, en haut dont l’un portant une longue redingote restent debout face à leurs exécuteurs qui s’approchent. Ils ont la tête haute et l’un d’eux à les mains sur les hanches, son regard défie clairement ses bourreaux.

 

domaine public

Après cette scène, les Allemands les tuent. Donc sans crainte, les deux soldats ont décidé de faire face à la mort. Les terribles images sont tombées dans les mains de Pavel Vaguin, un habitant de la ville de Mourmansk.

« Bien sûr, les images me choquaient, » dit-il. Moi aussi parce que je suis de la ville. Sur les photos vous pouvez voir une pierre très particulière. « Quel est l’endroit précis où les clichés ont été pris?  » s’est demandé Vaguin, en proie à la curiosité il est allé dans la montagne à la recherche de l’emplacement exact.
A la suite de Vaguin, des historiens et des ethnologues ont refait son périple. Au départ, ils ont pris la route au nord de Mourmansk et à la frontière de la Norvège. Mais ensuite, ils ont dû se déplacer à pied sur plus de 80 kilomètres.

Le traducteur Dmitry Dulić a fouillé méticuleusement les archives de Mourmansk, et il a trouvé des informations sur l’exécution de deux prisonniers dans ces lieux. En traversant la frontière, au point d’altitude 122, ce groupe nazi avait subi de lourdes pertes. Les documents dans les archives indiquaient que 16 Allemands avaient été tués et 11 blessés quelques heures après le début de la bataille, a dit Dmitry.

 

Pour les Allemands, la résistance russe était un «choc»

« Pour eux, la résistance russe était un« choc ». Il est clair que la déception était telle qu’ils n’arrivaient pas à remonter le moral de leurs troupes ». 

Après une expédition difficile dans la montagne, les chercheurs ont atteint la zone de la photo. L’endroit était reconnaissable, un énorme rocher.

« Nous avons creusé avec des pelles ». Les chercheurs ont trouvé une veste  déchirée, un ceinturon de l’armée, des chaussures, un sac et les restes d’une personne avec son médaillon ce qui a permis d’identifier son propriétaire. C’est Sergey Korolkov. Dans la région de Tver, sa famille a été retrouvée. Une fille, six petits-enfants, des arrière-petits-enfants.

Les restes du héros ont été transportés dans cette région et ensevelis sous un monument.

L’autre soldat, portant un manteau sur les photos, a vécu avant la guerre à Apatity, une ville russe située sur la péninsule de Kola. Il travaillait pour une société minière et avait de la famille, une fille.

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1 commentaire

Publié par le mai 9, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Des photos : l’histoire d’un défi tranquille… un soviétique, des nazis…

  1. Vasco

    mai 9, 2016 at 7:23

    Comme disait Zapata.
    Plutôt mourir debout que vivre à genoux.

     

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